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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 09:21

Dampierre le 28 octobre 2016

 

« LES ANES, VOUS VERREZ, C'EST UNE VERITABLE MEDIATION » ( Jean et Michou)

 

Quelle belle journée nous sommes en train de vivre avec mes amis de la Savoie : Jean et Bernadette. Ils sont venus fêter auprès de moi à Dampierre les 90 ans de Jean, avec leur fille Laure et ses deux enfants Nathan et Erin.

 

Je suis allé chercher mes amis ce matin à Ranchot, à l'hôtel « Le Galoubin » où ils ont dormi cette nuit. Surprise pour les enfants, je suis venu avec les ânes Gamin et Rameau, afin de revenir en ballade avec eux à Dampierre par le chemin de halage le long du canal du Rhône au Rhin.

 

Par petites étapes nous accomplissons ce trajet que je réalise si souvent avec des enfants au pas des ânes. Laure saisit et permet de graver de manière inoubliable au profond de nos êtres, ces moments de fraternité en prenant de nombreuses photos. Avec beaucoup de doigté, elle prend le temps de nous aider à ne pas passer à côté de tant de merveilles sans les voir. Jean le grand-père, en marchant d'un pas lent et mesuré, garde tous ces temps forts dans son cœur de contemplatif. Il saura les partager à son épouse Bernadette qui fait chauffer la soupe à Dampierre, préparée avec les légumes du jardin bio d'Adrien et Guenièvre. Bernadette nous attend elle aussi de tout son cœur.

Les ânes sont une véritable médiation
Les ânes sont une véritable médiation
Les ânes sont une véritable médiation

Comme elle est belle l'ambiance des 90 ans de Jean que nous sommes en train de fêter de cette humble manière. Nous n'arrêtons pas de nous émerveiller tout le long du chemin devant le fait que les deux ânes Gamin et Rameau apprivoisent les enfants Nathan et Erin. Et nous disons en citant Jean et Michou : » Nous le voyons … Les ânes, c'est une véritable médiation » C'est inouï ce qu'ils vont permettre, rendre possible, faciliter. En longeant ce beau cours d'eau qu'est le Doubs, et particulièrement en passant devant l'abri préhistorique de l'époque du magdalénien, nous disons en riant « Ah ! Si Michel et Andrée étaient là pour placer à leur juste endroit et moment, ces traits de notre histoire et de notre géographie ! »

 

Le soleil, dont je suis allé guetter très tôt le lever ce matin, a du mal à nous apparaître, c'est pourquoi nous disons aussi en riant :

« Ah ! Si Alain et Danielle étaient là pour nous traduire avec passion et espérance, qu'il n'y a que messire soleil pour assurer de manière non-violente l'énergie à laquelle notre humanité aspire. Il n'y a que lui le soleil, qui puisse trouver et offrir « la place au soleil », à laquelle justement a droit tout petit enfant de notre humanité.

 

Vous êtes là tous les amis, logeant au profond de nos cœurs, avec vos enfants et petits-enfants, vous qui nous avez offert vos ânes Nénette, Mona, Martin et Prunelle, solidement bâtés, en ce merveilleux jour du 29 juillet 1981, au pied du grand relais de Foncine le Haut. Quel don étonnant vous nous avez fait afin de chercher et trouver humblement l'attitude pédagogique si utile et nécessaire dans nos cheminements avec les enfants des Loisirs Populaires de Dole, avec ceux de l'école Jean Bosco et des écoles des villages traversés maintes fois.

 

 Il y a un peu plus de deux heures que nous avons quitté Ranchot. Nous arrivons à Dampierre au moment où l'Angélus de midi sonne au clocher du village. Bernadette nous accueille les bras grands ouverts et toute souriante.

Les ânes sont une véritable médiation
Les ânes sont une véritable médiation
Les ânes sont une véritable médiation

Bien sûr, qu'en mettant les ânes pâturer sur le petit terrain communal qui jouxte l'église, nous regardons avec considération le petit Ginkgo Biloba. Nous l'avons planté le 9 janvier de cette année. Ses feuilles commencent à jaunir. Elles ne tarderont pas à nous faire dire de lui qu'il est lui aussi, comme ses ancêtres « un arbre aux mille écus d'or » Le regard de Nathan est attiré aussi par ce qui est gravé sur le petit écriteau planté au pied de l'arbre. Je l'invite à lire tout fort pour que nous entendions tous, ses grands-parents, sa maman, sa petite sœur et moi, le texte que les amis de notre groupe ADN du MAN ont fait écrire sur ce petit panneau.

Les ânes sont une véritable médiation

J'explique qu'avec un nombre important d'amis, de parents et grands-parents, tous remplis d'amour pour leurs enfants, petits-enfants et tous les autres membres de notre humanité, nous avons planté ce petit Ginkgo, le 9 janvier, à l'orée de l'année 2016 sur un terrain communal. Monsieur le Maire et des membres du conseil municipal étaient présents. C'est sur ce terrain, vieux cimetière, que je venais m'amuser avec mes frères et sœurs, jouer à la cachette avec mes copains et copines d'école et voisins, quand j'étais enfant. Nous avons planté ce petit arbre pour signifier et dire à ceux qui malmènent le monde violemment, d'arrêter de le conduire à la catastrophe. Nous continuons de nous adresser aux gens que nous avons élus et délégués politiquement pour être nos représentants, qu'il faut tout de suite en France arrêter de nous faire fabriquer et trafiquer des armes et particulièrement les armes nucléaires. Elles ne peuvent pas nous défendre, mais au contraire elles nous font sombrer dans un gouffre sans fond. Elles font tomber notre humanité dans l'abîme. Nous ne voulons plus laisser abîmer notre humanité.

 

Nous avons vécu une fête sympathique et en même temps très grave, quand nous avons voulu inaugurer de manière officielle la plantation de ce petit arbre. Nous avons choisi le 6 août, jour anniversaire de l'explosion de la bombe atomique à Hiroshima. Ce sont les mains d'enfants et de leurs parents, nos mains qui ont planté le petit arbre. Ce sont des enfants qui ont dévoilé la plaque d'inauguration. Il y avait ces jours-là une petite brise qui soufflait. Nous étions dans le souffle de la petite fille Espérance dont parle Charles Péguy. Elle nous dit que l'humanité a des capacités inouïes. Nous pouvons nous arrêter de nous casser la figure les uns aux autres et commencer de nous envisager, si nous nous laissons accompagner et travailler par le souffle de cette humble, forte petite fille Espérance.

 

Au moment où nous sommes en train de nous dire cela, la petite fille Erin donne une pomme et une poire à chacun des deux petits ânes … et nous entendons la voix de la mamie Bernadette qui nous dit depuis la fenêtre de la maison : « La soupe est prête ! »

 

Nous venons dîner, savourer le repas de midi à la table que Bernadette nous a préparée. Je suis heureux de raconter en montrant les photos des moines de Tibhirine, comment à Midelt, entre les deux Atlas marocains, nous avons fait le jus de pommes avec une quinzaine d'amis jurassiens. En même temps, nous avons ramassé dans nos sacs à dos et rapporté dans le profond de nos cœurs, une profusion de graines de non-violence. En écoutant le frère Jean-Pierre, survivant de Tibhirine, nous avons emmagasiné au profond de nous, le sens que peut avoir le fait de traverser de grandes épreuves, d'en sortir et d'en être survivants.

 

Un peu avant de prendre le dessert, Erin 6 ans, demande à sa maman si elle peut sortir de table et aller caresser et brosser le dos des ânes, particulièrement celui de l'âne Rameau qu'elle a trouvé très doux et très calme à son égard. Erin a aimé tenir la longe de l'âne Rameau en marchant à ses côtés. Il y a une belle relation qui s'est établie entre Erin et cet âne. Elle veut lui exprimer sa reconnaissance d'enfant en lui donnant une récompense ainsi qu'à l'âne Gamin, car lui aussi a été un très bon âne en les portant sur son dos chacun à leur tour, elle et son frère Nathan. Comme il faisait bon sur un dos d'âne.

 

Une à une, tout le fond du cageot de poires que j'avais ramassé l'autre jour au verger va disparaître dans la bouche des ânes, grâce à l'agilité de la main d'Erin. Nous rions beaucoup Laure et moi, en découvrant le cageot vide. Nous comprenons encore un peu mieux, que si les enfants aiment partir marcher avec les ânes, les ânes eux aussi apprécient de sortir de leur pâture, afin d'aller fouiner ça et là en compagnie des enfants. Comme Jean et Michou avaient raison quand ils nous disaient à propos des ânes, en nous les offrant pour les enfants, il y a 35 ans : « Vous verrez, les ânes, c'est une véritable médiation ! »

 

Pendant un moment nous quittons la table, Jean, Laure et moi pour retrouver les enfants auprès des ânes tout à côté du petit Ginkgo Biloba. Nous entrons encore un petit peu plus dans tout ce qui se passe de merveilleux sur ce terrain communal.

Les ânes sont une véritable médiation

Nathan se dirige vers moi. J'ai l'intuition qu'il a quelque chose d'important à me dire. Il a dû entendre et il a gardé en lui que ma maison a brûlé il y a quelques mois. Il regarde le petit Ginkgo Biloba, puis il s'adresse à moi et me dit : « Autour de ta maison maintenant, il faudrait planter plein de petits arbres comme celui-là pour te protéger de la bombe atomique. »

 

Je dis à Nathan : « Ça me touche au fond de mon cœur ce que tu me dis là, Nathan. Je vais écrire sur mon cahier ce que tu viens de dire, pour que tes paroles ne soient pas perdues. Je vais les recueillir. Elles sont pour moi toutes ressemblantes aux perles de la rosée du matin. Elles me donnent beaucoup de fraîcheur et de douceur. En les gardant écrites sur mon cahier, elles resteront gravées pour toujours dans mon cœur. Elles continueront à me faire voir ce que mes yeux d'adulte ont du mal de maintenir et de garder à voir, et qui est si important pour notre humanité. »

 

Je contiens les pleurs d'émotion qui essaient de sourdre de mes yeux. Une impression très forte est en train de m'envahir. Elle est assez semblable à celle qu'a ressenti Antoine de Saint Saint-Exupéry, quand il a vu lui apparaître le Petit Prince dans le désert du Sahara, et qu'il l'a entendu lui dire : « S'il vous plaît, dessine-moi un mouton … » La douceur et le respect protecteur du Petit Prince que j'ai en face de moi dans la personne de Nathan me tire du fond de ma misère et de ma détresse d'homme. Je me sors de l'enfouissement provoqué par les violences qui nous accablent en ce moment. Nathan est en train de me dire lui aussi en ce moment, à sa manière de Petit Prince : « S'il vous plaît, dessine-moi un mouton qui dure longtemps. » Il me dit, il nous dit, en union avec tous les enfants du monde : « Dessinez-nous, faites-nous les plans d'une terre des hommes. Suscitez-nous une société où les relations sont pétries et constituées de douceur et de vérité entre nous tous… et non pas, de profit, d'abus et d'exploitation. Nous les enfants de la terre, nous vous supplions d'arrêter de faire tomber la terre dans l’abîme. »

 

Après avoir ramassé les paroles de Nathan sur mon cahier je lui dis : « Il y a très longtemps, les gens de mon village de Dampierre, ont eu la sagesse de planter un Ginkgo Biloba. Pour l'aider à pousser, ils l'ont entouré d'autres arbres, particulièrement de deux arbres qui poussent très haut, un cèdre du Liban et un Séquoia d'Amérique. Une fois encore, le Ginkgo Biloba n'a pas pris ombrage de la puissance des autres arbres. Au contraire, il leur a permis de devenir ce qu'ils sont appelés à être, de merveilleusement pousser pour la joie de nos yeux et la respiration de nos poumons. Et lui-même a continué de nous donner à chaque automne, un petit morceau de son manteau de résistance. En effet, les gens qui viennent à la mairie, à la poste, à la maison de retraite ou encore faire leur marché le dimanche matin, sont charmés par l'arbre aux mille écus d'or. Ils ramassent ses feuilles et en les remportant chez eux, ils comprennent, nous comprenons tous, qu'à la ressemblance de cet arbre, il nous faut résister par la non-violence, aux agressions qui nous sont faites. Avec de plus en plus d'amis, nous plantons dans nos cœurs, des graines de non-violence et nous les faisons pousser. Nous nous poussons pour faire de la place aux autres. Pendant que vous les enfants, vous allez chercher vos copains qui sont restés tous seuls au fond de la cour ou à l'autre bout de la classe, pendant que vous les invitez à jouer avec vous, vous leur faite de la place. Pendant ce temps-là, nous qui pensons être devenus des adultes, nous faisons de la place dans nos cœurs et dans nos maisons à ceux qui n'en ont plus ou qui n'en ont jamais eue, par exemple aux migrants, aux gens sans domicile, sans travail, isolés et seuls. Nous résistons à la violence. Comme le Ginkgo a fait il y a 150 millions d'années, lorsque les dinosaures ont disparu, lui a tenu, en résistant aux violences qui tombaient sur la terre.

 

De même à Hiroshima quand la bombe atomique a tout détruit la cité en tuant plus de 145 000 personnes, l'arbre Ginkgo Biloba a résisté. Il est devenu un survivant. Il a été témoin des désastres que provoquent la violence des armes et de la guerre, et particulièrement de l'horreur que répand sur la terre des hommes, la menace, le risque et l'éclatement de la bombe atomique. Le Ginkgo Biloba nous dit : « Plus jamais ça ! Arrêtez de fabriquer ces armes et de vous en menacer et de vous tuer. Vous êtes capables de tout autre chose. »

Les ânes sont une véritable médiation

Nathan m'écoutait. Il me dit : 

« C'est beau ce que tu dis Lulu ! « 

Lucien : « J'ai l'impression que c'est toi Nathan, c'est vous les enfants de notre humanité qui nous dites cela, qui nous interpellez nous les adultes, dans nos capacités d'agir tout autrement que ce que nous faisons en ce moment. »

Nathan : « Oui, car les gens qui fabriquent les bombes, ils peuvent se détruire avec. C'est beau qu'ils résistent. »

Lucien : « Notre manière de résister, c'est d'empêcher d'en faire à nouveau. »

Nathan : « Ils ont raison, mais ils ont tort. Ils ont raison, car ils risquent de mourir, c'est pour ça qu'ils en fabriquent. »

Lucien : « Ils ont peur » 

Nathan : « Mais ils ont tort, car si ils n'arrêtent pas d'en fabriquer, ça va tout détruire la planète »

 

Cet enfant me faisait grand bien, j'avais véritablement l'impression que c'était lui et tous les enfants de notre humanité qu'il représente lui et sa petite sœur, qui me faisaient dire ce que j'essayais de balbutier. C'était eux qui créaient et émettaient ces mots d'espérance. Ils me faisaient voir et dire l'essentiel que mes yeux d'adulte ne voyaient plus. Une fois encore « Le verbe venait se loger dans la chair de notre humanité »

 

Et comme pour nous communiquer une part de la petite espérance qui l'habitait, Bernadette me dit :

Bernadette : « Il y a une rue à Annecy qui est toute bordée de Ginkgo Biloba de chaque côté. »

 

Jean le grand-père et Laure la maman nous avaient rejoints. Lorsque l'on est parents, grands-parents, on se réjouit que nos enfants rencontrent quelqu'un d'autre, qui avec nous, reconnaît les trésors de fraternité universelle qui sont dans l'être de nos enfants. Au moment où ils arrivent près de nous, Nathan et moi, nous leur faisons part de notre échange. Je leur dis mon émerveillement.

Laure : « Oui, la rue d'Annecy dont parle Bernadette, ma maman, c'est la rue Henri Bordeaux »

Jean : « Les arbres ont été plantés il y a une quarantaine d'années »

Lucien : « Déjà des gens de votre cité veillaient à ce que l'on n’abîme pas notre humanité. »

Nathan : « Tu aimes écrire, toi Lulu »

Lucien : « Oui, pour que, ce qui est semé et planté dans nos cœurs et qui apparaît et s'exprime comme aujourd'hui, je voudrais que le monde entier le reçoive. Ça nous pousse les uns vers les autres.

Vous êtes venus vers moi aujourd'hui. Quel cadeau d'anniversaire vous êtes en train de me faire pour les 90 ans de Jean votre grand-père chers Erin et Nathan. Ça nous pousse les uns vers les autres pour que nous battissions la paix. En écrivant et en mettant sur le blog « lulu en camp volant » ce que nous nous offrons, ce sera semé et planté dans d'autres jardins intérieurs et communaux. Tu m'as dit Nathan que c'était beau ce que je disais. Je crois bien que c'est toi Nathan et ta petite sœur Erin et tous les enfants de la terre, qui êtes en train de « faire advenir en notre chair le Verbe de vie » (1 Jean 1, 1-4 )

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 13:01

Un 2ème Ginkgo pour la paix à Saint-Maur...

RDV à St-Maur samedi 12 novembre

Le petit Ginkgo est parti de Dampierre pour arriver à Saint-Maur grâce aux bons soins de Caroline. Il a une grande mission : celle d'être un symbole pour nous inviter à construire la paix.

RDV à St-Maur samedi 12 novembre
19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 08:24

Sur son blog, Alain Refalo retrace les 50 ans d'engagements de Jean-Marie MULLER :

 

Il y a 50 ans, le 10 octobre 1966, Jean-Marie Muller donnait sa toute première conférence publique à Orléans sur le thème « La violence et l’évangile » dans le cadre d’une rencontre oecuménique à laquelle participait notamment l’évêque d’Orléans Guy Riobé et le pasteur Miroglio, responsable de l’Eglise réformée d’Orléans. Jeune professeur de philosophie, il est alors âgé de 26 ans, Jean-Marie Muller y faisait le constat que « le monde est en état de violence » et qu’ « il est menacé par la violence jusque dans son existence même ». Il posait alors cette question qui demeure toujours d’actualité : « Face à cela, que devons-nous faire, que pouvons-nous faire ? » C’est précisément à ces questions cruciales que Jean-Marie Muller ne cesse de réfléchir depuis cinq décennies en s’efforçant de relever le formidable défi que nous lance la non-violence.

 

 

Jean-Marie Muller, 50 ans d’engagements au service de la non-violence

Nous vous invitons vivement à lire la totalité de cet article sur le blog d'Alain REFALO. Clic ! 

 

17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 09:54

La Journée Mondiale du Refus de la Misère est célébrée chaque 17 Octobre. Née de l’initiative du père Joseph Wresinski et de celle de plusieurs milliers de personnes de tous milieux qui se sont rassemblées sur le Parvis des Droits de l’Homme à Paris en 1987, cette journée est officiellement reconnue par les Nations Unies depuis 1992.

 

 Pour plus d'infos, visitez le site "Refuser la misère"

 

Voici le programme cet après-midi et ce soir à Dole :

Refuser la misère
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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 19:21

Ce dimanche 9 octobre à l'église de Dampierre, c'est Jean-Marc Balicot, diacre conscrit de Lulu, qui a fait l'homélie. 

 

Homélie de Jean-Marc Balicot

Me voici de nouveau revenu dans cette église de Dampierre.

Je ne sais pas si je suis le samaritain de l’Evangile que nous venons de proclamer. En tout cas je me fais l’interprète de tous pour dire un grand merci à cette équipe qui, tout récemment s’est envolée pour le Maroc, afin de mettre en route un pressoir, afin que, des gens du coin puissent tirer profit des biens de leur coin de terre. La charité ne consiste pas simplement à donner. Elle se doit de provoquer les personnes pour qu’elles deviennent ‘acteurs’ de leur propre vie. C’est bien dans ce but que nos amis jurassiens ont entrepris ce voyage. Cela est toujours source de partage et de découverte.

 

C’est bien cela, que découvre notre samaritain, notre samaritain le héros de l’Evangile de ce jour. Il sait reconnaitre et se servir de ce que peuvent lui apporter les autres. Le devenir du monde dépend de chacun de nous. L’amour échappe aux murs qu’on érige aux frontières qu’on ferme, aux mesures d’exclusion, aux persécutions qui isolent, aux pierres qui lapident, aux croix que l’on dresse. Dans tout cela, il est bien loin le samaritain qui accueille et transmet. Il veut aussi nous dire, que les biens de cette terre ne nous appartiennent pas et que le partage est de rigueur. C’est bien la leçon qu’il nous propose et qui peut nous remettre en cause. Cet homme peut ‘être’ pour chacun de nous, un modèle dans le domaine du partage.

 

La première lecture est une bonne analyse du comportement de chacun. Il nous dit, que notre désir de posséder n’est pas sans fondement. Mais il nous redit qu’il y a une marge entre avoir et accaparer.

 « Permet à ton serviteur d’emporter autant que deux mulets peuvent porter ». Tout homme a le droit de vivre décemment et le partage est de rigueur.

Un partage réussi sera une manière de rendre gloire au Seigneur et de lui dire : ‘Tu as fait connaitre ta victoire et révélé ta justice aux nations’.

C’est une manière de rappeler sa fidélité, son amour envers toutes les nations.

Alors pour le coup c’est une bonne raison de passer à l’action.

Partager, voilà bien l’Evangile de Jésus et St Paul nous redit avec vigueur : « on n’enchaine pas la parole de Dieu » .

Donc, acte.

A chacun de voir comment il peut soulager l’autre en faisant évoluer notre monde. 

 

Evangile du 9 octobre 2015 : Luc 17, 11-19

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 21:05
Une conférence à ne pas manquer... à Dole ce jeudi soir...
Vivre ensemble avec des convictions religieuses différentes
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 10:00

Que d'émotions vécues dans ce petit coin de paradis qu'est le monastère Notre Dame de l'Atlas à Midelt.

C'est l'heure de repartir à Fès, juste après la messe du matin célébrée par frère Jean-Pierre l'Ancien.

Les moines nous ont tous fait la bise, les adieux très difficiles, les sœurs de Tatiouine nous faisant promettre qu'on reviendrait.

Inch Allah !

 

Ci-dessous, vous découvrirez des photos en diaporama

 

Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7

Le retour brutal dans les embouteillages de Fez nous ramène à la réalité.

Nous y arrivons à midi pour retrouver avec une joie inexprimable Jacques et Elisabeth qui nous attendent impatiemment à la terrasse d'un restaurant.

Retrouvailles, vous vous en doutez très émouvantes.

Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7

Rachid notre chauffeur et notre guide nous fait découvrir Fès... 

Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7

Nous visitons un atelier de poterie ! Marc prend la place d'un ouvrier qui façonne des pièces pour les ouvrages en mosaïque ! Quels artistes travaillent là !

Le patron nous met au défit de trouver une erreur sur la mosaïque d'une table. C'est Jacques qui la trouve... 

 

Vous pouvez faire une petite visite de cet atelier en un clic : Art d'Argile

Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
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Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7

Ensuite Rachid nous fait découvrir les tanneries. A l'accueil, on nous offre quelques branches de menthe... Ce sera notre masque à gaz... Le guide de la tannerie sont heureux de savoir que nous venons de Dole, ville où le père de Pasteur a été tanneur. 

 

Si vous voulez en savoir plus sur les étapes de la préparation des peaux, ce blog (clic) vous dira tout ou presque tout !

 

Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7

Et pour finir cette journée en beauté, nous allons au restaurant Al Fassia, pour une soirée typique marocaine, avec musiciens, magicien, danseuses du ventre tout en dégustant un bon tajine d'agneau ou de poulet.

La nuit va être courte ! Il faut se lever à 4h du matin pour prendre l'avion du retour !

Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
Retour de Midelt #7
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 10:00

Dernier jour à MIdelt...

 

Balade dans les souks:

 

Voir les photos en diaporamas

 

 

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Messe concélébrée avec Lulu et partage avec les Soeurs Missionnaires de Marie

Dernier jour à Midelt #6
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Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
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Marc fait des pates de fruits.

Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6

Visite de la galerie d''un peintre dont plusieurs tableaux ornent la l'hôtellerie, et l'église.

Dernier jour à Midelt #6
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Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6

Lundi matin, dernière messe matinale, et adieux émouvants. Jeannot offre les dessins de Béa à fr. Jean-Pierre.

Dernier jour à Midelt #6
Dernier jour à Midelt #6
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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 06:37
Homélie de Lulu à Midelt
Homélie de Lulu à Midelt
Homélie de Lulu à Midelt
Homélie de Lulu à Midelt
Homélie de Lulu à Midelt
Homélie de Lulu à Midelt
Homélie de Lulu à Midelt

MIDELT, dimanche 18 septembre 2016

 

Frères et sœurs, chers amis, vous tous,

Grâce à vous amis de Midelt, de la communauté de Notre Dame de l’Atlas, des religieuses franciscaines, missionnaires de Marie, nous avons appris que nous sommes héritiers…

Vous avez pour nous, un testament… Un héritage inouï nous est donné, venant de Tibhirine. Cet héritage est là chez vous, et il parait que vous ne voulez pas le garder rien que pour vous.

Plein de graines de la non-violence peuvent être ramassées par nous en vous rencontrant… Autant que nous le voulons… Oui, nos noms à tous sont couchés sur ce testament. Pas d’exclus pour l’héritage. Tous invités au festin.

 

Qu’est-ce que nous avons bien fait en quittant la France, le mardi 13 septembre, de faire de la place, non seulement dans nos valises et dans nos sacs à dos, mais aussi dans nos cœurs, au plus intime et profond de nos êtres, là où se fait le travail de la conscience. Nous avons essayé de lâcher prise, par rapport à beaucoup de choses bien empêchantes. Ce travail, moi en premier, j’ai senti que j’avais à le faire. Nous avons commencé à nous réjouir, que des fois, ce sont les autres qui réussissent à réaliser, ce que je pensais être le seul capable de faire. Mais aussi toute une lutte, un combat, que nous avons commencé, et maintenu, dans la préparation de notre séjour à Midelt. Nous avons alors découvert, que le seul combat qui compte dans l’existence, ce n’est pas celui de « l’avoir », d’accaparer les biens et de mettre de côté de l’argent… « Nous ne pouvons pas servir deux maîtres à la fois : Dieu et l’argent. » (Luc16 13) mais d’avancer les uns grâce aux autres, en approfondissant et développant nos qualités « d’être », de tout faire notre possible, et même l’impossible, pour nous démunir de nos pouvoirs, de nos avoirs, et de nos savoirs, en les mettant au service des autres, de tout faire, pour que celui qui n’a pas de place, en trouve une, où il va s’épanouir… Nous avions même deviné, que ça pouvait nous demander un jour, de donner notre temps… Un peu… Beaucoup… De notre emplacement… Afin de faire la place à l’autre, et peut être un jour de notre vie… Donner notre vie.

 

Nous avons pas mal lu de ce que vous avez écrit… On a beaucoup su, grâce au film « Des Hommes et des Dieux », que certaines personnes qui vous sont chères, ont écrit cela en lettres de sang… pas avec le sang des autres, dans la violence… mais avec leur propre sang dans l’amour. Et ils ont réalisé cela, parce que dans leurs prières, comme celles que vous nous rendez possible dans cette messe, ils demandaient à Jésus, lorsque surgissait tant de violence, qui les assaillait : «  Désarmes-les Seigneur… arrête leurs armes et leurs violences… », mais ils s’étaient repris dans leurs prières et s’étaient mis à dire : « Désarme-moi tout d’abord… aide-moi à ôter la violence qui est tapie au profond de mon être… »

 

Nous sommes heureux aujourd’hui, de vous dire, qu’en repartant de chez vous, demain, nous ne serons pas tout à fait les mêmes que lorsque nous sommes arrivés. Fort probablement parce qu’il y a eu entre vous et nous, écoute mutuelle et rencontre. Le creux que nous avions fait en nous, s’est rempli de votre présence et de celle des amis partis devant, dont vous êtes les messagers. Les livres et les mails que nous avions lus de vous, nous avaient préparés à vous voir, à vous entendre, et à vivre avec vous l’embrassement. Nous nous sommes reçus les uns des autres, dans une sorte d’immédiateté, que nous pouvons appeler : la fraternité, la communion, le fait de nous découvrir et reconnaitre, enfants bien aimés du même Père. Qu’est-ce que nous avons bien fait de réaliser un vide grenier, de faire de la place pour loger dans notre pâte humaine, le levain et ferment que nous avons découvert dans vos manières de vivre, d’aimer, de chanter, de rire, rigoler et prier. Vous nous avez aidés à devenir « Héritiers de Tibhirine ».

 

En vous écoutant tous, moines et habitants de Midelt, Omar, Baha, Soufiane, Corinne… En vous regardant sœurs franciscaines missionnaires de Marie, Barbara et Maria à Tatiouine, où nous aurions tant voulu aller, il y a plein de graines de non-violence, d’amour et de tendresse, dans un climat de justice et de respect du droit, comme le dit et le vit le prophète Amos… Tout ça est venu de vous à nous… Avant-hier, nous avons été heureux d’entendre se confirmer les bonnes nouvelles de la santé de Paul, ami de Rosaline, de la santé de Jacques, le mari d’Elisabeth, les parents de Rachel, de la santé de Béatrice l’épouse de Jean-Luc. Mais pour être vrais, nous continuons de lutter pour traverser les moments difficiles de la réalisation de notre petite communauté… Comme à Tibhirine, lorsque tes compagnons et toi Jean-Pierre, vous vous demandiez : « Faut-il nous en aller, et fuir, ou bien rester et aimer ?» « Petits oiseux sur la branche… ? Ou bien branche pour les petits oiseaux ? »

 

Tu nous as beaucoup marqués Jean-Pierre, par ce que tu nous as dit de votre vie dans votre communauté de Tibhirine, dont nous sommes les héritiers. Nous sommes en train de nous dire aujourd’hui à Midelt : « Est-ce que nous continuons de changer nos cœurs et nos comportements ou si nous en restons au point où nous en étions lorsque nous sommes arrivés ? Est-ce que nous assumons notre héritage de la non violence, ou si nous nous en désintéressons ? »

 

Il y a des moments où j’ai eu peur de moi… J’ai eu peur de ne pas tenir… J’ai eu peur de vous aussi à certains moments, chers amis. Et puis voilà qu’est venu comme un grand vent… Qui nous a fait du bien à tous… chacun en a reçu sa part… surtout après le moment merveilleux où nous avons parlé avec toi Jean-Pierre… C’est incroyable ce que tu nous as donné quand tu nous as confié ton questionnement : « Pourquoi Amédée et moi, nous n’avons pas été pris, et emmenés dans l’enlèvement avec nos sept frères ? »

 

Alors on a ressenti comme un souffle porteur de douceur et de recherche de ce qui est droit et juste en même temps. Nous avons un peu mieux compris, pourquoi Jean-Pierre, vous avez été survivants Amédée et toi. Nous sommes en train de continuer à faire de la place dans nos êtres à cet héritage  de Tibhirine. Il y a quelque chose qui nous vient de là-bas, qui traverse la frontière entre l’Algérie et le Maroc, cette frontière que l’on dit impossible à traverser.

 

Davantage que quelque chose, ce souffle ne serait-il pas l’esprit de quelqu’un ? Celui-là qui nous pousse à trouver notre place, en donnant notre place aux autres : « Après vous les amis ! »

Est-ce que ce ne serait pas pour cet héritage, que nous sommes survivants nous aussi, de combien de naufrages et de difficultés que nous avons traversés.

Héritage de l’amour,

Héritage pour nous : « Laissons les autres nous aimer »

Héritage pour les autres : « Aimons nous les uns les autres. »

A cette force d’aimer, les autres aussi ont droit d’accès et de connaissance, dont ils sont les héritiers.

Est-ce que ce n’est pas ça qui donne sens à la traversée de nos épreuves, qui nous laisse survivants nous aussi afin de donner ce que nous ont légué les amis partis devant.

 

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 18:00

Le jus de pommes ayant eu beaucoup de succès, Marc a visité le jardin pour découvrir d'autres trésors. Et c'est là qu'il a découvert cachées sous les feuilles des vignes abandonnées, de magnifiques grappes de raisins qui rendraient jaloux nos vignerons jurassiens !!!

Alors tout le monde se retrouve à nouveau autour du pressoir pour fabriquer du jus de raisin. On fait fonctionner le téléphone arabe, normal ici, pour trouver une centaine de bouteilles vides et il coulera 80 litres de bon jus de raisin ...  une manne pour le monastère !

Marc, toujours aussi ingénieux, a fait avec la pulpe, des pâtes de fruits.

 

Samedi à Midelt #5
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Pendant l'opération jus de raisin, 6 touristes du groupe ont découvert les gorges de Jaffar. Touristes, car pas équipés pour une telle aventure... Malgré les difficultés rencontrées, ils n'oublieront pas les rencontres avec les nomades berbères, et leur accueillant thé à la menthe, ni l'aide providencielle de 2 hommes qui ont prêté leurs mules pour soulager les pieds meurtris, ni la magnificence des lieux ! 

Samedi à Midelt #5
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  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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