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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 07:09
Mercredi 27 juillet 2016
 
Lettre aux Français après l’assassinat du Père Jacques Hamel.
par Varghese Alengaden USM, Indore, INDE
 
Réponse à l’Intégrisme et au Fondamentalisme
 
13 jours après le massacre de Nice qui a tué 84 personnes et blessé d'autres nombreuses personnes, nous sommes choqués d'apprendre le meurtre du prêtre Jacques Hamel par deux hommes du groupe terroriste de l'état islamique dans une église de Normandie en France. C'est encore plus choquant d'apprendre que ce meurtre s'est perpétré dans une église lors d'une messe en présence de gens. C'est triste d'apprendre que ces personnes ont crié "Allah Akbar" avant de commettre leur crime odieux. Ces attaques répétées en des lieux publics et dans des églises terrorisent certainement les gens et les insécurisent. Ces incidents peuvent créer plus de peur, de violence, de haine et de soupçons dans l'esprit des gens. C'est pourquoi j'exprime mon profond chagrin par rapport à ces terribles et choquants incidents, je souhaite et je prie pour que le pays qui a donné des idéaux de liberté, d'égalité et de solidarité universelle au monde entier n'abandonne pas l'espoir et ne tourne pas vers le désespoir et des réactions négatives. J'espère que les gens ne vont pas réagir négativement et abandonner leurs nobles valeurs. Je souhaite et je prie pour que chacun de vous ait assez de force pour dépasser ces moments de confusion et de tragédie, c'est ma prière que les gens développent leur "endurance" mentale, émotionnelle, et spirituelle face à des jours difficiles à venir, avec des attitudes positives et des actions de prévention pour les jeunes et les moins jeunes afin de ne pas tomber dans des réactions négatives et le désespoir.
 
Le Mouvement de Solidarité Universelle dans l'Education des valeurs pour la paix que nous avons lancée en 1993, était une réponse dynamique aux meurtres en masse et à la grande propagation de haine à travers tout le pays, en Inde. Des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants innocents ont été tués dans des conflits de religions. Conflits religieux, attaques à la bombe, assassinats et hostilités continuent encore. Nous continuons de vivre dans l'espoir malgré ces attaques terroristes répétées et les conflits de religion. L'action dynamique d'USM est due à la possibilité de penser : pourquoi je n'allumerais pas une bougie au lieu de maudire l'obscurité? Pourquoi je ne commencerais pas un mouvement avec des gens appartenant à différentes fois, cultures, couleurs, parlant différentes langues, pour travailler à construire ensemble une société libérée de haine, de violence, de racisme et de préjugés? Pourquoi ne pas utiliser l'énergie et les talents de la jeunesse pour construire une civilisation de l'amour ?
 
Le début a été difficile. La passion d'une vision durable et inclusive m'a permis de nager à contre-courant. Après 24 longues années, nous voyons des signes de changement. Des centaines de jeunes et de nombreux adultes appartenant à différentes religions et cultures sont en train de travailler ensemble pour construire une civilisation d'amour et de paix. Ensemble avec la jeunesse, de nombreux adultes font également partie de cette mission de paix aujourd'hui.
 
Par mon expérience de trente années de travail auprès de gens de toute foi, particulièrement les jeunes, je crois et je suis convaincu que cela est possible. C'est toujours possible et c'est possible partout. C'est l'heure du test, de tester nos convictions, nos idéaux, notre patience. Le monde a fait face à des situations dans le passé encore plus terribles et a trouvé de merveilleuses solutions. L'union européenne, l'ONU, le rotary international et beaucoup d'autres organisations n'en sont que quelques exemples. Ces défis auxquels nous faisons face maintenant passeront et des jours meilleurs se profilent pour ceux qui seront capables de travailler positivement avec patience. Je souhaite juste que le peuple français n'abandonne pas ces merveilleux idéaux en acceptant des solutions temporaires par voie d'exclusion, de préjugés, et de représailles, ce que les Britanniques ont fait en votant contre l'Union européenne. Ni que les personnes puissent opter pour plus de politique extrémiste, radical. Il est temps pour chacun d'allumer une bougie. En d'autres termes, chacun doit explorer les façons d'éduquer les gens en petits groupes pour soutenir les grandes valeurs du pluralisme (à savoir l'acceptation, l’appréciation et la promotion de la différence). Il devrait y avoir des petits groupes partout pour discuter et analyser diverses questions et prendre des mesures dans sa localité en donnant des signes de paix et de fraternité. Plus tard, il pourrait devenir un grand mouvement qui influence plus de gens. Commencez par investir une heure dans une semaine pour cela. Ici, dans la communauté USM nous faisons cela dans une atmosphère de prière. Commencez la réunion assis en cercle. Gardez une bougie allumée au milieu. Lisez des phrases courtes des passages de l'Écriture de différentes religions liées à la paix et gardez le silence pendant deux minutes. Après cette courte prière et le silence, tous pourront discuter et partager leurs idées. Le but de la discussion est d'éduquer, de s'enrichir mutuellement et de prendre des mesures « innovantes et créatives » pour la paix et la fraternité dans la localité et plus tard à plus grande échelle.
 
Dans nos plans d'action, nous pouvons exiger d'accepter les erreurs du passé, si certaines de nos actions ont blessées les sentiments et la dignité de différents groupes. Il est important de savoir si les jeunes qui se joignent aux groupes terroristes et se livrent à la violence, le font en réaction négative et en expression de colère réprimée contre un système oppressif ? Nous sommes impliqués dans ce processus d'éducation et nous avons trouvé qu'il était très efficace. Nous ne pouvons pas laisser la responsabilité de construire la paix et la lutte contre le terrorisme aux gouvernements seuls, tandis que nous continuons à rester à la maison.
 
Si chacun prend en charge la situation et agit MAINTENANT, alors les miracles vont sûrement arriver. Je veux terminer cette lettre avec ma conviction que je partage toujours avec les membres de mon équipe. Chacun doit croire que rien n’est impossible : plus il y a de problèmes, plus grande devrait être notre détermination, plus il y a d'obscurité, plus il est nécessaire pour nous d'être la lumière, plus il y a d'indifférence, plus grande devrait être notre sensibilité, plus il y a de violence, plus grands devraient être nos efforts à travailler pour la paix et la solidarité universelle. Encore une fois, je tiens à exprimer ma solidarité et vous assure de toutes mes prières. S'il vous plaît transmettez mes salutations dans la prière à tous vos amis. Avec mes meilleurs voeux dans la prière,
 
Varghese Alengaden

 

Lettre aux Français après l’assassinat du Père Jacques Hamel
Lettre aux Français après l’assassinat du Père Jacques Hamel
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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 04:37
Petit retour d'une journée magnifique que j'ai passée en accompagnant Lulu à Neufchateau dans les Vosges pour rencontrer Mgr Alphonse Georger.
 
Quel bonheur quand Monseigneur Alphonse Georger et Lulu se sont découverts, on pourrait dire retrouvés, bien que ce soit leur 1ère rencontre. Leur étreinte était bouleversante, beaucoup d'émotion.
Ils ont tellement de points communs, de connaissances communes.
2 belles âmes !
Tous les deux étaient intarissables. 
Lulu: Mais tu as connu Pierre Claverie, pas possible ! Et tu es allé de nombreuses fois à Tibhirine !  
Et tu étais ami avec Christian de Chergé ? Et tu recevais chez toi Consuelo la Comtesse de Saint Exupéry ? ...
Et toi Lulu tu as connu Jean-Marie Buisset, jeune séminariste tué en Algérie. je parle de lui dans mon livre etc .. etc ...
C'était un régal de les voir tous les deux évoquer tant de souvenirs, certains difficiles de la guerre d'Algérie qui les a marqué à tout jamais.
Le Père Georger est un homme merveilleux, a insisté pour que je sois sur une des photos qu'il a prise lui-même, m'a fait la bise en nous quittant. 
Je pense que des articles pour le blog ne vont pas tarder à arriver.
Cette belle journée a fait, je le crois, beaucoup de bien à Lulu.
Que du bonheur !
Amitiés à tous !
Rosaline
 
Une journée à Neufchâteau
Une journée à Neufchâteau
Une journée à Neufchâteau
Une journée à Neufchâteau
Une journée à Neufchâteau
Une journée à Neufchâteau
Une journée à Neufchâteau
Une journée à Neufchâteau
Une journée à Neufchâteau
Une journée à Neufchâteau
Une journée à Neufchâteau

Une journée à Neufchâteau

23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 12:00

En 1989, Varghese Alengaden découvrait la communauté de Taizé. Très marqué par ce qui s'y vivait, il a créé le Mouvement pour la Solidarité Universelle en Inde en 1992Par l'intermédiaire de Rachel, partie à sa rencontre et de celle de ce mouvement, il nous envoie un message. Habité par 24 ans d'expérience au service de la paix, il nous partage quelques clés pour être chacun et chacune artisan de paix.

Varghese Alengaden, lors d'un séminaire pour parents et enseignants (photo http://youthaction.in/)

Varghese Alengaden, lors d'un séminaire pour parents et enseignants (photo http://youthaction.in/)

Mercredi 20 juillet 2016

 

Mes chers amis, 

 

Recevez nos meilleurs souhaits et nos prières de la part de la Communauté USM, à Indore (Mouvement pour la Solidarité Universelle) ! Tandis que nous nous préparions à célébrer le 24ème anniversaire de la fondation de notre Mouvement, le 16 juillet, nous avons été une fois de plus choqués par la tragique nouvelle de l'attentat de Nice. Pendant nos rencontres nous en avons parlé et avons prié pour les familles des victimes et pour tout le peuple de France. Nous avons ressenti le besoin d'intensifier nos efforts pour faire la paix en touchant le plus grand nombre possible de gens.

 

Une fois encore le fondamentalisme religieux a attaqué l'héritage laïque, mais aussi spirituel de la solidarité humaine, le 14 juillet, en assassinant plus de 80 personnes à Nice, en France. Comme je l'ai lu dans les journaux à propos des derniers attentats dans une ville française, dirigés contre ses principes démocratiques laïques et ses policiers. Je souhaite seulement que le peuple de France et d'autres parties du monde ne réagissent pas d'une façon négative contre cette folie. Les valeurs nobles de liberté, égalité et fraternité ont changé radicalement les choses partout dans le monde. Notre mouvement pour la paix, le Mouvement de Solidarité Universelle pour l'Education à la Paix a pour but d'édifier une civilisation de l'amour fondée sur ces principes. Le préambule de la Constitution de l'Inde est lui aussi fondé sur ces principes. Encore pire, deux jours plus tard, le 16 juillet, plus de 250 personnes ont été tuées en Turquie. On continue à tuer des innocents dans différentes parties du monde, au nom de Dieu.

 

Ce même jour nous étions occupés à célébrer le 24ème anniversaire de la Fondation de notre Mouvement dont le but est de construire la paix et la solidarité universelle. Ce mouvement a été fondé en réaction à la violence et ses éducateurs ont commencé à concevoir le besoin de paix et de solidarité humaine en se dépouillant de leurs personnalités mesquines et de leur étroitesse d'esprit. Le nombre croissant d'attaques à la bombe et de massacres d'innocents dans divers pays de la planète  ne fait que confirmer l'urgence de notre vision du monde et de notre mission d'édification d'une civilisation de l'amour. Je me rends bien compte que cette mission a besoin d'aller plus vite et que plus de gens y participent afin de faire face aux menaces croissantes de violence que causent les préjugés et la haine.

 

J'ai toujours cru que la réponse aux forces négatives ne doit pas être confiée aux seuls gouvenements. Chaque citoyen de chaque pays devrait agir selon ses propres convictions. Le Mouvement pour la Solidarité Universelle s'engage à mobiliser les gens, spécialement les jeunes, pour ce défi. Il est temps que chacun rassemble au moins 5 ou 10 amis, organise des rencontres régulières et planifie des actions afin de sensibiliser la population. Ce groupe devrait s'engager à se rencontrer une fois par semaine pendant une heure ou une fois par mois pour discuter des problèmes qui concernent les gens et lancer des actions positives Ces groupes devraient se multiplier dans chaque quartier. Ceci devrait devenir une priorité pour tous ceux qui aiment la paix.

 

Peur, suspicion, réactions négatives et haine n'aideront pas à installer la paix. Chacun a besoin d'audace pour faire naître l'espoir dans les esprits en ce temps de crise. La laïcité et la solidarité humaine ne devraient pas être réprimés par la violence et la folie de fanatiques religieux .

 

Nous, de notre côté, sommes décidés à intensifier nos efforts de construction de la paix et de la solidarité humaine au moyen de diverses activités. Une activité particulière : la Convention Nationale pour la Paix, est organisée chaque année dans différentes parties du pays. Nous avons eu deux manifestations similaires les deux dernières années : l'une à Indore, dans le centre de l'Inde, une autre à Nagaland (dans le nord-est de l'Inde) et la troisième se tiendra à Goa (Inde de l'ouest) du 30 janvier au 1er février 2017. Bien qu'il s'agisse d'un événement national nous accueillerons des délégués venus du monde entier. Plus de 400 délégués de différentes parties de  l'Inde, appartenant à diverses religions, ethnies et professions , se rassembleront pour débattre de problèmes variés concernant la vie humaine et proposeront des plans d'action constructifs. Etant donné que les attentats et le fondamentalisme sont en augmentation, de tels rassemblements pour explorer les moyens de construire une civilisation de l'amour sont devenus une urgente nécessité.

 

En vous assurant de mes prières et de mes meilleurs vœux pour vous, votre famille et vos proches.

Varghese Alengaden

 

Published by luluencampvolant - dans Actualités Non-violence USM Indore
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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 21:07

Chers amis,

....

Je voudrais vous remercier d'avoir contribué à nous transmettre la lettre de Jean-Marie Muller et d'avoir rendu possible le jaillissement d'un ressourcement de la petite fille Espérance, grâce aux réponses de Maryse, de Toinette et de Rachel depuis l'Inde, où elle réalise justement ce qu'il est urgent de donner à notre humanité, face au déferlement de la violence (...)

Et voici, dans le même sillage qu'arrive un mail des Vosges. 

Les Soeurs Denise, (dont une soeur d'Alphonse Georger) réagissent dans le même sens que celui que nous essayons d'étayer.

Voici le très beau mail qu'elles ont envoyé. 

Tout cela nous prépare beaucoup à notre voyage en direction de Midelt et contribue humblement à cultiver en nous et entre nous, le climat de la non-violence, dont nous avons tous tant besoin.

Est ce que ça ne serait pas trop vous demander de mettre tous ces documents sur le blog, quand vous le pourrez:

- la lettre de Jean-Marie

- les réponses de Maryse, Toinette et Rachel

- Et cette dernière lettre des Soeurs Denise sur laquelle il y a un lien sur : "Attentats: Repenser notre rapport au monde"

Cela suscitera sans doute encore d'autres réactions afin de travailler à la culture de la non-violence. Nous sommes en train de préparer un temps très fort dans ce sens: le jeûne du 6 au 9 août, la pose de la plaque, les rencontres très riches que nous allons vivre, fortifiées par les conférences qui vont nous être données.

Et puis, quand vous le pourrez, (et tant que nous y sommes) pouvez-vous rajouter: Oh ! Ce qu'il est beau ce tas de fumier !

Grosses bises fraternelles.

A la revoyotte 

Lulu et Rosaline

 

Bonjour, Jean Marie,

Après avoir lu votre "faire part", nous continuerons d'avoir confiance en l' "HOMME", en nos consciences...et nos ginkgos bilobas, bien enracinés dans la terre, et nos espoirs en un monde meilleur, demain.

Bien amicalement, à tous.

Maryse 

 

Plantation du ginkgo biloba à Dampierre

Plantation du ginkgo biloba à Dampierre

Merci Maryse, de sauver du feu nucléaire la petite sœur Espérance.
 
Aujourd'hui plus que jamais, nous partageons cette volonté tenace, rendue plus facile dans la solidarité.
  • Après Dampierre, St Maur, Saligney, la commune de Pesmes souhaite la plantation d'un Ginkgo biloba.
  • Nous avons avancé dans notre pratique non-violente au sein du groupe,
  •  Le groupe EELV Bourgogne-Franche-Comté me sollicite pour organiser un atelier sur la Non-Violence à leur congrès d'octobre,
que de signaux positifs, modestes mais réels, se manifestent à nous  (et n'est-ce pas cela-même, la "petite fille Espérance" ?)
 
La Prière de Charles Péguy « La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance » : 

« La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance. La Foi ça ne m’étonne pas. Ce n’est pas étonnant. J’éclate tellement dans ma création. La Charité, dit Dieu, ça ne m’étonne pas. Ça n’est pas étonnant. Ces pauvres créatures sont si malheureuses qu’à moins d’avoir un cœur de pierre, comment n’auraient-elles point charité les unes des autres. Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’Espérance. Et je n’en reviens pas. L’Espérance est une toute petite fille de rien du tout. Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière. C’est cette petite fille de rien du tout. Elle seule, portant les autres, qui traversa les mondes révolus. La Foi va de soi. La Charité va malheureusement de soi. Mais l’Espérance ne va pas de soi. L’Espérance ne va pas toute seule. Pour espérer, mon enfant, il faut être bienheureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce. La Foi voit ce qui est. La Charité aime ce qui est. L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera. Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé. Sur la route montante. Traînée, pendue aux bras de des grandes sœurs, qui la tiennent par la main, la petite espérance s’avance. Et au milieu de ses deux grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres. Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde. Et qui le traîne. Car on ne travaille jamais que pour les enfants. Et les deux grandes ne marchent que pour la petite ». 

 

Antoinette 

 

Messages d'espérance

Bonjour Jean-Marie,

 

Pardonne-moi, je me permets de te répondre et de te tutoyer comme si nous nous connaissions depuis longtemps, mais Lulu me parle tellement de toi, que j'ai l'impression de te compter dans mes proches, même si je ne te l'ai jamais signifié.

Je viens de lire ta lettre, qui me rend très triste. 

Et à la fois je comprends, qu'après autant d'années de lutte, la petite fille Espérance semble être malade et bien fragile.

Toutefois, je voudrais répondre à une de tes interpellations: Où sont les clercs?

Je suis actuellement en Inde, à Indore (ouest).

Et je vis aujourd'hui le 24e anniversaire de la création d'USM, Universal Solidarity Mouvement, fondé par Varghese Alengaden, qui est toujours présent.

Les clercs sont là !

Tant ! Tant de personnes, et parmi eux, tant de jeunes de 15-16ans, qui après avoir suivi une formation de "leadership pour la paix", agissent, en ayant pris des résolutions et en agissant à leur échelle ! Tant d'actions se répandent ici ! Pour tous sujets. (Celui du nucléaire pourrait en faire partie.)

Les consciences sont en sommeil, oui...

Mais à certains endroits de la planète, elles se réveillent ! Tu connais l'Inde et je sais que tu as reçu là-bas un prix très beau l'année dernière.

La petite fille espérance te demande de ne pas laisser s'éteindre la dernière étoile qui reste...

Et de la protéger, d'en prendre soin, pour qu'elle se répande à nouveau...

 

Elle est venue en voyage avec moi, je lui dis de revenir en France au plus vite..

Te chuchoter ce beau message.

 

Bien amicalement,

 

Rachel

 

Merci Rachel, tu as su trouver les mots qui je l'espère redonneront de la force à Jean-Marie. Il est découragé, malheureux et cela nous fait de la peine.
Merci d' avoir renvoyé en France la petite fille Espérance, on a tous besoin d'elle et on va se battre pour ne pas la laisser mourir.
God blessed you !
Best regards
Rosaline
Chère Rosaline,
 
Quelle richesse que les messages que vous nous avez adressés ! MERCI !
 
L'analyse de Jean-Marie Muller ne peut que secouer la conscience des disciples de Jésus dont nous nous réclamons ! La petite fille Espérance vacille ! Pourtant, au milieu du tragique de notre monde, elle est présence ; elle est le moteur de tant d'engagements d'hommes et de femmes pour qu'advienne un monde plus humain !
 
Vos relations avec des connaissances qui œuvrent en Inde, visant l'éducation des jeunes qui s'impliquent progressivement dans une filière humanitaire pour s'y donner totalement ! Quel souffle d'humanité ;  il ne peut que les faire grandir et avoir un impact sur leur entourage, voire leur pays !..
 
Et puis, il y a ces voix qui semblent crier dans le désert quand elles dénoncent les injustices criantes qui accablent la grande Humanité ! Nous soutenons François, notre Pape, de tout notre cœur pour que ses appels pour combattre la haine, les violences... trouvent un écho dans le cœur et l'agir de tous nos frères les hommes.
 
Et combien souhaiterait-on que nos responsables d'Eglise sortent de leur frilosité pour
condamner la fabrication et le commerce des armes, en particulier nucléaires.
Nous sommes solidaires d' associations qui luttent et s'investissent pour leur abolition et l'arrêt des constructions en cours. Hommes de Foi en l'Humanité ! 
 
Me vient en mémoire ces trois religieuses dominicaines des Etats-Unis qui furent emprisonnées pour avoir manifesté et dénoncé les armes nucléaires en pénétrant simplement sur un site de fabrication. Il y a de cela une dizaine d'années. De 2 à 3 ans pour certaines, furent leurs temps d'incarcération dans des maisons d'arrêt différentes. Notre congrégation, via sa commission Justice et Paix,  a pu leur témoigner par la prière et des échanges de correspondance notre solidarité dans leur combat exemplaire. Lors d'un deuxième emprisonnement, l'une a du être hospitalisée,
puis est décédée ! Femmes d’Évangile pour un monde de Paix ! 
 
Je me permets de vous communiquer une tribune intéressante parue dans le journal Le Monde,  parvenue via le Mouvement de la Paix : "Attentats: Repenser notre rapport au monde"
 
....
 
Nous vous embrassons
Denise et Denise
20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 13:36

Jean-Marie Muller*

 

Le 14 juillet 2016

 

En 1957, Jean Lurçat (1892-1966) réalise une tapisserie qui représente L’Homme d’Hiroshima : celui-ci, affirme-t-il, « a été brûlé, dépouillé, vidé par la bombe… Mais avec lui, ce sont toutes nos raisons de vivre qui ont été saccagées… » Parmi la pluie de ruines qui tombent autour de son personnage, figure « La Croix », ce qui signifie que la bombe a provoqué la déliquescence du christianisme. « La bombe n’épargne aucune idéologie, aucun système… Elle anéantit toutes les pensées de l’homme, tout le patrimoine culturel commun… »

 

L'homme d'Hiroshima (Jean Lurçat 1957)

L'homme d'Hiroshima (Jean Lurçat 1957)

Le 8 août 1945, deux jours après l’explosion de la bombe atomique sur Hiroshima, Albert Camus écrit : « La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie . » Il conclut : « Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous percevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison  . » Mal-heureusement, face aux gouvernements qui ont choisi l’enfer, les peuples ont renoncé à leur faire entendre raison…

 

En 1946, Bernanos écrits plusieurs articles qui stigmatisent la bombe atomique comme une dérive de l’intelligence à laquelle l’homme raisonnable ne peut qu’opposer l’objection de sa conscience. Selon lui, le plus grand danger, ce n’est pas que la bombe atomique détruise l’humanité, mais quelle « détruise la raison humaine en anéantissant l’humanité raisonnable  ». La bombe crée un « ordre inhumain » qui doit être refusé : « Au monde de la bombe atomique, on ne saurait déjà plus rien opposer que la révolte des consciences, du plus grand nombre de consciences possible . » Force nous est de reconnaître que l’appel de Bernanos à l’insurrection des consciences n’a pas été entendu. Les hommes – du moins le plus grand nombre d’entre eux - ne se sont pas révoltés, ils se sont habitués, résignés, accommodés, adaptés, soumis. Ils ont démissionné. Ils ont accepté l’inacceptable.

 

Avant même qu’aucune bombe atomique n’ait explosé, la préméditation du crime contre l’Humanité et la Civilisation qui fonde la dissuasion nucléaire consacre le reniement et la négation de toute morale, de toute éthique, de toute philosophie et de toute sagesse. Une fois que nous avons accepté de consentir au meurtre nucléaire, c’est toute la morale publique qui se trouve gangrenée. La civilisation s’effondre et toutes nos espérances dans l’Humanité deviennent douteuses. En outre, la menace de l’explosion accidentelle ou délibérée d’une bombe dont les conséquences humanitaires seraient irréparables est bien réelle. Compte tenu de la modernisation des arsenaux nucléaires, l’horloge de l’Apocalypse (ou horloge de la fin du monde), créée en 1947 par des scientifiques atomistes de l’Université de Chicago, a été avancée de 2 minutes le 22 janvier 2015 et affiche désormais minuit moins trois.

 

Si les peuples se sont tus, c’est tout particulièrement parce que les clercs eux-mêmes, dont la fonction est de défendre les valeurs éternelles et désintéressées qui fondent l’Humanité de l’Homme, ont gravement trahi leur mission. Parmi les clercs, ceux qui se réfèrent à l’Évangile chrétien ont une mission dont l’importance est décisive. Selon Julien Benda, les hommes d’Église sont « les clercs par excellence ». Non pas parce que l’Évangile serait la parole de Dieu qui devrait s’imposer à tous les hommes, mais parce qu’il est la parole de l’Homme qui exprime les aspirations spirituelles universelles qui donne sens à l’existence de tout être humain. Mal-heureusement, les clercs chrétiens se sont eux-mêmes résignés à la menace de l’apocalypse nucléaire qui pèse sur notre société. Certes, d’autres clercs pourraient et devraient s’exprimer. Mais où sont les clercs des autres religions ? Où sont les clercs de l’université française ? Où sont les clercs d’une laïcité authentique ? Et où sont les clercs d’une écologie conséquente ? Et, encore, où sont les clercs d’une vraie gauche ?

 

Bien sûr, sans attendre la parole des clercs, les citoyens ont la liberté de penser et d’agir selon leur conscience en s’organisant au sein de la société civile pour affirmer leur dissidence éthique et politique avec la dissuasion nucléaire. Mais le pouvoir de leur parole au sein de l’opinion publique, leur capacité de se faire entendre auprès des pouvoirs publics sont sans commune mesure avec ceux des clercs. Sans le concours de ces derniers, les citoyens risquent fort de demeurer impuissants pour faire céder les gouvernements. Qui saurait nier le retentissement international considérable qu’aurait une déclaration solennelle des évêques français en faveur de l’abandon unilatéral par la France de son arsenal nucléaire ?

 

Pour ma part, j’ai longtemps espéré que les évêques de France auraient l’audace évangélique et le réalisme politique de dénoncer la dissuasion nucléaire et de préconiser le désarmement nucléaire unilatéral de la France. Aujourd’hui, tout me laisse penser que je dois renoncer à cette espérance. Interprétant à l’envers la sagesse supposée des « trois petits singes », ils ont décidé d’être aveugles, d’être sourds et d’être muets devant le Mal nucléaire. Si les évêques français dénonçaient la dissuasion nucléaire française, probablement que le gouvernement n'y renoncerait pas immédiatement. Mais eux-mêmes seraient désarmés alors qu'aujourd'hui ils sont eux-mêmes armés.

 

Luc Ravel, évêque aux armées, le 13 février 2014, lors d’une audition  devant la Commission de la défense de l’Assemblée Nationale, précise que l’Église appelle à un « désarmement mondial, multilatéral, progressif et simultané » ; mais il ne s’agit là que d’un vœu pieu qui n’engage strictement à rien et ne peut avoir aucun impact sur la réalité. Il affirme ensuite « qu'en l'état du monde d'aujourd'hui, le nucléaire et la dissuasion sont nécessaires ». À l’évidence, cette nécessité militaire efface l’exigence évangélique. Quand tout est dit, l’arme nucléaire n’est pas une arme légitime de défense, mais une arme criminelle de terreur, de destruction, de dévastation et d’anéantissement Au-delà de l’im-moralité intrinsèque de l’acte nucléaire, il est essentiel de prendre conscience de son in-faisabilité substantielle. À aucun moment, dans aucune crise internationale, la menace de l’emploi de l’arme nucléaire ne pourrait être opérationnelle. À l’arme nucléaire, l’homme raisonnable, l’homme moral, l’homme spirituel, l’homme sage, l’homme enfin ne peut qu’opposer un non catégorique et définitif qui exige le désarmement unilatéral de son pays.

 

En 2014, l’Institut catholique  de Paris, la commission Justice et Paix France et le mouvement Pax Christi France ont publié un livre intitulé La paix sans la bombe ? Dès l’introduction, il est clairement affirmé que « ces analyses ne concluent pas à la nécessité d’un abandon unilatéral de l’arme nucléaire ». Il est précisé : « Le nucléaire militaire est sans doute une réalité durable ; sa disparition ne pourra résulter que de décennies d’efforts internationaux concertés. » Des décennies ! Autant dire une éternité ! Ce qui signifie qu’en attendant des lendemains improbables qui chanteront le désarmement mondial, les citoyens français sont invités à s’accommoder de la dissuasion nucléaire fondée sur la préméditation d’un crime contre l’Humanité…

 

D’autres événements sont survenus qui confirment que les évêques ont décidé de se taire. Après avoir tenté de dialoguer avec nombre d'entre eux, j'en viens à la conviction que face à la foi nucléaire, ils n’oseront pas l’apostasie. Le silence des évêques  est d’autant plus grave qu’il ne vaut pas seulement une abstention, mais qu’il vaut une acceptation du crime nucléaire. Selon la sagesse des nations : « Qui ne dit mot, consent ». Leur silence vaut un consentement criminel au meurtre nucléaire.

 

Cette position de l’Église de France est non seulement une erreur mais c’est une faute, une faute contre l’esprit… C’est véritablement un « scandale » au sens évangélique du terme… Et le plus affligeant, ce n’est peut-être pas que désormais nous devions vivre avec la bombe, mais que nous devions vivre sans l’Espérance Évangélique… Certes, le caractère subversif intrinsèque de l’Évangile reste entier, mais, par lui-même, il est impuissant à agir dans l’histoire…

 

J’ai bien conscience que d’aucuns viendront me reprocher la dureté de mon intransigeance. J'assume cette dureté. C'est la dureté de mon opposition à l'arme nucléaire. Si je suis scandalisé, si ce scandale m’atteint au plus profond de mon être, que voulez-vous que j’y fasse ? « Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j’y fasse ? » Ainsi se termine un entretien avec le philosophe Günther Anders . Selon lui s’accommoder de la bombe, c’est être « frappé de cécité de l’âme  ». Face à la préparation de l’apocalypse nucléaire, l’homme raisonnable est rongé par la honte : « La honte d’aujourd’hui : la honte de ce que des hommes ont pu faire à d’autres hommes ; la honte aussi, donc, de ce qu’ils peuvent encore aujourd’hui se faire, donc aussi de ce que nous pouvons nous faire les uns aux autres, donc la honte d’être aussi un homme . » Ce qui désespère Anders, c’est d’être dans la situation de ne pouvoir rien faire d’autre, jour après jour, année après année, que d’alerter la conscience de ses contemporains devant la menace d’apocalypse nucléaire qui pèse sur le monde alors même que ceux-ci restent sourds à ses appels et s’enferment dans une attitude d’irresponsabilité. Je dois avouer que j’en suis arrivé là… Je suis désespéré de voir la société française prisonnière des armes nucléaires dans l’indifférence générale.

 

Victime des radiations de la bombe d’Hiroshima, la petite fille espérance a contracté un cancer nucléaire. Elle aurait pu guérir si le mal avait été soigné à temps. Mais les hommes ne s’en sont pas souciés et, aujourd’hui, la petite fille espérance est en train de mourir de son cancer nucléaire…

 

* Philosophe et écrivain.

Auteur notamment de  libérer la France des armes nucléaires, Chronique Sociale, Lyon, 2014.

Lauréat 2013 du Prix international de la fondation indienne Jamnalal Bajaj pour la promotion des valeurs gandhiennes.

Site personnel : www.jean-marie-muller.fr

 

12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 09:37

Dampierre le 12 juillet 2016

 

Chers amis,

 

Voici un mois que nos maisons ont brûlé entraînant beaucoup d'épreuves pour nous tous.

Grâce à toutes vos manifestations de sympathie et de solidarité, nous nous reconstruisons petit à petit.

Nous disons un grand Merci pour tous vos dons si nombreux et si généreux.

Croyez à toute notre amitié reconnaissante.

A la revoyotte !

Lulu et les personnes sinistrées

Merci !

Et voici le message de Lulu lors du concert de la solidarité à Dampierre le vendredi 8 juillet.

 

 

Dampierre le 8 juillet 2016

 

 

Chers amis,

 

Vous qui préparez le concert « Solidarité Dampierre »   du vendredi 8 juillet 2016 avec Jean-Claude Battu et Mano,

et vous tous qui y participez :

Veuillez accueillir mes sentiments d'amitié reconnaissante.

J'exprime ce qui est au fond de mon cœur, en union avec les autres personnes sinistrées, suite à l'incendie qui a ravagé nos maisons, dans la fin de l'après-midi du jeudi 9 juin, il y a tout juste un mois.

Merci à vous tous de nous aider à nous remettre debout, et à trouver un endroit pour nous loger, et pouvoir ainsi continuer à réaliser l’œuvre commune à laquelle nous sommes tous appelés : rendre possible que chacun trouve sa place dans notre société.

Veuillez m'excuser de ne pas pouvoir être là à ce concert, mais depuis très longtemps, je m'étais engagé pour les journées des 8 et 9 juillet, dans la réalisation d'un campement, avec un groupe d'une vingtaine d'enfants et leurs parents.

Je suis confiant que vous me comprendrez.

Je souhaite, en vous redisant mon amitié fraternelle et reconnaissante, que cet élan de solidarité que vous témoignez, soit bénéfique et se prolonge jusqu'à tous ceux qui sont sans toit, ni travail.

Déjà, il contribue à arrêter toute violence.

Je vous dis : A la Revoyotte !

Lulu

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 19:08

Après l'incendie la vie continue... 

 

Les ânes ont été confiés à Stéphanie et Alphonse qui en prennent bien soin. Aidé de ses amis, Lulu voudrait continuer à faire des ballades au pas des ânes. Une sortie en forêt a eu lieu en fin de semaine dernière avec des enfants et leurs parents.


Mais toutes les affaires qui servaient pour les ânes ont brûlé dans le terrible incendie il y a un mois. Peut-être que vous avez du matériel qui pourrait encore servir. Si c'est le cas, laissez un commentaire ci-dessous.

 

En voici la liste :
-  Un ou même plusieurs harnais avec bricole pour tirer la charrette d'ânes ( bien spécifique pour ânes et non pour cheval )
-  Des selles western pour bien installer les enfants.
-  Un bât, un licol
-  Tout ce qui peut servir en matériel d'attelage
-  Eventuellement une petite charrette que tireraient les ânes pour installer quelques enfants ...

SOS : Du matériel pour les ânes

Les commentaires avec des données personnelles ne seront pas publiés sur le blog, ils seront communiqués à Stéphanie. Merci.

 

Edit du 12/07 : Une proposition de Colette : remorque, selle et collier. Merci !

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 14:35

Dampierre, le 29 juin 2016

 

Le soir même de l'incendie où le feu brûlait nos maisons, mon neveu, mes voisins et moi-même, nous étions bouleversés et nous le sommes toujours, par le drame qui nous arrivait.

Nous nous sommes dit en nous envisageant : « Nous sommes là … Il n'y a pas de morts, ni de blessés …»

Nous ne sommes pas allés jusqu'à dire : « Estimons nous heureux …»

Nous ne le pouvions pas. Nous pleurions. Nous cherchions à relativiser le drame.

Je pense en fait, qu'il nous faut tous, amis qui nous êtes solidaires et nous-mêmes, non pas relativiser ce qui nous arrive, mais le relier.

 

Il me semble que dans notre élan de solidarité les uns avec les autres, il est fondamental de nous rattacher à celles et ceux dont les maisons ont brûlé ou sont encore en train de s'écrouler en raison du feu de la guerre.

Des hommes continuent de déverser sur des enfants et sur leurs parents le feu provoqué par l'invention, la fabrication, et le trafic de nos armes.

Il revient dans ma conscience les milliers de mechtas qui ont brûlé sous le feu de nos armes pendant la guerre d'Algérie.

Qu'est-ce que j'ai fait pour empêcher qu'on y mette le feu ?

Je repense aux milliers d'abris qui continuent de brûler en Syrie et ailleurs.

A ce feu-là, nous pouvons quelque chose.

 

Le feu qui a déchiqueté ma maison natale ne doit pas dévorer mon âme et ma conscience d'homme.

A ceux qui nous placardent que ces guerres sont fatales, en notre âme et conscience, ne devons-nous pas faire objection ?

Ne sentons-nous pas comme un appel à inventer une stratégie de paix dès aujourd'hui, stratégie de l’action non-violente ?

Et il est un feu encore pire que celui-là.

Un feu où nous risquons de délabrer l'humanité par pans entiers, probablement même en totalité. C'est le feu du nucléaire.

A celui-là aussi, nous pouvons quelque chose, en commençant par demander immédiatement, l'arrêt de l'armement nucléaire de la France de manière unilatérale.

 

Avec une profonde amitié solidaire, vous êtes nombreux à me dire ces jours-ci quand nos regards se croisent et que nous nous envisageons : « Te voilà donc relogé … T'as retrouvé une partie de tes affaires … Ça va aller ? »

Vous sentez bien que ça ne peut pas aller.

Merci bien sûr, pour ce que vous m'avez aidé à retrouver : un logement, une partie des cahiers où j'avais ramassé vos paroles dans nos cheminements et nos luttes.

Mais si nous ne nous prenons pas davantage par la main pour empêcher le déferlement du feu de la violence et de la guerre, il nous manque l'essentiel.

 

Vous nous avez aidés à retrouver un logement. Pour cela, nous tous, nous vous disons notre profonde reconnaissance. Mais si un jour, malheureusement nous laissions venir le feu du nucléaire, la possibilité de reloger les sinistrés serait anéantie elle aussi. Après nous un déluge de feu risquerait de tout emporter. Nous risquerions de ne plus pouvoir dire : « il y eut un soir, il y eut un matin…» Nous ne pouvons pas nous accommoder de cela. A l'impossible, ne sommes-nous pas tenus ?

 

Je vais de temps en temps frotter mon dos contre l'écorce du ginkgo biloba sur la place de notre commune. Je demande à cet arbre qu'il me communique de son huile essentielle, qui est de résister au feu du nucléaire, feu de l'anéantissement du sens de l'humain.

Et je vais causer aussi avec le petit ginkgo biloba que nous avons planté le 9 janvier de cette année. Je trouve qu'il pousse bien dans ce sens-là, de la résistance à la violence et je lui dis en l'admirant, combien les enfants de l'humanité que nous sommes, ont grand besoin de ce qu'il nous donne.

 

Les 2 ginkgos bilobas de Dampierre
Les 2 ginkgos bilobas de Dampierre

Les 2 ginkgos bilobas de Dampierre

3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 14:00
Solidarité avec les sinistrés de Dampierre

Participez ou faites connaitre ce concert, pour alimenter le compte "solidarité Dampierre" créé par un collectif de la commune de Dampierre. Vous pouvez encore envoyer vos dons à la mairie de Dampierre ou faire un don en ligne : https://www.leetchi.com/c/solidarite-dampierre.

Plus d'infos sur la page : sinistrés de Dampierre.

Merci à tous !

29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 17:00

MIDELT, mardi 15 septembre 2015

 

TIBHIRINE DANS LES ANNEES NOIRES,

ATELIER DE LA NON-VIOLENCE

 

Très heureux de retrouver Jean-Pierre afin de continuer nos partages et ainsi pouvoir remporter les graines d'action non-violente que tout cela me permet de ramasser.

Lucien : "J'aimerais parler avec toi, Jean-Pierre, de votre relation avec votre prieur Christian, durant ces années fondamentales vécues à Tibhirine en communauté."

Jean-Pierre : "J'ai apporté ce livre de Christine RAY : "Christian de Chergé, prieur de Tibhirine" afin de pouvoir davantage encore répondre à tes questions."

 

 

Tibhirine dans les années noires

Lucien : "J'ai écrit sur mon cahier les questions que je vais essayer de ne pas manquer de te poser Jean-Pierre ! J'ai remarqué beaucoup de délicatesse et de respect entre vous les moines, entre votre prieur et vous-mêmes, mais je suis frappé aussi par toute l'exigence qui règne entre vous. Qu'est-ce qui t'a beaucoup marqué dans l'attitude de Christian pendant que vous étiez à Tibhirine ? Qu'est-ce que tu voudrais qu'en notre humanité nous n'oublions pas de ce que vous avez vécu, vous les moines, avec votre prieur et grâce à lui ? Christian ne nous a-t-il pas appris à nous désarmer, à ressembler à Jésus qui est Dieu désarmé, et non pas dieu des armées ?"

Jean-Pierre : "Le livre de Christine RAY m'a fait beaucoup connaitre Christian, j'ai passé une matinée à parler avec Christine quand elle a écrit son livre en 1998. Elle était journaliste à La Croix, en équipe avec Bruno CHENU. Tu voulais Lulu, qu'on reparle de Christian... de ce qu'il nous avait..."

Lucien : "De ce qu'il vous avait apporté de spécifique ?"

Jean-Pierre : "Ce qui est mauvais dans une communauté, ce sont les divisions, quand on travaille les uns contre les autres. L'échelle double, si nécessaire entre les musulmans et les chrétiens, afin de réaliser la rencontre avec Dieu, cette échelle double est déjà nécessaire et valable entre nous dans la communauté. C'est comme dans un couple, on va vers le même but, on monte chacun de son côté afin de parvenir au même endroit."

 

 

Tibhirine dans les années noires

Lucien : "Oui, le rôle d'un supérieur, d'un prieur, c'est important. Cette importance, vous l'avez trouvée chez Christian, mais pas comme ça d'emblée."

Jean-Pierre : "Son attitude a avancé. C'est venu de plus en plus. Au début, il était désireux de donner tout ce qu'il avait trouvé, ce qui lui donnait force et dynamisme, à cause de ce que Mohamed en mourant l'avait protégé, empêché de mourir. Cette force-là qui était en lui et qui donnait sens à sa vie, il voulait nous la communiquer, ainsi que toute sa relation avec l'Islam et sa connaissance du monde arabe, qu'il avait acquise à Rome par l'I.P.E.A. (Institut Pontifical des Etudes Arabes) pendant les 2 ans que nous l'avions envoyé là-bas. Il voulait nous former selon son modèle à lui. Nous, nous avions nos personnalités et nos expériences personnelles de la relation avec l'Islam. On avait une communauté qui fonctionnait avant que Christian n'arrive. Notre modèle fonctionnait aussi. Il fallait faire un tout avec ça. Au départ, ce n'était pas ça. Christian était très motivé, il voulait nous initier à ce qui le motivait et passionnait. On résistait, on ne voulait pas se laisser faire. On voulait que la relation se fasse entre nous, sur un plan d'égalité par rapport à l'autorité."

Lucien : "Sur le plan comportemental, vous sentiez qu'il y avait des choses sur lesquelles il fallait avancer ?"

Jean-Pierre : "On était désireux de progresser dans la connaissance de l'Islam et de la relation qu'on devait avoir en tant que chrétiens, français, moines, avec la culture musulmane et algérienne. Tous, nous avions à apprendre. Nous étions tous des novices, tout en ayant déjà une expérience. Personne ne pouvait dire : "Je", ou "Voilà ce qu'il faut faire" Nous étions tous assis sur le même banc, dans la même école, chacun devant amener sa part sur un plan d'égalité. C'est ça qui était le nœud de la bonne relation en communauté et dans l'unité. C'était quelque chose de vivant."

Lucien : "Nous l'avons senti dans le film "Des hommes et des dieux", ce que tu es en train de me dire."

 

Jean-Pierre : "Nous n'avions pas choisi Christian pour... on ne t'a pas choisi pour que tu décides seul ! "Ce problème se posait beaucoup au moment de décider si nous partions de Tibhirine ou si nous y restions. Christian a bien compris que ce n'était pas encore l'unanimité, qu'il fallait encore prendre le temps de réfléchir, pour que les plus timides ne se laissent pas influencer par la majorité... "

Lucien : "...ou par ceux qui sont persuasifs !"

Jean-Pierre : "C'est ça !"

Lucien : "Alors, comment Christian a-t-il su et pu coordonner ?"

Jean-Pierre : "Christian a beaucoup évolué, surtout, à partir du moment où il est devenu prieur. Un supérieur ne doit pas être directif, il doit être attentif à la personnalité de chacun, et avec ça, faire l'unité, tendre vers l'unité. Christian l'a très bien réalisé et accompli, au moment où on devait prendre cette décision grave : PARTIR ou RESTER."

Après le 1er échange, il a vu que ce n'était pas mûr, il n'a rien imposé. Il aurait pu dire : "Selon l'avis de la majorité...  Il a voulu l'unanimité. Il a appris à patienter pour écouter ce que chacun avait en lui... Il est parti parler avec Christophe... Je ne sais pas ce qu'ils se sont dit. Peut-être lui a t il dit : "Tu as décidé de donner ta vie... c'est pas le moment de..." Il nous a tous écoutés."

La décision engageait les frères, c'est leur vie qui se jouait. Lui, Christian, ne disait pas qu'il voulait rester. On a levé la main pour s'exprimer. Il y a eu des mains un peu timides à se lever, mais toutes étaient levées...

Lucien : "Vous avez votés à main levée que vous décidiez et vouliez rester à Tibhirine."

Jean-Pierre : "C'est un don de soi qui s'exprimait à travers ça."

Lucien : "Tu as levé la main Jean-Pierre..."

Jean-Pierre : "...A cause de tout mon passé avec le Seigneur, et la présence au peuple algérien. J'avais fait le voeu de stabilité. Cet échange, on l'a vécu en 1993..."

Lucien : "...Après la venue de Satya... Quelle trempe d'homme habitait l'être de Christian !"

Jean-Pierre : "Il était très ... pour faire fonctionner la communauté dans les moments difficiles. On le voit avec les militaires et avec Satya, le chef local du GIA. Il ne voulait pas qu'on s'engage, ni avec les uns (les membres du GIA, Groupe Islamique Armé) ni avec les autres (les militaires) Il les appelait : " Frères de la montagne (les gens du GIA), et frères de la plaine, (les militaires). Christian voulait les réconcilier les deux, et l'armée et les maquisards...

Lucien : "...en les désarmant..."

Jean-Pierre : "...en s'envisageant, en leur montrant qu'ils étaient frères. Le mot ENVISAGER ! On a vu Satya surgir tout bardé d'armes. Christian est arrivé ... C'est là qu'on a vu que Christian était fils d'un général. Christian est arrivé en bas de l'escalier au-dessus duquel il y avait Satya. Il s'est mis à crier : "AH NON ! ON N'ENTRE PAS ICI AVEC DES ARMES !..."

Lucien : "...Tu l'entends encore..."

Jean-Pierre : "Oui, il y avait devant Satya, des hommes armés de coutelas et de mitraillettes. Christian leur a dit : "Si vous voulez qu'on discute, il faut mettre les armes dehors. Jamais personne n'est entré ici avec des armes !"

 

Alors Satya a pris Christian par le bras, ils ont descendu vers une statue de la Sainte Vierge à l'entrée du monastère. Ils se sont envisagés. Christian a dit : "Non" aux 3 choses que demandait Satya :

- Le docteur frère Luc, ne pourra pas aller dans la montagne. Il est âgé et asthmatique... Venez ici, le docteur vous soignera.

(Christian ne jouait pas à celui qui commande. Les membres du GIA auraient réagi... Christian agissait et parlait plus discrètement que ce n'est exprimé dans le film.)

- Satya demandait à emporter des médicaments. Christian lui a dit : "les médicaments, c'est pour les gens qui viennent se faire soigner ici. Si vous avez besoin de vous faire soigner, venez ici !"

- Satya demandait de l'argent. Christian lui a dit : "On n'est pas riches. On gagne notre vie avec le jardin." Satya lui a dit : "Mais si, vous avez de l'argent !" Puis Christian a détourné la conversation et il a dit : "Vous savez quel jour nous sommes ? Vous savez à quel moment vous arrivez ? C'est le jour où nous nous préparons à fêter le prince de la paix : Aïssa. Satya a répondu : "Oh, excusez-nous, on ne savait pas. Mais on reviendra !"

 

Après cet évènement, Christian nous a dit qu'en envisageant cet homme violent qui avait beaucoup de sang sur les mains, en l'envisageant avec douceur et courtoisement, cet homme avait été apaisé parce qu'ils étaient entrés dans une relation d'homme à homme. Christian étant désarmé, il respectait l'homme. On arrivait à un dialogue d'homme à homme. Christian a gardé ce principe de l'importance de s'envisager. Christian est venu à la rencontre de cet homme avec une force non-violente, la volonté de se désarmer soi-même.

Lucien : "Qu'est-ce que tu réponds profondément à mes questions !"

Jean-Pierre : "Le Wali (préfet) voulait que notre maison, le monastère, soit protégé par un groupe de militaires. Alors un jour, un groupe de militaires s'est installé dans la pièce à côté de celle où j'étais portier. Christian arrive : "Non ! on n'entre pas ici avec des armes ! Pour vous coucher, allez dans la salle du dispensaire." Le lendemain, leurs chefs arrivent. Christian les a reçus dans la rue. Il est sorti les attendre dehors et leur a dit : "Si vous voulez vous installer ici, il y a assez de place dans la montagne." Arriver à persuader l'autre de ce qu'on veut en le respectant. C'est dans ce sens que Christian a évolué.

Lucien : "Je suis en recherche de la non-violence, afin de la cultiver en moi, de la laisser travailler, entre les gens que je rencontre et moi. C'est pour ça que je suis venu ici afin de chercher auprès de vous les sentiers de la non-violence. Je suis venu pour te rencontrer et écouter ce que tu es en train de me donner, particulièrement ce que vous avez vécu à Tibhirine, et que vous continuez de vivre ici à Midelt. C'est pour ça, que je vous ai dit l'autre jour en franc-comtois que je suis, que Midelt est comme une résurgence de Tibhirine."

Jean-Pierre : "La non-violence, c'est ça: Dans chacun de nous, il y a une pointe de cristal comme dit Guy Gilbert. Elle n'est pas abimée par la violence. C'est ça qu'il faut considérer, reconnaitre, mettre à jour, ce meilleur de nous-même."

Lucien : "Je t'embrasse Jean-Pierre pour te remercier."

Jean-Pierre : "On n'est pas loin de l'échelle à double battant. Voici le livre de Christine Ray."

Lucien : "Je vais me replonger dedans, même que je l'ai relu avant de venir à Midelt avec le frère Benoit pour vous rencontrer."

Jean- Pierre : "J'avais écrit à Christine pour la remercier de m'avoir fait découvrir et apprendre des choses de l'enfance de Christian de Chergé, que je ne connaissais pas."

 

Présentation

  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui !
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