Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 19:43
Pose de la plaque devant le ginkgo biloba

Dampierre le 6 août 2016

 

Amis de Dampierre

Monsieur le Maire

Mesdames et Messieurs les élus,

Chers amis de l’ADN-MAN, association pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France, Mouvement pour la Non-Violence.

 

 

C’est la 2ème fois en 2016 que nous sommes réunis autour de « Petit Ginkgo » =  ainsi l’appellent ses proches, sans doute parce qu’il a un grand frère majestueux sur la place de la mairie.

Ce sont deux arbres émigrés de Chine. Ils ont été  bien accueillis sur le sol de Dampierre, ils en font la fierté, sans porter ombrage pour autant aux tilleuls, chênes et autres hêtres natifs du pays.

 

Petit Ginkgo a reçu des soins attentifs : Pascal et Eric les employés municipaux l’ont protégé de toute agression,

Des amis vigilants : Alain, Lulu, Jacques-Henri, … l’ont abreuvé,

L’artiste coutelier de Mutigney Jean-Baptiste Peymirat a gravé pour lui une bien belle plaque.

Qu’ils en soient remerciés.

 

Mais en si peu de temps, Petit Ginkgo a déjà connu une terrible expérience : devant lui, le feu a ravagé les foyers de plusieurs amis.

Il a pu mesurer la violence de la destruction et la souffrance qu’elle engendre.

Il a vu aussi naître à Dampierre une belle solidarité. Autour de la municipalité, la générosité afflue, témoignant que le meilleur est possible en chacun.

Notre espérance, c’est que ce courant d’amitié entoure toutes les victimes chassées de leur maison par la violence de la guerre…

 

Aujourd’hui, nous célébrons un triste anniversaire : il y a 71 ans, les Etats-Unis d’Amérique testaient une arme nouvelle sur leur ennemi japonais : 242.747 personnes seront ainsi tuées à Hiroshima.

« A côté d'autres menaces létales qui pèsent sur le système vie du système Terre, cette menace nucléaire est toujours l'une des plus effrayantes, véritable épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de l'humanité. »,  écrit le 14 juin de cette année Leonardo Boff, théologien, philosophe et écrivain brésilien. Il souhaite avec les 118 Hibakusha, survivants de la bombe qui vivent au Brésil, qu’une minute de silence soit observée ce matin à l’ouverture des jeux olympiques à l’intention des victimes d’Hiroshima. Et si cette demande n’a pas été exaucée, nous proposons ici de respecter une minute de silence, pour les victimes d’Hiroshima.

 

Le Ginkgo biloba a résisté aux feux d’Hiroshima.

Petit Ginkgo vient dire aux enfants de Dampierre que l’arme nucléaire est inadmissible,

Ce sont ceux qui la refusent qui sont réalistes,

Ensemble, chaque jour plus nombreux, nous pouvons arrêter l’entretien de cette arme monstrueuse,

Et parce qu’il faut commencer quelque part, la France s’enorgueillirait d’être la première à se désarmer.

Car comme le dit notre ami Lulu :

« A l’impossible, nous sommes tenus »

 

Antoinette Gillet

 

Pose de la plaque devant le ginkgo biloba
Merci aux photographes
Merci aux photographes
Merci aux photographes
Merci aux photographes
Merci aux photographes
Merci aux photographes
Merci aux photographes

Merci aux photographes

Film réalisé par François

Repost0
21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 21:07

Chers amis,

....

Je voudrais vous remercier d'avoir contribué à nous transmettre la lettre de Jean-Marie Muller et d'avoir rendu possible le jaillissement d'un ressourcement de la petite fille Espérance, grâce aux réponses de Maryse, de Toinette et de Rachel depuis l'Inde, où elle réalise justement ce qu'il est urgent de donner à notre humanité, face au déferlement de la violence (...)

Et voici, dans le même sillage qu'arrive un mail des Vosges. 

Les Soeurs Denise, (dont une soeur d'Alphonse Georger) réagissent dans le même sens que celui que nous essayons d'étayer.

Voici le très beau mail qu'elles ont envoyé. 

Tout cela nous prépare beaucoup à notre voyage en direction de Midelt et contribue humblement à cultiver en nous et entre nous, le climat de la non-violence, dont nous avons tous tant besoin.

Est ce que ça ne serait pas trop vous demander de mettre tous ces documents sur le blog, quand vous le pourrez:

- la lettre de Jean-Marie

- les réponses de Maryse, Toinette et Rachel

- Et cette dernière lettre des Soeurs Denise sur laquelle il y a un lien sur : "Attentats: Repenser notre rapport au monde"

Cela suscitera sans doute encore d'autres réactions afin de travailler à la culture de la non-violence. Nous sommes en train de préparer un temps très fort dans ce sens: le jeûne du 6 au 9 août, la pose de la plaque, les rencontres très riches que nous allons vivre, fortifiées par les conférences qui vont nous être données.

Et puis, quand vous le pourrez, (et tant que nous y sommes) pouvez-vous rajouter: Oh ! Ce qu'il est beau ce tas de fumier !

Grosses bises fraternelles.

A la revoyotte 

Lulu et Rosaline

 

Bonjour, Jean Marie,

Après avoir lu votre "faire part", nous continuerons d'avoir confiance en l' "HOMME", en nos consciences...et nos ginkgos bilobas, bien enracinés dans la terre, et nos espoirs en un monde meilleur, demain.

Bien amicalement, à tous.

Maryse 

 

Plantation du ginkgo biloba à Dampierre

Plantation du ginkgo biloba à Dampierre

Merci Maryse, de sauver du feu nucléaire la petite sœur Espérance.
 
Aujourd'hui plus que jamais, nous partageons cette volonté tenace, rendue plus facile dans la solidarité.
  • Après Dampierre, St Maur, Saligney, la commune de Pesmes souhaite la plantation d'un Ginkgo biloba.
  • Nous avons avancé dans notre pratique non-violente au sein du groupe,
  •  Le groupe EELV Bourgogne-Franche-Comté me sollicite pour organiser un atelier sur la Non-Violence à leur congrès d'octobre,
que de signaux positifs, modestes mais réels, se manifestent à nous  (et n'est-ce pas cela-même, la "petite fille Espérance" ?)
 
La Prière de Charles Péguy « La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance » : 

« La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance. La Foi ça ne m’étonne pas. Ce n’est pas étonnant. J’éclate tellement dans ma création. La Charité, dit Dieu, ça ne m’étonne pas. Ça n’est pas étonnant. Ces pauvres créatures sont si malheureuses qu’à moins d’avoir un cœur de pierre, comment n’auraient-elles point charité les unes des autres. Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’Espérance. Et je n’en reviens pas. L’Espérance est une toute petite fille de rien du tout. Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière. C’est cette petite fille de rien du tout. Elle seule, portant les autres, qui traversa les mondes révolus. La Foi va de soi. La Charité va malheureusement de soi. Mais l’Espérance ne va pas de soi. L’Espérance ne va pas toute seule. Pour espérer, mon enfant, il faut être bienheureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce. La Foi voit ce qui est. La Charité aime ce qui est. L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera. Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé. Sur la route montante. Traînée, pendue aux bras de des grandes sœurs, qui la tiennent par la main, la petite espérance s’avance. Et au milieu de ses deux grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres. Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde. Et qui le traîne. Car on ne travaille jamais que pour les enfants. Et les deux grandes ne marchent que pour la petite ». 

 

Antoinette 

 

Messages d'espérance

Bonjour Jean-Marie,

 

Pardonne-moi, je me permets de te répondre et de te tutoyer comme si nous nous connaissions depuis longtemps, mais Lulu me parle tellement de toi, que j'ai l'impression de te compter dans mes proches, même si je ne te l'ai jamais signifié.

Je viens de lire ta lettre, qui me rend très triste. 

Et à la fois je comprends, qu'après autant d'années de lutte, la petite fille Espérance semble être malade et bien fragile.

Toutefois, je voudrais répondre à une de tes interpellations: Où sont les clercs?

Je suis actuellement en Inde, à Indore (ouest).

Et je vis aujourd'hui le 24e anniversaire de la création d'USM, Universal Solidarity Mouvement, fondé par Varghese Alengaden, qui est toujours présent.

Les clercs sont là !

Tant ! Tant de personnes, et parmi eux, tant de jeunes de 15-16ans, qui après avoir suivi une formation de "leadership pour la paix", agissent, en ayant pris des résolutions et en agissant à leur échelle ! Tant d'actions se répandent ici ! Pour tous sujets. (Celui du nucléaire pourrait en faire partie.)

Les consciences sont en sommeil, oui...

Mais à certains endroits de la planète, elles se réveillent ! Tu connais l'Inde et je sais que tu as reçu là-bas un prix très beau l'année dernière.

La petite fille espérance te demande de ne pas laisser s'éteindre la dernière étoile qui reste...

Et de la protéger, d'en prendre soin, pour qu'elle se répande à nouveau...

 

Elle est venue en voyage avec moi, je lui dis de revenir en France au plus vite..

Te chuchoter ce beau message.

 

Bien amicalement,

 

Rachel

 

Merci Rachel, tu as su trouver les mots qui je l'espère redonneront de la force à Jean-Marie. Il est découragé, malheureux et cela nous fait de la peine.
Merci d' avoir renvoyé en France la petite fille Espérance, on a tous besoin d'elle et on va se battre pour ne pas la laisser mourir.
God blessed you !
Best regards
Rosaline
Chère Rosaline,
 
Quelle richesse que les messages que vous nous avez adressés ! MERCI !
 
L'analyse de Jean-Marie Muller ne peut que secouer la conscience des disciples de Jésus dont nous nous réclamons ! La petite fille Espérance vacille ! Pourtant, au milieu du tragique de notre monde, elle est présence ; elle est le moteur de tant d'engagements d'hommes et de femmes pour qu'advienne un monde plus humain !
 
Vos relations avec des connaissances qui œuvrent en Inde, visant l'éducation des jeunes qui s'impliquent progressivement dans une filière humanitaire pour s'y donner totalement ! Quel souffle d'humanité ;  il ne peut que les faire grandir et avoir un impact sur leur entourage, voire leur pays !..
 
Et puis, il y a ces voix qui semblent crier dans le désert quand elles dénoncent les injustices criantes qui accablent la grande Humanité ! Nous soutenons François, notre Pape, de tout notre cœur pour que ses appels pour combattre la haine, les violences... trouvent un écho dans le cœur et l'agir de tous nos frères les hommes.
 
Et combien souhaiterait-on que nos responsables d'Eglise sortent de leur frilosité pour
condamner la fabrication et le commerce des armes, en particulier nucléaires.
Nous sommes solidaires d' associations qui luttent et s'investissent pour leur abolition et l'arrêt des constructions en cours. Hommes de Foi en l'Humanité ! 
 
Me vient en mémoire ces trois religieuses dominicaines des Etats-Unis qui furent emprisonnées pour avoir manifesté et dénoncé les armes nucléaires en pénétrant simplement sur un site de fabrication. Il y a de cela une dizaine d'années. De 2 à 3 ans pour certaines, furent leurs temps d'incarcération dans des maisons d'arrêt différentes. Notre congrégation, via sa commission Justice et Paix,  a pu leur témoigner par la prière et des échanges de correspondance notre solidarité dans leur combat exemplaire. Lors d'un deuxième emprisonnement, l'une a du être hospitalisée,
puis est décédée ! Femmes d’Évangile pour un monde de Paix ! 
 
Je me permets de vous communiquer une tribune intéressante parue dans le journal Le Monde,  parvenue via le Mouvement de la Paix : "Attentats: Repenser notre rapport au monde"
 
....
 
Nous vous embrassons
Denise et Denise
Repost0
3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 14:35

Dampierre, le 29 juin 2016

 

Le soir même de l'incendie où le feu brûlait nos maisons, mon neveu, mes voisins et moi-même, nous étions bouleversés et nous le sommes toujours, par le drame qui nous arrivait.

Nous nous sommes dit en nous envisageant : « Nous sommes là … Il n'y a pas de morts, ni de blessés …»

Nous ne sommes pas allés jusqu'à dire : « Estimons nous heureux …»

Nous ne le pouvions pas. Nous pleurions. Nous cherchions à relativiser le drame.

Je pense en fait, qu'il nous faut tous, amis qui nous êtes solidaires et nous-mêmes, non pas relativiser ce qui nous arrive, mais le relier.

 

Il me semble que dans notre élan de solidarité les uns avec les autres, il est fondamental de nous rattacher à celles et ceux dont les maisons ont brûlé ou sont encore en train de s'écrouler en raison du feu de la guerre.

Des hommes continuent de déverser sur des enfants et sur leurs parents le feu provoqué par l'invention, la fabrication, et le trafic de nos armes.

Il revient dans ma conscience les milliers de mechtas qui ont brûlé sous le feu de nos armes pendant la guerre d'Algérie.

Qu'est-ce que j'ai fait pour empêcher qu'on y mette le feu ?

Je repense aux milliers d'abris qui continuent de brûler en Syrie et ailleurs.

A ce feu-là, nous pouvons quelque chose.

 

Le feu qui a déchiqueté ma maison natale ne doit pas dévorer mon âme et ma conscience d'homme.

A ceux qui nous placardent que ces guerres sont fatales, en notre âme et conscience, ne devons-nous pas faire objection ?

Ne sentons-nous pas comme un appel à inventer une stratégie de paix dès aujourd'hui, stratégie de l’action non-violente ?

Et il est un feu encore pire que celui-là.

Un feu où nous risquons de délabrer l'humanité par pans entiers, probablement même en totalité. C'est le feu du nucléaire.

A celui-là aussi, nous pouvons quelque chose, en commençant par demander immédiatement, l'arrêt de l'armement nucléaire de la France de manière unilatérale.

 

Avec une profonde amitié solidaire, vous êtes nombreux à me dire ces jours-ci quand nos regards se croisent et que nous nous envisageons : « Te voilà donc relogé … T'as retrouvé une partie de tes affaires … Ça va aller ? »

Vous sentez bien que ça ne peut pas aller.

Merci bien sûr, pour ce que vous m'avez aidé à retrouver : un logement, une partie des cahiers où j'avais ramassé vos paroles dans nos cheminements et nos luttes.

Mais si nous ne nous prenons pas davantage par la main pour empêcher le déferlement du feu de la violence et de la guerre, il nous manque l'essentiel.

 

Vous nous avez aidés à retrouver un logement. Pour cela, nous tous, nous vous disons notre profonde reconnaissance. Mais si un jour, malheureusement nous laissions venir le feu du nucléaire, la possibilité de reloger les sinistrés serait anéantie elle aussi. Après nous un déluge de feu risquerait de tout emporter. Nous risquerions de ne plus pouvoir dire : « il y eut un soir, il y eut un matin…» Nous ne pouvons pas nous accommoder de cela. A l'impossible, ne sommes-nous pas tenus ?

 

Je vais de temps en temps frotter mon dos contre l'écorce du ginkgo biloba sur la place de notre commune. Je demande à cet arbre qu'il me communique de son huile essentielle, qui est de résister au feu du nucléaire, feu de l'anéantissement du sens de l'humain.

Et je vais causer aussi avec le petit ginkgo biloba que nous avons planté le 9 janvier de cette année. Je trouve qu'il pousse bien dans ce sens-là, de la résistance à la violence et je lui dis en l'admirant, combien les enfants de l'humanité que nous sommes, ont grand besoin de ce qu'il nous donne.

 

Les 2 ginkgos bilobas de Dampierre
Les 2 ginkgos bilobas de Dampierre

Les 2 ginkgos bilobas de Dampierre

Repost0
1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 11:06

CITEAUX , le 14 janvier 2016

 

«  VOICI QU'UN AUTREMENT DEVIENT POSSIBLE » 

 

Depuis quelques mois je ne voyais plus rien de mon œil gauche. J'avais du mal de m'y faire. Ne plus rien voir de la gauche ça déséquilibre la vie ! «  Tu devrais aller te faire opérer » me disait-on. Ça y est, j'en reviens. Maintenant que voilà installé dans mon œil gauche un cristallin tout neuf par la doctoresse Catherine Creuzot et son équipe, mon œil droit me dit : «  Qu'est ce que ça va mieux pour la conjugaison. Nous allons à nous deux te faire voir des réalités que tu avais peine de voir ces temps passés. »

 

En effet, le jour de la plantation du Ginkgo Biloba à Dampierre le 9 janvier 2016, il y a des gens que je n'ai pas bien vus, des gestes dont je n'ai pas saisi toute la portée, des faits dont je n'ai perçu qu'une toute petite partie. Je vais être heureux de lire et entendre vos impressions et vos ressentis, chers amis d'ADN et du MAN et de plein d'autres réseaux. Et maintenant que mes deux yeux conjuguent ensemble le verbe être et pas seulement l'acte d'avoir, je vais essayer de réunir ce que j'entendrai de vous en vous disant ce que je vois.

Planter un arbre ensemble, quel bonheur nous a été donné aux uns grâce aux autres.

 

Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible
Voici qu'un autrement devient possible

Ça s'est passé dans un jour déterminé : le 9 janvier 2016, à une heure indiquée : 11 heures. Nous avons planté un arbre qui est d'une variété rare, dont l'histoire familiale est très ancienne à la surface de la planète Terre, et qui remonte dans la nuit des temps. Le Gingko Biloba est un arbre qui a résisté à une double catastrophe, celle qui a fait disparaître les dinosaures, et celle qui en faisant disparaître Hiroshima et Nagasaki a failli faire disparaître l'humanité. Un arbre planté en un endroit on ne peut plus signifiant de la terre, dans le vieux cimetière de Dampierre. Dans un coin du pays où nos ancêtres avaient coutume d'ensevelir ce qu'ils avaient ramassé qui restait d'eux. Cimetière entourant le lieu – dieu qu'est l'église à deux pas, pas trois, de la maison où nos parents nous ont conçus, mes sœurs, mon frère et moi, mis au monde et élevés, en quelque sorte, plantés nous aussi.

 

Endroit fixé avec Alain le garde-champêtre du village quelques jours auparavant, arbre planté dans un trou creusé par des membres de notre association : Alain , François, Gilbert, Pierre etc … Arbre cherché, trouvé et acheté dans une pépinière par François, planté avec plein de gens avec qui nous faisons équipe, association, réseau de solidarité depuis un long temps déjà … et aussi ceux à qui nous avons écrits, envoyé un message, ceux avec qui nous avons dit, de bouche à oreille : «  Veux-tu venir... tu es invité … nous plantons un Gingko Biloba… »

 

Plantation réalisée dans un but très précis : Demander à notre président de la république française qu'il procède dans l'immédiat à l'arrêt de l'armement nucléaire de la France de manière unilatérale, qu'il ne dise pas qu'il est d'accord mais veut attendre que les autres commencent et qu'après il ferait. Nous insistons que ça commence maintenant et non pas dans un temps indéterminé. Nous demandons cela afin d'arrêter de faire saigner notre humanité qui est en train de se vider de sa vitalité. Et que cet arrêt soit donneur de vie et non pas de leçon, que les forces que nous détenons se transforment, se transfusent et se transfèrent immédiatement aux femmes et aux hommes qui portent des enfants dans leur ventre et sur leur dos, en mourant de faim, de paix et de solidarité à l'instant même où nous plantons le Gingko Biloba. Avec, plantée dans le cœur de chacun de nous, la présence d'une petite fille, la petite fille Espérance dont parle Charles Péguy, celle là même d'arrêter le déferlement de la violence folle qui nous fait nous entre tuer. Cela est possible. Nous en sommes sûrs et certains.

 

Il me revient comme ça plusieurs événements fondamentaux. L'arrêt de la guerre d'Algérie par le cessez le feu du 19 mars 1962 et des accords d' Evian. Je les ai vécus. Nous sommes beaucoup à avoir vécu la guerre d'Algérie et l'arrêt de la guerre, le stop aux tueries, aux tortures, aux déportations de populations. Les gens qui ont été déracinés de chez eux peuvent revenir au pays pour s'y réinstaller. L’autrement devenait possible.

 

Il me revient, raconté par mon papa, sa joie de gamin né en 1910, quand à Belmont dans le Doubs, les cloches de la petite église ont sonné l'armistice le 11 novembre 1918. Son papa qui était à la guerre allait pouvoir revenir au pays ; la vie allait pouvoir devenir tout autre. L'autrement devenait possible. Notre grand père et notre grand mère allaient pouvoir s'unir à nouveau et donner une petite sœur à notre papa : Marie-Rose qui naîtra en 1920.

 

Il naît en moi cette petite fille Espérance que dans le « terrain vague » que les vivants et les morts du village nous avaient octroyés sans se concerter et dont nous avions fait notre « terrain de jeux précis » un arbre résiliant et résistant est planté.

 

Il naît en moi cette humble et petite espérance que, dans ce terrain, capturé sous nos yeux d'enfants par l'occupant allemand, puis par le libérateur américain pour y installer l'un et l'autre leurs munitions et leur dépôt de carburant, dans ce terrain un arbre résistant et résiliant est planté.

 

La toute petite Espérance germe en moi que, dans ce terrain que, nous enfants, nous avions récupéré pour y jouer à la guerre, se joue quelque chose de symbolique et d'effectif de la paix.

 

En 1945, après le 8 mai, tout le monde pensait que la guerre était finie. Hélas, dans ce terrain, nous enfants, nous nous mettions à jouer à la petite guerre, parce que nous avions vu et entendu jouer notre sort par les adultes dans les deux grandes guerres. Nous arrivions à tromper le vigilance de nos parents, ce qui nous captivait sur ce terrain, c'était d'y dégoter les munitions délaissées, « de la poudre et des balles » et tous les adultes n'y ont jamais rien vu. Avec mes copains, Yves, Denis et d'autres, nous jouions aux artificiers avec le risque de nous faire blesser ou tuer sur le seuil de la sacristie, là, à 50 mètres où enfin, un arbre résiliant va pousser.

 

Quel bonheur que ce terrain tellement déformé par les guerres, soit redevenu terrain de plantation, qu'il y pousse la paix, la résilience et la résistance à la violence.

 

C'est tout un symbole que de planter un arbre ! C'est l'inverse constructeur de diabol-ique, celui qui divise et démolit, déchiquette les corps, les maisons et les projets. Le symbole rassemble, réunit, réemboite ce qui était boiteux. Le symbole ouvre des horizons.

 

Il me revient quand on a annoncé que les états constituants l'Europe, créaient entre eux un espace, l'espace Schengen. Pour aller depuis le Jura de France, dans la Bavière de l'Allemagne rencontrer des amis, il n'était plus nécessaire de montrer sa carte d'identité nationale à un douanier. Nous prenions conscience que nous étions citoyens du monde. Il est important qu'au moment où arrivent des milliers de migrants obligés de fuir leurs pays pilonnés par nos bombes, nous tenions à cet espace Schengen. Particulièrement en ces temps, où les mêmes pays qui ont créé cet espace essayent d'édicter des lois et des décrets scélérats pour nous enfermer et empêcher l'arrivée des gens dans notre pays.  Alors qu'il n'y a pas très longtemps, nous-mêmes nous nous comportions occupants de ces pays.

 

Qu'est ce que je vais être heureux de recevoir et lire dans la conjugaison de mes deux yeux, ce qui a été dit et écrit ce jour-là de la plantation du Gingko Biloba : le texte de Pierre Jacquin, ce qu'a dit Grégoire Durant le maire de Dampierre, ce qu'a exprimé Antoinette Gillet, Michel Gerbaud, Caroline, la chanson du déserteur par Josette, ce que nous avons entendu de la bouche de Marie-Françoise et de Stéphanie à leur fils et petit-fils Noé. Et ce que nous nous sommes dit les uns aux autres et aussi dans le profond de nos consciences, en plantant ensemble le Gingko Biloba ce samedi 9 janvier 2016 à 11 heures à Dampierre, dans la terre du vieux cimetière.

 

Je suis confiant qu'en plantant le Gingko Biloba, en commun-commune, chacun de nous a senti et pris conscience, que s'implante en lui quelque chose comme des graines de la non violence. Il y a des comportements dont je vais me défaire et me démunir.

  • vis à vis des autres
  • vis à vis de moi-même
  • vis à vis de la Terre,
  • vis à vis de la politique et de l’Écologie,
  • vis à vis des graines, des semences, des arbres, des plantes, des ânes ...

pour adopter d'autres comportements et attitudes qui élèvent notre humanité.

 

Il y a des violences dont je suis en train de me démunir et de me défaire. Ce sont des graines de non violence et de respect qui viennent se loger à leur place.

Voici que l'autrement  possible se réalise.

Lulu

 

Repost0
7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 10:03

Plantation du Ginkgo

 

de la paix et de l'espoir

 

Samedi 9 janvier à 11h

 

Place de l'église

 

Dampierre

 

Venez nombreux participer à  cet acte symbolique pour lutter dans la non-violence contre la brutalité des armes et pour faire progresser le refus de la bombe atomique française. 

 

Plantation du Ginkgo Biloba à Dampierre

Pourquoi le Ginkgo Biloba ? Il fut l'une des rares espèces à ne pas avoir souffert de l'explosion de la bombe atomique le 6 août 1945 à Hiroshima. Cet arbre a été choisi pour être le symbole du mouvement A.D.N.-M.A.N.V. : Association Franc-Comtoise pour le Désarmement Nucléaire Unilatéral affiliée au Mouvement pour une Alternative Non-Violente.

Repost0
4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 12:11

Lundi 28 décembre 2015

 

« LE GINKGO BILOBA, POURQUOI C'EST L'ARBRE QUE TOUT LE MONDE AIME ? » (Gaby, 6 ans)

 

Au moment où je vais retrouver mes petits neveux, Rose et Gaby, chez leur Mémé Bernadette à Planoise, je suis invité dans l'immédiat des retrouvailles à entrer dans leur jeu de 1000 bornes. C'est eux qui invitent leur grand-mère et moi à ce jeu. Ils nous en édictent les règles. Quel merveilleux moment nous vivons, parce que ce sont eux les enfants qui apprennent aux adultes que nous sommes. Rose a 9 ans et son frère Gaby 6 ans.

Mais le but du jeu est d'arriver individuellement le plus vite possible à faire les 1000 bornes. Il n'y a de relation avec les autres que de les empêcher d'arriver avant soi. A un moment je me rends compte que Rose et Gaby aspirent à quelque chose de solidaire. Ils ne se satisfont pas d'être dans une attitude empêchant les autres d'arriver. Je dis alors aux enfants : » Et si vous inventiez des nouvelles cartes où, au lieu de nous empêcher d'avancer les uns les autres, nous nous aiderions par exemple, à réparer un pneu crevé ou à atteindre un poste d'essence. Est ce que ça ne serait pas plus rigolo et sympathique ? »

 

Je constate très vite que Gaby et Rose se laissent prendre à devenir créateurs d'une autre tournure donnée au jeu de 1000 bornes. En effet, tout en continuant de jouer, nous voyons des dessins de cartes de solidarité surgir de leurs doigts d'enfants. Ils pourront les inclure dans le jeu de 1000 bornes et lui donner ainsi une tout autre teneur. Leur grand-mère et moi nous nous réjouissons de voir dans quelle direction les mains des enfants orientent leur jeu. Ils sont véritablement entrés dans un jeu tout neuf parce qu'ils en sont devenus inventeurs.

 

Je leur raconte aussi la belle randonnée au pas des ânes le long du chemin de halage, que nous venons de vivre avant hier au lendemain de Noël avec les enfants du mouvement ATD quart monde en vacances avec leurs parents à la Bise. Je dis combien l'ambiance était très belle parce que certains grands jeunes avaient le souci d'aider les enfants à trouver place chacun à leur tour sur le dos de l'âne Gamin ou sur la charrette tirée par l'âne Rameaux.

 

Rose et Gaby ont entendu aussi Bernadette et moi parler du Ginkgo Biloba que nous allons planter à Dampierre le 9 janvier avec les amis du mouvement A.D.N.- M.A.N. Nous demandons dans ce mouvement que la France arrête de paralyser une part importante de l'économie nationale et mondiale en fabriquant et vendant des armes nucléaires. Un argent fou est englouti dans ce commerce où nous nous menaçons de mort les uns les autres, alors que cet argent doit susciter la vie et l'alimenter, à commencer par celle des gens qui meurent de faim et sont obligés de se sauver de chez eux. Je montre la photo où Jeannot et moi nous sommes venus nous ressourcer au pied de l'arbre aux mille écus d'or de Dampierre. C'est alors que nous entendons Gaby nous dire : 

 

Gaby : Je sais pas pourquoi le Ginkgo Biloba c'est un arbre que tout le monde aime ?

Lucien : Oh qu'elle est belle ta question Gaby ! Tu veux bien, je vais l'écrire sur mon cahier, et nous allons essayer d'y répondre. Il y a plusieurs raisons qui amènent les gens à aimer cet arbre. Probablement que c'est parce qu'il est un arbre résistant. La violence provoquée par les guerres que se font les hommes n'est pas arrivée à le faire disparaître.

Gaby : Oui, au Japon toute la ville avait été brûlée ...

Rose : A cause des Américains …

Gaby : Tous les arbres ont brûlé sauf le Ginkgo Biloba …

Bernadette : Comment vous savez tout ça mes petits ?

Gaby : C'est mon papa qui me l'a dit

Rose : Moi, c'est grâce à un livre

Lucien : Dis voir le titre de ton livre, Rose ?

C'est Gaby qui nous répond, il veut nous signifier que lui aussi accède à la lecture.

Gaby : Le royaume de Kensuké. Ils sont partis à la pêche en pirogue.

Lucien : Je trouve très belle Rose, ta manière de grande sœur, de laisser ton frère Gaby nous dire le titre du livre que tu es en train de lire.

 

Bernadette : Le monsieur âgé avec le petit …

Rose : Kensuké dit : « Je vais te raconter mon histoire. »

Lucien : Une histoire !

Rose : Non ! « Mon histoire » Je vivais dans la ville de Nagasaki, j'ai fait des études à Londres pour devenir docteur et je suis revenu à Nagasaki. Je suis devenu docteur … et un jour il y a eu une guerre …

Gaby : Attends !

Rose : J'ai voulu devenir docteur sur un bateau. Des japonais étaient très contents parce qu'ils gagnaient … Ils étaient forts … Un jour les Américains ont lancé une bombe atomique sur Nagasaki …

Lucien : Je trouve que la façon dont vous nous racontez l'histoire de Kensuké et Mica, ça montre vraiment que vous êtes Gaby et Rose, des frère et sœur. L'un et l'autre, vous laissez l'autre raconter l'histoire qui, on le sent, habite votre cœur à chacun.

 

Ma sœur Bernadette nous a laissé continuer le partage, elle est allée à la cuisine préparer le repas. L'ardeur qui caractérise le partage se poursuit pendant le repas autour de la table. Chacun exprime ce qu'il a au fond de son buffet. C'est alors que Gaby dit :

Gaby : Je veux écrire Gaby sur ton cahier à côté de ce que je dis.

Lucien : Oh, c'est beau Gaby ! Ecris ton nom sur mon cahier, tu vas le mettre à côté de ce que tu as dit.

 

Le ginkgo biloba
Le ginkgo biloba

Lucien : Donc le Ginkgo Biloba, tout le monde en parle parce qu'il a résisté à la brûlure de la bombe atomique à Hiroshima et à Nagasaki. Et comme nous formons avec votre mémé et des amis un groupe de résistance pour demander l'arrêt de l'armement nucléaire de la France, nous avons pris comme emblème et logo de notre groupe la feuille du Ginkgo Biloba. Nous allons planter un petit arbre Ginkgo Biloba le samedi 9 janvier à 11 heures à Dampierre.

 

Bernadette : Comment ça va se passer cette journée du 9 janvier à Dampierre, quand le Ginkgo Biloba va être planté ?

Lucien : A l'endroit de Dampierre où nous manifestons notre solidarité avec les gens qui ont été brûlés les 6 et 9 août 1945 au Japon, c'est là que nous allons creuser un trou pour y planter le petit arbre. Nous l'avons déjà dans un pot, il est à l'étable à côté du pressoir en attendant le jour de la plantation, je lui mets un peu d'eau au pied de temps en temps. Une fois que le jeune arbre sera mis dans le trou, «  ses plus fortes racines du côté d'où vient le vent » comme disait notre papa, afin qu'il résiste à ce qui pourrait lui être contraire », de nos mains, des enfants en premier, nous recouvrirons ses racines avec la terre.

Planter un arbre que l'on aime, avec le concours et le jeu des enfants, grâce à la genèse de leurs questions et réflexions «  en laissant leur verbe se faire chair «  (Jean 1 -14) , voilà qui fait pousser l'humanité dans le sens de son élévation et en direction de l'épanouissement de ses plus fragiles rejetons.

Rose et Gaby nous parlent d'un autre arbre qu'ils viennent de planter dans leur jardin familial à Charix, un « liquidambar ». C'est tellement important à leurs yeux que Rose me demande mon cahier, et comme tout à l'heure son frère l'a fait, elle écrit :

Le ginkgo biloba

Et nous revenons sur le livre qu'elle est en train de lire.

Lucien : Tu me montreras dans ton livre, Rose, où tout ça est écrit sur Nagasaki. Il y avait déjà eu l'éclatement d'une bombe nucléaire sur Hiroshima, trois jours avant ; jamais on n’aurait dû commettre ce crime. C'est un crime contre l’Humanité. C'en est un aussi contre la Terre, qui est le berceau de l'Humanité.

Rose : Pourquoi ?

 

Lucien : Parce que on ne tue pas. Il est interdit de tuer. L'être humain n'est pas fait pour tuer et haïr mais pour vivre et aimer. Vous savez, Rose et Gaby, quand je dis cela, je le puise dans deux livres qui ont été écrits il y a très longtemps, celui de Sophocle, et l’Évangile où sont ramassées les paroles de deux personnes merveilleuses, Antigone et Jésus. Ils nous donnent goût à la vie et ils nous communiquent la force d’aimer.

 

Nous allons planter le Ginkgo Biloba dans la terre de Dampierre, parce qu'il a résisté à la brûlure de la violence de la bombe atomique.

En faisant cela, les paroles d'Antigone et de Jésus et d'une multitude d'autres témoins de la non-violence, se planteront dans nos cœurs. Elles nous aideront à résister à la violence qui est faite à notre mère la Terre, et par là à notre Humanité.

Ces paroles plantées dans nos cœurs nous permettrons de créer des liens entre tous les humains et aussi avec les astres, les étoiles, avec la Terre, et tous les animaux qu'elle porte, avec les ânes qui nous supportent, et avec les plantes et les fleurs, les fruits e les graines qu'elles rapportent...

Rose écrit sur mon cahier les références de son livre :

Le ginkgo biloba

get elle met sur la table la feuille de Ginkgo Biloba que leur mémé Bernadette a ramassée sous l'arbre dans la cour de la mairie de Dampierre. Je raconte que j'ai ramassé beaucoup de ces feuilles à l'automne dernier, que j'en offre aux gens que je rencontre ou à qui j'écris. J'en tiens souvent une aussi dans mes mains et j'essaie de lire et d'aider à lire sur ces feuilles les noms des amis qui nous attendent pour jouer avec eux, afin de les faire entrer dans le jeu de la société.

 

L'autre jour, pendant la randonnée avec les enfants de la Bise, je leur ai offert des feuilles de Ginkgo Biloba. J'essayais de lire avec les enfants ce qui était écrit sur nos feuilles.

L'un d'eux, en prenant la feuille de très près, cherchait à lire le nom des copains qui l'attendaient.

Il n'y arrivait pas. Il s'est écrié : « Je ne trouve pas de nom »  Quelqu'un a prêté attention à sa réaction et lui a dit calmement : «  Il y a des choses qui existent mais on ne les voit pas toujours.

D'ailleurs, souvent c'est l'essentiel que l'on ne voit pas. Mais  c'est écrit dans le cœur.

Écoute le nom des copains qui comptent sur toi ….

Tu sens leur présence battre dans ton cœur, c'est là que leurs noms sont écrits...

C'est comme si c'était écrit sur ta feuille de Ginkgo Biloba ... »

 

Lucien : vous voyez, Gaby et Rose, c'est pour ça que tout le monde aime cet arbre, le Ginkgo Biloba...

Qu'est-ce qu'elle était importante, Gaby, ta question de tout à l'heure. Regardez le chemin qu'elle nous a fait tracer, tout ce que nous nous sommes raconté.

Rose : On a écrit toutes ces pages sur ton cahier !

Lucien : Je vais essayer de les mettre sur mon blog. Tout ce que nous avons écrit ensemble, m'aide beaucoup à revenir de Bethléem, en étant faiseur de paix, quoi qu'il en coûte.

Je crois bien qu'il y a une deuxième raison pour laquelle les gens aiment beaucoup le Gingo Biloba.

C'est parce qu'il existait déjà il y a deux cent millions d'années. Il existait avant les dinosaures. Il y a eu un événement catastrophique sur la terre auquel les dinosaures n'ont pas pu résister ; ils ont été anéantis, mais lui, le Ginkgo Biloba, humblement a résisté. Je vais continuer à lire le livre que Jacques-Henri et Rosaline m'ont prêté. ‘Ginkgo Biloba, l'arbre qui a vaincu le temps’, de Pierre-François Michel, aux éditions du « Félin » . C'est dans ce livre que j'ai appris beaucoup de ces choses, nous les ajoutons à celles que vous nous rapportez. On en reparlera après la plantation du Ginkgo Biloba samedi 9 Janvier 2016 à 11 heures.

 

 

En attendant, qu'est-ce que vous m'aidez, Rose et Gaby à bien préparer la plantation de cet arbre dans la terre de Dampierre, et en même temps à planter dans la profondeur de nos cœurs et de nos relations entre nous tous , des paroles et des actes de résistance à la violence, de nous dire des mots d'amour et de tendresse et de les traduire dans des engagements et des paroles données.

 

Repost0
5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 22:05

Dampierre, le 06 octobre 2015 (Jour anniversaire de ta naissance, chère Maman)

 

1ère partie de la lettre ici

 

Je suis allé appuyer mon dos contre le tronc du Ginkgo Biloba, ce merveilleux arbre qui se trouve dans la cour de la maison commune, à quelques pas de l'endroit où la chouette est revenue habiter dans le clocher de cette autre maison qui nous est commune : l'église.

 

Revenir où nous avons été conçus, mis au monde et entourés de tendresse #2

Depuis deux ans bientôt, chaque 1er lundi du mois, justement dans une salle de la mairie de Dampierre, nous nous retrouvons avec toute une équipe d'amis, dans le sillage du M.A.N.V. (Mouvement pour une Alternative Non Violente) nous vivons en ce jour un jeûne non pas privatif, mais partageur. Nous menons une action pour nous démunir, nous défaire, et nous désincarcérer de l'enfer-mement du nucléaire. Un de nos amis, Pierre, a proposé que le groupe s'appelle A.D.N. Nos partages sont axés sur nos façons d'Agir pour que nous français, nous Désarmions notre pays du Nucléaire de manière unilatérale. De temps en temps, en mettant mon dos contre l'écorce du tronc du Ginkgo Biloba, je frotte mes côtés et ma colonne vertébrale contre la rugosité de l’écorce de cet arbre. Je fais les mêmes gestes qu'accomplissait notre papa en s'appuyant tout contre le tronc de tel ou tel cerisier ou pommier qu'il avait plantés. Qu'est ce que pouvaient bien se raconter notre papa et ses arbres ? Beaucoup de choses de la sagesse " Ces choses cachées depuis le commencement du monde".

 

Je parlais l'autre jour avec le Ginkgo Biloba. Des enfants me voyant appuyer mon dos contre cet arbre me demandèrent ce qui arrivait. Je leur racontais que j'étais en train de crier ma révolte à l'arbre, contre mon propre comportement qui abime ma vie et celle des autres. Avec les enfants, je me laissais étonner par la capacité de résistance qui habite cet arbre, jusque dans le fait qu'il ne s'est pas laissé briser lorsque des hommes ont fracturé la matière, et par là ont cassé et notre histoire et notre humanité, quand ils ont  déclenché la déflagration d'Hiroshima et de Nagasaki. Adossé à l'arbre Ginkgo Biloba, je me souvenais alors, que tout homme et donc moi même est habité de résilience. En appuyant mon dos d'homme contre la colonne de l'arbre, je recevais comme une douce secousse. Quelque chose de la sève de résistance de l'arbre aux ouragans de violence, cherchait à se transfuser en mon être. En mettant mon corps tout contre l'arbre " je ne prenais pas un chemin de grandeur ni de prodiges qui me dépassent" (Ps 130) mais celui là de la non violence et de la tendresse comme l'ont si merveilleusement réalisés la petite Thérèse de Lisieux et le Povorello d'Assise. J'entendais que le Ginkgo Biloba voulait m'aider à changer mon regard sur les gens de mon village et sur ceux qui s'y arrêtent ou le traversent. A nous tous, l'arbre nous disait: " Enfants de Dampierre et d'ailleurs, je ne vais pas tarder un jour de grand vent, à vous donner à chacun une petite feuille d'or où le soleil aura écrit les noms de celles et ceux qui vous attendent. Lorsque vous ramasserez cette petite feuille d'or, vous recevrez en même temps quelque chose de cette sève qui m'a été donnée et qui continue de l'habiter, à condition que je ne la garde pas pour moi tout seul. Si je n'étais pas prêt en permanence à vous communiquer cette petite feuille, porteuse de la sève de résilience, il y a longtemps que je serai mort. Et je crois bien que ce sont les oiseaux migrateurs qui sont venus se loger en mes ramures, depuis mon plus jeune âge, comme l'ont expérimenté mes ancêtres depuis des millénaires, ce sont ces oiseaux migrateurs qui m'ont donné d'être habités de cette sève et de cette capacité de résistance à toute violence.

 

En ne mettant pas de barrière à la venue des oiseaux migrateurs, jusque chez moi ni non plus aux alentours, je prends conscience d'une plénitude de choses possibles. C'est inouï ce que le vent qui a poussé ces oiseaux jusque là me souffle de choses réelles auxquelles je n'avais pas pensé.

Depuis que je suis petit arbre, c'est cet apprentissage qui continue de me faire pousser et résister aux violences. J'ai besoin de vous, sœurs et frères humains, pour que soit maintenue ma résistance et que se réalise celle des autres en notre " maison commune " jusqu'à la finition du monde dans la durée des temps."

Je m'étais mis à sourire et les enfants aussi. L'arbre Ginkgo Biloba avait deviné. Il nous dit encore " Je vous parle comme Jésus dans l'évangile. C'est vrai que j'ai beaucoup puisé à cette source " Laudato Si " dit le pape François. Martin Luther King. Gandhi, Tolstoï et combien d'autres le disent aussi: La source de la non violence a jailli au flanc de la montagne de Galilée. C'est sur ces sentiers qu'il nous faut apprendre à vivre et à aimer, afin de tracer d'autres chemins là où nous vivons.

C'est alors que me revinrent les pensées, les paroles et les actes des moines de Tibhirine rencontrés au printemps de l'année dernière avec Bernard, Nelly et Claude.

Et quelle ne fut pas ma joie aussi, il y a quelques jours, de laisser s'entremêler nos pas, nos pensées et nos prières avec ceux de Jean-Pierre Schumacher et des moines du petit monastère de Midelt au Maroc en compagnie de Frère Benoit de l'abbaye d'Acey. J'ai été très touché de pouvoir ramasser en ces lieux, plein de petites graines de non violence, une multitude de feuilles d'or comme celles du Gingko Biloba.

Les hirondelles, la chouette, le Ginkgo Biloba de Dampierre, le pommier de Midelt nous disent en arbres et en oiseaux de bon augure, que c'est là où nous vivons, en nos jardins intérieurs et communaux, qu'il nous faut ramasser ces feuilles et ces grains, et faire pousser ces semences et instaurer la culture de la non violence. « Si tu veux la paix, fais la paix »

 Lulu

 

 

Repost0
5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 10:08

Dampierre, les premiers jours de Janvier 2015

 

Chers AMIS,

 

 Ginkgo-Biloba.jpg

 

C’est depuis le pied du Ginkgo Biloba de Dampierre que, dans le sourire de Jeannot et Béatrice et de tous les amis tenant l’âne Gamin, je viens vous souhaiter une belle et bonne année 2015.


Le Ginkgo Biloba est l’arbre qui a résisté au déferlement dévastateur de notre humanité à Hiroshima et Nagasaki.

 

Je suis heureux que quelqu’un ait planté cet arbre il y a plus de 100 ans dans le parc de la mairie de notre commune de Dampierre, et qu’il tienne.

 

Je viens de faire un songe en appuyant mon dos tout contre son écorce et en ramassant ses feuilles d’or. J’accrochais vos noms à ses branches. Et, tout en nous défaisant de nos attitudes agressives, nous ensemencions les graines de résistance de cet arbre et nous les cultivions en nos jardins intérieurs et communaux, dans une ambiance de non violence. C’était beau ce que nous faisions. Nous étions en train d’élever notre humanité. Et quand je sortis de ce songe, je vis que c’était bien ça que l’on continuait de réaliser. Nos rêves devenaient réalité.

 

Dans la galette des rois-mages de l’Epiphanie, est-ce que ce ne serait pas là aussi qu’est cachée cette fève, cette graine qui nous rend capables de « prendre un autre chemin » que celui de la violence ?!

 

 

Belle et bonne année 2015.

 

Lulu

 

Rappel : le 1er lundi du mois, journée de jeûne pour le désarmement nucléaire de la France, et temps de partage et de rencontre à Dampierre de 14h à 17h

Repost0

Présentation

  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
  • Contact

Commentaires

Vous pouvez laisser un commentaire sous les articles. Les commentaires sont modérés avant publication. C'est-à-dire que tout commentaire injurieux, insultant publicitaire ou inadéquat n'est pas publié Merci.

Recherche

Désarmement nucléaire

Journée de jeûne pour demander le désarmement nucléaire unilatéral de la France,

tous les 1ers lundis du mois de 14h à 17h en hiver, de 16h à 18h en été, à Dampierre (39) avec un temps de partage et de réflexion animé par Lulu.

Et commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki entre les 6 et 9 août, chaque année.

L'anti-pub

Les pubs sur les blogs ou les sites que vous consultez sont trop agressives ? Il existe un moyen de respirer à nouveau, en téléchargeant le pare-pub Adblock Plus (clic). Vous ne supprimerez pas les pubs imposées, mais vous ne les verrez plus.