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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 18:00
manifestation à Dijon en 2019

manifestation à Dijon en 2019

Quelques Jurassiens se rendent à Dijon cette semaine pour faire mémoire des bombardements sur Hiroshima et Nagasaki. Prendre conscience de cette tragédie, pour qu'elle ne se renouvelle pas !

 

Communiqué de presse : 


Ce 6 août s'est déroulé place Rude la commémoration du bombardement d'Hiroshima. Animé par le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires*, dont une quarantaine de personnes s'engage en jeûnant.


Prise de paroles, lectures de textes, participation d'artistes japonais en costume traditionnel, musique, minute de silence :


• pour demander à nos élus et au Président Emmanuel Macron de signer le Traité d'interdiction des armes nucléaires (TIAN) adopté par l'ONU le 7 juillet 2017. Ce traité prévoit l'interdiction d'employer, de fabriquer, de stocker et de menacer d'utiliser des armes nucléaires. Il entrera en vigueur lorsque 50 pays l'auront ratifié, nous en sommes à 40.


• en solidarité avec toutes les victimes des armes et des essais nucléaires car ces armes représentent « le dernier degré de sauvagerie » (Albert Camus, dans je journal Combat du 8 août 1945). Elles créent une
insécurité majeure sur notre planète. Une délégation des jeûneurs sera reçue cet après-midi en préfecture pour présenter nos revendications.


Pour obtenir ce processus de désarmement international, des actions et jeûnes sont organisés dans plusieurs villes de France (Tours, Brest, Saintes, Mont Saint-Michel et Épinal) mais aussi en Allemagne, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni et au Togo.


Suite des actions du 6 au 9 août :
Ce soir 6 août : FILM « At(h)ome » d’Élisabeth Leuvrey, aux Tanneries, 35-37 rue des Ateliers. A 20 h, participation libre.


Vendredi 7 :

     
– de 11 h à 14 h : présence familiale et non-violente devant le CEA Valduc (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives). Lectures, chansons avec les Bure-Haleurs, die-in, animations.
Départ de Dijon : covoiturage 9 h 30 parking d'Urbanalis, 4 rue du Pont des Tanneries.


- 10 h-18 h, Jardin Darcy : stands, diffusion de tracts, animations culturelles


Samedi 8 août :


- 16 h Spectacle tout public, à partir de 7ans. « SADAKO, la petite fille qui aimait courir », préau école Mansart rue des Péjoces. Gratuit


- 10 h-18 h, place François Rude : stands, diffusion de tracts, animations culturelles


Dimanche 9 août :


- 11 h, place François Rude : commémoration de Nagasaki, en présence d’un adjoint au Maire de Dijon.


- 12 h 15, Cellier de Clairvaux : collation de rupture du jeûne, offerte par la Mairie, adhérente de l'association internationale Maires pour la Paix.


Jusqu'au 9 août EXPOSITION :


Agir pour le désarmement. 75e commémoration d’Hiroshima et de Nagasaki. Et si une bombe nucléaire explosait sur Dijon, Lyon, Paris... Le Traité d’interdiction sur les armes nucléaires (TIAN) de l’ONU sera bientôt applicable !
Cellier de Clairvaux, 27 bd de la Trémouille de 10 à 12 h et 14 à 18 h


* Organisations membres du collectif : Abolition des armes nucléaires Maison de Vigilance ; Agir pour le désarmement nucléaire Franche-Comté ; Amis de la Terre Côted’Or ; AMFPGN ; CANVA ; ICAN France ; MAN Côte d’Or ; Mouvement de la Paix 21 ; Réseau Sortir du nucléaire ; Sortir du nucléaire 21.
Information et contact : abolitiondesarmesnucleaires@orange.fr / T

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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 21:19

Joignez-vous au groupe ADN par le jeûne, la réflexion ou par téléphone. Car ce lundi 1er juin, les membres se retrouveront en conférence téléphonique à 16h. Demander les codes si vous voulez participer...

 

Plusieurs sujets seront abordés, suivez les liens proposés ci-dessous :

 

Ceux qui ont pu se connecter samedi à la prière du chapelet avec le pape François et tous les sanctuaires mariaux du monde, ont du retenir ce que François a dit dans sa prière finale concernant les dépenses pour l'armement. La voici ci-dessous.

 

Marie très Sainte, touche les consciences pour que les sommes considérables utilisées pour accroître et perfectionner les armements soient au contraire destinées à promouvoir des études adéquates pour prévenir de semblables catastrophes dans l’avenir.

 

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 13:40

Chaque 1er lundi du mois, le groupe ADN, Association franc-comtoise pour le Désarmement Nucléaire unilatéral de la France, se réunit à Dampierre autour de Lulu, président de l'association. Si à cause du confinement, le groupe ne peut pas se retrouver ce lundi, certains de ses membres jeûnent et continuent de réfléchir et d'agir chacun à sa manière. 

La dernière lettre de Lulu peut aider à la réflexion. 

Pour illustrer cette page, voici un chant "combien de route" en anglais, sous titré, mis en ligne ce dimanche 3 mai, et enregistré par 70 chanteurs et musiciens du monde entier...

Combien de temps les canons tireront-ils, avant d'être bannis à jamais ?

Dampierre le 1er mai 2020

 

« J’AI MAL AUX ENTRAILLES »

(Paroles de la Terre à ses enfants)

 

Ce sont les paroles de notre Mère la Terre que j’ai entendues, en ce matin du 1er mai, au même moment où sonnait l’Angélus au clocher de mon village.

Quelques-uns des enfants de Dieu que nous sommes tous, balbutiaient à la Sainte Vierge les paroles de l’Ange : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes... Jésus le fruit de vos entrailles est béni... »

Et voilà qu’en même temps, j’entendais, alors que la cloche continuait à tintinnabuler : « J’ai mal aux entrailles... »

 

C’était le cri de la Terre qui nous disait : « Mes enfants, j’ai mal aux entrailles... depuis que vous avez recommencé les essais nucléaires la semaine dernière, en plein confinement... Pensez-vous que c’est ainsi que vous allez barrer la route au coronavirus. Or, vous vous étiez engagés à ne jamais les refaire en signant le T.N.P. (Traité de Non-Prolifération). Vous aviez arrêté le vacarme et les hurlements des mirages dans le ciel. Enfin j’avais trouvé un peu de repos. Et voilà que vous venez de recommencer !

Vous me rétorquez que ce sont « des essais simulés » que vous venez d’accomplir. Je vous réponds qu’ils n’en sont pas moins « la préméditation d’un crime contre l’Humanité, contre moi votre mère, et contre tous mes enfants, dont vous... »

 

La cloche de l’Angélus allait bientôt s’arrêter. Durant les derniers tintements... j’entendais : «... Le Verbe s’est fait chair... » Et pourquoi donc ? «... pour que de notre chair blessée jaillisse une parole qui nous libère... »

Oh ce que ça me faisait du bien de nous entendre dire que sur nos chemins de douleur durant ce confinement, la petite fille Espérance avait semé des petites graines qui commençaient à germer, à pousser... Des gens, beaucoup de gens avaient inventé, suscité des actes de solidarité... ils avaient ouvert des chemins de liberté... et pas rien que pour quelques privilégiés... Mais pour tout le monde... à commencer par les plus éprouvés... les réprouvés... les oubliés... les damnés... les condamnés...

 

Le silence s’était installé... C’est rigolo... la Terre continuait à me parler... comme une mère à son enfant... Elle me disait : « Tu as du temps devant toi... Prends le pour lire et laisser entrer dans ta chair, dans ta peau, dans ta « compreniotte » ce que les prophètes de ce temps ont su ramasser de la vie des « petites gens »... Ils sont « grandes gens » C’est dans leur vie que se loge la parole de Dieu »

 

Je passai une grande partie de la journée à continuer comme dans un tissage à lancer la navette du téléphone, où à la recevoir... afin de continuer en ce temps de confinement à créer des liens et à en maintenir avec beaucoup...

 

Entre ces appels et ces réceptions de coups de téléphone, j’ai pu lire sous la plume de Christiane RANCE, dans sa chronique du journal La Croix, la bouleversante histoire de NIKITA et VASSILI que TOLSTOÏ raconte dans son livre « MAITRE et SERVITEUR ». VASSILI le maitre, aura vécu une vraie vie, sa vie aura pris du sens au seul moment où il donnera sa vie pour sauver celle de son serviteur NIKITA dont il a fait son ami. »

J’ai un petit peu plus compris que même si je ne suis pas détenteur de beaucoup de capitaux, cependant est ce que je ne joue pas au « maître » dans un domaine où dans un autre ? Pour que ça change sur la planète, je pourrais arrêter de considérer les autres comme mes serviteurs et mettre le tablier autour de mes reins !

 

J’ai aimé relire quelques morceaux de l’histoire de la vie de Boris CYRULNIK... Comment chaque fois où un événement risquait de lui couper le souffle ou lui jouer un mauvais tour, il se solidarisait avec d’autres personnes menacées elles aussi. Ils entraient en résistance... Ils devenaient résilients : « sans doute quand la pandémie sera maîtrisée, nous réfléchirons. Nous discuterons pour savoir comment construire une nouvelle forme de vivre ensemble... A ma naissance, peu avant la seconde guerre mondiale, il n’y avait pas de sécurité sociale ni de système de retraite... Mais après chaque crise il y a des changements culturels... »

 

Puis je me suis demandé où notre ami le pape François va chercher les trésors de sagesse qu’il nous offre chaque fois qu’il endosse une part des événements qui nous tombent dessus. Comme disait le poète latin TERENCE à propos d’un bienfaiteur de l’Humanité, nous pouvons dire de François que « rien de ce qui est humain ne lui est étranger »

En ce premier mai le pape François s’adressait aux frères et sœurs des mouvements et organisations populaires. Avec quel respect et délicatesse je l’ai entendu dire que c’est « dans les périphéries oubliées que résident de véritables poètes sociaux. Je sais que c’est vous qui apportez des solutions dignes aux problèmes les plus graves de ceux qui sont exclus... Vous n’êtes pas reconnus comme il se doit. Dans ce système vous êtes véritablement invisibles. Mais vous revendiquez vos droits au lieu de vous résigner. Vous retroussez vos manches pour le bien commun... votre attitude m’aide, m’interroge et m’apprends beaucoup... »

 

J’ai beaucoup apprécié tout ce qui s’est manifesté de souffle de Justice en cette fête du 1er mai.

Ça m’a fait sortir du confinement, considérer le bien commun, envisager ceux qu’on ne voit pas, les considérer dans leur dignité, empêcher l’arrivée des rapaces et des vautours.

Qu’est-ce que j’étais heureux de percevoir dès avant le déconfinement que des chemins s’ouvraient à nous tous pour empêcher que notre Mère la Terre ait mal à ses entrailles, et qu’elle puisse continuer à nous enfanter.

 

Lulu

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5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 21:04

Du 6 au 9 août 2019 à Dijon, dans le cadre de la campagne ICAN France, un collectif d’associations (Abolition des armes nucléaires-Maison de Vigilance ; Agir pour le désarmement nucléaire Franche-Comté ; Amis de la Terre Côte-d’Or ; CANVA ; MAN Côte-d’Or ; Mouvement de la Paix ; Réseau Sortir du nucléaire) vont organiser de nombreuses actions pour sensibiliser l’opinion publique à la nécessité de désarmement nucléaire. La plupart des acteurs de ces journées vont réaliser un jeune en solidarité avec toutes les victimes des bombardements d'Hiroshima, de Nagasaki et des essais nucléaires.

 

Au programme, concert de musique le 5 août et le premier rassemblement le 6 août (11H) devant la mairie de Dijon pour la commémoration du bombardement d'Hiroshima.

 

De multiples activités seront proposées (stage de théâtre invisible, rencontre, exposition itinérante, spectacles de rue, troupe d'acrobates et de musiciens, projection d’un film, ...) et si vous voyez une bombe "voler" ne prenez pas peur, ce n'est qu'un dirigeable en forme de bombe atomique...

 

Outre la prise du conscience du danger des armes nucléaires, de la nécessité pour la France de signer le traité d'interdiction des armes nucléaires ; ces actions auront pour but aussi de faire connaître les dangers du site de Valduc ou les armes nucléaires françaises sont fabriquées ; tout comme d’anticiper les conséquences de l’abandon par la France de ses armes, avec notamment la question de la reconversion du personnel et des bâtiments des sites nucléaires militaires.

4 jours pour l'abolition des armes nucléaires !

Programme

Mardi 6 août :
11 h : Place de la Mairie, commémoration du bombardement de Hiroshima
12 h-18 h : Stands place François Rude — stage théâtre invisible — déambulation avec dirigeable — spectacle et concert
20 h : Film + débat – cinéma Eldorado Mercredi 7 août :
10 h-18 h : Stands place François Rude — déambulation avec dirigeable — Die In — animation théâtre invisible — spectacle et concert

 

Jeudi 8 août :
10 h-18 h : Stands place François Rude — déambulation avec dirigeable — Die In — animation théâtre invisible — spectacle et concert 10 h –13 h : Manifestation non-violente à Valduc

 

Vendredi 9 août :
10 h-10 h50 : Déambulation dans le centre-ville, avec le dirigeable
11 h : Commémoration du bombardement de Nagasaki, en présence d’un représentant du Maire
13 h 30 : Rupture du jeûne en Mairie. L’analyse de la situation internationale fait apparaître que l’arme nucléaire n’est pas une sécurité mais une menace pour la paix en France et dans le monde.

 

Programme présenté par ICAN France

Vous avez compris que des militants du groupe ADN qui se réunit à Dampierre sera présent cette année à Dijon avec d'autres associations.

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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 19:45

Lourdes, mardi 23 avril 2019

 

C’est la question que m’ont posée des amis un peu avant que je ne parte au pèlerinage diocésain qui commençait hier. Ils l’ont fait très fraternellement.


J’aime beaucoup me trouver devant une grotte ou entrer dedans. Je pense à la grotte de Dampierre mon village natal où j’allais jouer avec mes copains étant enfant. J’ai aimé me diriger vers la grotte de Bethléem dans laquelle est né Jésus le Prince de la paix. J’y étais allé au pas de l’âne Isidore en 2012-2013, afin de me désarmer de mes violences. Je pense à beaucoup d’autres grottes que j’ai eu le bonheur de visiter : Lascaux, les Moidons, les Planches en Arbois, la grotte Chauvet, celle d’Amange … C’est beau une grotte. C’est profond ce qui peut nous venir à l’esprit, nous apparaitre, ce qui peut surgir à notre conscience quand on entre dans l’une d’elle et que l’on fait silence en soi. Ça aide à voir d’où l’on vient, de quel ventre maternel nous sortons, et ainsi de mieux parvenir où la vie nous appelle à aller, quels citoyens du monde nous sommes appelés à devenir.


Mardi matin, au lendemain de notre arrivée à Lourdes, tous les gens du pèlerinage du Jura, nous nous sommes rassemblés, avec beaucoup de gens des quatre coins du monde, au pied de la grotte de Massabielle, où Marie la maman du Christ Jésus est apparue à Bernadette. Cette béance de notre mère la terre, m’impressionne profondément, cette cavité dans le ventre de notre planète, où est venue se loger à plusieurs reprises de l’année 1858  la Vierge Marie. Je suis émerveillé de lire au pied de la statue qui représente cet événement, les paroles : «  Que soy immaculata conceptio », « Je suis l’immaculée Conception ». C’est ce que Marie a dit à Bernadette quand elles se sont demandé et dit l’une à l’autre qui elles étaient et ce qu’elles attendaient l’une de l’autre. Et en entendant s’égrener le chapelet de ces rencontres, la foule n’arrête pas de chanter : « Ave Maria » et je suis de ceux-là.


Qu’est-ce qui peut bien continuer de se concevoir, de se conscientiser et de se dire au travers de tous les échanges entre les membres de notre humanité blessée, au bord de l’abîme, de nous tous qui en portons très lourd dans notre cœur et dans notre sac à dos, entre tous les humains que nous sommes et la Maman de Jésus, le Fils du Très Bas. Qu’est-ce qui peut bien m'apparaître quand je dis et reconnais que « le fruit de vos entrailles est béni » ? 


Ce qui sort alors du ventre de la terre est « bien dit ». C’est une « béné-diction ». N’est-ce pas une parole qui peut réparer notre humanité ? Ne sommes-nous pas en présence des pièces multiples d’un puzzle à reconstituer ?


Ça y est, la messe est enclenchée. Le souffle de Jésus, son Esprit-Saint, nous fait prendre conscience que nous tous, les gens qui sommes là, nous sommes le Corps du Christ. A celles et ceux sur qui nous nous appuyons, celles et ceux qui nous ont dit : « Au pied de la grotte, tu déposeras ce que l’on te partage, ce dont on t’a chargé ... ». A nous tous il apparaît : « Le Corps du Christ ».


Ce sont les membres du Corps du Christ qui viennent d’être déchiquetés au Sri Lanka en un acte violent, odieux et fou, par d’autres membres de notre humanité, qui ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Eux aussi, ne sont-ils pas les membres du Corps du Christ ?


A la communion, je comprends que l’esprit du Christ nous est donné pour que nous arrêtions de nous massacrer les uns les autres. L’enquête qui va être faite au Sri Lanka et aux Nations Unies, ira-t-elle jusqu’à chercher et trouver, et dénoncer de quels trafics et fabrications criminelles, viennent les armes qui ont déchiré une fois encore, la chair de notre humanité. Donne-nous la force, Ami Jésus, de nous démunir de nos violences, d’inventer des chemins où nous oserons arrêter de fabriquer et vendre des armes.


Il me revient alors à la pensée le visage d’un homme avec qui j’avais créé une profonde amitié. J’étais tout jeune prêtre, cet homme était en grande souffrance et douleur. La violence l’assaillait de bien des endroits. Il voulait, lui, citoyen de la ville où nous habitions, faire acte de justice, pensait-il, il voulait descendre le maire de la cité avec sa carabine 22 long rifle. Je comprenais dans ma prière, que l’amitié qui nous reliait, me demandait de l’aider à se défaire de sa carabine. Ça lui permettrait de ne pas passer à l’acte. J’osai humblement lui proposer de me la confier. Je la cachai sous mon lit. Ça ne suffisait pas, des fois il revenait déjeuner chez nous. Il me la redemandai avec insistance. Je lui disais : « Non ! » C’était pas facile, car il savait que la carabine n’était pas loin. Je priais et demandais à Jésus de me souffler les mots et l’attitude qu’il fallait avoir. Un jour j’arrivais à lui faire accepter qu’on détruise cette carabine. Il fut un petit peu d’accord. Je me dépêchais de briser la gâchette et le percuteur avec une masse, et de faire disparaître le tout. Mon ami m’en voulut pendant un temps. Je lui faisais alors percevoir sa dignité retrouvée. Il vint un peu de paix en lui, petit à petit. Il ne fut jamais assassin d’un de ses frères.


Je pense que je ne cesserais jamais d’être reconnaissant à Jean-Marie Muller et aux membres du M.A.N.V. de nous avoir fait découvrir qu’à l’impossible d’enrayer l’armement nucléaire de la France de manière unilatérale, nous sommes tenus. C’est ce que j’étais heureux de dire dans ma prière devant la grotte de Massabielle, au moment du baiser de paix, j’ajoutais dans ma prière au Christ : «Tu m’as aidé à persuader mon ami de se défaire de sa carabine 22 long rifle … d’arrêter ainsi de menacer de tuer le maire de notre ville … pourrais-tu souffler aux cinq évêques de France qui sont là avec leurs diocésains, dont notre évêque Vincent et nous-mêmes, que nous cherchions et trouvions moyen de créer un rapport de force non-violente avec notre président de la République. Que nos évêques s’engagent et se mouillent pour que notre président arrête de laisser fabriquer des bombes atomiques. Qu’il stoppe dans l’immédiat, de faire perfectionner les armes et engins nucléaires dont nous sommes possesseurs, qu’il fasse entrer notre pays la France, dans le traité signé par les pays de l’ONU en septembre 2017. »

Devant la grotte de Massabielle. Pèlerinage jurassien - avril 2019

Devant la grotte de Massabielle. Pèlerinage jurassien - avril 2019

Voilà ce qui m’apparaissait devant la grotte de Lourdes.


Et en recopiant ces notes sur mon cahier, afin de les partager aux amis que vous êtes, j’entendais Jésus qui me priait et me disait : « T’aurais pu te mouiller toi aussi, en le leur disant, à vos évêques, en pleine messe, au moment où ils vous ont dit : « La Paix soit avec vous »
Je ne l’ai pas fait. Une fois de plus je ne suis pas allé jusqu’au bout de l’objection de conscience. Quand, le ferai-je ?

Lulu Converset

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2 avril 2019 2 02 /04 /avril /2019 08:12

Lors de sa réunion mensuelle à Dampierre ce lundi 1er avril, les membres d'ADN (Association pour le Désarmement Nucléaire unilatéral de la France) ont pris connaissance du message signé par l’équipe « voix nomades » de la Communauté Mission de France :

La paix ne saurait être fondée sur des armes de destruction massive !

Le Pape François nous invite fortement à prendre la parole sur les sujets susceptibles d’intéresser le devenir de chacune et chacun d’entre nous sur cette Terre, notre maison commune.

 

C’est pourquoi, membres de l’équipe Voix nomades de la Communauté Mission de France, nous nous exprimons aujourd’hui sur une question relative à l’avenir de notre planète dont on parle bien peu. Nous le faisons d’autant plus que notre pays est un de ceux qui a, en la matière, une grande responsabilité. Cette question est celle des armes nucléaires et de la politique de dissuasion mise en œuvre par nos gouvernants et appuyée sur ces armes de destruction massive.

 

Nous voulons ici exposer divers arguments, tout autant rationnels qu’éthiques, qui nous amènent à demander le désarmement nucléaire de notre pays.

Dissuader

 

La dissuasion nucléaire nous est souvent présentée comme notre « assurance-vie ». Outre que cette expression est maladroite, force est de constater que cette dissuasion n’est en aucun cas capable de nous protéger des menaces les plus graves et imminentes : les attaques terroristes, le dérèglement climatique ou l’accroissement des inégalités sociales. Elle pourrait même se révéler une faille dans cette prétendue cuirasse en cas de cyberattaque ou si des ennemis, préparés et déterminés, s’en prenaient au stock d’armes entreposé à côté de Brest.

 

Certes, parce que le monde de demain est incertain, comme le montrent encore les dernières décisions prises par les gouvernements états-unien et russe, des militaires et des politiques affirment qu’il faut garder cette force « pour le cas où ». Mais un tel raisonnement ne permettra jamais au désarmement de devenir effectif ! Il encourage au contraire la prolifération sans pouvoir nous protéger de la folie de quelque dirigeant que ce soit, ni empêcher des opérations militaires ou le développement du terrorisme à travers la planète. Et, tout comme des bouleversements climatiques sont imminents, la menace d’un embrasement nucléaire n’est pas négligeable.

 

Or l’explosion décidée ou accidentelle d’une ou plusieurs de ces armes constituerait une catastrophe humaine telle qu’aucun secours efficace ne pourrait être apporté aux victimes, sans oublier des conséquences environnementales difficilement imaginables. Alors que certains parlent d’une arme inemployable… – car qui oserait en conscience l’utiliser ? – mais qu’il faudrait posséder pour assurer leur sécurité, il est urgent de poser des gestes effectifs de désarmement.

 

Le budget des armes est en augmentation constante

 

Par ailleurs le coût passé du développement puis du maintien en l’état de ces armes est exorbitant : plusieurs centaines de milliards d’euros depuis 1945 ! Pire, en contradiction avec l’esprit et la lettre de l’article VI du Traité de non-prolifération qui enjoint les puissances détentrices de l’arme nucléaire à « désarmer de bonne foi » dans les meilleurs délais, la loi de programmation militaire 2019-2025, votée à l’été 2018, prévoit que le budget annuel consacré à ces armes passe de près de 4 milliards d’euros à plus de 6 milliards, soit plus de 50 % d’augmentation ! Quel autre budget de l’État connaîtra une telle augmentation, à l’heure même où des milliers de Françaises et Français demandent davantage de justice sociale ?

 

L’arme nucléaire est difficilement compatible avec l’Évangile

 

Ces armes constituent également un déni de démocratie : d’une part, parce que jamais les citoyennes et citoyens de notre pays n’ont été consultés explicitement sur leur existence et leur maintien en état, d’autre part parce que la dissuasion repose sur un seul homme, le président de la République, obligé lors de son élection à faire allégeance à cette arme comme on fait allégeance à une idole, quoiqu’il puisse en penser en son for intérieur. Au point que certains spécialistes parlent de l’attachement à cette illusion de puissance que conférerait la bombe comme d’une addiction.

 

Le 10 novembre 2017, le Pape François a déclaré : « il faut condamner fermement la menace de leur usage, ainsi que leur possession, précisément parce que leur existence est inséparable d’une logique de peur qui ne concerne pas seulement les parties en conflit, mais tout le genre humain » (c’est nous qui soulignons). Ainsi, si mettre en œuvre une telle arme constituerait un crime contre l’humanité, menacer de l’utiliser constitue également un crime.

 

Enfin et surtout la possession de telles armes de destruction massive constitue une atteinte à la dignité même de la figure de l’ennemi, ce qui est difficilement compatible avec l’Évangile ! C’est pourquoi nous demandons avec insistance que notre pays, sans aucun doute le mieux placé des pays dotés de l’arme atomique pour ce faire, signe et ratifie le Traité d’interdiction des armes nucléaires rédigé et adopté par 122 pays à l’ONU en juillet 2017.

 

Cette signature, outre qu’elle honorerait la mémoire tant des victimes d’Hiroshima et Nagasaki que celles des 2400 essais nucléaires effectués depuis 1945, pourrait ouvrir la voie à un réel désarmement auquel se sont engagées les puissances dotées signataires du Traité de non-prolifération. Dans cette perspective, geler les crédits prévus dans la loi de programmation militaire 2019-2025 constituerait un geste symbolique de bonne volonté.

 

Nous encourageons aussi nos concitoyennes et concitoyens, notamment les chrétiens, à prendre leur responsabilité pour peser dans ce sens de l’Histoire ! C’est précisément parce que la folie nucléaire semble gagner les dirigeants des États dotés que le moment est venu de poser un geste fort de désarmement !

 

Equipe voix nomades de la Mission de France

 

Publié avec l'autorisation de Patrick Hubert de l'Equipe voix nomades

Vous retrouverez cet article sur le journal la Croix,

et sur le site de la Mission de France.

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27 septembre 2018 4 27 /09 /septembre /2018 13:32
Lettre au président Macron

Dampierre, le 17 septembre 2018

 

Monsieur le Président de la République,

 

Quelle émotion porteuse de paix et de justice vous nous avez donné, à nous qui avons malheureusement fait la guerre d’Algérie, lorsque nous avons appris que vous êtes allé rendre visite à l’épouse de Maurice AUDIN.


Dans votre visite et dans la lettre que vous avez portée à Madame AUDIN et à ses enfants, vous reconnaissez au nom de la République, le combat qu’ils ont mené avec tout un collectif de personnes depuis soixante et un ans, pour que la vérité soit faite sur la mort de Maurice AUDIN. Après leur avoir demandé « pardon », vous reconnaissez que « Maurice AUDIN a été torturé puis exécuté, ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile … si la mort de Maurice AUDIN est en dernier ressort le fait de quelques-uns, elle a néanmoins été rendue possible par un système légalement institué … le système arrestation-détention, mis en place à la faveur des pouvoirs spéciaux qui avaient été confiés par voie légale aux forces armées à cette période. Ce système a été le terreau malheureux d’actes parfois terribles, dont la torture. En échouant à prévenir et punir le recours à la torture, les gouvernements successifs ont mis en péril la survie des hommes et des femmes dont se saisissaient les forces de l’ordre … ce système s’est institué sur un fondement légal »


Avec beaucoup de gens de notre République dont Monsieur Pierre LAURENT du parti communiste, nous saluons votre geste de président comme « une victoire historique de la vérité et de la justice »


Avec Madame Raphaëlle BLANCHE, nous nous félicitons que ce soit « la fin d’un mensonge d’état »


Avec Monsieur Benjamin STORA, nous pensons que « votre déclaration laissera une trace ineffaçable pour nous encourager dans la compréhension de notre passé, à parler de nos souffrances », de ce qui continue à torturer nos consciences d’hommes qui avons malheureusement fait cette guerre d’Algérie, et aussi la conscience de milliers d’hommes et de femmes de bonne volonté.


Justement Monsieur Cédric VILANI dit et nous le disons avec lui : « Grace à votre déclaration, c’est un soulagement, un moment historique, l’accomplissement d’une démarche qui permet enfin à la France de regarder en face, une partie de son histoire »


Mais, Monsieur le Président, il y a une autre partie de l’histoire de la France qu’il nous faut regarder en face, et ne pas attendre soixante et un ans pour le faire. C’est celle que nous sommes en train de vivre et de réaliser. Il y a quelque chose qui nous torture et nous abîme, et qui a son origine dans les décisions et les actes institutionnels de l’Etat. Vous en êtes le Président et nous les membres. C’est le fait de décréter et imposer que notre système de défense repose sur la menace de mort nucléaire et cela depuis autant d’années que ce qui « a justifié » la manière dont s’est faite « la bataille d’Alger »


Monsieur Maurice AUDIN et des milliers d’hommes et de femmes ont été torturés entre les années 1954 et 1962. Les essais nucléaires et l’éclatement de la bombe atomique de REGANE dans le Sahara ont eu lieu en même temps. 


Nous ne sommes pas d’accord de continuer à maintenir que vous ayez, Monsieur le Président, les pleins pouvoirs, ni vous ni qui que ce soit, de menacer de détruire une partie de l’humanité et de la planète et d’essayer de prouver à l’opinion publique que c’est ainsi que peut se réaliser la défense de la France. 


En 1956-1957, au cœur du drame algérien, les pouvoirs spéciaux de police n’auraient jamais dû être donnés à qui que ce soit et à plus forte raison à l’armée. Vous dites en effet que ce système légalement institué a favorisé la disparition, et a permis les tortures d’une multitude d’hommes dont celle de Maurice AUDIN. De même, nous ne devrions jamais détenir le pouvoir de détruire l’Humanité de quelque manière que ce soit. A plus forte raison, en fabriquant des armes nucléaires et en nous faisant croire que notre défense repose dans le pouvoir que nous nous octroyons de nous en servir pour détruire une partie de la planète.


Monsieur le Président, nous sommes une multitude de membres de la République à faire partie d’associations telles que le MAN, l’ADN, Stop Nucléaire etc … dans lesquelles nous vous demandons de manière instante et urgente, un geste, une parole, une décision semblables à celles que vous venez de prendre, à propos de ce que la France a fait de manière légale en Algérie particulièrement pendant la bataille d’Alger durant l’année 1957. 


Arrêtons dans l’immédiat l’armement nucléaire de la France de  manière unilatérale. Cette décision de stopper la fabrication des armes nucléaires et d’arrêter de nous menacer de nous servir de telles armes, c’est ce que nous attendons de vous, Monsieur le Président, aujourd’hui même, sachant que nous sommes en train de faire l’inverse de ce que nous avions promis dans le concert des Nations en signant le traité de non-prolifération des armes nucléaires ( TNP)


Le terreau dans lequel l’arme nucléaire continue de proliférer est un terreau légal, décrété par le parlement, le gouvernement, la présidence de la République, la vôtre et celle de vos prédécesseurs.


C’est ce que nous vous demandons de stopper. Nous cherchons de l’argent en France pour vraiment faire la guerre à la pauvreté et à la misère comme le disait l’Abbé Pierre. Arrêtons de dire qu’il n’y a pas d’argent pour stopper la pauvreté. Quand on dit cela, c’est un mensonge d’état. En effet, l’argent de l’Etat est pulsé dans l’armement nucléaire, sachez Monsieur le Président, que là aussi nous attendons de vous un geste historique. En arrêtant de verser l’argent du peuple français dans le nucléaire, nous pourrons éradiquer dans l’immédiat la pauvreté et l’illettrisme.  


Recevez, Monsieur le Président, mes sentiments respectueux et reconnaissants.

 Lucien Converset
 

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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 20:52
Des petites feuilles pleines de promesse

Des petites feuilles pleines de promesse

Dampierre, le 6 août 2018

 

« VENEZ VITE VOIR, LE PETIT GINKGO BILOBA A POUSSE DES FEUILLES »


Ce sont les mots que Jeannot nous adresse à ma sœur Bernadette et à moi, le 6 août, jour anniversaire du drame d’Hiroshima. Je n’ai pas pu participer à la commémoration organisée ce jour même par le groupe ADN à Ranchot. Mon frère, ma sœur et moi étions à l’enterrement de notre cousine Marie Vittot, dans le pays de notre maman, à Chaux les Passavant - La Grâce Dieu.


En nous dirigeant vers le petit ginkgo biloba, Jeannot commence à raconter :
Jeannot : « le matin on allait pour préparer la réunion (du mouvement ADN-MAN), Toinette me dit « On va aller arroser les pieds du petit ginkgo car il vient de mettre des feuilles »


Lulu : « Jeannot, t’es en train de faire de nous les témoins que ce qui a été cassé et brisé dans nos vies peut se réparer. Une fois encore, c’est l’arbre qui parle aux hommes et femmes que nous sommes. Laisserons-nous notre pâte humaine se pétrir du levain qu’est l’attitude et la parole des petits de notre humanité ? Comment passer de « témoins » des cassures à « artisans » de la réparation ? »


En arrivant vers le petit arbre, nous apercevons tout le long du tronc, de belles feuilles vertes bilobées qui poussent pour la joie de nos yeux.
Jeannot : « J’en revenais pas … En mettant le seau d’eau sur les pieds du petit ginkgo, qu’est-ce que je voyais … l’arbre qui poussait des feuilles … par la chaleur qu’il fait … j’ai compté les feuilles, y en a douze »
Lulu : « Et tu nous annonces ça Jeannot, le jour du 6 août, le jour de la commémoration d’Hiroshima … le jour où le ginkgo biloba a résisté dans la fournaise à l’éclatement de la bombe … Je suis très touché par ce que tu es en train de nous faire découvrir Jeannot … »
Jeannot : «  Va falloir qu’on viennent souvent l’arroser. »


Avec Jeannot et ma sœur Bernadette, nous nous racontons comment, à la ressemblance du petit arbre, nous venons tous de très loin. Nous avons vécu et traversé des évènements et des réalités dont nous disons : «  On en revient pas. En fait, nous sommes en train d’ (en revenir) »


Nous avons été très marqués par la teneur du travail de recherche de ces 3500 jeunes, réalisé pendant le festival de la paix à Micropolis du 2 au 5 août à Besançon, dans le souffle du mouvement MRJC, pour les Français et du  KLJB pour les Allemands.


C’est tout un peuple de jeunes, tendus dans la création d’une humanité plus juste et plus fraternelle qui s’exprimait. Dans plusieurs ateliers, durant ces jours du festival de la paix, ces « jeunes prophètes » ont demandé aux « vieux rêveurs » que sont leurs parents et nous les amis de leurs parents, de nous unir avec eux dans leurs luttes, dans leurs façons de faire, dans leurs recherches, et particulièrement celles de la communication non violente (CNV), afin qu’en « désarmant les Dieux » «  il n’y ait aucun exclu pour la fête » Parmi les signes merveilleux que c’est déjà en train de se réaliser, en voici un : Grégory 13 ans, qui a participé à tout le campement MRJC de marche au pas des ânes de Poligny à Besançon, sert la messe aux côtés de Jean-Luc Bouilleret l’évêque, Daniel Petit, Gaby Rognon et quelques aumôniers MRJC-CMR et Mission de France, qui ont tant ramés depuis des années avec ces 3500 jeunes, pour que notre monde tienne dans son avancée vers la paix et la justice. Tout cela grâce à un désarmement effectif, et dans l’établissement d’une ruralité à trempe humaine.


Jean-Marie Guinchard de la Sommette, le papa de Camille, vient communier. Au moment où je lui donne le corps du Christ, il nous dit avec émotion à Grégory et à moi, « Si Lulu est là, c’est à cause de toi Grégory »


La messe que nous célébrons est un moment de reconnaissance humble et étonnante de joie et de fête. Nous exprimons à notre ami Jésus, que notre confiance en Lui, vient du fait que, par sa manière d’aimer, et par la non-violence qui rayonne de son comportement en humanité, il fait que son Père, n’est plus à nos yeux « le Dieu des armées » mais « un Dieu désarmé ». C’est comme cela que nous l’aimons et que nous pouvons le reconnaitre comme « Notre Père ». Nous entendons les bruits que fait la terre parce qu’on la malmène, et les cris des enfants qui n’en peuvent plus, parce qu’ils sont en manque de pain et de père.


Rosine, Alphonse et moi, nous allons dans l’après-midi de ce dimanche du 5 août, à la fin du festival de la paix, chercher les ânes à Montoille, en dessous du Rosemont, chez Jocelyne et Philippe Louison, qui les ont hébergés dans leur enclos de deux hectares, pendant les 4 jours de la fête, à deux pas de la Malcombe, lieu de l’établissement du campement de plus de 500 tentes des festivaliers. Il y eut beaucoup de facilitateurs pour rendre possible cette proximité et cette faisabilité. Parmi eux, Valentin Perriard et Félicien Ragot. L’accessibilité à cet enclos pour les ânes, rendit possible, la marche ballade avec des enfants et leurs parents, participant au festival, les vendredis et samedis après-midi, le long de la Malcombe, Emmaüs, Roche d’Or, vélo route, long du Doubs, Velote. Un véritable atelier itinérant à chaque fois, signifiant expérimentalement ce que nous cherchons en communication non-violente : déligoter et dénouer les nœuds qui abiment nos êtres, et nous réjouir que grâce à cette libération, nous puissions nous relier les uns aux autres. En découvrant comme l’on vécu et dit Christian de Chergé et ses compagnons de Tibhirine, « qu’en chacun des êtres humains réside le don de l’Esprit, dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance en jouant avec les différences »


Il avait été prévu à notre rencontre de l’équipe ADN du lundi 2 juillet, qu’en ramenant les ânes à Dampierre le 5 août au soir, à la fin du festival, grâce au véhicule d’Alphonse, nous rendions possible la petite randonnée qui aurait lieu de Dampierre à Ranchot, dans la journée du 6 août. En effet, nous pensions en nous baladant au pas des ânes, aller voir l’exposition des panneaux préparés par Toinette et Elisabeth, disposés par François et intitulés : « Commémoration des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki » Ce serait une exposition en binôme avec les peintures de Mme Chantal Prin dans la chapelle de Ranchot. Cette dame avait retenu ce lieu d’exposition depuis plusieurs mois. Elle nous permettait d’adjoindre notre exposition à la sienne. Nous ferions jeûne et marche en solidarité avec les victimes de la bombe. Nous invitions toutes les personnes qui se voulaient solidaires des victimes à venir avec nous. Un beau petit livret, réalisé par les membres de notre association franc-comtoise pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France, expliquant à quelles personnes et mouvements nous nous référions dans l’association ADN.


La marche ne pourra pas se réaliser ce 6 août, mais l’exposition dans la chapelle de Ranchot aura lieu, et l’une des personnes référentes de notre lutte sera là, Jean-Marie Muller, fondateur du MAN avec sa femme Hélène, avec leurs enfants et petits-enfants. En effet, Jean-Marie, très fatigué, est venu se reposer aux Calmants chez Marie-Françoise et Claude Bet Garritan pendant la semaine du 5 au 12 août. C’est de là que Jean-Marie viendra avec sa famille animer le débat sur l’urgence d’organiser une défense non violente de notre humanité notamment, en exigeant le désarmement nucléaire de la France de manière unilatérale. Il a commenté le tableau des témoins.


Qu’est-ce que je regrette de n’avoir pu venir vivre une telle journée à Dampierre et Ranchot. En effet, je me trouvais avec ma famille à l’enterrement de notre cousine Marie qui avait lieu le même jour, à la même heure et à 50 kilomètres de distance.


Et Jeannot continue de raconter : « Et puis vous savez pas qui c’est qui était à la chapelle de Ranchot ? Jean-Marie Muller avec sa famille. Même que je me suis dit, quand le Dédé Siclet le journaliste viendra prendre la photo pour mettre un article dans le journal, il faut que je me mette à côté de Jean-Marie, de sa femme et de leurs enfants… Ça va paraitre un de ces jours … Vous verrez dans la semaine … 
Lulu : « Dis voir Jeannot, qui c’est qui était à cette exposition ? »
Jeannot : « Je ne sais pas … Jean-Marie et toute sa famille … Y avait la Toinette, Marie-Françoise, Gilbert et Ginette … François … La Brigitte de Choisey, le Claude a pas pu venir, Jacques Martin n’était pas là, Pierre, je sais pas … Des gens de Fraisans … Je sais pas leurs noms … »
Lulu : «  Jacques et Danielle  … ? »
Jeannot : « Oui, peut-être bien. Jean-Marie a causé. Il était assis parce qu’il était très fatigué … On ira les voir chez Marie-Françoise et Claude du jus de pommes »
Lulu : « Bien sûr ! Demain matin mardi, on ira voir nos amis aux Calmants »


Qu’est-ce que je suis heureux que Jean-Marie soit venu faire une conférence sur la non-violence à Ranchot … dans notre pays, le 6 août, le jour anniversaire où nous jeûnons en pensant aux victimes d’Hiroshima pour qu’il n’y ait plus de menaces d’éclatement de bombes nucléaires sur notre humanité … C’est vraiment la continuation du festival de la paix avec les jeunes du MRJC-KLJB … De quoi est-ce que tu te souviens Jeannot que Jean-Marie a dit dans sa conférence ? »
Jeannot : «  Je sais pas moi … Il a parlé de la violence, il a montré son livre … Je voudrais bien l’avoir »
Lulu : «  Quel livre ? »
Jeannot : « Je sais pas »
Lulu : « Surement son dernier livre : « La violence juste n’existe pas »
Jeannot : « Oui, c’est ça … Je voudrais bien l’avoir … »
Lulu : « On lui demandera quand on ira les voir demain aux Calmants. Ils nous attendent pour promener les enfants au pas des ânes avec la charrette. Qu’est-ce que je suis heureux que nous vivions ces moment-là ensemble … Que tu aies tes congés annuels juste à ce moment-là et que tu sois venu à Dampierre  pour préparer les chemins du campement du MRJC et faire les randonnées au pas des ânes avec la famille de Jean-Marie et Hélène … Qu’est-ce que ça tombe bien !
Jeannot sourit.


Lulu :«  Sais-tu que dans son livre, ce qu’il écrit, ça ressemble à ce que dit le pape François. Ils sont très en communication entre eux … On demandera à Jean-Marie comment ça se fait qu’ils sont reliés comme ça l’un à l’autre, comment ça se fait qu’ils disent et tendent de la même manière à ce qu’avec eux, nous fassions la même chose : «  nous élever en humanité les uns grâce aux autres dans des relations non violentes, en arrêtant de prendre toute la place sur terre, en nous poussant les uns les autres à faire de la place à ceux qui n’en ont pas »


Jeannot sourit encore. Le voici détendu, en paix. Il a comme accompli sa mission. Il vient de raconter à Bernadette et à moi comment il nous a représentés en cette journée du 6 août 2018 où nous n’avons pas pu être là à Dampierre et Ranchot.
Lulu : «  Qu’est-ce que je suis touché que par toi Jeannot, en cette journée du 6 août, nous apprenons que le petit ginkgo biloba a poussé des feuilles, douze … Tu les a comptées sur son tronc. J’ai envie de dire qu’elles se sont reflétées dans l’eau du seau d’eau que tu venais verser sur ses pieds.

 

Par toi aussi, nous apprenons, il se reflète sur ton visage et dans tes paroles, que ce même jour, Jean-Marie était avec sa famille à l’exposition de Ranchot pour exiger le désarmement nucléaire unilatéral de la France… Que ce même jour, Jean-Marie a présenté son dernier livre : «  La violence juste n’existe pas » et que c’est la même chose que ce que déclare le pape François. J’ai encore envie de te dire Jeannot que tu es un des premiers témoins-artisans de tout ce travail … Que c’est à toi aussi que le prix Nobel de la paix a été décerné en septembre 2017 comme à tous ceux qui travaillent à nous démunir de nos violences, et qui s’affilient d’une manière ou d’une autre au mouvement ICAN (Campagne Internationale pour l’abolition des armes nucléaires ) Jeannot, c’est dans la lumière et dans l’amour que l’univers a commencé d’exister … c’est dans la non-violence seulement, que pourra se continuer son achèvement. 
Ma sœur Bernadette nous dit au revoir. Je la remercie pour tout ce qu’elle a rendu possible avec beaucoup de parents de ces jeunes pour la réalisation de ces journées du festival de la paix. Nous partons nous reposer pour être le plus en forme possible durant les rencontres qui nous attendent.


Comment se fait-il que nous ayons été si peu de vieux rêveurs du Jura à répondre à cet appel si plein d’angoisses en même temps que d’espérance, lancé par ces jeunes prophètes … Besançon n’est quand même pas si loin pour que des Jurassiens y accèdent.


Pourquoi si peu de gens de notre diocèse de Saint Claude Poligny, sont venus croiser les pas de ces jeunes faiseurs de paix … travailleurs de la non-violence … ? Pour une fois qu’un réel débat était initié par des jeunes au sujet crucial du désarmement nucléaire de notre pays.


Faudra-t-il encore un autre festival ? Mais sait-on les forces qui sont nécessaires pour lancer et réaliser un tel moment historique ? Le risque ne sera-t-il pas qu’il soit très tard 

Lucien Converset

                                 


 

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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 06:25
Festival de la paix et Commémoration du 6 août 2018

6 août 2018


L’association ADN commémore la bombe nucléaire d’Hiroshima


Du 2 au 5 août un événement de dimension internationale s’est tenu à Besançon : Le festival pour la paix, organisé par le Mouvement rural de la jeunesse chrétienne et son équivalent allemand, le KLJB. Près de 5000 jeunes sont venus dire leur volonté de promouvoir la paix, dans leur vie quotidienne comme dans la vie publique.


Notre ami Lulu s’est investi fortement dans cette aventure, organisant une marche au pas des ânes vers Besançon avec des groupes de jeunes du MRJC et de Pax Christi.( Il ne pouvait être avec nous ce lundi suite à un deuil dans sa famille). Marie-Françoise s’est également engagée dans cette aventure comme bénévole, mettant à la disposition du festival sa maîtrise de l’allemand et sa pratique familiale d’une agriculture au service du développement des personnes et du respect de la terre.


Notre rendez-vous annuel de jeûne et d’échange, en lien avec la mobilisation internationale de commémoration d’Hiroshima était donc modeste, beaucoup d’entre nous ayant d’autres contraintes, de famille ou de santé.


Néanmoins, nous nous sommes retrouvés à Dampierre à 10 heures, et nous avons échangé avec les enfants présents sur le sens de cette journée. Louis Pinsard a présenté les actions de mobilisation pour le désarmement nucléaire de la France proposées par le réseau Sortir du Nucléaire, et l’offre de soutien à des actions militantes proposées par Non-Violence 21. 


A 14h30, nous nous sommes retrouvée à la chapelle de Ranchot, où François avait mis en place les panneaux réalisés par Elisabeth sur les fondamentaux de l’ADN (les grands penseurs-acteurs de la Non-Violence, l’action militante via les plantations de Ginkgo-Biloba).


Jean-Marie Muller nous a rejoints avec sa compagne Hélène et leurs enfants. Il a commenté pour nous l’apport de ces précurseurs de la non-violence, insistant sur la richesse et la complexité de la pensée de Gandhi, pour qui la non-violence n’a rien de la passivité, mais au contraire est un outil actif de lutte. Il a rappelé trois événements récents qui auront un impact certain sur le désarmement nucléaire unilatéral :La conférence pour la Paix qui s’est tenue au Vatican – à laquelle JMM a participé – et qui a permis que disparaisse du message de l’Eglise la notion de « guerre juste ».


•    L’intervention le 10 novembre 2017 du pape François  qui a  exprimé un vif sentiment d’inquiétude en considérant les conséquences humanitaires et environnementales catastrophiques qui découleraient de tout usage des armes nucléaires. C’est pourquoi, a-t-il précisé, « il faut condamner fermement la menace de leur usage, ainsi que leur possession» Cette condamnation de la « possession » des armes nucléaires est décisive, car elle invite chaque Etat à renoncer unilatéralement à la dissuasion nucléaire.


•    Le traité d’interdiction des armes nucléaires proposé par l’ONU en 2017
Cette contribution de Jean-Marie, son éclairage sur les enjeux déterminants  - l’impact qu’aurait l’engagement de la conférence des évêques de France sur l’engagement du pays dans le désarmement nucléaire- nous ont été précieux pour notre mobilisation. Merci à lui.


 

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30 juillet 2018 1 30 /07 /juillet /2018 12:35
août 2013, retour de Bethléem et commémoration des bombardements nucléaires à Dampierre

août 2013, retour de Bethléem et commémoration des bombardements nucléaires à Dampierre

En août 2013, Lulu déposait son sac à dos à Dampierre après un périple de 16 mois au pas de l'âne Isidore. C'était une marche pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France qui l'a conduit jusqu'à Bethléem. Ce blog a été créé pour suivre ce périple.

 

A son retour, ses amis étaient heureux de le retrouver pour commémorer avec lui les bombardements nucléaires d'Hiroshima et Nagasaki par 4 jours de jeûne et de débats. Quelques-uns ont eu envie de prolonger cette marche de Lulu en créant le Mouvement francomtois pour le Désarmement Nucléaire unilatéral de la France. Chaque 1er lundi du mois, des membres jeûnent et se retrouvent à Dampierre.

 

Ce lundi 6 août 2018, au retour du festival de la paix qui a lieu à Besançon, le mouvement ADN vous invite à participer à ces commémorations des bombardements au Japon à Dampierre, sur la place de l'église, par un jeûne, une visite, une présence, un message.

 

Ce même jour, à la Chapelle de Ranchot, où sont régulièrement organisées des expositions d'artistes, une place sera laissée pour une petite expo d'ADN présentant les fondamentaux de l'association, les plantations de Ginkgos, et les acteurs de non-violence dont les membres d'ADN s'inspirent.

 

Une marche au pas des ânes conduira des marcheurs de Dampierre à Ranchot en début d'après-midi.

 

Vous serez les bienvenus !

Commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki à Dampierre
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Présentation

  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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Journée de jeûne pour demander le désarmement nucléaire unilatéral de la France,

tous les 1ers lundis du mois de 14h à 17h en hiver, de 16h à 18h en été, à Dampierre (39) avec un temps de partage et de réflexion animé par Lulu.

Et commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki entre les 6 et 9 août, chaque année.

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