Samedi 13 décembre 2014 6 13 /12 /Déc /2014 01:20

gabyLe 21 décembre 1989, à la fin de l’entretien diffusé par une télévision brésilienne, la journaliste souhaite un joyeux Noël au Père Gabriel MAIRE, et elle ajoute : « Soyez toujours l’acteur de votre histoire ! ». Le 23 décembre, Gabriel était assassiné.

 

25 ans après, nous ferons mémoire de cette vie donnée au service des plus pauvres.

Ce sera à Dole où Gabriel a commencé son ministère de prêtre il y a une cinquantaine d'années.

 

A Vitoria, à Cariacica au Brésil, plusieurs événements se vivent ou se préparent, car Gaby est toujours vivant et dynamique dans le coeur de ceux qui ont agi avec lui. Consultez le blog "les Amis de Gaby MAIRE" pour en découvrir la richesse...


En France, mobilisons-nous aussi pour saluer tout ce dynamisme brésilien ! Invitez vos amis, et venez nous rejoindre.... pour faire une belle chaîne d'amitié avec le Brésil.


 

Dimanche 21 décembre 2014

 

10h00 : à l'église Saint-Jean de Dole, messe concélébrée avec Monseigneur Jordy, évêque de Saint-Claude.

 

Verre de l'amitié après la messe

 

A midi, partage du repas dans une salle près de l'église.

 

A 14h30, Le père Bernard COLOMBE qui a été prêtre avec le père Gabriel à Vitoria (ES-Brésil) nous parlera de son récent voyage là-bas. Elisabeth et Rachel LAMY tout juste de retour de Vitoria nous rendront compte aussi de leur voyage sur les pas de Gaby, avec des photos et des témoignages filmés.

 

 

PS : Nous rappelons le livre qui est sorti il y a tout juste 1 an : "Un prêtre français assassiné au Brésil". Il est toujours disponible et il sera vendu au prix de 20 euros lors de cette journée. Un livre brésilien sortira pour le 23 décembre : "prefiro morrer pela vida a viver pela morte"

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Lundi 3 novembre 2014 1 03 /11 /Nov /2014 19:38

affiche Algerie

 

Infos sur ces animations en cliquant sur l'affiche

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Vendredi 17 octobre 2014 5 17 /10 /Oct /2014 10:00

La Journée Mondiale du Refus de la Misère est célébrée chaque 17 Octobre. Née de l’initiative du père Joseph Wresinski et de celle de plusieurs milliers de personnes de tous milieux qui se sont rassemblées sur le Parvis des Droits de l’Homme à Paris en 1987, cette journée est officiellement reconnue par les Nations Unies depuis 1992.

 

http://refuserlamisere.org/sites/default/files/imagefield_default_images/Trocadero1reduti-2.jpg

Thème 2014 :

Ne laisser personne de côté : réfléchir, décider et agir ensemble contre la misère

 

Rejoignez un groupe à Dole, à Besançon, ou ailleurs.

Un Clic sur la ville pour plus d'infos.

 

 

Message de la Délégation générale du Mouvement international ATD Quart Monde

à l'occasion de la journée mondiale du refus de la misère

le 17 octobre 2014

  

Apprenons avec ceux qui réfléchissent à la misère jour et nuit ! 

 

 Au fil des siècles, partout dans le monde, on a cherché à garder mémoire de tous ceux qui ont enduré et souvent payé de leur vie leur résistance aux guerres, à l’esclavage, et à tous les fléaux qui défigurent l’humanité.

 

  

Quand nous souvenons-nous de ceux qui, leur vie durant, ont eu à affronter la violence de la misère ? Ceux qui ont quitté cette terre sans laisser de traces ? Dont les corps ont été enterrés dans des fosses anonymes ? Ceux dont les lieux de vie sont constamment effacés de nos cartes ? Dont les paroles ne sont jamais entendues ?

 

Le 17 octobre est un temps pour que l’humanitéprenne conscience de la violence de la misère et du courage de ceux qui lui résistent jour après jour. Marquer ce jour signifie que nous voulons en finir avec la brutalité du mépris et des humiliations, que nous voulons faire cause commune avec les plus oubliés, renouvelant avec eux nos manières de vivre les droits humains, l’économie, l’éducation et la paix.

 

Au Burkina Faso, Fatimata s’interroge : « Au-delà de la souffrance, il y a l’humiliation : c’est le pire. (…) Même dans la misère, la plus profonde, un homme a besoin de partager. (…) Je me demande qui sont les vrais acteurs de la lutte contre la pauvreté ? Il y a beaucoup de projets, beaucoup de chercheurs, et beaucoup de textes et de livres sur la pauvreté, on en connaît tous les mots de A à Z, et malgré tout cela, elle persiste. Je me demande s’il ne faut pas créer maintenant un autre alphabet pour exprimer nos luttes ? »

 

Cette question de Fatimata fait écho aux mots gravés sur la dalle commémorative, inaugurée le 17 octobre 1987, « en hommage aux victimes de la faim, de l’ignorance et de la violence ». Ce mot « d’ignorance », nous avons besoin de le comprendre dans tout son sens. Notre monde   ignore ce que vivent les personnes confrontées à la misère : il se fait des idées, il construit des connaissances sur elles qui les maintiennent à l’écart.

 

Thérèse, du Sénégal, dit aussi : « On dit « la pauvreté par-ci », « la pauvreté par-là ». Mais qui sont ceux qui y réfléchissent le plus ? Ce que je vois, c’est que les gens de mon quartier y réfléchissent jour et nuit. Celui qui n'a pas de souci, quand il se couche le soir, il ne pense qu'à dormir. Mais celui qui ne sait pas ce qu'il va donner à manger à sa famille le lendemain, même quand il se couche, il continue de penser, il réfléchit. »

 

Notre monde souffre d’ignorer l’intelligence des personnes aux prises avec la misère, des personnes à qui on ne donne jamais de temps et d’espace pour partager leur réflexion, et qui pourtant pensent jour et nuit et luttent pour la vie de leur famille et pour la dignité de tous.

 

Le 17 octobre, nous voulons redire qu’avec leur expérience et leur savoir, ils sont des partenaires indispensables pour faire reculer notre ignorance et faire grandir la paix.

 

*

A quoi nous engagent ces réflexions que nous échangeons aujourd’hui ?

 

 

« Le gars qui vient d’être embauché ici a du mal à faire son boulot. Les autres se plaignent de lui. Mais je sais qu’il a besoin de son travail et de sa paie, sinon qu’est-ce qu’il va devenir ? S’il faut que je lui donne un coup de main pour qu’il y arrive, je suis prêt à le faire. » Claude travaille dans une équipe de bûcherons en France. Il accepte de prendre sur lui et d’en faire plus pour être sûr que son collègue ne sera pas renvoyé. Il nous rappelle les efforts d’autres. De cet enseignant dans un quartier défavorisé qui invente avec tous les enfants de la classe et la communauté des adultes une nouvelle façon d’accueillir et de soutenir un élève qui manque très souvent l’école. Ou les efforts de ces résidents d’un quartier populaire qui repeignent un mur pour effacer des graffitis humiliants envers une famille du voisinage.

 

Ce nouvel alphabet que propose Fatimata, n’est-ce pas tous ces gestes et ces engagements qui écrivent déjà dans l’ombre une histoire nouvelle de fraternité ? N’avons-nous pas à les rendre visibles comme nous invite à le faire Jane, des Etats-Unis : « A Ferguson, les médias ont montré des manifestations et des pillages après la mort d’un jeune abattu par des policiers. Pourquoi, les médias ne montrent-ils jamais le courage de ceux qui vivent dans la précarité et qui ont risqué leur vie pour protéger leur communauté des pillages ? Ce courage-là vient du cœur. Il faut que tout le monde le sache. »

 

Se mettre à l’école de ceux qui, nuit et jour, cherchent le sens profond de la vie, de la justice, de la paix, c’est bâtir la confiance et avancer ensemble vers la réalisation d’un monde dont nous serons tous fiers, un monde où « tous les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère (Déclaration universelle des droits de l’homme) »

 

 Isabelle Pypaert Perrin, pour la délégation générale

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Mercredi 8 octobre 2014 3 08 /10 /Oct /2014 23:29

Hommage à la non-violence devant la statue de Gandhi 

En présence de Mr. l’Ambassadeur de l’Inde

Le 2 octobre 2014

Allocution de Jean-Marie MULLER*

 Gandhi

 Nous célébrons donc aujourd’hui l’anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi, qui est né le 2 octobre 1869. C’est sans nul doute pour commémorer cet anniversaire que l’Assemblée générale des Nations Unies a décidé qu’à cette date du 2 octobre serait dorénavant célébrée La Journée internationale de la non-violence. Dans la résolution

adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies il est affirmé, je cite, « la pertinence universelle du principe de non-violence ». La formule est remarquable par sa concision, sa rigueur et sa clarté. Affirmer « la pertinence universelle du principe de non-violence », c’est par là même affirmer la non-pertinence universelle de la violence, c’est-à-dire à son incapacité totale apporter une solution humaine aux inévitables conflits humains qui divisent et opposent les personnes, les communautés, les peuples, les nations et les États.

Jamais nulle part, la violence ne conjugue l’espérance au présent. Toujours et partout, elle la conjugue au futur. Un futur toujours repoussé. Pendant ce temps, elle ne cesse de malmener le présent.

Jamais, nulle part, la violence ne tient sa promesse d’offrir des lendemains qui chantent. Toujours et partout, la violence apporte des aujourd’hui qui pleurent. 

Nous sommes donc invités, en cette journée, à avancer sur le chemin de la non-violence que le Mahatma Gandhi a défriché à travers le maquis des injustices et des violences de ce monde.

Gandhi s'est toujours présenté comme un "chercheur de vérité". C'est en cherchant la vérité qu'il s'est convaincu que seul le chemin de la non-violence pouvait conduire à sa découverte. Il en vint à affirmer que la non-violence est l'expression de la vérité de l'homme. Selon lui, c'est en réalisant dans son existence l'exigence de non-violence que l'homme accomplit son humanité en tant qu'être raisonnable, en tant qu'être spirituel. Ainsi, la non-violence est une requête de l'esprit qui ouvre à la transcendance et à l'universel.

L'histoire est là pour attester - et l'expérience le confirme tous les jours - que "la vérité" devient un vecteur de violence dès lors qu'elle n'est pas ancrée dans l'exigence de non-violence. Si la vérité n'implique pas par elle-même le refus de justifier la violence, alors il viendra toujours un moment où la violence apparaîtra naturellement comme un moyen légitime pour défendre la vérité. Seule, la reconnaissance de l'exigence de non-violence permet de récuser une fois pour toutes l'illusion, véhiculée par toutes les idéologies, qu'il est nécessaire et juste de recourir à la violence pour défendre la vérité. Recourir à la violence pour défendre la vérité, c'est déjà avoir renié la vérité.

  Dès lors que l'on considère que toute violence, quelle que puisse être la justesse de la cause pour laquelle elle est mise en œuvre, blesse et meurtrit l'humanité aussi bien de celui qui la subit que de celui qui l'exerce, comment justifier de recourir à la violence dans la recherche de la vérité ? La violence est bien réelle, actuelle, concrète, objective en de multiples situations, elle peut parfois apparaître nécessaire, mais elle n'est jamais vraie, car elle fausse toujours la relation de l'homme avec l'autre homme, car elle est toujours porteuse de mort.

 

Certes, Gandhi le reconnaissait lui-même : la violence peut apparaître nécessaire. Mais nécessité ne vaut pas légitimité. La nécessité de la violence ne supprime pas l'exigence de non-violence. La nécessité de tuer est un désordre, elle n'est pas un contre-ordre ; elle n'innocente pas le meurtrier. Justifier la violence sous le couvert de la nécessité, c'est rendre la violence sûrement nécessaire. C'est déjà justifier toutes les violences à venir, et enfermer l'à-venir dans la nécessité de la violence.

 L'humanité ne parviendra certainement pas à relever les défis auxquels elle se trouve confrontée aujourd'hui si elle ne rejoint pas les intuitions de Gandhi. Il nous invite à revisiter les héritages de nos traditions historiques - aussi bien philosophiques, religieuses que politiques -, et à prendre conscience de toutes les complicités que nos cultures ont entretenues avec l'empire de la violence. Nous pourrons alors mesurer l'urgence qu'il y a à développer une véritable culture de la non-violence. Ce qui menace la paix, partout dans le monde et dans chacune de nos sociétés, ce sont les idéologies fondées sur la discrimination et l'exclusion - qu'il s'agisse du nationalisme, du racisme, de la xénophobie, de l'intégrisme religieux ou de toute doctrine économique fondée sur la seule recherche du profit - et qui toutes ont partie liée avec l'idéologie de la violence. Ce qui menace la paix, en définitive, ce ne sont pas les conflits, mais l'idéologie qui fait croire aux hommes que la violence est le seul moyen de résoudre les conflits. C'est cette idéologie qui enseigne le mépris de l'autre, la haine de l'ennemi; c'est elle qui arme les sentiments, les désirs, les intelligences et les bras. C'est elle qui instrumentalise l'homme en faisant de lui l'instrument du meurtre. C'est donc elle qu'il faut combattre.

Gandhi ne nous offre pas des réponses à répéter, mais il nous invite à poser les questions essentielles dont l'enjeu concerne le sens même de notre existence et de notre histoire. Comme lui-même a tenté de le faire en son temps, il nous appartient d'inventer ici et maintenant les meilleures réponses possibles.

 Les images de fer, de feu, de sang et de mort qui constituent la matière première de l’actualité nous apportent chaque jour la preuve que la violence est incapable de construire l’histoire, mais qu’elle ne peut que la détruire.

Face à la tragédie de la violence, face à son inhumanité, face à son absurdité, face à son inefficacité, le moment n’est-il pas venu, par réalisme sinon par  sagesse, de prendre conscience de l’évidence de la non-violence ?

Dans les conflits qui divisent et opposent les hommes et les communautés, la violence ne fait pas partie de la solution, elle fait partie du problème. Non, la violence n’est pas la solution, elle est le problème. Comment dès lors, résoudre le problème de la violence ? Ce que Gandhi nous a montré c’est que la non-violence est certainement la meilleure solution au problème de la violence.

Le « non » de la non-violence n’est pas un non de négation : il ne s’agit pas de nier la réalité de la violence. Le « non » de la non-violence n’est pas un non de résignation : il ne s’agit pas de se  résigner à l’injustice de la violence. Le « non » de la non-violence est un non de résistance : il s’agit de résister à la violence.

La violence ne peut que détruire des ponts et construire des murs. La non-violence nous invite à déconstruire les murs et à construire des ponts. Malheureusement, il est plus difficile de construire des ponts que des murs. L’architecture des murs ne demande aucune imagination : il suffit de suivre la loi de la pesanteur. L’architecture des ponts demande infiniment plus d’intelligence : il faut vaincre la force de la pesanteur.

Les murs les plus visibles qui séparent les hommes sont les murs de béton qui martyrisent la géographie et divisent la terre qu’il faudrait partager. 

Mais il existe aussi des murs dans le cœur et dans l’esprit des hommes. Ce sont les murs des idéologies, des préjugés, des mépris, des stigmatisations, des rancœurs, des ressentiments, des peurs. La conséquence la plus dramatique de la violence, c’est qu’elle construit des murs de haine. Seuls ceux qui, dans quelque camp qu’ils se trouvent, auront la lucidité, l’intelligence et le courage de déconstruire ces murs et de construire des ponts qui permettent aux hommes, aux communautés et aux peuples de se rencontrer, de se reconnaître, de se parler et de commencer à se comprendre, seuls ceux-là sauvegardent l’espérance qui donne sens à l’à-venir de l’humanité.

Mes amis, nos sociétés sont malades de la violence, le monde est malade de la violence, l’humanité est malade de la violence. Mais Gandhi nous l’a montré : la violence n’est pas une fatalité. Aux jours de lassitude, la violence peut apparaître comme une fatalité. En réalité, c’est une fatalité tout entière construite de mains d’homme. Cela signifie que tous ensemble, avec nos mains nues, avec nos mains désarmées, nous pouvons la déconstruire. Si nous le voulons, la non-violence peut guérir l’humanité de la maladie de la violence. Nous pourrons alors donner en héritage à nos enfants l’espérance de la non-violence afin qu’ils puissent vivre enfin tous ensemble sur une terre fraternelle. Sur une terre fraternelle, enfin !

Je vous remercie de votre attention.

 

* Philosophe et écrivain. Membre fondateur du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN).

Lauréat 2013 du Prix international de la fondation indienne Jamnalal Bajaj pour la promotion des valeurs gandhiennes.

www.jean-marie-muller.fr

 

PS : cette allocution de J.M. Muller a nourri la réflexion du groupe ADN réuni lundi à Dampierre comme tous les 1ers lundis du mois.

 

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Dimanche 5 octobre 2014 7 05 /10 /Oct /2014 09:37

3ème partie du discours de Nurit Peled au Parlement Européen le 11-09-2014

 

Sous-commission des Droits de l’Homme

Session spéciale sur les enfants de Gaza.

Nurit Peled-Elhanan prix Sakharov 2001

 

 

2ème partie ici

 

...Les gens disent toujours que le monde, ce qui signifie l’Ouest, n’a pas appris la leçon de l’Holocauste ou du 11 septembre pour cette question. La leçon aurait dû être plus jamais, nulle part, plus personne. Mais il me semble que le monde a appris une autre leçon importante. Il a appris qu’on peut bien commettre un génocide et s’en tirer tant qu’on assassine et qu’on extermine ceux auxquels le monde ne s’intéresse pas. Quand les victimes sont des Palestiniens les auteurs s’en tirent et le monde est silencieux. La piètre excuse utilisée par l’Ouest et en particulier par l’Europe pour ne pas interférer, pour ne pas discipliner l’expansion sauvage d’Israël, pour ne pas exiger la fin de son système d’apartheid et son manque de respect pour le droit international, est que les Européens ne veulent pas être appelés antisémites. C’est une piètre excuse parce que nous savons tous que chaque pays en Europe profite de l’occupation israélienne de la Palestine. Chacun d’entre eux. Cependant, je ne veux pas parler à des politiciens et des hommes d’affaires, ils n’entendent pas ma langue. Je voudrais convaincre les gens de conscience qui croient vraiment que en dénonçant les crimes israéliens contre les Palestiniens, ils feront du mal aux Juifs, une fois de plus. Je vais dire deux choses à ces gens. D’abord, il n’y a rien de juif dans la conduite raciste et cruelle d’Israël envers les Palestiniens et la critiquer, ce n’est pas être antisémite, au contraire. Les penseurs juifs les plus illustres dénoncent ou ont dénoncé en permanence la domination impitoyable israélienne de la Palestine. Albert Einstein a été l’un d’entre eux. Hanna Arendt une autre. Et Stéphane Hessel en était un autre. Et beaucoup de rabbins éminents et d’érudits juifs sont dans ce camp aujourd’hui.



La deuxième chose est la suivante : Mesdames et Messieurs, vous ne pouvez plus vous permettre d’utiliser cette excuse lorsque les enfants sont massacrés, on ne peut pas se permettre de se soucier de comment les gens vous appellent quand un holocauste fait rage.

Tout comme je ne peux pas me permettre d’avoir peur des gens qui me traitent de traître pour avoir défendu les opprimés, bien que beaucoup plus de gens sont morts pour avoir été appelés traîtres que pour avoir été appelés antisémites. En fait, personne n’est jamais mort pour avoir été appelé antisémite ou même pour avoir été un antisémite, mais des enfants et leurs parents et leurs grands-parents sont en train de mourir pendant que je parle, car ils sont appelés Palestiniens, pas pour une autre raison, tout comme les Juifs ont été exterminés simplement parce qu’ils ont été appelés Juifs. Et l’Europe qui avait tourné le dos aux Juifs alors, tourne le dos aux Palestiniens aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs, vous m’avez donné le prix le plus prestigieux de cette institution, le prix Sakharov. Mon co-lauréat était le regretté écrivain palestinien, le professeur Izzat Gazawi, dont le fils a été assassiné par des soldats israéliens dans son école, qui a passé des années en prison sans savoir pourquoi et dont la voix et la vie ont été éteints par la brutalité de l’occupation israélienne. Je pense qu’il est de mon devoir de justifier le prix et honorer sa mémoire en élevant la voix pour ceux dont la voix est réduite agressivement au silence par des soldats brutaux ou ne compte pas devant un tribunal, soit en Israël soit ici. En tant que lauréate du Prix Sakharov, le vôtre, je vous demande à mon tour d’être cohérents avec ses principes, sans exception.

N’oublions pas que le siège de Gaza n’a pas été levé, Israël a déjà violé le cessez le feu en brûlant des bateaux de pêcheurs et en tuant une fillette de 5 ans et 3 garçons en Cisjordanie, que la colonisation de la Palestine s’accroît à un niveau sans précédent, que des enfants de 5,6,7 ans sont enlevés par des soldats chaque jour et chaque nuit, sont incarcérés et interrogés cruellement sans voir leurs parents ou un avocat - en ce moment, il y a environ 200 enfants dans les prisons israéliennes - traités comme des criminels par le régime raciste et criminel de la plus longue occupation de notre temps.

Par conséquent, je crois que nous devrions tous nous demander aujourd’hui dans quel genre de monde allons-nous vivre après l’holocauste de Gaza ? Quel genre de personnes vont grandir sur ses cendres, et quel genre de personnes vont leur répondre de l’autre côté du mur. Est-ce que c’est ça que nous voulons tous pour cette belle et ancienne région ? Pour le berceau de la civilisation ?

Je place la responsabilité de répondre à cette question entre vos mains.

Permettez-moi de terminer ce discours en paraphrasant quelques lignes d’un poème de Victor Hugo dans la mémoire de la nuit du 4 Août :

 

Premiers ministres, présidents et généraux,
Il leur convient d’avoir des chevaux des valets
de l’argent pour le jeu, leur table et leur alcôve
leurs chasses...
C’est pour cela qu’il faut que les vieilles grand-mères
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps
Cousent dans le linceul des enfants de sept ans.

Merci.

Traduction RD 

 

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  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il prend la route le 25 mars 2012 avec son âne Isidore avec le projet d'arriver à Bethléem. Il marche pour la paix et le désarmement nucléaire de la France. Merci à lui !
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