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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 23:09

Vendredi 23 Mars 2012

  

          Difficile de partir d’un coin de la terre où avec vous tous amis, nous avons créé des liens d’amitié vitaux, depuis le 7 septembre 1997, date à laquelle j’arrivais dans la cité de SALINS LES BAINS. Vous êtes nombreux à vouloir prendre le temps de me laisser partir tout en  m’accompagnant durant le trajet que j’ai souvent réalisé avec vous, en empruntant l’ancienne voie de chemin de fer lorsque nous allions nous promener le mercredi après-midi au pas des ânes.

            Cette fois-ci je pars au pas de l’âne Isidore afin d’arriver à Port-Lesney ce soir. Il est 7h en cette levée du jour lorsque avec quelques amis et mes sœurs Elisabeth et Bernadette, nous nous retrouvons au Rayon de Soleil. L’angélus sonne aux différents endroits de Salins. En mon être profond, je suis en train de dire au revoir aux gens de Salins. Je suis en recherche de me détacher, de me déraciner, de me retirer de ce merveilleux lien d’enracinement, tel le petit sauvageon que je suis devenu, à la ressemblance de notre papa lorsqu’il était à la BOULOIE.

            Amis de Salins et des environs, je suis resté 14 ans parmi vous ayant fortifié mes racines du côté où les vents nous ont été contraires, afin d’affronter le gros temps grâce à vous, à la manière dont vous avez lutté pour ne pas laisser le monde et la situation comme vous les trouviez, grâce à la façon dont vous avez cherché dans vos mouvements à ajuster votre attitude à celle du « juste ». J’ai transformé mon regard et ma manière de voir, fortifiant ma conscience que « les seuls vrais regards d’amour sont ceux qui nous espèrent » comme dit le poète.

            Il me vient alors l’initiative, et c’est aujourd’hui, heureux d’avoir vivifié mon être à votre contact dans nos rencontres sédentaires, « d’aller voir ailleurs », en intensifiant le côté de ma vie de camp volant et nomade. Persuadé qu’en « cet autrement de l’existence », je vais être témoin et artisan que c’est bienfaisant ce qui nous vient d’ailleurs. Conscient que je vais découvrir qu’en ces terres nouvelles, par des chemins tous neufs je vais expérimenter que le soleil ne se lève pas rien qu’à l’est et que la lumière de nos vies vient grâce à des gens et en des temps dont on ne s’y attendait pas.

            Au moment de cet arrachement naissent quelques pleurs aux abords de mes yeux. Je les essuie avec le revers de mon bras de chemise.

            Les amis de la télé FR3 sont là. Interpellé la veille par une amie dont le fils est en maison d’arrêt , je dis tout en bâtant l’âne Isidore :

            « Je pars aujourd’hui pour BETHLEEM, afin de travailler à la réalisation de la paix. Mon départ est le fruit d’un choix. Ma chance de pouvoir m’engager dans ce choix de vous quitter, je le fais en amitié solidaire avec vous amis tombés dans la prison, dans l’enfer-mement, vous qui voudriez « partir », « sortir » de l’enfer où vous êtes tombés, là où vous n’avez pas voulu. Je crois à votre lutte pour vous en sortir. J’offre et donne ma joie de pouvoir et vouloir partir pour qu’ensemble, les uns grâce aux autres nous nous sortions de nos dépendances.

            Je dis et j’offre et reçois le même don de votre part à vous malades, « on ne sait pas bien le nom de votre maladie, de votre épreuve. » Ce que l’on sait, c’est qu’à grand peine de vos luttes et des solidarités qui se sont tissés avec vous et grâce à vous, vous êtes en train de donner à notre Humanité un visage neuf, celui-là qui faisait s’écrier par le Christ Jésus à son Père :

« Je te bénis d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir fait naître et révéler par les tout-petits ».

            D’autres tout-petits, je vais, nous allons être accueillis par eux et leurs institutrices dans la cour de l’école d’AIGLEPIERRE. Leurs enfantines questions nous font ouvrir les sacs qui sont sur le bât de l’âne. L’un d’entre eux ayant demandé « Et les charrettes de l’âne ?» Alors en continuant d’inventorier ce qu’il y a au profond de ces sacs du bât, je suis heureux de leur dire que l’association Floriâne continuant, ils vont pouvoir réaliser durant l’automne venu, le jus de pommes et raisins qui a un si profond goût de fraternité. J’essaye de répondre une fois encore aux questions des enfants :

-          Où que c’est que tu vas t’arrêter durant ton voyage ?

-          Où est-ce que l’âne Isidore va manger ?

-          Tu vas dormir où toi Lulu ?

            Je réponds que je compte beaucoup sur eux les enfants pour arriver à trouver un lieu d’accueil pour l’âne et pour moi lorsqu’après l’école, je traverserai le village où je ferai étape en fin d’après-midi.

            C’est avec beaucoup d’émotion que les enfants, institutrices et moi nous nous disons au revoir, « à la revoyotte », et notre reconnaissance mutuelle pour tout ce qu’ensemble nous avons découvert de la fraternité.

            Nous entrons en fin d’après-midi dans le village de Port-Lesney. Heureux de réaliser cette entrée avec Jacques le papa de Rachel. Nous saluons Alexis dans le bar restaurant « l’Edgar » qui a le souci que puissent se réaliser les connexions et correspondances nécessaires à ce que ce cheminement vers BETHLEEM aboutisse et porte du fruit.

            Au cours d’un moment intense de densité autour du tombeau où repose le corps de Gaby MAIRE*, Rachel nous partage ce qui la motive d’avoir voulu mettre ses pas dans ceux de Gaby, en allant chez Carlita et Roberto ses grands-parents brésiliens d’adoption, puis de pouvoir y aller réaliser son stage de 2e année d’éducateur spécialisé. Gaby lui fait merveilleusement découvrir qui sont les enfants, tous les enfants du monde et le respect qui nous est demandé à l’égard de chacun.

            Belle soirée fraternelle d’une douzaine de personnes chez notre amie Marie-Thérèse, la sœur de Gaby MAIRE.

 

* pour voir Le  blog "Les amis de Gaby Maire"

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 21:24

Cette lettre nous parvient grâce à Maggy qui, avec ses soeurs et un petit groupe d'amis, a voulu rejoindre à Lulu pour son anniversaire.

 

Il nous écrit "sa première lettre en chemin"... tout en mangeant son gâteau d'anniversaire.

 

J4-00-Lulu-ecrit-une-lettre-devant-son-gateau.jpg

 

 

J4-00-Lettre-de-Lulu.jpg

 

 

En ce jour où vous me souhaitez mon anniversaire, je voudrais vous dire mon amitié fraternelle et reconnaissante pour ce merveilleux "patchwork et tricot" de liens de fraternité réalisés avec vous et grâce à vous.

Enfants du vent et de la bise, puissions-nous faire en sorte  que chaque petit de notre humanité puisse trouver le terrain d'amour et de tendresse où il plonge ses racines.

Soyez rassurés : chaque soir, je rencontre des personnes qui m'offrent l'hospitalité.

En pensant à vous les amis du cercle de silence, je vous dis ma solidarité en union avec tous les exclus : continuons nos luttes et recherches pour que soient entendues leurs cris et appels pour un monde plus juste.

A la revoyotte.

Amitié reconnaissante à vous tous.

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 00:31

2 mars 2012

Je suis venu hier soir, habiter durant quelques heures à l’endroit de la terre où nos parents sont nés, dans le lien d’où ils ont été tirés du néant grâce à l’acte d’amour qu’a été leur conception puis leur naissance. Je suis venu me mettre devant la maison où notre papa Marius est né le 20 Mai 1910 à BELMONT, devant la maison où notre maman Suzanne est née le 6 Octobre 1911 à CHAUX les PASSAVANT.

Je suis venu marcher à l’heure de l’angélus ce matin à l’endroit charnière entre le village de BELMONT et celui de CHAUX les PASSAVANT.

J’ai pris le chemin que prenait notre papa pour descendre de BELMONT à CHAUX partager le même catéchisme que notre maman écoutait.

Je me suis arrêté devant l’église, devant la mairie et l’école de BELMONT où notre papa a été reconnu enfant du pays et puis enfant bien aimé de Dieu à travers l’amour de ses parents Lucien et Delphine, de son frère et de ses sœurs : Henri, Henriette, Yvonne et Marie-Rose. J’ai ressenti la présence de Louis PERGAUD, né dans l’école du village à deux pas de la maison où est né notre papa, condisciple d’école de notre grand-mère, auteur de « La guerre des boutons », fauché lui-même en 1915 par la guerre, folie de notre humanité.

Je me suis arrêté devant l’église, devant la mairie et l’école de CHAUX les PASSAVANT où notre maman a été reconnue enfant du pays et puis enfant bien aimée de Dieu au sein de l’amour de ses parents Octave et Léa, de ses frères et sœurs Jules, Emilie, Marie, Georges, Louis et Antoinette. J’ai ressenti la présence du frère de notre maman : Georges, tué à la guerre à 18 ans ! J’ai écouté le vent de paix qui venait de l’abbaye de la GRACE DIEU… Je rends grâces de vous et pour vous maman et papa.

Je suis venu grâce à l’accueil de mes cousines et cousins de l’un et l’autre village, plonger mes racines dans une terre travaillée d’amour mais aussi labourée de souffrances (j’entends en ce moment où j’écris le bruit assourdissant des obus de mortiers, les tirs saccadés de mitrailleuses dans le camp du VALDAHON tout proche… tout cela est en train d’éclater et déchirer un paysage qui devrait être pacifiant. Depuis des années la paix continue de voler en éclats en ce si beau coin de la terre qu’est le mien.

Je suis là afin d’unir mes luttes à celle des gens que je rencontre pour faire pousser ensemble la petite espérance ensemencée en cette terre de genèse : les primevères, les crocus et perce-neige sont en train de montrer le bout de leur nez.

J’ai réalisé le voyage de DAMPIERRE à CHAUX les PASSAVANT que faisait notre papa en 1935-1936 « lorsque, nous disait-il, je venais à bicyclette chercher de l’avoine de semence pour la semer à Dampierre… En fait je venais surtout pour voir votre mère… Nous nous sommes mariés le 12 Mai 1936. »

Nous Christiane, Edwige, Elisabeth, Bernadette, Georges et moi, nous sommes nés beaucoup de cette terre-là et beaucoup par la suite de cet autre terrain qu’est le village de Dampierre.

Je suis venu continuer ce trait d’union d’un lieu à l’autre.

C’est de ces lieux, dans ces souffles d’amour et d’espérance que je veux partir en direction de la Palestine, l’endroit de la terre où tu as été conçu et où tu es né Seigneur Jésus, de l’union de Marie ta maman, une jeune femme de notre Humanité, avec la grâce de l’Esprit Saint de Dieu, en des jours de grand vent, de l’HISTOIRE, entre NAZARETH et BETHLEEM.

Avec le profond espoir que ça aille tout autrement que ça ne va en ce moment en SYRIE et dans tous les endroits que je vais traverser.

Je chercherai à guetter les lieux de résistance et à rencontrer les personnes habitées de résilience, attelées à ce travail passionnant d’interjeter sa conscience entre ce qui ne devrait pas se faire tellement ça abîme notre Humanité, et la plénitude de possibles en nous engageant pour que ça pousse et élève, pour que tout petit de notre Humanité puisse être conçu, naître et croître « d’amour et d’eau fraîche », comme papa le petit sauvageon de la BOULOIE et maman la petite fille de la GRACE-DIEU.  

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 10:50

« MONTAGNE » et « JERICHO », c’est le nom de deux petits ânons jumeaux qui viennent de naître à OUHANS, là où la Loue prend sa source, chez nos amis Marc et Geneviève et leurs enfants, amis de notre association des « Loisirs Populaires Dolois ». C’est l’ânesse MONA et son compagnon FANFAN qui viennent de nous faire ce cadeau de la vie. On pourrait se demander pourquoi tant se réjouir de la venue ay monde de deux petits ânes ?

C’est en raison de ce que ça fait naître dans le vie de beaucoup d’enfants et d’adolescents avec qui nous cheminons dans l’association des Loisirs Populaires ou à l’I.M.E. des Hauts Mesnils, ou avec des adultes du C.A.T. Depuis maintenant 15 ans, grâce aux amis de Savoie et du Vercors qui  nous ont offert ces ânes, grâce à tous les amis franc-comtois qui continuent de les élever et de les soigner, nous expérimentons que les ânes sont catalyseurs de la marche et de la randonnée. Combien de fois nous nous sommes mis à goûter les randonnées en raison de la « médiation » de l’âne avec des enfants et des jeunes qui au départ n’avaient pas du tout envie de se mettre en marche. Que de choses très compliquées et entortillées au fond de nos êtres se sont mises à se dénouer, à se déligoter parce que nous nous étions mis à marcher au pas de l’âne. Les enfants le perçoivent bien. C’est pourquoi ils sont demandeurs de ce type de ballades. Il arrive même que dans un raccourci de paroles certains me disent : « Quand c’est qu’on fait les ânes ? » Les enfants veulent dire bien sûr : « Quand c’est qu’on part se promener avec les ânes ? »

L’âne et l’homme ont naturellement le même pas, le même rythme de marche. Mais voilà, l’homme a perdu ce rythme, et en le perdant, il a beaucoup oublié les réprouvés de la vie. L’âne a eu la sagesse de le garder. Nous nous rendons bien compte que quand nous marchons au pas de l’âne, nous dénouons le profond de nos êtres. Nous goûtons ce que c’est que de  nous trouver mieux pour nous relier aux autres en leur offrant le meilleur de nous-mêmes. Que d’agressivités se cachant au fond de nous ont pu se désamorcer parce que nous étions partis nous promener avec les ânes au cours d’un campement dans les plateaux du Doubs ou dans le pourtour des lacs du JURA, ou encore en traçant autour du massif de la SERRE ou sur le chemin de halage le long du DOUBS, ou en gravissant les pentes du MONT-ROLAND, afin d’y devenir croqueurs de pommes et planteurs de pommiers. Avec combien de gens nous nous sommes reliés grâce à la médiation des ânes, au cours de la réalisation d’un jus de pomme à DAMPIERRE, ou de l’animation de la fête des jonquilles à MALANGE, des châtaignes à SERRE-LES-MOULI7RES, du houx et du gui sur la Place aux Fleurs à DOLE, ou encore au cours d’un carnaval dans les différents quartiers de notre cité.

Nous sentons dans notre association combien il est important que dans nos quartiers populaires, les enfants et les jeunes puissent envisager et projeter des démarches libérantes. Nous n’allons pas « absolutiser » la venue au monde de deux petits animaux. Mais ce qui est « absolument » nécessaire, c’est que les enfants de nos quartiers puissent faire des projets. Sinon, nous butons dans l’enfermement.

Peut-être que l’âne en nous mettant en marche de façon, à la fois « déliante » et « reliante » nous adresse ainsi un message, si nous avons la sagesse d’accepter et recevoir ce dont il est porteur et signifiant. Nous commençons dans notre société à sortir du mépris et de l’humiliation dans lesquels, nous les humains, nous avions enfoncé et relégué les ânes. Nous nous apercevons de la gravité d’un tel mépris de notre part et de l’urgence d’entrer dans l’attitude de respect, de la reconnaissance de la place de l’âne dans notre tissu social. En vous annonçant amis humains, la naissance de deux petits ânons jumeaux, je lance un appel pour que dans notre société, nous ne fassions pas aux plus petits des hommes ce que nous avons fait aux plus méprisés des animaux et qu’en même temps, nous nous mettions en chantier pour faire place à celles et ceux qui sont sans travail, sans maison et sans pain, à celles et ceux qui sont sans papiers… à celles et ceux qui ont tout perdu…

A propos, ont-ils réellement tout perdu ? Ne sont-ils pas au contraire porteurs et prophètes de ce qui serait le plus important pour notre humanité ?

Nous nous rendons compte effectivement en faisant contrat-ville avec les plus défavorisés de nos quartiers, en faisant place aux petits, aux blessés de la vie, en prenant le temps de marcher à leur rythme, que l’essentiel n’est pas que certains puissent courir dans des cadences effrénées pendant que d’autres sont laissés loin derrière, mais de cheminer ensemble, que ça ne sert à rien d’être performants.

En effet, on écrase tout, et soi-même et les autres. De marcher au pas de ânes, ça nous apprend à nous mettre au diapason de ceux qui sont essoufflés par les épreuves. Ce sont ces personnes-là qui sont « porteuses de sens », « porteuses du sens de la vie ». Elles nous font percevoir à quelle allure marcher, dans quelle direction aller. Ces personnes-là sont « porteuses de l’essentiel ». Amis humains : « Si nous faisions les ânes ! »

 

Lucien Converset 1996

 

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 09:40

20 février 2012

 

Quelle journée de transition nous venons de réaliser avec Rachel et ses amis, en partant à Vienne conduire chez nos amis de la famille WULLSCHLEGER les 2 ânes jumeaux Montagne et Jéricho.

 

Montagne et Jéricho

Nous partons offrir les 2 ânes jumeaux aux enfants de chez Thierry et Françoise WULLSCHLEGER, Laura, Marie et Lucas. Il y avait dans cette transmission comme une restitution pétrie de reconnaissance.

Il y a un peu plus de 30 ans, le soir de la fameuse journée du 29 juillet 1981, les familles MICHEL-BECHET, WULLSCHLEGER, et LASSERRE rencontrés au pied du grand relais de télévision de FONCINE-LE-HAUT, nous offraient leurs ânes : NENETTE et MONA, puis MARTIN et PRUNELLE… au pas desquels immédiatement nous nous mettions à cheminer. Un événement qui porta des fruits.

Sur le plan pédagogique dans nos associations, LOISIRS POPULAIRES DOLOIS, FLORIÂNE principalement, mais aussi dans beaucoup d’autres associations et mouvements. Nous voulons aujourd’hui être reconnaissants à nos amis d’avoir permis et rendu possible par leur don que beaucoup d’enfants et de jeunes, d’adultes aussi aient pu déligoter au pas des ânes ce qui était ficelé au fond de leur être. Et nous sommes de ceux-là avec plein de personnes devenues des amis. Nous avons pu alors créer des lieux d’Humanité, humbles, et étonnants en même temps. Nous avons pu étoffer et développer ces 2 dimensions de nos êtres que sont la sédentarisation : le fait d’aimer revenir chez nous, dans nos maisons, d’y faire une place aux passants, et le fait d’être camps-volants, d’aimer partir à la recherche d’autres horizons, et à travers tout cela de devenir des passeurs.

Merveilleuse  médiation de l’âne, avait dit notre ami Jean en nous donnant Nénette et Mona, puis Martin et Prunelle.

Nous faisons cet acte de donation dans un esprit et souffle de réciprocité.

« Pendant plus de 30 années, vous avez tellement marqué nos démarches pédagogiques en nous donnant vos ânes, qu’aujourd’hui, nous arrivons chez vos petits-enfants avec une remorque porteuse des petits des ânes que nous nous avez offerts et donnés… »

Nous entendrons une fois arrivés là-bas, sûrement quels projets de continuation habitent l’être et l’imaginaire de nos amis…

Transition, transmission, continuation d’une plénitude de réalités merveilleuses qui ont marqué nos vies, nos manières de cheminer, nos façons de vous libérer et nous relier les uns aux autres afin de vous élever en Humanité. Et cela va se continuer pendant que je marcherai au pas de l’âne Isidore en direction de BETHLEEM, là où Jésus le fils de Dieu a cherché son chemin de libération et celui de notre Humanité, toujours en marchant, en allant de chez les uns chez les autres et à plusieurs reprises au pas de l’âne. Je chercherai de cette manière à continuer par la médiation de Jésus, et par sa grâce, par sa manière de marcher de l’un à l’autre, à libérer du fond de mon être la part encore emprisonnée, pas encore totalement donnée…. « Tu n’auras jamais terminé et fini ton entrée en objection de conscience…. »

La beauté de notre voyage est assombrie par le fait que dans l’Ain, nous traversons la région du Bugey dans l’ombre funeste des centrales nucléaires. Nous n’aurons jamais fini de lutter pour empêcher les profiteurs-prédateurs d’abîmer la planète.

centrale

 

Nous ne tardons pas d’arriver à bon port. Le voyage a été bien préparé et la connexion par téléphones portables avec Thierry et Françoise se sont merveilleusement bien réalisés. Il est midi moins le quart quand nous arrivons.

 

Montagne et Jéricho2 

Un repas fraternel chez Thierry et Françoise et leurs enfants, où dans le joie du don mutuel nous entendons nos amis nous raconter ce qui est spécifique et découle du compagnonnage et de la proximité des ânes.

Marie : Avec Pauline et grâce à elle, nous avons une pâture pour les ânes.

Thierry : et ça y est… on a déjà vu ou nous partons en randonnée ce printemps et puis cet été.

Nous l’avions deviné : rien que de savoir que les ânes Jéricho et Montagne allaient leur parvenir, nos amis de la famille WULLSCHLEGER projetaient, et c’était précis, de partir prochainement en randonnée loin, très loin à partir de leur lieu de vie.

Thierry : à propos : les bâts… ?!

Lucien : Je vous restituerai les bâts que nous nous aviez offerts en même temps qu vous nous donniez vos ânes en 1981-86.

Thierry : nous les prendrons le samedi 17 mars quand nous viendrons te dire au-revoir.

Lulu 02

 

A notre retour, je trouve ce texte que j’avais écrit lorsque les 2 ânes jumeaux Montagne et Jéricho étaient venus au monde en 1996 chez Dan et sa famille à OUHANS, là où la Loue prend sa source.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 21:22

N’est-ce pas merveilleux comme nous sommes constitués à la ressemblance de la planète Terre, notre Mère.

La Terre a deux pôles qui la sous-tendent dans sa course générante à travers l’espace : le pôle Nord et le pôle Sud. Trop souvent nous avons eu tendance en histoire et géographie, et en économie aussi, à déprécier l’un : le pôle Sud, pour favoriser l’autre : le pôle Nord.

Souvent, populairement, nous disons : « il ne faut pas perdre le Nord. », alors que nous sentons bien qu’il nous faut nous mettre en quête de « sauver le Sud », sinon la planète va sombrer dans le chaos. En permettant au Sud de donner toute sa capacité, nous sauverons ainsi le Nord en évitant qu’il ne gonfle dans le profit et s’hypertrophie.

De même, notre être à chacun de nous est constitué aussi par deux pôles, qui sous-tendent notre vie et notre destinée : l’un est le fait d’être à certains moments de nos vies profondément sédentaires, l’autre consiste dans ce fait d’être à d’autres étapes de nos existences intensément nomades.

ça commence très tôt. Durant les 9 premiers mois de notre vie nous sommes bien au chaud, à la bonne température dans le ventre arrondi de notre mère sous le regard admiratif de notre père. Durant les démarches de nos parents un bel équilibre se réalise entre nos 2 pôles. Notre mère nous sent bien quand de ses mains de tendresse elle nous caresse blottis sous la paroi de sa peau et de sa chair nourricières. Mais alors elle et nous, nous aurions tendance à faire durer ce temps de gestation sédentaire. Heureusement, il tarde à notre père de nous voir sortir pour que nous signifiions au monde que nous sommes aussi de lui. Et c’est alors que va s’intensifier au moment de notre naissance cette autre dimension de notre vie : celle de nomades. Nous quittons l’abri du ventre maternel pour suivre le père et enjamber à sa suite et ainsi assumer cette autre dimension de notre vie : celle de « camp volant ».

 

Oh bien sûr que nous reviendrons nous loger contre le sein de notre mère. Mais bien heureux serons nous aussi d’être hissés sur les épaules de notre père afin de voir le monde.

Heureux l’enfant qui en équivalence se sera baladé sur le dos de son père le temps qu’il s’était prélassé dans le ventre de sa mère. Heureux l’enfant qui va pouvoir aller de l’un à l’autre de ses parents, se lancer dans la marche, être à certains moments bien enraciné afin de pouvoir aller de l’avant à d’autres instants, et ainsi se projeter dans l’avenir.

Camps volants ! Sans cesser de nous référer et nous nourrir en nos enracinements, dans nos confiances et sur nos points d’appui, oser affronter les tempêtes de l’Histoire, parce que nous sommes les enfants du vent. Habités d’une humble audace, oser entrer en objection de conscience pour que les lois soient issues du droit et qu’elles s’ajustent à l’amour universel.

Le roi David, vers l’an 1000 avant Jésus-Christ, au faîte de sa gloire a comme de grandes difficultés pour réaliser l’extension de son être et de son peuple dans ces 2 dimensions de manière équilibrée. David va-t-il pour cela se laisser interpeller par le prophète Nathan : « David tu viens de te faire bâtir pour ta personne et pour ta cour un palais éblouissant. Il te vient alors l’idée de faire construire un temple pour abriter l’arche de l’alliance de Dieu avec nous, David ! Ecoute bien ce que Dieu te dit, comme il le dit  à chacun d’entre nous. Vous voulez me bâtir un temple. Mais ne risquez-vous pas de vouloir m’enfermer, me « coffrer » ? En agissant ainsi, est-ce que vous n’allez pas vouloir vous servir de moi et vous asservir les uns aux autres ? N’ai-je pas été jusqu’à ce jour en camp-volant avec vous, depuis que je vous ai fait sortir libérés de la région d’esclavage ?! » (2 Samuel 7,6.)  (trad Bible de Jérusalem de 1955)

Bible-Lulu.jpg

 

Camp-volant.jpg

 

 

Jésus est venu à la suite des prophètes Isaïe et Jérémie, nous faisant découvrir que le véritable temple de Dieu, c’est le cœur de l’homme et la terre de nos rencontres. Jésus est descendu du ciel, sédentaire et caché durant un long temps, s’enracinant le temps nécessaire pour qu’une fois devenu nomade et camp-volant il ose et sache aller à la rencontre de ceux qui luttent pour se sortir des terres d’esclavages d’aujourd’hui.

Je pars en direction de BETHLEEM en Palestine, vénérant ce lieu parce que c’est là que Jésus, le Verbe, le fils de Dieu s’est fait homme charnel, pour que nous devenions fils de Dieu, pour que nous sortions de nos ordonnancements et de nos enfer-mements accaparants au profit de quelques-uns et au mépris du grand nombre et de la multitude. Je pars heureux de vivre intensément ma vie de camp-volant le jour, et de trouver un lieu et un temps de sédentarisation le soir dans le cœur de celles et ceux qui m’accueilleront avec mon âne Isidore. Ne perdons pas le sud, camp-volant que nous sommes appelés à devenir. Il en va de la vie du Nord et de toute la Planète Terre.

Lucien CONVERSET le 12 février 2012

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Présentation

  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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Et commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki entre les 6 et 9 août, chaque année.

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