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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 17:20

« Sur les pas de Lulu, apprenons la paix », c’est le nom du grand jeu que l’équipe CCFD Terre solidaire (comité catholique contre la faim et pour le développement) du Nord Jura a organisé le 16 mars dernier à l’abbaye d’Acey.

 

Pour retrouver tous les articles qui sont parus à ce sujet dans « le Trésor de P’tit Eloi », suivez le guide !

 

N’hésitez pas à utiliser ces documents pour organiser à votre tour un «dimanche autrement», un grand jeu de fin d’année, ou toute autre «journée pour la paix».

 

Vous y retrouverez

 

  • l’annonce de la journée : « Solidarité bouge ta planète 2013 dans le Nord Jura »,
  • la présentation du panneau collectif à la colombe « Sur les pas de Lulu, apprenons la paix »,
  • quelques photos des silhouettes: « Lulu et Isidore, de l’abbaye d’Acey à Arc et Senans »,
  • le déroulement général du jeu « Sur les pas de Lulu, un grand jeu pour la paix »,
  • le texte d'un conte « L’action du sage, un conte pour la paix »,
  • le détail d’un des ateliers « Le mémory de la paix »,
  • les explications des bricolages : « Fabriquer une colombe, des magnets, une pince à message »,
  • le texte de la prière « La prière pour la paix de Saint François».
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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 09:03

Frère Daniel de l'abbaye d'Acey m'alerte de mails d'un soi-disant Lulu/Lucien Converset qui se termine par un appel aux dons !

L'adresse mail est converset589@gmail.fr ! Surtout ne pas y répondre !

Vous qui connaissez Lulu ! vous connaissez aussi le style de ses lettres, vous savez aussi qu'il n'utilise pas les moyens internet pour communiquer, mais qu'il aime écrire de sa main, et là  ! pas moyen de se tromper !

 

Alors soyez PRUDENTS ! et merci de nous signaler si vous avez reçu des mails de ce genre.  

 

Voici le 1er mail reçu (histoire de mettre en confiance) :

 

 

Je  t'ai  envoyé   ce  mail  dimanche   jour  de   la  Pentecote  ,  j'ignore  si  tu  l'as  reçu  ,  je  te  le  renvoie  encore  .Avec  joie et toute mon amitié, je viens te souhaiter une bonne fête   de  la  pentecote  dans la paix et l'espérance. Que ce soit pour toi une nouvelle étape pour grandir dans l'amour du Christ et de tes frères et sœurs  Et que l'exemple de ton saint patron t'encourage et t'entraîne

 

 Avec toi, je rends grâces au Seigneur pour tout ce qu’il a fait pour toi…et pour tout ce que tu as pu faire pour les autres grâce à Lui. Je t'assure de ma prière fraternelle. Bonne fête à toi et tous ceux que tu aimes,  dans  la  joie  d'avoir  de  tes   nouvelles.

 

Prie aussi pour moi ,  du  reste  je  vais  bien  pour  le  moment  Bonne  fete  de  la     Pentecote

 

 Lucien  Converset

 

Puis un 2ème après une réponse du frère abbé :

 

Je  suis  ravi  de   savoir  que  tu  vas   bien  ,  merci  pour  ces   nouvelles  fraiches  de  ta   part  , ,je  salue  ton  dynamisme  et    je  te  souhaite  un  excellent   apostolat     là-bas  malgré  les  aléas  de  tout  genre   ,   c'est  assez   prenant  ,et  parfois  stressant  pour  mon  apostolat  ici    ,mais  je  trouve   ma   véritable  raison  de  vivre  à  travers  ceux  qui  m'entourent  ,leur  enthousiasme  et  leur engouement  pour  tout  ce q ue  je  fais  ,  je  fais   allusion  aux  laics  ,ici  les  célebrations  ont  été  grandioses  et  réjouissantes   ,  je  t'en  dirai  bien  sur  au  fur  et  à  mesure  un  peu  plus , te   revoir   dans  un  futur  proche  me  fera   bien   plaisir    .L'arrivée  du  Pape  François    a  crée  d'abord   dans  un  premier  temps  une  surprise  ici   ,ensuite  elle  a  fait  place  à  la  bénediction  divine  au sein  des  communautés   ,une  espèce  d'engouement   a  fait  monter  d'un  cran  la  foi  des  uns  et  des  autres  pour  celui  que  beaucoup  de  laics  considèrent  ici  comme  le  compagnon  des  pauvres  et  un  modèle  de  simplicité  ,  de  modestie  ,  de  sobrieté   et  de  dévouement  à  l'endroit  des  autres  , n'est  ce  pas   ,  la  voie  à  suivre  pour  beaucoup  dans  un  monde  en  perte  de  valeurs  de  tout  genre  ?   j'ai  un  petit   souci  au  sujet  d'un  amie   réligieuse     en  poste  en  Afrique     ,  qui  a  reçu    d'une  fondation  en  france   ,un  soutien  de  2800  euros  pour  les  oeuvres  de  sa  mission  là-bas   à  travers   mon  compte   domicilié   en  France  ,  compte  tenu  m'a-t-elle  dit  , des  delais  très  longs  de  virement  vers  son   pays  de   mission  ,et  afin  de  gagner  en  rapidité    au  regard  de  l'urgence  de  sa  demande  ,je  voudrais  te  faire  un  virement  de  ce  montant  sur  ton  compte  là-bas  à  partir  de  mon  compte  domicilié  en  france ,   si  j'ai  tes  réferences  de  compte  ,te  faire  tenir  le  justificatif  du  virement   par  mail   charge  pour  toi    dès  cet  instant  de   lui  avancer  la  somme  ,  moins  les  frais  d'envoi  par   un  guichet  de  western  union   que  tu  trouveras   là-bas  dans  ton    bureau  de   poste  , que  penses  tu? Par  ce  canal  l'avantage   réel  est  que    l'envoi   prend  moins   de  5mn  au guichet  de  la  Poste  ,et  la soeur   recevra  ses  fonds  le  meme  jour  ,  ce  qui  n'est  pas   possible  en  faisant  un  virement  ordinaire  vers  son  pays  de  mission .qui  mettra  des  semaines  à  lui  parvenir  avec  des  frais  très  élevés .Amitiés

Lulu

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 07:53

Quelle déception pour Lulu et tous ceux qui soutiennent la même lutte pour la paix et le désarmement nucléaire. Voici la réponse de Jean-Marie MULLER ci-dessous. Vous pouvez lire aussi ce qu'il écrivait aux évêques le 10 avril dernier sur son site en cliquant ici.

 

 

À propos d’une étude publiée par Documents épiscopat

Les chrétiens doivent-ils se soumettre à l’idéologie païenne de la dissuasion nucléaire ?

 

         Jean-Marie MULLER *

 

En avril 2013, la revue Documents Épiscopat éditée par le Secrétariat général de la Conférence des évêques de France a publié une étude de Gabriel Delort-Laval, prêtre du diocèse de Paris et auditeur de l’Institut des Hautes Études de la Défense nationale (IHEDN), intitulée « La dissuasion nucléaire à la croisée des chemins, Éléments pour un discernement ». L’éditeur présente cette étude comme un « bel outil de réflexion » : « [Cet] exposé clair et riche, aidera, nous l’espérons, les lecteurs à aborder cette question avec lucidité et sans parti pris. » Cependant, la lecture attentive de ce document fait apparaître que l’auteur a entrepris avec un parti pris délibéré de justifier la possession par la France de l‘arme nucléaire. Il estime que s’il arrive « à complexifier un peu [les choses] chez ceux qui ont les idées trop claires », alors il aura atteint son but. Probablement que parmi ceux qui ont les « idées trop claires », il faut inclure ceux qui condamnent la dissuasion nucléaire. Certes, l’auteur, pour sa part, justifie la dissuasion nucléaire, mais, ce faisant, il expose des idées on ne peut plus claires…

Gabriel Delort-Laval prend soin de préciser qu’il ne parle « qu’en [son] nom propre ». Mais alors quel statut convient-il de donner à son étude qui, manifestement, a reçu la caution de la Conférence des évêques de France alors même que ceux-ci n’ont certainement pas été consultés ? Quelle est l’intention qui a prévalu chez ceux qui ont pris la décision de publier cette étude ? N’est-il pas à craindre que le débat sur l’arme nucléaire au sein de l’instance suprême de l’Église de France soit clos avant même qu’il ait commencé ? D’autant plus que l’auteur en vient à la conclusion que l’Église en France ne saurait prendre position sur la question des armes nucléaires, car sa parole se heurterait à des obstacles insurmontables. Or, ce silence ne signifierait-il pas clairement que les évêques français s’accommodent de la préméditation d’un crime contre l’humanité qui est inhérente la dissuasion nucléaire française ? Ces questions méritent des réponses.

La position du Magistère  de l’Église

Voulant présenter la position du Magistère de l’Église sur la question des armes nucléaires, Gabriel Delort-Laval rappelle que le Concile Vatican II « n’a pas condamné expressément la possession des armes nucléaires ». Il rappelle également la publication, en 1983, par la Conférence des évêques de France du document Gagner la paix, en précisant justement que ce texte peut être lu comme l’adaptation à la situation française de la position de Jean-Paul II qui avait déclaré, en juin 1982, que la dissuasion nucléaire pouvait « être jugée comme moralement acceptable ».

Concernant la position actuelle du Vatican, l’auteur s’en tient à citer la déclaration faite en 2010 par Mgr Celestino Migliore, observateur permanent du Saint-Siège près l’Organisation des Nations Unies. Il croit pouvoir conclure de cette intervention qu’« un monde sans arme nucléaire sera nécessairement très différent du nôtre ». En cela, il ne fait que revenir à la thèse qu’il a développée juste auparavant : « Une chose apparaît certaine : un monde sans armes nucléaires ne sera pas notre monde moins les armes nucléaires. Ce sera un monde différent dans lequel l’idée même de guerre devra avoir disparu. » De tels propos ne laissent pas d’étonner. S’il fallait attendre que l’idée même de guerre ait disparu pour pouvoir éliminer les armes nucléaires, autant dire que nous devons nous résigner à vivre avec les armes nucléaires jusqu’à ce que, selon toute probabilité, nous finissions par mourir par elles. Car si les États dotés d’armes nucléaires ne peuvent faire autrement – comme le prétend l’auteur - que de maintenir leur arsenal, nul doute que nombre d’autres États non encore dotés d’armes nucléaires décident de se les procurer. Il est remarquable qu’à aucun moment Gabriel Delort-Laval ne visualise l’extrême danger pour la survie même de l’humanité de cette prolifération horizontale.

Au demeurant, l’auteur s’éloigne délibérément de la pensée de l’Église en soutenant cette thèse. C’est bien dans notre monde tel qu’il est que les autorités du Vatican, à commencer par Benoît XVI, demandent l’élimination des armes nucléaires. À cet égard, il est particulièrement fâcheux que l’auteur semble ignorer le message du 1er janvier 2006, délivré pour la célébration de la journée mondiale de la paix, dans lequel Benoît XVI plaide en faveur du désarmement nucléaire : « Que dire des gouvernements qui comptent sur les armes nucléaires pour garantir la sécurité de leurs pays ? Avec d’innombrables personnes de bonne volonté, on peut affirmer que cette perspective, hormis le fait qu’elle est funeste, est tout à fait fallacieuse. » Ces deux mots employés par l’évêque de Rome à propos de la dissuasion nucléaire sont particulièrement signifiants : « funeste » évoque des idées de mort et de malheur, tandis que « fallacieux » évoque des idées de tromperie et d’illusion. Ces qualificatifs, auxquels jamais un pape n’avait eu recours jusqu’à présent, délégitiment radicalement la dissuasion nucléaire hic et nunc. Ils la délégitiment non seulement pour tous les États dotés, mais pour chacun des États dotés. Et désarmement nucléaire bien ordonné commence par soi-même.

De même, Gabriel Delort-Laval ignore délibérément les propos tenus par l’archevêque Francis Chullikatt, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU (New York), lors d’une conférence donnée le 1er juillet 2011. Ces propos ont renouvelé fondamentalement la pensée de l’Église sur la dissuasion nucléaire. Sur cette question, le prélat énonce des paroles catégoriques : « La menace aussi bien que l'emploi des armes nucléaires est interdite par la loi. Il est illégal de menacer d'une attaque si l'attaque elle-même serait illégale. L'illégalité de la menace et de l’emploi des armes nucléaires remet sérieusement en question la légalité de posséder des armes nucléaires (c’est moi qui souligne). (…) En conformité avec le principe de bonne foi, il ne peut pas être légal de continuer à posséder indéfiniment des armes dont l’emploi et la menace sont illégaux. » Ces affirmations sont décisives. C’est la première fois qu’un haut responsable du Vatican énonce aussi clairement non seulement que la menace de l’emploi est interdite par les principes et les règles du « droit humanitaire international » dès lors que l’emploi lui-même est interdit, mais surtout que la légalité - et donc la légitimité - de la possession même de ces armes doit être remise en question. C’est bien dans notre monde tel qu’il est que la dissuasion nucléaire se trouve délégitimée dans son principe. C’est s’égarer de vouloir penser que l’arme nucléaire est une arme légitime de défense : elle est une arme criminelle de terreur, de destruction, de dévastation et d’anéantissement.

Quelles options pour la France aujourd’hui ?

Analysant le concept de dissuasion nucléaire qui prévaut actuellement dans la doctrine française, Gabriel Delort-Laval se réfère au discours prononcé à Cherbourg en 2008 par Nicolas Sarkozy. Il souligne que ce dernier « évoque la possibilité d’un « avertissement nucléaire » destiné à « rétablir la dissuasion » et il fait ce commentaire : « Le chemin est étroit pour continuer à parler de l’arme nucléaire comme d’une « arme de non emploi ». À vrai dire, ce chemin n’est pas « étroit », mais il est ostensiblement barré et il l’a toujours été. Contrairement à ce que dit l’auteur, jamais la France n’a élaboré « une stratégie de « non emploi » de la bombe atomique ». La France a toujours affiché sa volonté d’employer l’arme nucléaire pour défendre ses « intérêts vitaux », alors même qu’il n’existe à l’évidence aucun scénario dans lequel le chef d’État français pourrait raisonnablement recourir à l’arme nucléaire.

Se demandant quelles options sont possibles pour la France aujourd’hui, Gabriel Delort-Laval envisage deux hypothèses : renoncer unilatéralement à l’arme nucléaire ou « rester une puissance nucléaire ». « Essayons, écrit-il, de les envisager de la façon la plus objective possible. » En réalité, il va, en dehors de toute objectivité, faire délibérément le choix du maintien du statut de puissance nucléaire de la France.

Concernant la renonciation unilatérale de la France à l’arme nucléaire, l’auteur fait valoir qu’elle aurait pour « conséquence probable (…) l’affaiblissement de la parole et de la liberté d’action de la France sur la scène internationale ». De manière parfaitement arbitraire, il estime qu’« il est probable aussi que le siège permanent au Conseil de sécurité serait rapidement contesté ». Dès lors, « il n’est pas certain que le monde ait quelque chose à gagner à une France certes dénucléarisée, mais devenue aphone ». Il conclut : « Concrètement, et si l’on est raisonnablement réaliste, la renonciation unilatérale par la France à la possession de l’arme nucléaire signifierait aux yeux du monde sa renonciation à être désormais un acteur de la scène internationale. « Le cher et vieux pays » prendrait sa retraite et laisserait à d’autres le soin des affaires du monde ». De tels propos, qui voudraient être péremptoires, n’ont d’autre fondement que l’illusion idéologique de croire que c’est l’arme nucléaire qui permet à la France de faire entendre sa voix dans les affaires du monde. Point n’est besoin alors d‘argumenter pour faire prévaloir la seconde hypothèse : que la France doive rester une puissance nucléaire est une évidence pour ceux qui sont « raisonnablement réalistes »…

 Cependant, c’est certainement se tromper que de laisser croire que le renoncement à l’arme nucléaire porterait atteinte à la « grandeur de la France ». C’est probablement tout le contraire qui se produirait. Comment ne pas penser en effet qu’il en résulterait un surcroît de prestige pour notre pays ? « Le prestige, déclarait M. Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations Unies, lors de l’allocution qu’il prononça à Hiroshima le 6 août 2010, appartient non pas à ceux qui possèdent des armes nucléaires, mais à ceux qui y renoncent. » Sans nul doute, la capacité de notre pays de faire entendre sa voix dans les grands débats de la politique internationale ne serait pas affaiblie mais fortifiée. On peut gager que, partout dans le monde, des femmes et des hommes salueraient la décision de la France comme un acte de courage qui leur redonne un peu d’espérance.

Quelle parole pour l’Église catholique en France ?

Je l’ai déjà noté, Gabriel Delort-Laval pense qu’il n’est nullement souhaitable que l’Église en France prenne position sur la dissuasion nucléaire française. Là encore, l’auteur formule deux hypothèses. La première serait un document « nuancé et équilibré pour prendre en compte la complexité de la question et pour reconnaître la bonne foi des uns et des autres ». À travers ces propos sibyllins, il faut comprendre que ce document exposerait la position qui est précisément celle de Gabriel Delort-Laval, c’est-à-dire qu’il cautionnerait le maintien de la dissuasion française. Cela est explicite lorsqu’il est dit de ce document qu’il « s’attirerait le reproche de ne pas condamner en bloc la détention de l‘arme nucléaire ».

La seconde hypothèse serait « un document se voulant « prophétique », c’est-à-dire en clair qui préconiserait la renonciation de la France à l’arme nucléaire. De manière tout à fait inattendue, l’auteur estime qu’un tel document « serait reçu sans grande attention comme la simple confirmation de ce que l’on imagine être la position de l’Église ; de laquelle on attend toujours qu’évangélique rime avec « irénique », si ce n’est « angélique » ». Que faut-il comprendre ? C’est la seule fois où Gabriel Delort-Laval se réfère à l’Évangile et c’est pour laisser croire que « l’on » comprend ce terme en mauvaise part. Et lui-même semble démuni pour récuser ce jugement négatif. Il est tout de même étonnant qu’un chrétien juge dommageable que l’Église tienne une parole évangélique. Il se peut que d’aucuns accusent d’angélisme une Église qui condamnerait la dissuasion nucléaire, mais il n’en demeure pas moins que la préméditation du crime nucléaire est diablement contraire à l’Évangile. Pour ma part, je gage, au contraire, que nombre de nos concitoyens, qu’ils croient au ciel ou qu’ils n’y croient pas, seraient heureux d’accueillir comme un formidable signe d’espérance une parole évangélique des évêques qui dénoncerait l’arme nucléaire.

À aucun moment, Gabriel Delort-Laval ne visualise la contradiction intrinsèque entre l’Évangile et la préméditation du crime nucléaire qui fonde la dissuasion. Présenté comme prêtre du diocèse de Paris, nul doute qu’il ait lu l’Évangile, mais présenté également comme auditeur de l’Institut des Hautes Études de la Défense nationale, nul doute non plus qu’il ait lu les règlements militaires. Dans son avant-propos à son livre La trahison des clercs, Julien Benda affirme que la plupart des clercs écoutés en France « invitent les hommes à se moquer de l’Évangile et à lire les règlements militaires ». Il semble bien que sur la question de l’arme nucléaire – c’est, bien sûr, le seul point que je veux prendre en considération -, Gabriel Delort-Laval privilégie les règlements militaires et se trouve en flagrant déni d’Évangile. Justifier l’arme nucléaire, c’est parler contre l’Esprit

Ainsi, Gabriel Delort-Laval ne sait conseiller aux évêques rien d’autre que de se taire face à la préméditation du crime nucléaire. De se taire, c’est-à-dire de se résigner. De se soumettre. D’abdiquer. De  démissionner. De s’accommoder. De consentir.

Contre toute espérance, je  veux encore espérer que les évêques auront l’audace par fidélité à l’Évangile de désobéir aux règlements militaire qui justifient l’arme nucléaire.

 

* Philosophe et écrivain (www.jean-marie-muller.fr).

Porte-parole national du Mouvement pour un Alternative Non-violente. Le MAN a pris l’initiative d’une campagne en faveur du désarmement nucléaire unilatéral de la France : www.francesansarmesnucleaires.fr.  

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 09:21

NON, MONSIEUR LE PRÉSIDENT, ON NE PEUT PAS PENSER CE QUE L’ON VEUT DE L’ARME NUCLÉAIRE DE LA FRANCE

                                    Jean-Marie MULLER*

 

Ce 28 mars, aussitôt l’intervention télévisée de François Hollande terminée, je reçois le mail d’un ami du MAN qui écrit :

« Mauvais soir…

Hollande à l’instant :

« La défense nucléaire, il faut la conserver et même la moderniser. » »

À vrai dire, cette mauvaise nouvelle n’est pas nouvelle. Au  demeurant, mon ami le reconnaît lui-même : « On le savait depuis le début de la campagne… » Ce fut en effet une promesse du candidat Hollande. Et le Président François est bien décidé à tenir cette promesse-là… Tous les chefs d’État des pays dotés de l’arme nucléaire ne cessent de tenir ce langage. Même le gentil Barack Obama, dans son discours prononcé à Prague le 6 avril 2009, aussitôt après avoir « affirmé clairement et avec conviction l’engagement de l’Amérique à rechercher la paix et la sécurité dans un monde sans armes nucléaires. », a pris soin de préciser : « Ne vous méprenez pas : tant que ces armes existeront, nous conserverons un arsenal sûr et efficace pour dissuader tout adversaire. » Pareil raisonnement est étrange : car enfin les armes n’existeront-elles pas tant que les États-Unis ne renonceront pas à en posséder ?

Il ne faut donc pas nous méprendre : dès lors que tous les Chefs d’État nucléaires affirment haut et fort leur détermination à conserver leurs armes nucléaires et à les moderniser, il est illusoire d’espérer dans un avenir prévisible la signature d’une Convention internationale sur l’élimination mondiale des armes nucléaires. Pour l’heure, nous ne pouvons rien attendre des décideurs politiques pour qu’ils agissent en faveur du désarmement nucléaire. C’est aux citoyens de chaque pays nucléaire de prendre le pouvoir afin de contraindre démocratiquement les chefs  d’État.

Revenons aux propos tenus par François Hollande ce 28 mars :

« Sur la défense, je suis chef de l’État et chef des armées.(…) Je sais ce qu’est l’indépendance nationale parce que la France est un grand pays qui peut décider seul. (…) Nous avons une arme nucléaire. On peut penser ce que l’on veut de cette arme nucléaire. Je sais qu’il y a un certain nombre de nos concitoyens qui y sont hostiles. Moi, je leur dis : « C’est notre protection, c’est notre garantie. Il faut la conserver et même la moderniser. »  (…) Autonomie de décision, protection du territoire, dissuasion : il faut maintenir. » »

C’est certainement la première fois qu’un Président de la République française reconnaît explicitement que des citoyens français sont hostiles à l’arme nucléaire. Une analyse rigoureuse des propos présidentiels fait apparaître clairement que cette hostilité ne vise pas l’armement nucléaire mondial, mais bien l’arme nucléaire de la France… Il faut sans aucun doute vouloir le désarmement total, mais ne demander que le désarmement mondial, n’est-ce pas encore s’accommoder de quelque manière de l’armement français ? Hostilité bien ordonnée commence par soi-même… Il ne peut donc s’agir que des Français qui exigent le désarmement nucléaire unilatéral de la France… Cette déclaration vaut reconnaissance. Jusqu’à présent, le langage politiquement correct faisait valoir qu’il existait un véritable « consensus » par lequel tous les Français adhéraient au catéchisme de la dissuasion nucléaire. Nous savons désormais qu’il n’en est rien. François Hollande ne suggère nullement que ces Français ne seraient que des « pacifistes » irresponsables. Il semble reconnaître la légitimité de leur pensée : « On peut penser, affirme-t-il, (c’est moi qui souligne) ce que l’on veut de cette arme nucléaire… Ce ne fut donc pas un « bon soir » pour les partisans du désarmement nucléaire unilatéral de la France, mais, au moins, il leur est reconnu le droit de sortir de la « pensée unique »…

Ceci étant dit dans un premier temps, ne faut-il pas dans un second  temps prendre à revers la déclaration hollandaise ? Rien n’est moins sûr en effet que l’on puisse « penser ce que l’on veut » de l’arme nucléaire de la France… Pour ma part, je n’envisage nullement que l’on puisse penser raisonnablement que l’arme nucléaire soit moralement acceptable… Il convient ici de nous ressouvenir de la résolution de l’Assemblée Générale de l’ONU du 24 novembre 1961 : « Tout État, est-il affirmé, qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation. » Certes, par elle-même, la dissuasion n’est pas l’emploi, mais elle est l’emploi de la menace, et l’emploi de la menace comporte directement la menace de l’emploi. Dès lors que l’emploi de l’arme nucléaire serait un crime contre l’humanité, la menace de l’emploi est déjà criminelle. Et la possession même de l’arme nucléaire, dont la seule justification est la menace de son emploi, est elle-même illégitime. Il faut donc penser que l’arme nucléaire n’est pas une arme légitime de défense mais une arme criminelle de terreur, de destruction, de dévastation et d’anéantissement.

Donc, je n’envisage pas non plus que l’on puisse raisonnablement penser que l’arme nucléaire soit « notre protection », « notre garantie ». En réalité, l’arme nucléaire ne nous protége d’aucune des menaces qui pèsent sur notre société, et surtout pas de la menace « terroriste ». Au-delà de l’im-moralité intrinsèque de l’acte nucléaire, il est essentiel de prendre conscience de son in-faisabilité substantielle. Il est remarquable que les responsables politiques qui justifient la dissuasion nucléaire feignent d’envisagent sereinement la possibilité de l’emploi de l’arme nucléaire sans prendre aucunement en considération quelles seraient les conséquences absolument dramatiques de ces frappes nucléaires pour les autres et pour nous-mêmes, pour la terre et pour l’humanité. Ils sont dans le déni le plus total de la réalité des destructions illimitées qui seraient provoquées. Non, l’arme nucléaire n’est pas une protection, elle est une menace. La Grande Menace, selon l’expression de Jean Lurçat. À l’évidence, il n’existe aucun scénario dans lequel le chef d’État français pourrait raisonnablement recourir à l’arme nucléaire. Inutilisable en  temps  de crise, l’arme nucléaire est inutile en temps de paix.

Je n’envisage pas non plus que l’on puisse penser raisonnablement que le coût de la dissuasion nucléaire soit acceptable, tout particulièrement au regard de la crise financière à laquelle notre société doit faire face. Ces  dernières semaines, des rumeurs faisaient état de coupes sombres dans les dépenses militaires. De nombreux parlementaires, dans l’opposition comme dans la majorité, ont relayé l’indignation des militaires et des industriels qui voyaient dans cette réduction purgative un abaissement de la France. Lors de son intervention télévisée, François Hollande a voulu les rassurer en annonçant que « nous dépenserons en 2014 exactement le même montant qu’en 2013 », c’est-à-dire un peu plus de 30 milliards. Ce qui signifie que les milliards consacrés au maintien et à la modernisation de l’arme nucléaire française – il s’agit de quelque 4 milliards par an - continueront de peser gravement sur l’équilibre du budget de la France. Là encore, le désarmement nucléaire de la France serait bien-venu.

En définitive, l’arme nucléaire est une idole, celles et ceux qui lui rendent un culte sont des idolâtres. Et il est toujours difficile de briser les idoles. La croyance des hommes en l’arme nucléaire comme symbole de la puissance est l’un des plus formidables envoûtements auquel l’humanité ait jamais succombé. Il signifie l’aliénation de la conscience, l’asservissement de la raison et s’apparente à un véritable ensorcellement.

Il importe de prendre la mesure de l’ampleur de la tâche : pour renverser le régime nucléaire, il faut que les citoyen(ne)s osent organiser un véritable coup d’État pacifique par lequel ils prennent le pouvoir. L’analyse d’Étienne de La Boétie vaut parfaitement pour l’État nucléaire : il n’a de pouvoir que grâce à la collaboration volontaire de ceux qui lui sont asservis. Il suffirait qu’ils décident de ne plus vouloir lui être assujettis pour qu’il s’effondre de lui-même.

                                                  Le 30 mars 2013

 

* Porte-parole national du Mouvement pour un Alternative Non-violente ( www.jean-marie-muller.fr ).

Le MAN a pris l’initiative d’une campagne en faveur du désarmement nucléaire unilatéral de la France : www.francesansarmesnucleaires.fr

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 07:41
« Sur les pas de Lulu, apprenons la paix », c’est le titre du grand jeu que l’équipe CCFD du secteur Nord Jura a organisé le 16 mars à l’Abbaye d’Acey, dans le cadre de la journée « Bouge ta planète »  
Un peu plus tard, je vous donnerai aussi le déroulement du temps de méditation final, avec un conte et une prière pour la paix.
 
Aujourd’hui, comme promis, voilà le déroulement général du jeu. Vous pourrez ainsi vous en inspirer pour organiser à votre tour une belle journée de fête.
« Sur les pas de Lulu » est un jeu coopératif dont le but est de reconstituer un puzzle représentant une colombe entourée du mot « paix » écrit dans de nombreuses langues.
Il se joue en équipes (jusqu’à 8 équipes) de 6 à 8 joueurs (enfants et adultes). Ces équipes représentent les habitants d’un village visité par Lulu lors de son périple. Ils doivent faire le tour de leur village (école, mairie, église, centre de loisirs, etc.). Dans chaque lieu, une « épreuve » les attend, qui va leur donner des éléments pour apprendre à vivre en paix. Chaque passage réussi leur fait gagner une pièce du puzzle.
Auparavant, pour avoir le droit de démarrer le jeu, l’équipe doit répondre correctement aux 10 questions d’un Quizz à propos de Lulu et Isidore. (à télécharger ici)

 2013-04-03-tresor-eloi-plateau-jeu-Lulu.jpg
 

Les épreuves sont les suivantes
A la ferme : le voyage de Lulu : sur une carte vierge avec juste le tracé du voyage de Lulu, il s’agit de retrouver les noms des pays que Lulu a traversés, d’y associer le mot paix dans la bonne langue, et le drapeau.
A la maison : apprendre des mots et gestes qui favorisent la paix (en serbe, en langue des signes ..)
A l’école : un Memory à base de dessins de conflit et de paix 
A l’église : des rébus ( phrases de la Bible ou de chants) à déchiffrer 
A la bibliothèque : un Pictionnary de mots liés à la paix.
Au club théâtre : l’équipe tire au sort un « cas concret » de situation conflictuelle et doit trouver comment la jouer.
A la mairie : faire une affiche pour la fête des voisins en utilisant 6 mots obligatoires.
Au centre de loisirs : bricolages : colombe, magnet, pince à message ..  
Pour télécharger le détail de l’organisation du jeu, cliquer ici.
Certaines "épreuves" seront publiées sur le blog ; mais vous pouvez aussi recevoir les fiches détaillées des 8 ateliers et tout autre renseignement  en écrivant à P’tit Eloi. 
 
A très bientôt  et   BON JEU !
 
Article paru sur le site "les trésors de P'tit Eloi"
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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 12:46

Comme chaque année, le CCFD organise à travers toute la France une grande journée de solidarité intitulée « Bouge ta planète »

 
 
Dans le Nord Jura, elle aura lieu le :CCFD.jpg
 
 
 
 
 SAMEDI 16 MARS,
à partir de 13h30,
à la ferme de l’abbaye d’Acey
 
 
 
 
 
  
Pour les enfants, un grand jeu est organisé à partir des documents soit du CCFD, soit des Kilomètres Soleil du Secours Catholique. Cette année, nous avons retenu le thème de la Paix.
« Dans les pas de Lulu, apprenons la paix ! »
Qui mieux que Lucien Converset et son âne Isidore pouvaient nous accompagner dans cette recherche de la paix ? 
 
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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 21:36
"Les Amis de Gaby Maire" se sont réunis à Champagnole ce dimanche 23 décembre pour le 23ème anniversaire de l'assassinat de Gaby.
 
Lulu avait laissé un message téléphonique pour eux, mais je n'ai pu l'écouter que le dimanche soir, je n'ai donc pas pu leur faire écouter...
 
Le voici donc offert à tous les amis du blog...
 
  
Après la messe, le partage convivial du repas, les "amis de Gaby Maire" ont pu aussi partager sur le pélerinage de Lulu à partir d'une vidéo retraçant son parcours et son message de paix. Antoinette Gillet a témoigné aussi de son engagement pour le désarmement nucléaire. 
 
  Amis-Gaby.jpg
Antoinette.jpg 
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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 21:38

Gaby.jpg  Gaby Maire a été assassiné à Vitoria au Brésil le 23 décembre 1989.

 

L'association "les amis de Gabriel Maire" vous invitent à commémorer sa mort à Champagnole :

   Dimanche 23 décembre 2012

à Champagnole

 

· 10 h 30, messe à l'église St Cyr et Ste Julitte

· Partage du verre de l’amitié après la messe

· A midi, repas tiré du sac dans une salle de la cure

· Vers 14 heures 30, au même endroit :

Elisabeth nous présentera une vidéo sur le voyage à Bethléem de Lulu Converset et, en lien avec ses aspirations et son objectif, nous aurons l'avantage d'entendre Antoinette Gillet, jeûneuse pour la paix, venir nous parler de son combat, chez nous, dans le Jura.

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 09:53

Jean Sadoux, nous a envoyé ce message via le blog. J'ai attendu de pouvoir joindre Lulu pour lui demander s'il connaissait cette association. Non seulement il la connait, mais il aimerait bien être adhérent. Il m'invite à publier cette lettre et à vous faire connaitre cette association.

 

Bonjour,

Lulu connait-il l'association 4ACG ?... Il me semble qu'elle pourrait être ajoutée à la liste des liens que Lulu nous invite à rencontrer, tant ses objectifs militent pour la paix, la fraternité entre les peuples et la nécessaire réparation des faits de guerre où qu'elles se trouvent. Pour en parler et la décrire, je ne trouve rien de mieux que cette lettre d'un nouvel adhérent qui vient de découvrir 4ACG. Voici la lettre éloquente à ses parents et amis :

 

Chers enfants, petits enfants et amis,

 

Il m'aura fallu 50 ans après la fin de la guerre d'Algérie pour que je découvre l'association de la 4ACG ( Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre). Le temps passé en Algérie, au Bataillon de Corée (Bataillon Français de l'O N U), qui a d'ailleurs été dissous après le putsch d'Alger, a laissé en moi et pour tant d'autres jeunes de cette période, un terrible sentiment d'horreur et des blessures morales qui ont du mal à guérir. Il reste en nous une contrainte par le silence et une pensée prégnante de ne pas avoir suffisamment réagit, de ne pas avoir suffisamment crié notre douleur face à ces situations inhumaines. Pour moi, le rejet de la sauvagerie et de la guerre, a forgé un refus de rejoindre une association "d'anciens combattants".

 

Aujourd'hui la 4ACG !

 

C'est avec un grand plaisir que je rejoins cette association, c'est aussi un apaisement. Pourquoi ?

 

Les buts de cette association ne sont pas de sublimer la guerre, mais de la combattre et d'apporter par la solidarité son soutien au Peuple Algérien et à tout Homme victime de la guerre.

 

Comment ? Par le reversement de l'intégralité de la retraite du combattant, afin de financer des opérations de développement : aide à un village de petite Kabylie, irrigation, micro-bus scolaire ; Tazarine, sud Maroc, participation à l'équipement d'une maternité ; Massarah en Palestine, aide au centre culturel. Mais également, témoignages dans les établissements scolaires afin d'éveiller les jeunes, pour que face à tout conflit, ils restent lucides et responsables de leur comportement et de leurs actes.

 

Enfin, chacun d'entre vous peux devenir "membre amis" de la 4ACG et par une cotisation annuelle, participer à ses actions de solidarité.

 

La 4ACG existe depuis 2004, j'ai perdu huit ans pour rejoindre son combat, celui-là noble et généreux, mais le hasard nous a réunis, j'en suis heureux et Monique partage cette joie. Une cerise sur le gâteaux, peut-être un voyage en Algérie le printemps prochain !

 

J'espère que vous comprendrez la paix que je ressens par cette adhésion, c'est pourquoi je vous transmets en pièces jointes la plaquette et la charte de MON Association.

 

Des bises à certains, mon amitié à tous les autres.

 

Gérard

 

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 10:47

Le 1er octobre 2012

 

Communiqué du Pôle Amérique Latine – Service de la Mission Universelle

 

de la Conférence des Evêques de France : Décès du Père Pierre Dubois

 

Le père Pierre Dubois est décédé ce vendredi 28 septembre à Santiago. Prêtre du diocèse de Dijon ordonné en 1955, il part dès 1963 pour le Chili, dans lequel il deviendra un acteur reconnu durant les années de la dictature, et où il avait choisi de finir sa vie.

Son engagement aux côtés des «pobladores» dans différentes régions du Chili, en particulier à La Victoria, quartier très pauvre de Santiago, est dans toutes les mémoires. Il se distinguera pour son action non-violente ; s’interposant à maintes reprises entre les forces de police et la population.

 

Son action au cœur des affrontements entre carabiniers et manifestants le conduira à risquer bien souvent sa vie. Le 4 septembre 1984, à l’occasion d’une journée de protestation nationale, son compagnon, le père André Jarlan, tombe sous les balles des forces armées tandis qu’il priait dans sa maison. Face à la montée des tensions provoquée par le drame, il réaffirme le choix de la non-violence. Les témoins rapportent cet événement non violent par excellence : il conduit les événements de l’intention de brûler le commissariat local à l’apaisement qui prendra la forme d’un «ruisseau de lumière» dans le quartier.

 

Sa recherche de la vérité autour de l’assassinat et son rôle dans l’organisation de la solidarité à La Victoria, lui vaudront d’être arrêté, puis expulsé avec deux autres prêtres français le 12 septembre 1986 par décision gouvernementale. Peu avant, il avait reçu le Prix Oscar Romero du service Justice et Paix fondé par le prix Nobel de la Paix Adolfo Perez Esquivel.

 

Durant son «exil» dans son diocèse d’origine, il est un relais indispensable de l’information en France sur les réalités politiques et sociales chiliennes. Avec d’autres, il participe au soutien des exilés chiliens en France.

 

Pierre DuboisDès 1990, il retourne au Chili sur l’invitation du premier président élu démocratiquement depuis 1970, Patricio Aylwin. Ce retour marque une reconnaissance de la part du Peuple chilien : c’est le Parlement qui vote l’attribution à Pierre Dubois de la nationalité chilienne. Peu avant, il est promu au grade de chevalier de la Légion d’Honneur, en qualité «d’aumônier national d’un mouvement ouvrier d’action catholique, 38 ans de vie religieuse, de dévouement et de service militaire.» par le ministère français de la coopération et de la francophonie. En effet, il aura œuvré tout au long de sa vie dans l’Action Catholique Ouvrière (MOAC-JOC), promouvant la solidarité par l’organisation du mouvement ouvrier et l’évangélisation des travailleurs. On retrouve bien le socle de tout son engagement au cœur des violences des années 1980 à La Victoria. Car pour lui, «un pauvre seul est un homme mort».

 

Le secret de sa vie, il nous le livre dans cet entretien récent : « Ce que je prétends être, c’est ami du Christ, et cela ne m’intéresse pas qu’on se souvienne de moi d’une façon ou d’une autre».

 

L’Église de France est fière de compter parmi ses enfants un prêtre, Pierre Dubois, qui a livré sa vie avec le peuple chilien. Ce Peuple qui lui aura permis de donner le meilleur de lui-même. «Notre vie a un sens SI on veut la donner» aimait-il à dire.

 

Le Père Luc Lalire représentera la CEF auprès de l’Eglise du Chili.

 

+Marc STENGER

 Evêque de Troyes Responsable

du Pôle Amérique Latine et Caraïbes 

 

Luc LALIRE

Accompagnateur

du Pôle Amérique Latine et Caraïbes

SNMUE

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Présentation

  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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