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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 10:00

Que d'émotions vécues dans ce petit coin de paradis qu'est le monastère Notre Dame de l'Atlas à Midelt.

C'est l'heure de repartir à Fès, juste après la messe du matin célébrée par frère Jean-Pierre l'Ancien.

Les moines nous ont tous fait la bise, les adieux très difficiles, les sœurs de Tatiouine nous faisant promettre qu'on reviendrait.

Inch Allah !

 

Ci-dessous, vous découvrirez des photos en diaporama

 

Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7

Le retour brutal dans les embouteillages de Fez nous ramène à la réalité.

Nous y arrivons à midi pour retrouver avec une joie inexprimable Jacques et Elisabeth qui nous attendent impatiemment à la terrasse d'un restaurant.

Retrouvailles, vous vous en doutez très émouvantes.

Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7

Rachid notre chauffeur et notre guide nous fait découvrir Fès... 

Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7

Nous visitons un atelier de poterie ! Marc prend la place d'un ouvrier qui façonne des pièces pour les ouvrages en mosaïque ! Quels artistes travaillent là !

Le patron nous met au défit de trouver une erreur sur la mosaïque d'une table. C'est Jacques qui la trouve... 

 

Vous pouvez faire une petite visite de cet atelier en un clic : Art d'Argile

Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7

Ensuite Rachid nous fait découvrir les tanneries. A l'accueil, on nous offre quelques branches de menthe... Ce sera notre masque à gaz... Le guide de la tannerie sont heureux de savoir que nous venons de Dole, ville où le père de Pasteur a été tanneur. 

 

Si vous voulez en savoir plus sur les étapes de la préparation des peaux, ce blog (clic) vous dira tout ou presque tout !

 

Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7

Et pour finir cette journée en beauté, nous allons au restaurant Al Fassia, pour une soirée typique marocaine, avec musiciens, magicien, danseuses du ventre tout en dégustant un bon tajine d'agneau ou de poulet.

La nuit va être courte ! Il faut se lever à 4h du matin pour prendre l'avion du retour !

Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 10:00

Dernier jour à MIdelt...

 

Balade dans les souks:

 

Voir les photos en diaporamas

 

 

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Messe concélébrée avec Lulu et partage avec les Soeurs Missionnaires de Marie

Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6

Marc fait des pates de fruits.

Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6

Visite de la galerie d''un peintre dont plusieurs tableaux ornent la l'hôtellerie, et l'église.

Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6

Lundi matin, dernière messe matinale, et adieux émouvants. Jeannot offre les dessins de Béa à fr. Jean-Pierre.

Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
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Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 06:37
Homélie de Lulu à Midelt
Homélie de Lulu à Midelt
Homélie de Lulu à Midelt
Homélie de Lulu à Midelt
Homélie de Lulu à Midelt
Homélie de Lulu à Midelt
Homélie de Lulu à Midelt

MIDELT, dimanche 18 septembre 2016

 

Frères et sœurs, chers amis, vous tous,

Grâce à vous amis de Midelt, de la communauté de Notre Dame de l’Atlas, des religieuses franciscaines, missionnaires de Marie, nous avons appris que nous sommes héritiers…

Vous avez pour nous, un testament… Un héritage inouï nous est donné, venant de Tibhirine. Cet héritage est là chez vous, et il parait que vous ne voulez pas le garder rien que pour vous.

Plein de graines de la non-violence peuvent être ramassées par nous en vous rencontrant… Autant que nous le voulons… Oui, nos noms à tous sont couchés sur ce testament. Pas d’exclus pour l’héritage. Tous invités au festin.

 

Qu’est-ce que nous avons bien fait en quittant la France, le mardi 13 septembre, de faire de la place, non seulement dans nos valises et dans nos sacs à dos, mais aussi dans nos cœurs, au plus intime et profond de nos êtres, là où se fait le travail de la conscience. Nous avons essayé de lâcher prise, par rapport à beaucoup de choses bien empêchantes. Ce travail, moi en premier, j’ai senti que j’avais à le faire. Nous avons commencé à nous réjouir, que des fois, ce sont les autres qui réussissent à réaliser, ce que je pensais être le seul capable de faire. Mais aussi toute une lutte, un combat, que nous avons commencé, et maintenu, dans la préparation de notre séjour à Midelt. Nous avons alors découvert, que le seul combat qui compte dans l’existence, ce n’est pas celui de « l’avoir », d’accaparer les biens et de mettre de côté de l’argent… « Nous ne pouvons pas servir deux maîtres à la fois : Dieu et l’argent. » (Luc16 13) mais d’avancer les uns grâce aux autres, en approfondissant et développant nos qualités « d’être », de tout faire notre possible, et même l’impossible, pour nous démunir de nos pouvoirs, de nos avoirs, et de nos savoirs, en les mettant au service des autres, de tout faire, pour que celui qui n’a pas de place, en trouve une, où il va s’épanouir… Nous avions même deviné, que ça pouvait nous demander un jour, de donner notre temps… Un peu… Beaucoup… De notre emplacement… Afin de faire la place à l’autre, et peut être un jour de notre vie… Donner notre vie.

 

Nous avons pas mal lu de ce que vous avez écrit… On a beaucoup su, grâce au film « Des Hommes et des Dieux », que certaines personnes qui vous sont chères, ont écrit cela en lettres de sang… pas avec le sang des autres, dans la violence… mais avec leur propre sang dans l’amour. Et ils ont réalisé cela, parce que dans leurs prières, comme celles que vous nous rendez possible dans cette messe, ils demandaient à Jésus, lorsque surgissait tant de violence, qui les assaillait : «  Désarmes-les Seigneur… arrête leurs armes et leurs violences… », mais ils s’étaient repris dans leurs prières et s’étaient mis à dire : « Désarme-moi tout d’abord… aide-moi à ôter la violence qui est tapie au profond de mon être… »

 

Nous sommes heureux aujourd’hui, de vous dire, qu’en repartant de chez vous, demain, nous ne serons pas tout à fait les mêmes que lorsque nous sommes arrivés. Fort probablement parce qu’il y a eu entre vous et nous, écoute mutuelle et rencontre. Le creux que nous avions fait en nous, s’est rempli de votre présence et de celle des amis partis devant, dont vous êtes les messagers. Les livres et les mails que nous avions lus de vous, nous avaient préparés à vous voir, à vous entendre, et à vivre avec vous l’embrassement. Nous nous sommes reçus les uns des autres, dans une sorte d’immédiateté, que nous pouvons appeler : la fraternité, la communion, le fait de nous découvrir et reconnaitre, enfants bien aimés du même Père. Qu’est-ce que nous avons bien fait de réaliser un vide grenier, de faire de la place pour loger dans notre pâte humaine, le levain et ferment que nous avons découvert dans vos manières de vivre, d’aimer, de chanter, de rire, rigoler et prier. Vous nous avez aidés à devenir « Héritiers de Tibhirine ».

 

En vous écoutant tous, moines et habitants de Midelt, Omar, Baha, Soufiane, Corinne… En vous regardant sœurs franciscaines missionnaires de Marie, Barbara et Maria à Tatiouine, où nous aurions tant voulu aller, il y a plein de graines de non-violence, d’amour et de tendresse, dans un climat de justice et de respect du droit, comme le dit et le vit le prophète Amos… Tout ça est venu de vous à nous… Avant-hier, nous avons été heureux d’entendre se confirmer les bonnes nouvelles de la santé de Paul, ami de Rosaline, de la santé de Jacques, le mari d’Elisabeth, les parents de Rachel, de la santé de Béatrice l’épouse de Jean-Luc. Mais pour être vrais, nous continuons de lutter pour traverser les moments difficiles de la réalisation de notre petite communauté… Comme à Tibhirine, lorsque tes compagnons et toi Jean-Pierre, vous vous demandiez : « Faut-il nous en aller, et fuir, ou bien rester et aimer ?» « Petits oiseux sur la branche… ? Ou bien branche pour les petits oiseaux ? »

 

Tu nous as beaucoup marqués Jean-Pierre, par ce que tu nous as dit de votre vie dans votre communauté de Tibhirine, dont nous sommes les héritiers. Nous sommes en train de nous dire aujourd’hui à Midelt : « Est-ce que nous continuons de changer nos cœurs et nos comportements ou si nous en restons au point où nous en étions lorsque nous sommes arrivés ? Est-ce que nous assumons notre héritage de la non violence, ou si nous nous en désintéressons ? »

 

Il y a des moments où j’ai eu peur de moi… J’ai eu peur de ne pas tenir… J’ai eu peur de vous aussi à certains moments, chers amis. Et puis voilà qu’est venu comme un grand vent… Qui nous a fait du bien à tous… chacun en a reçu sa part… surtout après le moment merveilleux où nous avons parlé avec toi Jean-Pierre… C’est incroyable ce que tu nous as donné quand tu nous as confié ton questionnement : « Pourquoi Amédée et moi, nous n’avons pas été pris, et emmenés dans l’enlèvement avec nos sept frères ? »

 

Alors on a ressenti comme un souffle porteur de douceur et de recherche de ce qui est droit et juste en même temps. Nous avons un peu mieux compris, pourquoi Jean-Pierre, vous avez été survivants Amédée et toi. Nous sommes en train de continuer à faire de la place dans nos êtres à cet héritage  de Tibhirine. Il y a quelque chose qui nous vient de là-bas, qui traverse la frontière entre l’Algérie et le Maroc, cette frontière que l’on dit impossible à traverser.

 

Davantage que quelque chose, ce souffle ne serait-il pas l’esprit de quelqu’un ? Celui-là qui nous pousse à trouver notre place, en donnant notre place aux autres : « Après vous les amis ! »

Est-ce que ce ne serait pas pour cet héritage, que nous sommes survivants nous aussi, de combien de naufrages et de difficultés que nous avons traversés.

Héritage de l’amour,

Héritage pour nous : « Laissons les autres nous aimer »

Héritage pour les autres : « Aimons nous les uns les autres. »

A cette force d’aimer, les autres aussi ont droit d’accès et de connaissance, dont ils sont les héritiers.

Est-ce que ce n’est pas ça qui donne sens à la traversée de nos épreuves, qui nous laisse survivants nous aussi afin de donner ce que nous ont légué les amis partis devant.

 

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 18:00

Le jus de pommes ayant eu beaucoup de succès, Marc a visité le jardin pour découvrir d'autres trésors. Et c'est là qu'il a découvert cachées sous les feuilles des vignes abandonnées, de magnifiques grappes de raisins qui rendraient jaloux nos vignerons jurassiens !!!

Alors tout le monde se retrouve à nouveau autour du pressoir pour fabriquer du jus de raisin. On fait fonctionner le téléphone arabe, normal ici, pour trouver une centaine de bouteilles vides et il coulera 80 litres de bon jus de raisin ...  une manne pour le monastère !

Marc, toujours aussi ingénieux, a fait avec la pulpe, des pâtes de fruits.

 

Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5

Pendant l'opération jus de raisin, 6 touristes du groupe ont découvert les gorges de Jaffar. Touristes, car pas équipés pour une telle aventure... Malgré les difficultés rencontrées, ils n'oublieront pas les rencontres avec les nomades berbères, et leur accueillant thé à la menthe, ni l'aide providencielle de 2 hommes qui ont prêté leurs mules pour soulager les pieds meurtris, ni la magnificence des lieux ! 

Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
Samedi à Midelt #5
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 19:53
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4

Après la messe du matin nous avions rendez-vous avec frère Jean Pierre Schumacher dit Jean Pierre  l'Ancien pour le distinguer du prieur frère Jean Pierre Flachaire

Nous attendions cette entrevue depuis notre arrivée et avions hâte de pouvoir échanger avec cet homme dont le charisme nous a déjà tous séduits

Nous étions assis et installés autour de lui, tout proches.

Quelle simplicité et que de douceur dans ce regard qui a traversé tant d' épreuves. Juste de  l'Amour !

Avec humour il nous a raconté des anecdotes de son enfance et on l'imaginait très bien faire des farces à ses camarades de classe, les yeux pleins de malice.

Quand nous avons abordé le drame de Thibirine, nous qui étions venus chercher auprès de lui des graines de non-violence, ce sont de grands sacs que nous avons collectés. Dans ses propos relatants cette longue nuit, aucun jugement.

Seulement des mots pleins de réel pardon et prononcés avec sincérité.

Il a pris le temps de répondre à toutes nos questions avec gentillesse, et l'émotion était palpable.

Après ces nourritures spirituelles, les nourritures terrestres n'ont pas été mal non plus.

Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4

Après ces nourritures spirituelles, les nourritures terrestres n'ont pas été mal non plus.

C'était le couscous chez Omar. Nous sommes partis dans les rues du village car il nous avait donné RV devant la mosquée.

Belles images d'enfants, de villageois avec leurs animaux, de peaux de moutons  séchant au soleil.

 

Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4

Et le couscous, une merveille ! et des gâteaux au miel !

Préparés par la femme d' Omar et Baha sa belle sœur qui prépare chaque jour les repas au monastère.

Et en plus, la grande joie de le partager avec les moines, car il est tout à fait exceptionnel qu'ils sortent ainsi. Seul frère Jean-Pierre l’Ancien n'a pu nous rejoindre, sans doute trop fatigué de nous avoir reçus 3h le matin même. Cela a été un grand moment de pouvoir échanger avec eux.

Rosaline

 

Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
Vendredi à Midelt #4
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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 12:00

La journée n'a pas très bien commencée. Jacques, un de nos amis du groupe, a eu un gros pépin de santé et les pompiers sont venus le chercher dans la nuit. L'hôpital de Midelt l'a fait transporter à celui de Meknès, mieux équipé. Leur fille Rachel qui les a accompagnés à Meknès nous a appelés pour nous donner des nouvelles plutôt rassurantes. Merci mon Dieu !

 

Et aujourd'hui ô merveille, le jus de pommes a bien coulé. Les moines et Omar étaient heureux et Lulu n'en parlons pas ! Tous ont pressé, même frère Jean-Pierre (dit l'Ancien) qui a 92 ans.  Ils sont maintenant parfaitement équipés pour faire du jus avec leurs pommes. Reconnaissons aux hommes du groupe qu'ils ont bien travaillé !

Ils sont allés cueillir les pommes et les ont remontées dans des seaux bien remplis, Frère Antoine était avec eux pour la cueillette lui aussi a beaucoup travaillé.

Il y a eu 70 bouteilles de faites et toutes ont été pasteurisées.

On va essayer de trouver pour le monastère un stérilisateur et un thermomètre qui chauffe à plus de 80° On a fait toutes les boutiques de Midelt pour en acheter un, en vain. Il faudrait aller à Casablanca et ce n'est pas la porte à côté.

La chose importante que nous retiendrons et qui nous a touchés, est que Frère Jean- Pierre le jeune (c'est le prieur) nous a dit qu'il allait proposer aux gens du village qui le souhaiteraient de venir presser leurs pommes au monastère.

Le but de notre petit périple au Maroc est pleinement réalisé, Merci à Lulu qui nous a entraînés dans cette belle action.

Et quelle joie de voir les moines goûter au bon jus en nous expliquant qu'ils allaient maintenant pouvoir utiliser toutes leurs pommes en faisant de grosses économies en électricité, car ils en faisaient de la compote et pour la congeler cela revenait cher au monastère.

Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3

Une partie du groupe a fait plus ample connaissance avec des religieuses rencontrées aux offices du matin. Elles habitent à quelques minutes du monastère et ce sont vraiment des femmes extraordinaires. Elles ont été officiellement reconnues à l'occasion de la journée mondiale de la femme pour tout ce qu'elles apportent depuis des années à toutes les familles des alentours et étaient heureuses de nous montrer un diplôme reçu, les remerciant d'accompagner les plus nécessiteux.

 

Soeur Monique, une pétillante alsacienne nonagénaire est au Maroc depuis 58 ans, et sait qu'elle ne reviendra sans doute pas en France car elle est trop fatiguée pour faire le voyage. Ces femmes sont Franciscaines, Missionnaires de Marie (FMM).  Il y a aussi la douce Sœur Anna du Sénégal, infirmière, qui connaît Gaby et Louis Thomas les curés de ma paroisse. Quand on dit que le monde est petit !

Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3

Pendant le repas du soir (très bon mais toujours bien épicé ) nous avons eu la joie de voir arriver Rachel. Elle a tenu à nous présenter Driss le conducteur de l'ambulance qui la ramenait de Meknès, et qui avait pris soin d'elle et de ses parents toute la journée. Son papa reste en observation. Sa maman est hébergée chez les soeurs missionnaires de Marie qui résident à Meknès.

J'espère que tout va bien en France, ici on est un peu dans un autre monde.

Amitiés à tous.

Rosaline

Jeudi à Midelt #3
Jeudi à Midelt #3
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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 06:33

Ce matin au réveil concerto marocain : le chant du muezzin et aboiements de nombreux chiens dans la ville toute proche.

Puis la messe dans la jolie chapelle du monastère, dont le décor favorise la prière et le recueillement. Dans chaque endroit où nous allons, nous ressentons la forte présence des moines. Thibirine est bien là, à travers les différents portraits de ces hommes qui ont donné leur vie pour Dieu et l'Algérie.

Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2

La ville de Midelt est pleine de charme, les berbères qui y résident sont réellement très accueillants et dans le partage.

En ce moment nous sommes dans les fêtes de l'Aid el Kebir, fête du sacrifice, où le mouton immolé doit être partagé entre les membres de la famille et les amis, mais surtout une bonne partie est réservée aux plus pauvres.

A l'occasion de cette grande fête, nous venons d'ailleurs d'être tous invités vendredi midi par Omar l'homme à tout faire du monastère, à manger le couscous chez lui. Quelle belle  leçon du vivre ensemble !

 

Dans la matinée le groupe s'est séparé : un est allé en ville pour changer de l'argent et acheter du matériel pour faire le jus de pommes car c'est demain que l'on voudrait pouvoir mettre en route le pressoir.

On a trouvé tout le matériel nécessaire pour que les moines et Omar puissent continuer à œuvrer et faire couler le jus après notre départ.

 

 

Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2

 

L'autre groupe est descendu au verger avec Omar pour découvrir tous les fruits qui murissent là, évaluer le volume des pommes pouvant être pressées.

Marc a expliqué à Omar comment greffer les arbres, grande émotion de Lulu qui retrouvait les gestes appris par son papa.  Il lui a également montré comment soigner ses poiriers malades. 

Omar lui, nous a raconté sa rencontre avec les moines, son choix, bien que musulman, de vivre à leur côté,  après avoir réalisé les travaux du monastère avec Frère Jean-Pierre le prieur.

Un temps de partage et de prière termine cette matinée dans le cimetière des sœurs : 7 comme dans le jardin de Tibhirine.

Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2

Cet après-midi, balade dans la ville de Midelt, où partout on nous offre du thé à la menthe. Nous avons même été invités dans la famille d’Addi, où Fatima nous a offert de délicieuses pâtisseries à base de miel.

 

Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2

 

A l'abbaye, d'autres préparent le pressoir et le broyeur pour le lendemain.

Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2
Mercredi à Midelt #2

Après le repas, complies avec les moines, on était déjà dans un petit coin de ciel.

A demain pour de nouvelles aventures.

 

Amitiés marocaines de Rosine, Rosaline et les autres.

 

(une petite semaine de retard pour la publication de ce petit journal de Midelt pour des raisons indépendantes de notre volonté)

 

Mercredi à Midelt #2
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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 20:33

C'est la fête à l'aéroport de Dole-Tavaux, ce mardi 13 septembre.

14 voyageurs sont au rendez-vous pour vivre une semaine ensemble à Midelt au Maroc pour rencontrer les moines de Notre-Dame de l'Atlas, dont le frère Jean-Pierre Schumacher, dernier moine de Tibhirine. Caroline qui a déjà fait le voyage pour Pâques, est présente pour leur souhaiter un bon voyage.

François les a précédés à moto en prenant le bateau de Sète à Nador. 

 

A peine les valises posées dans les chambres de l'hôtellerie, c'est l'heure des vêpres.
Quelle joie de commencer ce séjour en priant ensemble en lien avec les moines de Tibhirine. 

A la sortie des vêpres, grande émotion dans les retrouvailles de Lulu et frère Jean-Pierre.

Photos de Rosaline (aéroport de Dole-Tavaux, Aéroport de Fès, rencontre avec frère Jean-Pierre (l'ancien)
Photos de Rosaline (aéroport de Dole-Tavaux, Aéroport de Fès, rencontre avec frère Jean-Pierre (l'ancien)
Photos de Rosaline (aéroport de Dole-Tavaux, Aéroport de Fès, rencontre avec frère Jean-Pierre (l'ancien)
Photos de Rosaline (aéroport de Dole-Tavaux, Aéroport de Fès, rencontre avec frère Jean-Pierre (l'ancien)
Photos de Rosaline (aéroport de Dole-Tavaux, Aéroport de Fès, rencontre avec frère Jean-Pierre (l'ancien)
Photos de Rosaline (aéroport de Dole-Tavaux, Aéroport de Fès, rencontre avec frère Jean-Pierre (l'ancien)

Photos de Rosaline (aéroport de Dole-Tavaux, Aéroport de Fès, rencontre avec frère Jean-Pierre (l'ancien)

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 10:10

Aujourd'hui, 1er lundi du mois : journée de jeûne pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France. 

A 17h00, RDV à Dampierre (39) à la salle de la mairie des adhérents et sympathisants du mouvement A.D.N.-M.A.N.V. (Attention changement d'horaire exceptionnel : 17h et non 16h)

Au programme : Bilan des journées des 6 et 9 août et programmation de conférences.

Autour du petit Ginkgo le 9 août, chacun se nourrit de la parole de l'autre.

Autour du petit Ginkgo le 9 août, chacun se nourrit de la parole de l'autre.

Nous remercions Claire qui nous partage son expérience du jeûne au coeur de ses vacances chez des amis. 

 

"Il me tenait à cœur de partager ce jeûne en lien avec l’ADN, les idées qu’elle véhicule et les gens qu’elle rassemble.

Cette année je me trouvais dans le Frioul (la Carnia) dans le nord de l’Italie chez des amis qui ont conservé la maison de famille dans un village très dépeuplé où beaucoup de ses habitants sont allés trouver du travail ailleurs dans les années 50 .  

J’avais, 2 ou 3 jours après mon arrivée (le 27 Juillet), prévenu mes amis que je jeûnerais le 6 Août !

Chez eux, et chez moi, les repas sont importants et rythment la journée.

Arrive le jour « j », je descends de ma chambre dans la pièce à vivre à l’heure du petit déjeuner ; je leur ravive la mémoire en leur annonçant que, oui, c’est aujourd’hui et que je ne mangerai pas mais que je boirai de l’eau en leur compagnie. Ils ne me croient pas, me charrient sachant comme je suis gourmande, m’interrogent sur ma motivation, tentent de me fragiliser pour tester ma résistance et acceptent ma condition de jeûneuse en m’observant du coin de l’œil et un peu soucieux de mon équilibre mental et physique durant cette journée.

J’explique que je crois à la communion à distance des humains, unis à défendre une même idée aux mêmes instants. Je pense aux vibrations des ondes et des sens qui se dégagent de chacun de nous. J’ai l’air suffisamment forte ce jour- là, pour convaincre mes amis et impressionner la cousine voisine. La nouvelle fait le tour du village. En fin d’après -midi, j’annonce que je romprai le jeûne à 20h30.

Arrive 20h, le repas est prêt, il y a des invités ; je décide, par politesse, de me mettre à table avant l’heure décidée. Irène m’arrête et me dit que nous ne mangerons pas avant 20h30 en solidarité avec moi.

C’est ce qui ‘est produit ; tout le monde était d’accord et attendait cette rupture de jeûne et cette libération victorieuse. C’était fantastique, fort et joyeux (un peu comme le banquet à la fin des aventures d’Asterix et Obelix !)

Claire"

3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 12:07

 

Dampierre samedi 27 août 2016

 

« ET SI NOUS NOUS REJOUISSIONS

DE CE QUE LES AUTRES REUSSISSENT » (Gil ROUX)

 

C’est la parole d’un ami, Gil Roux, à qui j’aime me référer. Je laisse chanter dans mon cœur cette parole, lorsque j’apprends que quelqu’un de mon âge ou de très jeune a réussi une animation, a réalisé un changement, a apporté de la lumière dans un domaine où je m’étais beaucoup investi et dans lequel je n’étais pas arrivé à faire sortir grand-chose.

 

La première fois que j’avais entendu cette parole de Gil, c’était au cours d’une « révision de vie ». La révision de vie c’est un exercice qui est exigeant, mais auquel nous tenons dans les mouvements d’action Catholique tels que la JOC, l’ACE, l’ACO, et le MRJC. Jean Marc BALICOT, notre ami diacre, y tenait beaucoup dans l’équipe d’ACO à laquelle lui et moi nous appartenions. En raison de son coltinage à la réalité dans le quotidien qu’il a à affronter, Jean Marc nous aidait beaucoup à avancer. Quand ça faisait un bout de temps que nous n’avions pas réalisé une telle réunion, Jean Marc s’impatientait et il fallait sortir nos agendas et absolument trouver une date pour faire une révision de vie en ACO.

 

Le jour où la parole : «  Et si nous nous réjouissions de ce que les autres réussissent » est venue pour la première fois habiter dans mon être, c’est le jour où nous avions appris qu’un tout jeune aumônier, Michel,  avait réussi à constituer une équipe de J.O.C. avec des jeunes en grande précarité. Il avait su trouver le filon et la veine pour déceler les capacités et les compétences de ces jeunes. Il n’en était pas resté aux regards premiers qui sont souvent des préjugés. Oh que c’était beau ce que Michel nous partageait ! Des paroles découlaient d’engagements de la part de jeunes en grande difficulté, de qui on n’attendait pas qu’ils accomplissent de tels actes. La tendance aurait pu être aussi de nous lamenter sur nous-mêmes parce que nous n’y étions pas arrivés. C’est là que Gil avait dit dans son souci de coordination et d’avancée dans le mouvement : « Michel, nous nous réjouissons que tu aies réussi dans un domaine ou nous n’avons pas su ou pas pu y arriver ».

 

Et quelqu’un de nous avait dit à Michel : « Raconte-nous davantage comment tu y es arrivé. » C’était simple et étonnant en même temps ce qu’il nous racontait. Et de continuer à l’écouter nous faisait nous réjouir de ce qu’il avait réussi. Cette joie communicante nous rendait tous acteurs et réalisateurs, collectivement avec Michel, de ce qui surgissait de neuf dans notre communauté. Nous participions à la réussite de Michel. Sa réussite devenait nôtre. Il n’avait pas gardé pour lui les raisons de sa réussite. Nous apprenions à faire comme lui, parce que nous faisions avec lui.

 

Tout cela m’avait marqué. J’avais dû l’écrire sur mon cahier d’aumônier de J.O.C. du moment… Et bien que ce cahier fasse parti des écrits qui sont partis en fumée et devenus cendres dans l’incendie qui a ravagé nos maisons, il y a un peu plus de deux mois, la parole de Gil est restée écrite dans mon cœur, à tout jamais. Et elle continue de m’apporter beaucoup de lumière en ce matin où je pars à la recherche du lever du soleil, avec trois amies, en marchant aux pas des ânes Gamin et Rameaux. Durant notre marche, nous portons dans nos cœurs : Philippe et les gens du spectacle, les artistes intermittents et les autres, les membres de nos familles, nos amis, et aussi les personnes arrachées au flanc de l’humanité oubliée, particulièrement, ceux qui sont maintenus en esclavage à travers le monde. Notre visite, hier à Champagney, de la maison de la négritude et des droits de l’Homme, nous empêche de sombrer dans l’indifférence. Nous tentons d’accrocher les prénoms et les noms de tous ces gens là, ainsi que leur appartenance, aux étoiles scintillantes dans le ciel, dorlotant pour quelques instants encore le sommeil des habitants de mon village.

 

«  Et si nous nous réjouissions de ce que les autres réussissent… » Ce refrain va continuer de nous aider durant notre marche en direction du lever du soleil. En effet, parmi les gens dont nous avons attaché le prénom à une étoile, il y a celui des quinze personnes avec qui nous nous préparons à partir à Midelt au Maroc du 13 au 20 septembre. Nous allons là bas essentiellement pour rencontrer le frère Jean Pierre Schumacher, survivant de Tibhirine, et les membres du petit monastère Cistercien, de Notre dame de l’Atlas. Ce sera dans le sillage de ce qui s’est vécu et réalisé à Tibhirine. Le film « Des hommes et des Dieux » nous a interpelé à ce que nous prêtions le flanc afin de recevoir l’ensemencement  de ces graines de la non violence, qui continuent de germer et pousser en ces lieux de vie et d’espérance.  Nous sommes de différents mouvements, groupements et associations : ADN, MAN, Cercle de silence, Siloé, lecteurs de livres. C’est un peu comme des corbeilles de fruits, et des sacs de graines, qui nous sont offerts tous ces jours. Roberte, une des amis de notre équipée, dans son souci de se préparer à un tel voyage, a été la première de nous tous, à lire le livre de Fadila SEMAÏ : « l’ami parti devant » aux éditions Albin Michel.

 

Dans ce livre, Fadila Semaï recherche la famille, et l’endroit où cet homme : MOHAMED, musulman,  a donné sa vie, pour sauver celle de CHRISTIAN, chrétien, parce qu’ils s’aimaient. Dans quel endroit de la terre, Mohamed a-t-il bien pu planter ses racines, dans quel sol rocailleux du massif de l’Ouarsenis, repose son corps ? Comment trouver trace du puits auprès duquel cet homme est tombé en donnant sa vie pour Chrsitian et par là, pour combien de membres, du peuple Algérien, et par voie de conséquence  pour combien d’entre nous ?

 

Roberte a été marquée, par la lecture du livre de Fadila. A l’issue de la réunion de ADN  du premier août à Dampierre je dis à Roberte : «  Et si tu écrivais à Fadila, pour lui exprimer l’enthousiasme que tu as ressenti à la lecture de son livre, ainsi que ta reconnaissance, pour un tel ouvrage… » Roberte écrit à Fadila, et Fadila, répond à Roberte. Les voilà l’une et l’autre, auteures à nos yeux, de la découverte des traces et des empreintes d’humanité laissées par ces deux hommes : Mohamed et Christian.

 

C’est ça qui illumine mon regard ainsi que le profond de mon être, et pas seulement le mien. Quelque chose de l’ensemencement de la non violence est en train de s’enraciner en nous, grâce à la façon de faire de Roberte. La parole de Gil Roux répand une lumière sur nous tous. Chacun de nous découvre dans ce jeu d’écriture et de lecture, de travail et de partage qu’ « un ami est parti devant ». Un jour, quelqu’un a donné sa vie pour moi. Je ne l’ai pas toujours su et vu tout de suite. Et souvent, c’est aussi quelqu’un que je n’attendais pas qui me l’a fait découvrir. Je suis appelé à me réjouir de ce que quelqu’un d’autre, ait réussi à me faire découvrir. « Roberte tu nous apportes beaucoup de lumière par le partage, de ta lecture et de ta correspondance avec Fadila. Merci Roberte, de ne pas le garder rien que pour toi. En partant ensemble pour Midelt, la capitale de la pomme, au Maroc, fabriquer et presser quelques litres de jus de pommes dans la cour du monastère de Notre Dame de l’Atlas, nous découvrons que beaucoup d’amis sont partis devant nous. Nous allons avoir à cœur de le reconnaitre. Et comme me le disait Guenièvre et Adrien,  à propos de leur terrain de maraichage : «  les champs de Vigearde où nous cultivons nos légumes, tout cela nous vient de beaucoup de gens qui ont vécu avant nous, qui ont travaillé et se sont organisés  et qui ont donné d’eux-mêmes... »

 

L’apôtre Paul, dans une de ses lettres aux Corinthiens, se demande à lui-même : « qu’as-tu que tu n’aies reçu ». 1 Cor. 4-7.  Et j’aime ajouter : « qu’es tu que ça ne te vienne de quelqu’un d’autre ? »

 

Ça y est. Nous voici arrivés au lieu dit : la Fin Basse où le soleil nous attend pour se lever. Ce matin il y met beaucoup de temps, car de nombreux nuages, et beaucoup de brumes, se sont accumulés à l’endroit de la terre, d’où il va sortir. Nous attachons nos ânes dans un bosquet voisin et nous attendons, assis sur la berge du Doubs. Ça ressemble à l’attente vécue par nous lorsque nous sommes au théâtre, et que nos êtres sont tendus vers le lieu et le moment du commencement de la pièce. Dans le silence qui s’instaure, beaucoup de choses peuvent nous être dites. Il dut y avoir des moments d’une telle intensité comme celui-là, au commencement du monde, et sans doute aussi au moment de notre naissance à chacun. Et voici qu’une toute petite lumière très vive, un peu comme un point de soudure à l’arc, perce l’épaisseur des nuages. La lumière devient très vite incandescente. Avec beaucoup de délicatesse, au fur et à mesure que le soleil sort de la terre et monte à l’horizon, Madame Nature, avec je ne sais quelle baguette magique, rend possible que se forme l’image du soleil, afin qu’Il se mire dans la rivière, et qu’elle y atteigne les profondeurs de l’eau. Alors seulement, nous pouvons voir le soleil, grâce à ce reflet. Ça me fait penser au dialogue de Moïse avec Dieu sur le mont du Sinaï pour préparer l’entrée du peuple dans la terre promise. Moïse demande à Dieu : « Fais-moi, de grâce, voir ta face. » Dieu lui dit : «  Tu ne peux pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et demeurer en vie ». Mais Yahvé Dieu, par amour de Moïse et de son peuple, tient à leur communiquer son amour et sa gloire, sa présence et son mystère. Il dit à Moïse : « Je vais faire une place à ta demande. Quand passera ma gloire, je te mettrai dans le creux du rocher. Je t’abriterai de ma main durant mon passage. Puis j’écarterai ma main et tu me verras de dos. Mais ma face, on ne peut la voir. » Ex. 33 18-23.

 

A notre retour, avec mes trois amies nous nous émerveillons de ce qui se passe durant cette marche aux pas des ânes.

La première dit : « je n’avais jamais remarqué ça… C’est étonnant comment sur le dos des ânes, dans la descente de leurs épaules, tout le long de leur échine, il y a une croix qui les enveloppe… ».

La seconde : « comme je suis heureuse d’avoir tenu l’âne Rameaux… ».

Et la troisième : «  Et moi, d’avoir tenu un âne pour la première fois de ma vie ».

Il me revient alors avec une profonde émotion la parole de Jean et Michou, les amis qui nous ont offert les ânes il y a 35 ans, le 29 juillet 1981.

Jean, toi aussi, « l’ami parti devant », tu m’avais dit : « tu verras, l’âne c’est une véritable médiation… ». Votre présence d’amis s’est logée dans mon cœur de manière originale, en votre compagnie Michel et Andrée, Alain et Danielle, Jean et Bernadette et vos chers enfants et petits enfants. C’est vous qui nous avez offert les autres ânes, et les bâts, et tous les trésors d’amitié que l’on peut mettre dedans. J’ai confiance, non seulement que cette présence est en moi pour toujours, mais aussi, qu’elle va tenir une place dans le cœur de tous ces gens qui un jour ou l’autre se sont mis à tenir un âne, à expérimenter les merveilles réalisées et offertes, d’entrer dans le rythme de la marche aux pas de l’âne, de sentir tout ce qui se dénoue et se déligote, afin de nous relier les uns aux autres. De combien de violences nous allons pouvoir continuer à nous démunir pour envisager une manière de vivre et d’aimer, qui soit originelle et originale. « Ici petits et grands se confondent ». Job 3 19.

Photo de Patricia le 23 mars 2013 lors de la marche de la paix

Photo de Patricia le 23 mars 2013 lors de la marche de la paix

Présentation

  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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