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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 07:46

Hier 27 mars 2017, en l'honneur des 80 ans de notre Président*, sur France Culture, émission sur le désarmement Nucléaire à 18 heures, lié à la réunion à l'ONU des pays favorables au désarmement.

 

*Lulu est président de ADN-MANV (Association franc-comtoise pour le Désarmement Nucléaire unilatéral de le France, avec le Mouvement pour une Alternative Non-Violente)

 

3 intervenants, 2 pour l'arme nucléaire,

Corentin Brustlein : Chercheur, responsable du Centre des études de sécurité de l'Ifri et du programme "Dissuasion et prolifération"

François Géré : Historien, spécialiste en géostratégie, président fondateur de l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS)

1 contre,

Jean-Marie Collin : Chercheur associé auprès du GRIP, directeur France de l’organisation PNND,

Intéressant pour comprendre l'argumentaire en faveur de la dissuasion.

 

Le chemin sera long et rude pour inverser la tendance majoritaire...

Merci Antoinette pour ce partage.

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 11:00

La plantation du Ginkgo Biloba - 4  

 

aura lieu à Pesmes le samedi 1er avril 2017 à 11 heures.

 

Venez nombreux pour porter ce message d'espoir, 
le refus de la violence implique de s'engager visiblement dans la non-violence, et pour nous, dans la volonté de désarmer la France.

les ginkgos de Dampierre, Saint-Maur et Saligney
les ginkgos de Dampierre, Saint-Maur et Saligney
les ginkgos de Dampierre, Saint-Maur et Saligney

les ginkgos de Dampierre, Saint-Maur et Saligney

Pour en savoir plus sur la plantation des Ginkgos Biloba par ADN-MAN, cliquez sur le tag 

Ginkgo Biloba

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 22:32

Dampierre, mardi 13 décembre 2016

 

C'est grâce à Marie-Emmanuelle 6 ans, que j'ai fait connaissance avec Diana, 10 ans. « Elles sont toujours ensemble », dit la grand-mère de Diana.

 

Un jour de cet été 2016, alors que nous préparions avec les amis du groupe ADN-MANV l'inauguration de la plantation du Ginkgo Biloba, que nous avions fixée le 6 août (anniversaire bouleversant de l'éclatement de la bombe à Hiroshima), ces deux filles me disent : « Est ce qu'on pourrait mettre de l'eau sur les pieds du petit arbre ? » Diana et Marie-Emmanuelle avaient dû voir et remarquer comment Alain, Jeannot et moi nous avions le souci d'arroser et irriguer les pieds du petit Ginkgo Biloba, depuis que nous l'avions planté. Peut-être nous avaient-elles un jour ou l'autre, accompagnés… et regardés … et nous n'avions pas pris le temps de leur proposer que ce soient elles qui versent l'eau sur les pieds du petit arbre… Et voici que ce jour, avec un regard aussi limpide et pur que l'eau qu'elles désiraient déposer sur les racines du petit Ginkgo Biloba, elles me disent : « Est-ce que nous, on pourrait mettre de l'eau sur les pieds du petit arbre ? »

 

Grandes personnes que nous sommes ou que nous croyons être, pourquoi ne sommes-nous pas spontanément les « facilitateurs » que les enfants attendent que nous soyons ?

« C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante »

Pourquoi paraissons-nous toujours si pressés aux yeux des enfants ? Pourquoi ne rendons-nous pas possible que ce soit eux, les enfants, qui « fassent »… « réalisent »… et « créent » ?

 

Ce jour-là, je me laissai toucher et marquer par le regard et la parole de ces deux petites filles.

 

Jusqu'à ce jour, je les avais rencontrées très souvent lorsqu'elles allaient à l'école du village ou en revenaient. Nos rencontres avaient été ponctuées par de simples salutations. Désormais, le croisement de nos chemins n'allait plus être des rencontres sans importance. Il s'était passé quelque chose de très fort, quand, sur leur demande, j'avais apporté deux petits seaux d'eau... que j'avais déposés tout près du petit Ginkgo Biloba. Ainsi ce n'était pas trop lourd ni difficile à porter par elles. J'avais laissé et fait en sorte, que ce soient elles qui versent l'eau sur les pieds du petit arbre. Chacune d'elles, à la ressemblance du Petit Prince, s'étaient mises au service d'une cause commune pour notre humanité. Le petit Ginkgo Biloba était devenu leur arbre, sans exclure du tout, qu'il puisse continuer d'être le nôtre. Plus que ça ! Le petit arbre était apparu celui de tous, parce qu'il était devenu le leur. Ce qui se passait grâce à elles, rayonnait sur tout le monde. Nous avions lu ensemble le petit panneau que nous avions inséré aux côtés du petit arbre.

"J'aime bien être amie avec tout le monde" (Diana 10 ans)

Quand je marchais dans les rues du village de Dampierre en compagnie d'amis venus le voir et que nous rencontrions Marie-Emmanuelle et Diana, j'étais heureux de les présenter à mes amis en disant: « Voici les deux grandes filles qui prennent soin du petit Ginkgo Biloba, en mettant sur son terrain d'enracinement, l'eau dont il a tant besoin." Il se passait chaque fois quelque chose de très beau : la reconnaissance de qui sont les enfants par nous adultes, mais aussi, l'estime des adultes par les enfants, la découverte que les uns et les autres ont beaucoup à donner aux autres, mais aussi et surtout, beaucoup à recevoir les uns des autres.

 

Il me revenait la parole de l'artisan par excellence de la création des liens entre les humains, mais aussi de l'apprivoisement des humains par les animaux, les végétaux, et tout ce qui pousse à la surface de la terre: « Je vous ai envoyés ramasser, là où d'autres ont plantés »

 

Et voilà qu'un jour d'automne, alors que je suis de retour de la Fin Basse où j'étais allé contempler le lever du soleil, passant devant l'école de Dampierre un peu avant 8 heures et demi, des enfants accourent pour venir me saluer...

Et parmi tous ces enfants, Marie-Emmanuelle et Diana ... ce jour-là, Diana me dit : « Dans ma classe notre institutrice nous demande de choisir, d'interviewer quelqu'un qui est important pour nous. Il y a une liste avec des noms, il y a ton nom. J'ai dit que j'aimerais bien t'interviewer, est-ce que tu serais d'accord ? »

Lucien : « Je suis très touché de la démarche de votre institutrice et de la tienne. Je te répond : Oui, tout de suite ! »

Diana : « J'ai déjà préparé mes questions. »

Lucien : « Je prendrai tout le temps qu'il faudra pour y répondre. »

Diana : « J'ai écrit les questions que je veux te poser sur une feuille de cahier. »

Lucien : « Je ne vais pas te demander maintenant quelles sont tes questions. Je serai heureux de les découvrir quand on fera l'interview. »
Et j'ajoute :

Lucien : « L'endroit de l'interview pourrait-il être chez Marie-Emmanuelle ? Veux-tu en parler avec ta famille ? »

 

Diana est radieuse que nous envisagions de réaliser cet interview et Marie-Emmanuelle aussi. L'une et l'autre le signifient par un merveilleux sourire.

Et j'ajoute encore.

Lucien : « Ça me touche d'être pour vous, dans l'école, quelqu'un d'important, mais je voudrais que vous gardiez ce que je vais vous dire : Pour moi, à mes yeux, vous êtes tous et chacun, quelqu'un de très important, vous Diana et Marie-Emmanuelle, vos frère et sœur, vos parents, vos institutrices et instituteurs et tous vos camarades... »

 

Quelques jours plus tard, je rencontre Diana chez Marie-Emmanuelle. La maman de Marie-Emmanuelle, Agnès, me dit : « Ta famille, n'est-ce pas, Diana, est très contente que Lulu réponde à l'interview que tu lui as demandé. Mais ta grand-mère serait ravie que l'interview se fasse chez elle. »

Lucien : « Je me réjouis de cet artisanat et travail de dentelière que vous réalisez, afin que nous vivions cet interview »

 

La rencontre est prévue pour samedi 10 décembre. Mais voilà que j'apprends la mort d'un ami de Foncine-le-Haut, Jean-Daniel Senot. Je vais à l'enterrement mais je ne préviens que tardivement le soir Diana et sa famille par la médiation d'Agnès que je n'ai pas pu me rendre à l'interview ce samedi après-midi comme convenu. Je présente mes excuses. Il nous faudra trouver un autre jour.

Chance ! Tout va se rattraper ce mardi 13 décembre. En effet j'aperçois Diana et Marie-Emmanuelle en train de jouer à côté du petit Ginkgo Biloba. Je les salue et leur propose d'arroser les pieds du petit arbre. Leurs mines sont réjouies. Je dis : « Est ce que nous pourrions réaliser l'interview maintenant ? »
Diana: « Je vais voir ma grand mère et je reviens. »

 

Gilbert et Ginette ainsi que Alain et Véronique, avec qui nous venions de mettre à l'abri les derniers stères de bois d'affouage sont ravis de me voir partir vivre cet interview avec Diana et Marie-Emmanuelle. En effet, ils ont été plusieurs fois témoins des soins que ces deux grandes filles prodiguaient à l'égard du petit Ginkgo Biloba.

"J'aime bien être amie avec tout le monde" (Diana 10 ans)
"J'aime bien être amie avec tout le monde" (Diana 10 ans)

Quelle joie de nous retrouver avec Diana et Marie-Emmanuelle chez la mamie de Diana. Diana est en CM2, elle est née en 2006. Marie-Emmanuelle est en CP, elle est née en 2010.

Lucien : « Raconte-moi Diana, comment c'est venu cette belle histoire d'interview. »

Diana : « Notre institutrice voudrait qu'on apprenne à parler devant nos camarades en classe. Elle nous a dit un jour : « Voici une liste de gens importants pour nous. Choisissez celui que vous voulez. Vous aurez à le présenter devant vos camarades en classe. » « Elle nous a donné une liste. Quand j'ai vu ton nom dans la liste, j'ai dit : Je vais faire un exposé sur toi. J'aurais pu aller sur ton blog. Mais je me suis dit, je vais l'interviewer. Pour moi, c'est une chance de faire une interview avec toi. »

Lucien : « Eh bien pour moi, d'être interviewé par toi c'est un grand bonheur. J'en suis très touché. Et je te redis ce que je t'ai dit l'autre jour Diana : Vous êtes tous et chacun, quelqu'un de très important à mes yeux. »

 

Et Diana commence à me poser des questions qu'elle lit sur son cahier. Elle me demande ma date de naissance, où je suis né, où j'ai grandi… et où j'ai vécu mon enfance. Nous constatons que mon enfance a été vécue là où Marie-Emmanuelle et elle Diana, vivent la leur. Souvent, depuis l'endroit où elles habitent, elles gravissent la côte, pour venir jouer sur ce beau terrain communal que l'on appelait dans mon enfance « le vieux cimetière ». De ce champ des morts, elles continuent ce que nous en faisions, avec mes sœurs, mon frère et nos camarades, un champ de création et de recréation. Elles continuent de faire de ce champ des morts, le champ de la vie, du jeu de la fraternité avec leurs camarades.

Lucien : « Il n'est pas étonnant que ce soit là que nous avons planté le petit Ginkgo Biloba et que ce soit vous qui l'arrosiez. Tout ça, pour continuer à nous défaire de nos violences en faisant de la place dans nos jeux à ceux qui n'en n'ont pas. »

Diana : « Veux-tu me dire Lulu, où tu as été à l'école quand tu étais enfant. »

Lucien : « C'est dans la même école que vous que j'ai appris à lire, à écrire et compter … dans cette école-là, où vous-mêmes vous apprenez à lire, écrire et compter. J'ai aimé aller à l'école publique de mon village. J'appréciais beaucoup mes maîtres d'école. Encore aujourd'hui je les vénère pour ce que, en union avec mes parents, ils m'ont appris à découvrir de la beauté de la vie... C'est dans cette école aussi, que j'ai appris à ne pas laisser de côté les copains qui traversaient de durs moments et des choses difficiles... C'est par mes maîtres avec qui mes parents venaient causer, c'est grâce à eux ensemble, que j'ai découvert combien c'était passionnant de développer de toutes nos forces ce que la vie a déposé en chacun de nous. Ainsi, nous pouvons mieux l'offrir aux autres et recevoir d'eux les trésors qui les habitent eux aussi et qu'ils veulent nous donner. »

 

Voilà un petit peu comment j'essayais de répondre aux questions que Diana me posait et qu'elle avait écrites sur son cahier. J'étais étonné par la façon dont elle me questionnait et aussi par la manière vive dont elle récoltait et écrivait ce que je disais. C'est alors qu'arriva de sa part la question suivante. Etait-elle écrite sur la feuille de son cahier ? Je n'en sais rien. Je n'en ai pas l'impression.

Diana : « Qu'est ce qui t'a marqué le plus dans ta mémoire ? »

Lucien : « C'est quand j'ai vu des enfants abimés par la guerre en Algérie. Je ne pouvais pas supporter. Je me suis engagé dans mon cœur, à faire tout ce que je pouvais avec d'autres amis, pour arrêter la guerre, comme on pouvait, là où on était. Je voulais rendre possible que les enfants que je rencontrais, aillent à l'école, que leurs parents aient du travail, et qu'ils puissent donner à leurs enfants un beau logement lumineux … Que les enfants puissent jouer beaucoup avec les autres, qu'ils puissent s'amuser et qu'ils découvrent que c'est comme ça qu'ils sont des bâtisseurs de paix. Pour arriver à cela, il faut que nous les adultes, nous arrêtions de fabriquer et vendre des armes.

 

Devant la façon dont Diana me pose ces questions et la manière dont elle ramasse ce que je luis dis en l'écrivant sur les feuilles de son cahier, je dis à Diana : « Que penses-tu faire comme profession un jour ? Peut-être que tu as déjà une idée ? »

Diana : « Je voudrais être coiffeuse… »

Lucien : « Oh, c'est beau comme métier ! Est-ce que ça t'es déjà venu aussi de vouloir devenir journaliste ? Je te dis ça, c'est parce que je vois la vivacité avec laquelle tu nous fais réaliser cet interview. »

Diana : « J'ai pensé être journaliste car je voudrais interviewer tous les gens qui sont connus et célèbres... »

Lucien : « Tu es sans doute quelqu'un qui aime lire ! »

Diana : « Oui , je vais à la médiathèque. »

Lucien : « En continuant à lire et à écrire comme tu le fais, tu te prépares à être journaliste ou à faire un autre métier… Celui de ton choix. »

Diana : « Je suis heureuse de t'interviewer. »

Lucien : « Tu deviens toi aussi bâtisseuse de la paix. »

Diana : « Pourquoi se faire la guerre ? Ça sert à rien, il faudrait se pardonner entre pays pour qu'il n'y ait plus de bébés morts, d'adolescents morts. Ils méritent d'avoir la vie.

Nous, on vit beaucoup, et pas eux … Et tous ces migrants qui sont obligés de quitter leur pays à cause de la guerre ! »

 

Lucien : « Qu'est-ce que je suis marqué de pouvoir causer comme ça avec toi, Diana. Je voudrais que tous les enfants de la terre puissent faire ce que tu fais : interviewer un adulte, écouter ce qu'il dit, mais aussi que l'enfant puisse dire à l'adulte ce qui est au fond de son cœur, comme tu es en train de le faire à mon égard. Il en existe, mais il en faudrait encore d'avantage. »

Diana : « C'est grâce à mon papa que je pense que la guerre n'est pas bien, qu'on doit arrêter de se faire la guerre pour rien ! Je pense aux enfants qui sont malheureux dans des pays qui sont en guerre. C'est pas eux qui l'ont déclenchée. Ils voudraient bien que ça s'arrête. Nous on aimerait pas vivre la guerre. Je me mets à leur place, c'est horrible pour eux. C'est comme si tout éclatait vers eux… »

Est arrivé le moment où l'interview que Diana a initié se poursuit de manière réciproque.

Lucien : « Pour moi c'est un grand moment que nous vivons chez vous, mamie de Diana. Votre petite fille Diana a eu l'idée de réaliser cette interview. Merci à sa grande sœur qui a pris des photos. C'est très beau ce que l'institutrice de ta classe, Diana, a suscité… Et je sens comment tes parents vont être heureux, eux aussi , que de tels moments se vivent chez eux »

Diana : « Pour moi aussi, c'est un moment très important. Je me disais : « Enfin, il vient ! »

Lucien : « Diana, avec Marie-Emmanuelle, vous êtes fabricatrices de la paix, et vous nous mettez tous dans le coup. »

La Mamie : « Diana, ma petite fille s'entend avec tout le monde. »

Diana : « Dès que je suis arrivée dans l'école, j'ai dit à tout le monde que j'étais leur amie, parce que j'aime bien être amie avec tout le monde. »

« C'est pas la différence d'âge qui fait, on peut être ami avec tout le monde. »

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 10:52

« L’Association Franc-Comtoise pour le Désarmement Nucléaire unilatéral de la France » vous invite à la plantation de son troisième ginkgo biloba : le samedi 21 janvier 2017 à 10h30 à SALIGNEY.

 

Ce symbole du plus vieil arbre, est le seul à avoir survécu à Hiroshima et Nagasaki. Les deux premiers plantés par l’A.D.N. sont à Dampierre et à Saint-Maur. D’autres sont en cours de préparation avec les municipalités de PESMES (70) et de DOURNON (39) pour une sensibilisation citoyenne de notre démarche.

Le gingko de Dampierre et son petit frère de Saint-Maur.
Le gingko de Dampierre et son petit frère de Saint-Maur.
Le gingko de Dampierre et son petit frère de Saint-Maur.

Le gingko de Dampierre et son petit frère de Saint-Maur.

Il faut savoir aussi que le Ginkgo envoie ses graines de non-violence via le blog que Caroline a créé... Allez vous inscrire sur "Le souffle du Ginkgo"

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 08:24

Sur son blog, Alain Refalo retrace les 50 ans d'engagements de Jean-Marie MULLER :

 

Il y a 50 ans, le 10 octobre 1966, Jean-Marie Muller donnait sa toute première conférence publique à Orléans sur le thème « La violence et l’évangile » dans le cadre d’une rencontre oecuménique à laquelle participait notamment l’évêque d’Orléans Guy Riobé et le pasteur Miroglio, responsable de l’Eglise réformée d’Orléans. Jeune professeur de philosophie, il est alors âgé de 26 ans, Jean-Marie Muller y faisait le constat que « le monde est en état de violence » et qu’ « il est menacé par la violence jusque dans son existence même ». Il posait alors cette question qui demeure toujours d’actualité : « Face à cela, que devons-nous faire, que pouvons-nous faire ? » C’est précisément à ces questions cruciales que Jean-Marie Muller ne cesse de réfléchir depuis cinq décennies en s’efforçant de relever le formidable défi que nous lance la non-violence.

 

 

Jean-Marie Muller, 50 ans d’engagements au service de la non-violence

Nous vous invitons vivement à lire la totalité de cet article sur le blog d'Alain REFALO. Clic ! 

 

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 10:10

Aujourd'hui, 1er lundi du mois : journée de jeûne pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France. 

A 17h00, RDV à Dampierre (39) à la salle de la mairie des adhérents et sympathisants du mouvement A.D.N.-M.A.N.V. (Attention changement d'horaire exceptionnel : 17h et non 16h)

Au programme : Bilan des journées des 6 et 9 août et programmation de conférences.

Autour du petit Ginkgo le 9 août, chacun se nourrit de la parole de l'autre.

Autour du petit Ginkgo le 9 août, chacun se nourrit de la parole de l'autre.

Nous remercions Claire qui nous partage son expérience du jeûne au coeur de ses vacances chez des amis. 

 

"Il me tenait à cœur de partager ce jeûne en lien avec l’ADN, les idées qu’elle véhicule et les gens qu’elle rassemble.

Cette année je me trouvais dans le Frioul (la Carnia) dans le nord de l’Italie chez des amis qui ont conservé la maison de famille dans un village très dépeuplé où beaucoup de ses habitants sont allés trouver du travail ailleurs dans les années 50 .  

J’avais, 2 ou 3 jours après mon arrivée (le 27 Juillet), prévenu mes amis que je jeûnerais le 6 Août !

Chez eux, et chez moi, les repas sont importants et rythment la journée.

Arrive le jour « j », je descends de ma chambre dans la pièce à vivre à l’heure du petit déjeuner ; je leur ravive la mémoire en leur annonçant que, oui, c’est aujourd’hui et que je ne mangerai pas mais que je boirai de l’eau en leur compagnie. Ils ne me croient pas, me charrient sachant comme je suis gourmande, m’interrogent sur ma motivation, tentent de me fragiliser pour tester ma résistance et acceptent ma condition de jeûneuse en m’observant du coin de l’œil et un peu soucieux de mon équilibre mental et physique durant cette journée.

J’explique que je crois à la communion à distance des humains, unis à défendre une même idée aux mêmes instants. Je pense aux vibrations des ondes et des sens qui se dégagent de chacun de nous. J’ai l’air suffisamment forte ce jour- là, pour convaincre mes amis et impressionner la cousine voisine. La nouvelle fait le tour du village. En fin d’après -midi, j’annonce que je romprai le jeûne à 20h30.

Arrive 20h, le repas est prêt, il y a des invités ; je décide, par politesse, de me mettre à table avant l’heure décidée. Irène m’arrête et me dit que nous ne mangerons pas avant 20h30 en solidarité avec moi.

C’est ce qui ‘est produit ; tout le monde était d’accord et attendait cette rupture de jeûne et cette libération victorieuse. C’était fantastique, fort et joyeux (un peu comme le banquet à la fin des aventures d’Asterix et Obelix !)

Claire"

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 07:15

Dampierre mardi 23 aout 2016

 

POURQUOI CE SERAIT MOI ?

 Mais… Aussi… POURQUOI ÇA NE SERAIT PAS MOI ?

Photo de Lulu prise sur son chemin le 25/04/2013

Photo de Lulu prise sur son chemin le 25/04/2013

1ère partie ici

En empruntant cette fois le chemin du retour, je ne veux pas tourner le dos à ce que je viens d’entendre une fois encore. Si je suis venu écouter et contempler cet éveil à la vie, c’est pour que ça se continue, dans une interpellation à l’amour, et à la solidarité, au respect du droit et de ce qui est juste pour tout être humain et tout être vivant.

 

Il y a toute une illumination qui se réalise dans mon dos, grâce au soleil, pour me faire voir ce que j’ai à faire et à dire. La bise me pousse à agir de manière concrète, et à m’engager de manière précise, envers mes proches, mon prochain, mes sœurs et mon frère, mes neveux et mes nièces, et mes voisins. Dans notre recherche d’action non violente où nous nous racontons, qu’il y a une résistance quotidienne à laquelle nous sommes appelés et tenus, nous ne devons pas passer à côté des artisans de paix sans les reconnaitre, et savoir les déceler, dire tout ce qui fait que le monde tient, et continue à se fabriquer, comme dans le film « Demain ». Et si de la bouche d’un proche, surgit une parole violente : « Il y aura toujours des guerres, vous ne pouvez pas l’empêcher… Les terroristes il faut tous les zigouiller… La peine de mort, on n’aurait jamais dû la supprimer… Vous ne pourrez pas empêcher que la France continue à se doter de l’arme nucléaire ». Nous devons chercher comment, d’une manière non violente, aider à ne plus entretenir une telle ambiance. Car dans les paroles fatalistes, la frontière entre ce qu’on dit et ce qu’on fait est très poreuse. Pourquoi ça ne serait pas moi, pourquoi ça ne serait pas nous, qui remontions le courant fatalisant ?

 

Avant de nous trouver au pied du mur du djihadisme et de la radicalisation des jeunes de notre entourage, pourquoi ne serait-ce pas moi, pourquoi ne serait-ce pas nous qui entreprendrions de faire des ponts entre nous tous : « Viens boire le café, qu’on prenne le temps de causer de tout ça » ?

 

C’est alors que me revient le poème de Zacharie, à l’adresse de son enfant, Jean, qui deviendra : « le Baptiste ».  Zacharie ne pouvait plus causer depuis neuf mois. Il avait eu du mal de croire que dans leur union, sa femme et lui mettraient au monde, un enfant. « Pas nous » pensait-il. Nous ne sommes pas capables. Et lorsque l’enfant Jean sort du ventre de sa mère Elisabeth, voici le poème qui sort de la bouche de Zacharie son père. Au moment où sa langue commence à se délier, il dit : « Et toi petit enfant, tu seras appelé prophète du Très Haut ».

 

Chaque fois que je vis un moment comme celui-ci, que je suis témoin du lever du soleil, ce poème jaillit lui aussi de ma bouche à moi. Ça vient du fait que Zacharie, dans ce poème, dit en parlant de son fils :  « Il nous amènera d’en haut, la visite du soleil levant. » Tout cela est dit d’une manière très drôle, où la part de ce que fera ce petit enfant, et la part de l’intervention de Dieu, sont très entremêlées. Oui c’est Dieu qui fait se lever le soleil et qui fait sortir de la terre d’esclavage, les membres de son peuple. Oui c’est Dieu qui met de la lumière dans le cœur des gens du peuple qui marchaient dans les ténèbres. Mais n’est-ce pas aussi Jean-Baptiste qui fera tout cela. Etonnante conjonction de la part de Dieu et de la part de l’homme dans l’œuvre salvatrice qui fait se mettre debout, notre humanité.

 

Quand je reçois un faire-part de naissance, d’un petit garçon ou d’une petite fille de mes amis, je leur adresse ce poème dans ma prière, ou dans ma réponse à leur lettre. Parce que chers petits enfants, vous êtes les acteurs de notre libération, avec la Grâce de Dieu.

 

J’aime bien aussi, ce poème, lorsque Jean-Baptiste est reconnu par son père comme quelqu’un « qui marche devant le Seigneur ». De nombreux témoins et prophètes prendront le même chemin que Jean-Baptiste, pour que : « vérité et justice soient faites quoi qu’il en coûte ». Ils s’appelleront Gaby Maire, Alice Domon, Léonie Duquet, Christian et ses compagnons, les moines de Tibhirine. Et nous apprendrons que quelqu’un, pour eux et pour nous, aura été : « l’ami parti devant ». En laissant retentir en cet angélus, les paroles du livre de Fadila Semaï, à propos de Mohamed « l’ami parti devant Christian De Chergé » je prends conscience qu’avant moi, « un ami aussi, est parti devant » : Jean-Marie Buisset. Et pourquoi je ne serai pas un jour, pour vous aussi, « l’ami parti devant »? Pourquoi ça ne serait pas moi ?

 

A mon retour dans mon village, je suis arrêté par Henri et Anna : « Reste déjeuner avec nous. » Et ils me partagent que leur filleul à eux, est venu les voir la semaine dernière. C’est un homme qui en porte lourd sur ses épaules. Plutôt que d’attendre que les autres fassent la démarche d’entreprendre de refaire l’unité de la famille, il a dit à ses parrain et marraine : « je prends conscience que c’est à moi de commencer à entreprendre la démarche du pardon qui refera l’unité de notre famille. »

 

En remettant un seau d’eau sur les pieds du petit Ginkgo Biloba, je m’apprête à relire les paroles que nous avons gravées sur le petit écriteau, planté à coté de lui… A ce moment-là, je l’entends qui me dit : « Vous m’avez planté le 09 janvier 2016, ici à Dampierre, dans une ambiance communale, afin de demander l’arrêt de l’armement nucléaire de la France de manière unilatérale. Continuez à ne pas être des gens qui attendent que ce soient les autres qui commencent à se désarmer ! N’attendez pas que les autres enrayent l’injustice, mais faites en sorte que ce soit nous, qui commencions à nous démunir de nos violences. »

 

Pourquoi ça ne serait pas moi ? Pourquoi ça ne serait pas nous qui commencions ?

 

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 21:11

Jeûner du 6 au 9 août 2016

à Dampierre (Jura)

pour le Désarmement Nucléaire

et la Non Violence

 

Samedi 6 août : place de l’église à DAMPIERRE

 

11h00 - Pose de la plaque d’inauguration du ginkgo biloba planté sur la place de l’église le 9 janvier 2016.

Suivie d’un verre de l’amitié,  offert par l’A.D.N.

 

Après-midi

Echange libre : ce que nous enseigne le ginkgo.

 

A 16h00, Henryelle CHEVASSU nous parle du “changement de regard” pour sortir de la violence, afin de reconsidérer la façon de nous exprimer, d’écouter et d’entrer en relation avec les autres.

 

Pas d'animation à Dampierre les 7 et 8 août

 

Interventions du Mardi 9 août 2016,

 

Réflexion commune sur les violences dans différents champs de notre société : économique, social, institutionnel, politique, éducatif….ils seront animés par des personnes actives dans la société. Notre réflexion sera de savoir en quoi nos engagements permettent des alternatives à la violence.

 

10h00 - Delphine Druet :

Enseignante, syndiquée à Sud éducation. Engagée de première heure à ‘nuit debout’ et plus particulièrement dans des actions pour abroger la loi travail. Delphine nous témoignera comment ces nouveaux modes d’expression politiques participent à une vie démocratique. En quoi ces actions s’inscrivent-t-elles  dans une stratégie populaire non-violente face à la violence policière.

 

15h00 - Pierre-Emmanuel Scherrer :

Enseignant en économie et ancien gestionnaire financier à la banque de Paribas-Luxembourg. Farouchement opposé au projet de Center-Parcs de Poligny, il dénonce à travers ses conférences le ‘hold-up du groupe Pierre et Vacances’ sur les finances des collectivités locales. Pierre-Emmanuel nous aidera à mieux appréhender ce monde complexe de la finance, de l’économie et du politique et de définir des possibles d’une économie qui ne soit pas basée prioritairement sur le profit mais serve à améliorer le bien-être de tous.

 

16h00 - Jean-Yves Millot :

Directeur de l’association ECCOFOR (Ecouter Comprendre Former), une école de la réussite pour tous à Dole. Cette ‘école-entreprise’ rattachée à la Fédération des Ecoles de Production est née en 2012 d’une mobilisation de la société civile, du monde de l’entreprise, des collectivités territoriales. Jean-Yves nous témoignera comment des jeunes tentés de se construire dans l’échec, la violence, la radicalisation, retrouvent les valeurs universelles de la fraternité et du vivre ensemble.

 

18h00 - Françoise Leclerc Du Sablon :

En lien avec le mouvement ATD QM (Agir Tous pour la Dignité Quart Monde) comme enseignante, elle est engagée pour la lutte contre l’illettrisme plus particulièrement en prison auprès des personnes non-francophones. Elle pense qu’il n’y a pas de fatalité à la pauvreté, que la culture permet l’intégration de tous à la société, ‘que rapprocher les gens du livre aide chacun à se tenir droit et digne’. Son approche pourrait s’intituler “la culture, outil de non violence !”.

 

19h00 - Etienne Godinot :

Membre co-fondateur du MAN (Mouvement pour une Alternative Non violente) avec Jean-Marie Muller et de l’IRNC (Institut de Recherche sur Résolution Non-violente des Conflits). Etienne nous fera un rappel des transformations du MAN depuis sa création, de ses actions en faveur de la Paix et plus particulièrement des jeûnes-actions du 6 au 9 aout pour le désarmement nucléaire alors que la France , une des puissances nucléaires militaires dans le monde, modernise cette arme pas comme les autres, et ne prend aucune initiative dans les conférences de désarmement.

 

Commémoration des bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki

« Un octogénaire plantait, passe encore de bâtir, mais planter à cet âge ! » (Fable de La Fontaine).

Mais planter, c’est bâtir, c’est croire en l’avenir, surtout s’il s’agit d’un ginkgo biloba, l’arbre aux cent écus, aux vertus salutaires et qui a résisté à Hiroshima !

 

A.D.N. chez Lucien CONVERSET – 5 bis rue de Dole 39700 DAMPIERRE 

adnmanfranchecomte@gmail.com

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 21:07

Chers amis,

....

Je voudrais vous remercier d'avoir contribué à nous transmettre la lettre de Jean-Marie Muller et d'avoir rendu possible le jaillissement d'un ressourcement de la petite fille Espérance, grâce aux réponses de Maryse, de Toinette et de Rachel depuis l'Inde, où elle réalise justement ce qu'il est urgent de donner à notre humanité, face au déferlement de la violence (...)

Et voici, dans le même sillage qu'arrive un mail des Vosges. 

Les Soeurs Denise, (dont une soeur d'Alphonse Georger) réagissent dans le même sens que celui que nous essayons d'étayer.

Voici le très beau mail qu'elles ont envoyé. 

Tout cela nous prépare beaucoup à notre voyage en direction de Midelt et contribue humblement à cultiver en nous et entre nous, le climat de la non-violence, dont nous avons tous tant besoin.

Est ce que ça ne serait pas trop vous demander de mettre tous ces documents sur le blog, quand vous le pourrez:

- la lettre de Jean-Marie

- les réponses de Maryse, Toinette et Rachel

- Et cette dernière lettre des Soeurs Denise sur laquelle il y a un lien sur : "Attentats: Repenser notre rapport au monde"

Cela suscitera sans doute encore d'autres réactions afin de travailler à la culture de la non-violence. Nous sommes en train de préparer un temps très fort dans ce sens: le jeûne du 6 au 9 août, la pose de la plaque, les rencontres très riches que nous allons vivre, fortifiées par les conférences qui vont nous être données.

Et puis, quand vous le pourrez, (et tant que nous y sommes) pouvez-vous rajouter: Oh ! Ce qu'il est beau ce tas de fumier !

Grosses bises fraternelles.

A la revoyotte 

Lulu et Rosaline

 

Bonjour, Jean Marie,

Après avoir lu votre "faire part", nous continuerons d'avoir confiance en l' "HOMME", en nos consciences...et nos ginkgos bilobas, bien enracinés dans la terre, et nos espoirs en un monde meilleur, demain.

Bien amicalement, à tous.

Maryse 

 

Plantation du ginkgo biloba à Dampierre

Plantation du ginkgo biloba à Dampierre

Merci Maryse, de sauver du feu nucléaire la petite sœur Espérance.
 
Aujourd'hui plus que jamais, nous partageons cette volonté tenace, rendue plus facile dans la solidarité.
  • Après Dampierre, St Maur, Saligney, la commune de Pesmes souhaite la plantation d'un Ginkgo biloba.
  • Nous avons avancé dans notre pratique non-violente au sein du groupe,
  •  Le groupe EELV Bourgogne-Franche-Comté me sollicite pour organiser un atelier sur la Non-Violence à leur congrès d'octobre,
que de signaux positifs, modestes mais réels, se manifestent à nous  (et n'est-ce pas cela-même, la "petite fille Espérance" ?)
 
La Prière de Charles Péguy « La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance » : 

« La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance. La Foi ça ne m’étonne pas. Ce n’est pas étonnant. J’éclate tellement dans ma création. La Charité, dit Dieu, ça ne m’étonne pas. Ça n’est pas étonnant. Ces pauvres créatures sont si malheureuses qu’à moins d’avoir un cœur de pierre, comment n’auraient-elles point charité les unes des autres. Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’Espérance. Et je n’en reviens pas. L’Espérance est une toute petite fille de rien du tout. Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière. C’est cette petite fille de rien du tout. Elle seule, portant les autres, qui traversa les mondes révolus. La Foi va de soi. La Charité va malheureusement de soi. Mais l’Espérance ne va pas de soi. L’Espérance ne va pas toute seule. Pour espérer, mon enfant, il faut être bienheureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce. La Foi voit ce qui est. La Charité aime ce qui est. L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera. Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé. Sur la route montante. Traînée, pendue aux bras de des grandes sœurs, qui la tiennent par la main, la petite espérance s’avance. Et au milieu de ses deux grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres. Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde. Et qui le traîne. Car on ne travaille jamais que pour les enfants. Et les deux grandes ne marchent que pour la petite ». 

 

Antoinette 

 

Messages d'espérance

Bonjour Jean-Marie,

 

Pardonne-moi, je me permets de te répondre et de te tutoyer comme si nous nous connaissions depuis longtemps, mais Lulu me parle tellement de toi, que j'ai l'impression de te compter dans mes proches, même si je ne te l'ai jamais signifié.

Je viens de lire ta lettre, qui me rend très triste. 

Et à la fois je comprends, qu'après autant d'années de lutte, la petite fille Espérance semble être malade et bien fragile.

Toutefois, je voudrais répondre à une de tes interpellations: Où sont les clercs?

Je suis actuellement en Inde, à Indore (ouest).

Et je vis aujourd'hui le 24e anniversaire de la création d'USM, Universal Solidarity Mouvement, fondé par Varghese Alengaden, qui est toujours présent.

Les clercs sont là !

Tant ! Tant de personnes, et parmi eux, tant de jeunes de 15-16ans, qui après avoir suivi une formation de "leadership pour la paix", agissent, en ayant pris des résolutions et en agissant à leur échelle ! Tant d'actions se répandent ici ! Pour tous sujets. (Celui du nucléaire pourrait en faire partie.)

Les consciences sont en sommeil, oui...

Mais à certains endroits de la planète, elles se réveillent ! Tu connais l'Inde et je sais que tu as reçu là-bas un prix très beau l'année dernière.

La petite fille espérance te demande de ne pas laisser s'éteindre la dernière étoile qui reste...

Et de la protéger, d'en prendre soin, pour qu'elle se répande à nouveau...

 

Elle est venue en voyage avec moi, je lui dis de revenir en France au plus vite..

Te chuchoter ce beau message.

 

Bien amicalement,

 

Rachel

 

Merci Rachel, tu as su trouver les mots qui je l'espère redonneront de la force à Jean-Marie. Il est découragé, malheureux et cela nous fait de la peine.
Merci d' avoir renvoyé en France la petite fille Espérance, on a tous besoin d'elle et on va se battre pour ne pas la laisser mourir.
God blessed you !
Best regards
Rosaline
Chère Rosaline,
 
Quelle richesse que les messages que vous nous avez adressés ! MERCI !
 
L'analyse de Jean-Marie Muller ne peut que secouer la conscience des disciples de Jésus dont nous nous réclamons ! La petite fille Espérance vacille ! Pourtant, au milieu du tragique de notre monde, elle est présence ; elle est le moteur de tant d'engagements d'hommes et de femmes pour qu'advienne un monde plus humain !
 
Vos relations avec des connaissances qui œuvrent en Inde, visant l'éducation des jeunes qui s'impliquent progressivement dans une filière humanitaire pour s'y donner totalement ! Quel souffle d'humanité ;  il ne peut que les faire grandir et avoir un impact sur leur entourage, voire leur pays !..
 
Et puis, il y a ces voix qui semblent crier dans le désert quand elles dénoncent les injustices criantes qui accablent la grande Humanité ! Nous soutenons François, notre Pape, de tout notre cœur pour que ses appels pour combattre la haine, les violences... trouvent un écho dans le cœur et l'agir de tous nos frères les hommes.
 
Et combien souhaiterait-on que nos responsables d'Eglise sortent de leur frilosité pour
condamner la fabrication et le commerce des armes, en particulier nucléaires.
Nous sommes solidaires d' associations qui luttent et s'investissent pour leur abolition et l'arrêt des constructions en cours. Hommes de Foi en l'Humanité ! 
 
Me vient en mémoire ces trois religieuses dominicaines des Etats-Unis qui furent emprisonnées pour avoir manifesté et dénoncé les armes nucléaires en pénétrant simplement sur un site de fabrication. Il y a de cela une dizaine d'années. De 2 à 3 ans pour certaines, furent leurs temps d'incarcération dans des maisons d'arrêt différentes. Notre congrégation, via sa commission Justice et Paix,  a pu leur témoigner par la prière et des échanges de correspondance notre solidarité dans leur combat exemplaire. Lors d'un deuxième emprisonnement, l'une a du être hospitalisée,
puis est décédée ! Femmes d’Évangile pour un monde de Paix ! 
 
Je me permets de vous communiquer une tribune intéressante parue dans le journal Le Monde,  parvenue via le Mouvement de la Paix : "Attentats: Repenser notre rapport au monde"
 
....
 
Nous vous embrassons
Denise et Denise
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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 14:35

Dampierre, le 29 juin 2016

 

Le soir même de l'incendie où le feu brûlait nos maisons, mon neveu, mes voisins et moi-même, nous étions bouleversés et nous le sommes toujours, par le drame qui nous arrivait.

Nous nous sommes dit en nous envisageant : « Nous sommes là … Il n'y a pas de morts, ni de blessés …»

Nous ne sommes pas allés jusqu'à dire : « Estimons nous heureux …»

Nous ne le pouvions pas. Nous pleurions. Nous cherchions à relativiser le drame.

Je pense en fait, qu'il nous faut tous, amis qui nous êtes solidaires et nous-mêmes, non pas relativiser ce qui nous arrive, mais le relier.

 

Il me semble que dans notre élan de solidarité les uns avec les autres, il est fondamental de nous rattacher à celles et ceux dont les maisons ont brûlé ou sont encore en train de s'écrouler en raison du feu de la guerre.

Des hommes continuent de déverser sur des enfants et sur leurs parents le feu provoqué par l'invention, la fabrication, et le trafic de nos armes.

Il revient dans ma conscience les milliers de mechtas qui ont brûlé sous le feu de nos armes pendant la guerre d'Algérie.

Qu'est-ce que j'ai fait pour empêcher qu'on y mette le feu ?

Je repense aux milliers d'abris qui continuent de brûler en Syrie et ailleurs.

A ce feu-là, nous pouvons quelque chose.

 

Le feu qui a déchiqueté ma maison natale ne doit pas dévorer mon âme et ma conscience d'homme.

A ceux qui nous placardent que ces guerres sont fatales, en notre âme et conscience, ne devons-nous pas faire objection ?

Ne sentons-nous pas comme un appel à inventer une stratégie de paix dès aujourd'hui, stratégie de l’action non-violente ?

Et il est un feu encore pire que celui-là.

Un feu où nous risquons de délabrer l'humanité par pans entiers, probablement même en totalité. C'est le feu du nucléaire.

A celui-là aussi, nous pouvons quelque chose, en commençant par demander immédiatement, l'arrêt de l'armement nucléaire de la France de manière unilatérale.

 

Avec une profonde amitié solidaire, vous êtes nombreux à me dire ces jours-ci quand nos regards se croisent et que nous nous envisageons : « Te voilà donc relogé … T'as retrouvé une partie de tes affaires … Ça va aller ? »

Vous sentez bien que ça ne peut pas aller.

Merci bien sûr, pour ce que vous m'avez aidé à retrouver : un logement, une partie des cahiers où j'avais ramassé vos paroles dans nos cheminements et nos luttes.

Mais si nous ne nous prenons pas davantage par la main pour empêcher le déferlement du feu de la violence et de la guerre, il nous manque l'essentiel.

 

Vous nous avez aidés à retrouver un logement. Pour cela, nous tous, nous vous disons notre profonde reconnaissance. Mais si un jour, malheureusement nous laissions venir le feu du nucléaire, la possibilité de reloger les sinistrés serait anéantie elle aussi. Après nous un déluge de feu risquerait de tout emporter. Nous risquerions de ne plus pouvoir dire : « il y eut un soir, il y eut un matin…» Nous ne pouvons pas nous accommoder de cela. A l'impossible, ne sommes-nous pas tenus ?

 

Je vais de temps en temps frotter mon dos contre l'écorce du ginkgo biloba sur la place de notre commune. Je demande à cet arbre qu'il me communique de son huile essentielle, qui est de résister au feu du nucléaire, feu de l'anéantissement du sens de l'humain.

Et je vais causer aussi avec le petit ginkgo biloba que nous avons planté le 9 janvier de cette année. Je trouve qu'il pousse bien dans ce sens-là, de la résistance à la violence et je lui dis en l'admirant, combien les enfants de l'humanité que nous sommes, ont grand besoin de ce qu'il nous donne.

 

Les 2 ginkgos bilobas de Dampierre
Les 2 ginkgos bilobas de Dampierre

Les 2 ginkgos bilobas de Dampierre

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Présentation

  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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Journée de jeûne pour demander le désarmement nucléaire unilatéral de la France,

tous les 1ers lundis du mois de 14h à 17h en hiver, de 16h à 18h en été, à Dampierre (39) avec un temps de partage et de réflexion animé par Lulu.

Et commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki entre les 6 et 9 août, chaque année.

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