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4 décembre 2018 2 04 /12 /décembre /2018 22:25
Lulu lors d'un précédent voyage en Algérie

Lulu lors d'un précédent voyage en Algérie

L’ALGERIE, LE PAYS Où JE SUIS Né à L’OBJECTION DE CONSCIENCE

 

C’est en Algérie, en plein djebels et dans le fond des oueds, que je suis né à l’objection de conscience. C’est là que dans quelques jours je retourne chercher et ramasser les graines d’action non violente qui ont été semées par les femmes et les hommes de bonne volonté, chrétiens et musulmans qui ont donné leur vie pour que la justice et la paix poussent et croissent sur cette terre.

 

Quand notre papa, petit paysan à Dampierre dans le bas du Jura, voulait semer un blé ou une orge qui pousse bien, il allait chercher un sac de ces graines de semence dans les plateaux du Doubs, à Belmont et Chaux les Passavant, là où notre maman et lui étaient nés. Et nous, les enfants, nous étions émerveillés de voir comment, humblement, ça poussait bien dans nos champs ces graines qu’ils étaient allés chercher dans leur pays natal.

 

De même, j’aime beaucoup chercher avec vous mes amis à ce que dans nos terrains de vie la non-violence, cette force d’aimer dont nous avons tous faim et soif, nous pousse et nous bouscule les uns vers les autres, dans un rapport les uns avec les autres, en sorte que nous fassions de la place à ceux qui n’ont pas encore trouvé la leur. Nous essayons d’ôter nos incompréhensions mutuelles très empêchantes, ces murs de séparation qui nous cassent les uns des autres. Elle est belle cette soif de bâtir des ponts entre nous, de créer au cœur de nos vies, de nos villages et de nos cités des terrains d’asile et d’accueil à ceux qui n’arrivent pas à trouver un coin de terre pour y enraciner leurs enfants, une école pour y apprendre le sens de leur vie, un hôpital pour y soigner leur santé.

 

C’est pour cela que je pars en Algérie à Oran le 8 décembre. Nous célébrerons et reconnaîtrons ce jour-là la façon non-violente dont les moines de Tibhirine et leurs 12 compagnons chrétiens ont donné leur vie à ceux avec qui ils essayaient d’exister… Nous nous dirons qu’il y eut en même temps beaucoup de musulmans et de gens de bonne volonté qui donnèrent eux aussi leur vie pour que les plus petits et les plus pauvres puissent donner le minimum de dignité à l’existence de leurs enfants.

 

Je pars en Algérie dans cette terre qui me vit naître à l’apprentissage du refus de la violence. Je pars voir, écouter, envisager une multitude d’agents de la non-violence. Je sais que les portes des maisons où loge la petite fille espérance me seront ouvertes.

 

Dans mon cœur, dans mon sac à dos, dans ma valise je rapporterai des petits sacs de graines de cette non-violence, de cette façon d’agir qui nous fait refuser l’implacable fatalisme de la guerre et de l’injustice. Je rencontrerai des femmes et des hommes travaillés par l’art de bâtir, guidés par une stratégie de l’action non violente. Nous ferons mémoire des gens qui ne se sont pas laissés vaincre par la haine, qui ont été des résistants à la violence des armes.


Je vous emporte tous dans mon cœur d’ami reconnaissant. Vous le sentez nous allons faire un beau voyage ensemble.

 

Je vous rapporterai ce que j’aurai ramassé afin de l’ensemencer dans nos terrains de vie.

 

Je vous raconterai tout cela avec d’autres personnes, le 16 décembre, à l’abbaye d’Acey durant la journée tournée vers ce sacré témoin de la non-violence qu’est Gaby Maire. Lui aussi a donné sa vie au Brésil pour nous tous, comme l’ont fait avec les Mères de Mai ; Léonie Duquet et Alice Domon en Argentine.

Lulu, le 3 décembre 2018

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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 15:52

Dampierre le 13 novembre 2018

 

Chers Jean-Pierre l’Ancien et Jean-Pierre le Jeune,
tous les amis moines, Omar et  Bacha, les amies religieuses, 
et tous les membres de la communauté de Midelt.

 


Une profonde et humble joie habite en moi à l’approche du 8 décembre, date où vont être reconnus saints, les moines de Tibhirine vos chers compagnons, ainsi que Pierre Claverie et les onze autres témoins et artisans de la non-violence, sans oublier les noms de nos frères et sœurs de l’Islam que Dieu a écrit sur la paume de ses mains.      

  
J’espère pouvoir être à Oran ce jour-là. J’emporterai dans mon cœur tout plein d’amis. J’essaierai d’être tout proche de vous, même si je ne peux pas entrer dans l’église de Santa Cruz, ce que je comprends.


J’espère bien pouvoir vous saluer de vive voix, vous embrasser fraternellement, et vous exprimer notre reconnaissance. 


Je devine que je pourrai rapporter grâce à vous, tout plein de graines de non-violence, d’amour et de justice, afin de les ensemencer dans le morceau de terre et d’humanité dont nous nous sentons responsables avec mes amis, ici dans le Jura en France.


« A la revoyotte »
Lulu
 

Lettre à la communauté des frères de Notre-Dame de l'Atlas

réponse de frère Jean-Pierre Schumacher :

Cher Lulu,


Avec mes frères et mes amis, dont Baha et Omar, nous te remercions pour ta lettre, tes vœux, et ta joie communicative.


Que le Seigneur lors de ce passage à Oran et de ta participation à la grâce qui va se reprendre de la part du Seigneur sur toute cette assemblée, te comble de graines de non-violence, de justice et d'amour, dont tu es assoiffé. Oh, oui, qu'il en sait ainsi vraiment... je le Lui demande avec toi.


Nous serons heureux de 's'il plait au Seigneur', que nous nous rencontrions là-bas.


Ton frère Jean-Pierre
 

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15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 20:40

Petit récit en forme de conte écrit par Lulu et oublié dans les méandres d'un ordinateur...

 

Samedi, le 9 juin 2018

 

Par la petite affichette que Christine m’avait donnée, je savais que ce samedi après-midi la déchetterie de mon village était ouverte. Je pourrais y porter une partie de ce qui traine dans la cour de notre maison familiale. J’espère tant que nous pourrons en refaire le toit sur les murs qui sont restés debout après l’incendie.


Il y a toujours un côté éprouvant de se rendre dans une déchetterie. On y trouve et on y voit, jetés dans des bennes, une multitude d’objets et d’ustensiles, abîmés certes, mais qui pourraient être réparés et continuer de servir. Cependant, j’aime m’y rendre, car souvent des enfants et des jeunes m’y accompagnent, afin de tenir les ânes qui tirent la charrette sur laquelle on a disposé vraiment ce qui ne pourra plus servir. Et puis chaque fois, Christine qui est gardienne de la déchetterie, est tellement accueillante et pédagogue, qu’aller à la déchetterie est une action que nous aimons réaliser.


Ça va encore être le cas ce samedi après-midi. J’ai mis sur la charrette, tirée par les ânes Gamin et Rameaux, une bonne partie des cartons et cagettes, abîmés par la pluie qui tombe journellement sur le Jura depuis bientôt trois semaines. Un vrai convoi de camp volant ! Au moment où je m’engage dans la rue du Tissage, des enfants qui jouent avec leurs voisins devant leur maison, nous remarquent les ânes et moi et tout ce qui est bringue ballant sur la charrette. Ils nous récrient. Ils me font comprendre qu’ils viendraient bien avec nous, ne serait-ce que pour monter sur l’âne Gamin et conduire l’âne Rameaux. Je leur dis de demander à leurs parents.


Je connais un petit peu ces enfants, nous avons fait du jus de pommes avec eux quand ils étaient à l’école maternelle de Dampierre, avec Dalila, Julie, Michèle, Claudine leurs institutrices. Il s’agit de Marco et Ilario, et de leurs voisins venus jouer chez eux, Léna et Yoan. Aussitôt demandé, aussitôt accordé.


Nous voilà donc partants en direction de la déchetterie. Chemin faisant, ils me reparlent de ma maison qui a brûlé il y a deux ans aujourd’hui. Ils se souviennent du beau pressoir en pierre avec lequel on fabriquait le jus de pommes.  Avec leurs camarades et leurs institutrices, ils m’avaient alors écrit de belles lettres et fait des dessins réconfortants. Je me souviens que leurs mots étaient pétris par les mains de la petite fille Espérance. Ils m’avaient fait comprendre que des moments créateurs comme ceux que nous avions vécus, se renouvelleraient un jour. N’étions-nous pas en train de réaliser un de ces moment-là ?


Nous voilà devant la déchetterie. Christine nous aperçoit. Elle a beaucoup de travail. Elle prend le temps cependant, de venir nous accueillir. Elle nous ouvre la porte. Nous sommes heureux de nous présenter à elle et réciproquement de l’écouter nous parler de son travail. 


Qu’est-ce que je trouve beau ces moments où les enfants et moi-même, prenons conscience que si il fait bon vivre dans notre village de Dampierre, nous le devons beaucoup à ces gens, qui, comme Christine, sont au service du bien commun de notre lieu de vie. 


Christine nous indique dans quelle benne nous pouvons déposer les morceaux de bois, les vieilles cagettes démantibulées, les morceaux de plastique, les cartons, que j’ai mis sur la charrette. Je dis à Christine :
Lucien : « J’ai ramassé tous ces cartons et ces caisses dans la cour de notre maison. Il a plu par-dessus. »
Et j’entends Christine qui dit, mettant la main dans un de ces cageots :
Christine : « Oh les petits escargots, venez voir par-là »
Christine a remarqué quelque chose que je n’avais pas vu. Les cagettes et les cartons qui traînaient dans la cour de ma maison étaient devenus des abris pour les petits escargots qui étaient sortis des jardinets de notre maman. Christine les collecte, en les décollant très respectueusement, de l’endroit où ils s’étaient agrippés. Et les recueillant dans sa main, elle prend le temps d’aller les déposer dans le bout de pré voisin de la déchetterie en disant : « Allez vous cacher au frais dans ce champ … On a besoin de vous … On ne va pas vous mettre dans la benne.» 


Je suis touché par l’attitude de respect de la vie qui habite cette femme. Elle fait un travail difficile. J’avais déjà remarqué combien elle est minutieuse dans son travail. En même temps qu’elle nous accueille, elle est éducatrice à notre égard. Tout en nous aidant, elle nous apprend à nous qui venons apporter nos déchets, à le faire de façon à simplifier le travail de ceux qui vont avoir à opérer le tri. 


J’appelle les enfants qui sont allés aux quatre coins de la déchetterie. Je leur raconte ce que je viens d’admirer.
Lucien : « Regardez Christine mes amis, on va bien l’écouter. »
Christine : « Dans les vieilles cagettes que vous avez apportées, regardez, il y a plein de petits escargots. C’est important de les respecter. Ce sont des êtres vivants. Ils ont leur place dans le cycle de la vie. »
Christine ramasse les escargots dans les cagettes, nous ne les avions pas vus. Elle en dépose dans les mains de chacun des enfants. Et, comme elle, avec elle, les enfants vont porter les petits escargots dans l’herbe du champ voisin. Oh, comme je trouve belle l’attitude de Christine. Je lui dis :
Lucien : « Tu es à notre égard une véritable éducatrice. »
Christine sourit. Les enfants continuent à écouter les indications qu’elle nous donne, dans quelle benne nous devons déposer les objets que nous avons apportés sur la charrette. 


Nous vérifions s’il y a encore des escargots à sauver dans les dernières cagettes. Yoan qui a tardé à revenir du champ où il est allé déposer ses escargots, arrive et nous dit en nous montrant les traces du chemin de trois escargots dans sa main droite :
Yoan : « J’avais trois escargots qui s’étaient accrochés dans ma main. Ils voulaient se sauver. J’ai attendu qu’ils descendent le long de ma main … Ça c’est les traces qu’ils ont faites pour aller dans l’herbe. » 


En disant au revoir et notre reconnaissance à Christine, j’invite les enfants à réaliser des dessins de ce dont nous venons d’être témoins et artisans. Les ânes n’en croient pas leurs oreilles. A ces dessins, les enfants pourront donner des titres tels que :
-    Traces de vie dans une déchetterie.
-    Le chemin des escargots dans la main de Yoan
-    D’autres mots que vous voudrez écrire …

Ce qui vient de se passer s’est réalisé le samedi 9 juin. Le lendemain dimanche, presque personne ne va ouvrir sa boite aux lettres. En effet, la poste ne fait pas de distribution le dimanche.
Et bien, en revenant dimanche soir chez moi, je suis allé ouvrir ma boite aux lettres et quelles ne furent pas les cadeaux surprise que j’y trouvais : deux lettres qui contenaient des dessins réalisés par Léna et Yoan représentant la ballade au pas des ânes et le chemin parcouru par les escargots dans la main de Yoan, afin de retrouver la belle herbe verte dans le bout du champ de la déchetterie de Christine.

 

Les traces du chemin des escargots dans la main de Yoan
Les traces du chemin des escargots dans la main de Yoan
Les traces du chemin des escargots dans la main de Yoan
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27 septembre 2018 4 27 /09 /septembre /2018 13:32
Lettre au président Macron

Dampierre, le 17 septembre 2018

 

Monsieur le Président de la République,

 

Quelle émotion porteuse de paix et de justice vous nous avez donné, à nous qui avons malheureusement fait la guerre d’Algérie, lorsque nous avons appris que vous êtes allé rendre visite à l’épouse de Maurice AUDIN.


Dans votre visite et dans la lettre que vous avez portée à Madame AUDIN et à ses enfants, vous reconnaissez au nom de la République, le combat qu’ils ont mené avec tout un collectif de personnes depuis soixante et un ans, pour que la vérité soit faite sur la mort de Maurice AUDIN. Après leur avoir demandé « pardon », vous reconnaissez que « Maurice AUDIN a été torturé puis exécuté, ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile … si la mort de Maurice AUDIN est en dernier ressort le fait de quelques-uns, elle a néanmoins été rendue possible par un système légalement institué … le système arrestation-détention, mis en place à la faveur des pouvoirs spéciaux qui avaient été confiés par voie légale aux forces armées à cette période. Ce système a été le terreau malheureux d’actes parfois terribles, dont la torture. En échouant à prévenir et punir le recours à la torture, les gouvernements successifs ont mis en péril la survie des hommes et des femmes dont se saisissaient les forces de l’ordre … ce système s’est institué sur un fondement légal »


Avec beaucoup de gens de notre République dont Monsieur Pierre LAURENT du parti communiste, nous saluons votre geste de président comme « une victoire historique de la vérité et de la justice »


Avec Madame Raphaëlle BLANCHE, nous nous félicitons que ce soit « la fin d’un mensonge d’état »


Avec Monsieur Benjamin STORA, nous pensons que « votre déclaration laissera une trace ineffaçable pour nous encourager dans la compréhension de notre passé, à parler de nos souffrances », de ce qui continue à torturer nos consciences d’hommes qui avons malheureusement fait cette guerre d’Algérie, et aussi la conscience de milliers d’hommes et de femmes de bonne volonté.


Justement Monsieur Cédric VILANI dit et nous le disons avec lui : « Grace à votre déclaration, c’est un soulagement, un moment historique, l’accomplissement d’une démarche qui permet enfin à la France de regarder en face, une partie de son histoire »


Mais, Monsieur le Président, il y a une autre partie de l’histoire de la France qu’il nous faut regarder en face, et ne pas attendre soixante et un ans pour le faire. C’est celle que nous sommes en train de vivre et de réaliser. Il y a quelque chose qui nous torture et nous abîme, et qui a son origine dans les décisions et les actes institutionnels de l’Etat. Vous en êtes le Président et nous les membres. C’est le fait de décréter et imposer que notre système de défense repose sur la menace de mort nucléaire et cela depuis autant d’années que ce qui « a justifié » la manière dont s’est faite « la bataille d’Alger »


Monsieur Maurice AUDIN et des milliers d’hommes et de femmes ont été torturés entre les années 1954 et 1962. Les essais nucléaires et l’éclatement de la bombe atomique de REGANE dans le Sahara ont eu lieu en même temps. 


Nous ne sommes pas d’accord de continuer à maintenir que vous ayez, Monsieur le Président, les pleins pouvoirs, ni vous ni qui que ce soit, de menacer de détruire une partie de l’humanité et de la planète et d’essayer de prouver à l’opinion publique que c’est ainsi que peut se réaliser la défense de la France. 


En 1956-1957, au cœur du drame algérien, les pouvoirs spéciaux de police n’auraient jamais dû être donnés à qui que ce soit et à plus forte raison à l’armée. Vous dites en effet que ce système légalement institué a favorisé la disparition, et a permis les tortures d’une multitude d’hommes dont celle de Maurice AUDIN. De même, nous ne devrions jamais détenir le pouvoir de détruire l’Humanité de quelque manière que ce soit. A plus forte raison, en fabriquant des armes nucléaires et en nous faisant croire que notre défense repose dans le pouvoir que nous nous octroyons de nous en servir pour détruire une partie de la planète.


Monsieur le Président, nous sommes une multitude de membres de la République à faire partie d’associations telles que le MAN, l’ADN, Stop Nucléaire etc … dans lesquelles nous vous demandons de manière instante et urgente, un geste, une parole, une décision semblables à celles que vous venez de prendre, à propos de ce que la France a fait de manière légale en Algérie particulièrement pendant la bataille d’Alger durant l’année 1957. 


Arrêtons dans l’immédiat l’armement nucléaire de la France de  manière unilatérale. Cette décision de stopper la fabrication des armes nucléaires et d’arrêter de nous menacer de nous servir de telles armes, c’est ce que nous attendons de vous, Monsieur le Président, aujourd’hui même, sachant que nous sommes en train de faire l’inverse de ce que nous avions promis dans le concert des Nations en signant le traité de non-prolifération des armes nucléaires ( TNP)


Le terreau dans lequel l’arme nucléaire continue de proliférer est un terreau légal, décrété par le parlement, le gouvernement, la présidence de la République, la vôtre et celle de vos prédécesseurs.


C’est ce que nous vous demandons de stopper. Nous cherchons de l’argent en France pour vraiment faire la guerre à la pauvreté et à la misère comme le disait l’Abbé Pierre. Arrêtons de dire qu’il n’y a pas d’argent pour stopper la pauvreté. Quand on dit cela, c’est un mensonge d’état. En effet, l’argent de l’Etat est pulsé dans l’armement nucléaire, sachez Monsieur le Président, que là aussi nous attendons de vous un geste historique. En arrêtant de verser l’argent du peuple français dans le nucléaire, nous pourrons éradiquer dans l’immédiat la pauvreté et l’illettrisme.  


Recevez, Monsieur le Président, mes sentiments respectueux et reconnaissants.

 Lucien Converset
 

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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 20:06
C'est moi qui ai cassé le petit Ginkgo Biloba !

Mercredi 4 juillet 2018

 

    Lorsque Jeannot et moi nous avions constaté que le petit Ginkgo Biloba avait été cassé le samedi 23 juin, je me souviens que dans l’immédiat j’avais rêvé que les choses se répareraient. J’avais pensé qu’un des jeunes qui s’était amusé autour du petit arbre ce samedi-là, viendrait un jour reconnaitre : « le petit Ginkgo Biloba, c’est moi qui l’ai cassé. »


J’avais tout d’abord « porté ma plainte » auprès de vous, amis, planteurs de ce petit arbre, symbole de résilience et de résistance pour empêcher que notre humanité soit anéantie par l’arme nucléaire.


Notre peine était grande, car le terrain communal du fait de la plantation de ce petit arbre, était devenu un étonnant jardin public de rencontres, dans la recherche de rapports non violents entre nous tous, en veillant à ce qu’il n’y ait pas d’exclus pour les fêtes et réunions que nous organisions.


Une de nos amies, Toinette, avait alors écrit dans le journal, le Progrès : « Les enfants de la commune apprennent avec le petit Ginkgo Biloba, qu’un arbre ça se soigne, ça s’arrose, parce qu’il doit vivre longtemps. Il les rend heureux, ce Ginkgo Biloba, qui explique le danger de la violence, de la guerre, de la menace nucléaire.»


Nous avions aussi « porté notre plainte » auprès de vous amis de « Palestine Amitié », planteurs de 1000 oliviers pour la paix. Et Rachel qui est en partance pour faire le tour du monde à la rencontre des « jardiniers de paix », avait suggéré : « Comme à la tente des nations en Palestine où nous sommes allés en 2013, quand on constate la casse d’un olivier, on ne se laisse pas abattre. La solidarité s’organise. On replante deux oliviers. »


A la soirée de la journée des voisins, le 1er juillet à Dampierre, à la table mise au pied du petit Ginkgo Biloba tout pantelant, Jeannot et moi nous avions entendu nos convives nous dire : « On a discuté entre voisins avant que vous n’arriviez. On va se cotiser, et vous offrir un Ginkgo Biloba à replanter à l’automne… » J’avais partagé ce fait à la journée de jeûne d’ADN, lundi 2 juillet…


Qu’est-ce que ça nous faisait mal aussi de nous retrouver aux abords d’un petit Ginkgo Biloba brisé, pour préparer le campement MRJC à l’occasion du festival international pour la paix, qui aura lieu du 2 au 5 août à Micropolis à Besançon.


Qu’est-ce que ça allait être douloureux d’apprendre cette cassure du petit arbre à Diana, Marie-Emmanuelle et Lucile, qui avaient tant de cœur à arroser son terrain d’enracinement. Gilbert leur avait annoncé en octobre 2017, alors qu’elles sortaient de l’école, qu’elles avaient reçu le prix Nobel de la paix, décerné à ICAN ( Organisation Internationale pour demander l’arrêt de l’Armement Nucléaire) Gilbert leur avait expliqué : « Le prix Nobel de la paix vous est attribué à vous aussi, puisque de manière très concrète, vous continuez à faire vivre ce symbole de notre lutte non violente pour demander instamment l’arrêt de l’armement nucléaire de la France de manière unilatérale »


Malgré la cassure du petit Ginkgo Biloba, Jeannot s’était dépensé. Il avait trempé de sueur plus d’un maillot de corps afin de rendre accueillant le lieu-dit « La Source », sise en contrebas de la plantation du petit Ginkgo Biloba. C’est au bord de cette source que nous planterons les tentes du campement MRJC et Mission de France, les 30 et 31 juillet.


Oh, elle était toute petite, très petite mon espérance, qu’un jour, un des jeunes qui viennent se rencontrer pour causer à l’endroit où on a planté le petit Ginkgo Biloba, trouve moyen de dire : « C’est moi qui ai cassé le petit Ginkgo Biloba. » Mon espérance était infiniment petite. Mais elle était. Elle était ancrée, enracinée comme la petite graine de la petite fleur qui arrive à pousser dans le désert. Lorsque Christian de Chergé parlait de l’espérance, quand avec ses frères de Tibhirine, ils la cultivaient dans leur jardin intérieur et communautaire, Christian disait : « La petite espérance nous pousse vers ce qui ne se voit pas »


Chers amis planteurs d’arbres, la petite fille espérance qui essayait de se loger au profond de mon être, afin de me pousser à faire confiance qu’un jour, un jeune trouverait moyen de dire que c’était lui qui avait cassé le petit Ginkgo Biloba, et que tout cela pouvait se réparer, eh bien la petite fille espérance vient de faire surgir une joie intense et humble en même temps, en moi et j’en suis confiant, entre nous tous.
Un jeune gars de 15 ans vient de dire : « C’est moi qui ai cassé le petit Ginkgo Biloba ». Ça s’est passé à la source de notre village de Dampierre le mercredi 4 juillet 2018 en fin d’après-midi et voici comment.


Maryse Marchand m’a ramené dans l’après-midi de la réunion du CA de l’association des amis de Gaby Maire. Nous nous sommes redit à cette réunion, combien ça avait été important de nous laisser habiter par la petite fille espérance dans la lutte que nous menions depuis bientôt 30 ans, pour que soit établie la vérité sur la mort de Gaby, afin d’empêcher et enrayer l’impunité des crimes au Brésil. Nous avions maintenu notre relation notamment avec l’avocate Veronica, et un jour d’octobre 2017, nous était parvenue cette déclaration du juge Feu Rosa : 


« Il ne me reste une fois de plus, qu’à demander qu’on m’excuse, excuses pour moi particulièrement amères.
Excusez-moi France, parce que la mort de votre fils Gabriel reste impunie.
Excusez-moi Eglise catholique de France, parce que notre omission a fait d’un père un martyr.
Excusez-moi Père Gabriel, excusez-moi Père pour l’absence de justice.
Excusez-moi !
Ainsi est décrétée l’impunité, je veux dire, la prescription. »


Je viens de dire Au revoir à Maryse, qui repart en direction de Besançon. C’est alors que Jeannot me téléphone en me disant: 
Jean-Luc : « Je suis en panne avec la tondeuse, dans la pâture des ânes à côté de la grotte préhistorique… Faudrait que tu viennes m’aider »
Lucien : « Je descends te retrouver »


Je prends le petit chemin qui est en dessous chez le pépère et la mémère Tabourot. Jeannot a merveilleusement nettoyé ce chemin pour préparer le campement MRJC. C’est un des chemins de mon enfance. J’arrive à la Source de mon village. Malgré la chaleur torride qu’il fait en ce moment, malgré les orages récents qui ont tout chamboulé son pourtour, malgré les détériorations que souvent nous provoquons durant nos séjours à ses côtés, aujourd’hui encore, au moment où je parviens près d’elle, la Source coule toujours paisible et claire. J’aime entendre le chant de l’eau et le gazouillis des oiseaux qui viennent s’y désaltérer. 


Cinq jeunes ados sont là en train de causer. Certains assis sur leur petite moto et d’autres les mains appuyées sur le guidon de leur vélo. Je les salue. J’en reconnais quelques-uns. J’ai parlé l’autre soir avec eux devant l’église que j’avais ouverte le matin même. Je leur avais dit, sans dramatiser, que le petit Ginkgo Biloba avait été cassé. Ils ne s’en étaient pas aperçus. Je leur avais dit que cela nous faisait une grande peine. En effet nous avions planté ce petit arbre avec les membres de l’association ADN, pour tenter d’arrêter le risque de destruction massive de notre humanité, par la folie de l’éclatement de l’arme nucléaire dans le monde… Et parce que nous voulions que cette menace s’arrête, nous demandions à notre pays La France, de stopper la fabrication et le commerce de l’arme nucléaire de manière unilatérale. Je leur avais dit pourquoi nous avions planté ce petit arbre, parce que c’était lui, le petit Ginkgo Biloba, qui avait résisté et repoussé après l’éclatement de la bombe à Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. Ces jeunes adolescents m’avaient écoutés je crois. J’avais ajouté que ce serait beau, afin de pouvoir réparer la casse du petit arbre, que celui qui l’avait brisé, sans doute malencontreusement, puisse venir nous le dire. Alors, nous pourrions réparer les choses, maintenir le symbole de paix qui règne en cet endroit.


Je souhaite donc de bonnes vacances à ce groupe de jeunes devant la Source. Je continue mon chemin pour aller aider Jeannot à dépanner la tondeuse. Je n’ai pas fait 100 mètres que j’entends l’un de ces jeunes me rappeler : « Lulu ! Lulu ! » Je suis étonné. Je me retourne. Je reviens sur mes pas. Le jeune qui vient de me rappeler fait quelques pas dans ma direction. Nous nous envisageons, son regard, je me souviens est très clair en même temps que très gêné. Il me dit : « C’est moi qui ai cassé le petit Ginkgo Biloba … Je voudrais en replanter un… »  Je luis dis alors : « Ta parole me touche profondément. J’espérais tant que ce jour viendrait où un jeune me dirait ce que tu es en train de me dire : « C’est moi qui ai cassé le petit Ginkgo Biloba. » Je te remercie, je t’embrasse.


Je vois bien que ce jeune est étonné de la manière dont j’accueille sa démarche. Je sens qu’il se passe aussi quelque chose chez les copains. Je leur dit : « Je vous remercie. C’est avec vous que j’avais causé du petit Ginkgo Biloba l’autre soir. Vous avez sans doute aidé votre copain à dire que c’était lui qui avait cassé le petit arbre. Voilà que grâce à vous et avec vous tous, nous allons pouvoir réparer. On fera ça en novembre de cette année, quand la sainte Catherine sera venue. »


En souriant, ce jeune qui m’apporte tellement de paix me dit : « J’ai fait le jus de pommes avec vous à l’école de Ranchot, avec Mme Nicot, quand j’étais gosse. Je lui demande quel est son beau prénom. En entendant sa réponse, je suis heureux de découvrir que je suis ami d’enfance de sa grand-mère. 


Nous nous communiquons nos adresses. En leur disant au revoir, je me dis en moi-même : « qu’est-ce que j’ai bien fait aussi de ne pas me laisser entrainer dans la violence… le soir où, avec Jeannot  nous avions constaté la casse du petit Ginkgo Biloba ». J’avais été tenté de ne plus vouloir ouvrir l’Eglise, de ne pas laisser les jeunes y emprunter des chaises pour s’asseoir et causer… de ne plus causer avec eux… Et voici que j’ai été comme poussé vers ce qui ne se voyait pas. Et voilà que ça a fait naître la démarche de ce jeune grâce aussi à ses copains … Et puis voilà que le sens est retrouvé de continuer à faire démarrer plein de rencontres à partir du petit Ginkgo Biloba. A ses côtés il se raconte et il se comprend tellement de choses; certes il est cassé, mais vient de surgir en nous tous, grâce à la présence de la petite fille espérance, que nous allons pouvoir continuer la création d’une plénitude de liens et de lieux de paix.


Je continue mon chemin pour rejoindre Jeannot, il est en train de peiner à remonter la tondeuse, je lui dis alors ma reconnaissance pour ce que je viens d’apprendre. C’est à toi en premier que je l’annonce, cette bonne nouvelle : « un jeune vient de me dire que c’est lui qui a cassé le petit Ginkgo Biloba. Jeannot, tu y es pour beaucoup dans ce qui vient de se passer, tu m’as appelé pour que je descende t’aider ; je suis alors passé par le petit chemin qui conduit directement à la Source. Tu l’as rudement bien aménagé, à tel point qu’on a envie de le prendre, c’est grâce à ton travail que j’ai rencontré ce groupe de copains. » Jeannot sourit.


Tout en remontant la tondeuse à la maison, je continue de raconter à Jeannot ce qui vient de se dénouer, nous passons alors devant chez Diana.
Diana nous entend passer, elle nous rattrape, elle a le visage triste, elle vient seulement de constater cet après-midi que le petit Ginkgo Biloba était cassé; je ne lui avais pas encore raconté.
Diana: « J’ai eu un peu mal au cœur tout à l’heure quand avec Lucille, j’ai vu que le petit Ginkgo Biloba était cassé; qu’est-ce qui s’est passé ? 
C’est dramatisant comme il est cassé. Est-ce qu’on va pouvoir le faire repousser ?


Nous vivons alors un moment très particulier, j’ai à recevoir et accueillir la peine de Diana et de Lucille, et en même temps, je suis pressé de leur annoncer que grâce à ce que je viens d’entendre de la bouche d’un jeune, on va pouvoir entreprendre une démarche de réparation des dégâts provoqués par la cassure du petit arbre.


Je raconte donc qu’effectivement il y a une dizaine de jours, le petit Ginkgo Biloba était cassé, je lui dis le travail de la petite fille espérance, et très vite je raconte la rencontre avec ce jeune et ses copains qui vient de se réaliser. Diana est heureuse. Elle est comme libérée, elle me dit : « Je repensais en voyant le petit Ginkgo Biloba cassé à toutes les fois où on avait arrosé ses racines avec Marie-Emmanuelle et Lucille, des fois on disait on va arroser le petit arbre pour Fadila, car elle s’était émerveillée devant le petit arbre et elle nous avait demandé, quand vous l’arroserez, vous penserez à moi. »
Comme tous les enfants, Diana est sensible à ce qui est planté, à ce qui grandit dans la tranquillité, à ce qui pousse bien et porte du fruit.


Le petit Ginkgo Biloba a déjà tellement permis que des liens de paix se créent entre beaucoup de gens parmi nous, mais en même temps, Diana est tellement touchée quand quelque chose se casse ou se déchire dans le tissu de relations qu’elle a contribué à créer … Elle a horreur de ce qui abime la vie, sa vie et celle des autres, et particulièrement celle des petits… , qu’elle éclate de joie lorsque je lui annonce que ce jeune est venu nous dire que c’était lui qui avait cassé ce petit arbre, et qu’il voulait en replanter un. Nous allons pouvoir réparer ce qui a été brisé.


D’où ça peut bien venir que quand il nous est arrivé de casser quelque chose, et à plus forte raison une relation, voilà qu’il nous vient de chercher et trouver un chemin de réparation.
Je suis émerveillé d’être témoin comment Diana pense que Dieu peut être la source de tout ce travail d’élévation de notre humanité.


En nous dirigeant, Diana et moi vers le petit Ginkgo Biloba cassé, afin de déposer sur ses pieds un seau d’eau, nous pensons aussi à aller exprimer à Dieu notre reconnaissance.
Diana : « Je voulais te demander: Marie, est-ce que c’est le nom de la femme de Dieu ? 
Lucien: Dieu en qui nous nous confions, toi et moi, n’a pas de femme mais il est relié, il a fait alliance avec toute notre humanité, et quand nous cassons quelque chose entre nous d’important, il maintient son alliance entre Lui et nous.
On le sent bien dans la manière de vivre et d’aimer qui habite Jésus.


Diana me reparle de sa professeur de français, elle nous a raconté tous les kilomètres que les enfants d’Afrique sont obligés de faire à pied pendant de longues heures pour venir à l’école.
Elle nous a fait écouter une chanson ou on entend un enfant africain  dire : « Je veux à manger, je veux la paix »  Diana me dit, c’est dommage qu’on retrouve des oiseaux morts. Quand on en retrouve qui sont blessés, il faut les porter à quelqu’un qui s’en occupe. Mon papa, quand il était jeune, il avait un petit chien, et un jour il l’avait perdu; il pensait qu’il était mort, et voilà qu’il est revenu, qu’est-ce que mon papa était heureux de l’avoir retrouvé.


Je lui dis, qu’est-ce qu’elles sont belles ces histoires, comme celle de Bim le petit âne, où vous, les enfants, vous nous interpellez à savoir réparer ce qui est cassé.
En nous disant au revoir, Diana me dit : « Est-ce c’est un peu sûr qu’on va replanter le petit Ginkgo Biloba ? »

 

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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 12:41
Jamais de tels actes en notre nom

Comme dans beaucoup d’endroits en France, à Poligny et à Lons dans le Jura, le cercle de silence  a été institué à Dole le premier samedi de chaque mois où il a lieu à 10 heures. Il a pour but d’exprimer les cris des gens exclus et rejetés de notre société, et d’empêcher que des familles sans papiers soient mises en centre de rétention ou expulsées.


Ce samedi 6 janvier 2018 nous apprenons qu’une famille kosovare de Dole a été expulsée le 29 décembre « manu militari » par un cordon de 8 policiers.


Sous le régime de Vichy, par les décrets de lois injustes et scélérates,  le gouvernement français envoyait ses gendarmes traquer de jeunes ouvriers, étudiants et paysans pour les emmener au S.T.O. en Allemagne. De même pour la capture d’enfants juifs ou de nombreux résistants cachés dans les fermes de nos villages, afin de les déporter en camps de concentration. L’écoute de ces faits m’a toujours blessé et fait mal. Longtemps après, c’est avec une profonde émotion que j’apprenais comment s’étaient constitués des réseaux de résistance à des actes odieux.


Les gendarmes d’une brigade s’entendaient intimer par leur hiérarchie  l’ordre d’aller chercher tel jeune dans tel village à telle date. La gendarmerie à l’époque se déplaçait à vélo. Un de ces gendarmes, pensant en conscience qu’il ne pouvait accomplir un tel acte, prenait son vélo personnel, partait en civil - la veille du décret du jour de capture – dans la famille du jeune homme. Il lui disait : « demain à telle heure arrange-toi pour ne pas être là lorsqu’avec mes collègues je viendrai avec l’ordre de t’emmener. Va te cacher cette nuit afin que demain nous ne te trouvions pas ».


J’étais humblement fier que des gendarmes aient, de manière non-violente, démonté de l’intérieur le système odieux d’emprisonnement d’enfants de mon pays.


Aujourd’hui encore, n’est-ce pas sous l’édiction de lois injustes et scélérates que le gouvernement de mon pays, en ce Noël 2017 et jour de l’an 2018, est venu prendre une famille de Kosovars à leur domicile précaire pour les renvoyer  dans leur pays, où désormais ils courront certainement de grands risques pour leur vie. L’enfant de cette famille était scolarisé dans l’école George Sand à Dole. Un cordon de 8 policiers en armes pour capturer un homme et une femme et leur fils de 9 ans. Comment continuer de laisser  le secrétaire de la Préfecture affirmer « que cette famille acceptait sans difficulté de retourner au Kosovo » et qu’il était logique de les déloger car « ils occupaient un appartement dédié aux demandeurs d’asile ».


Samedi 6 janvier 2018 de notre cercle de silence nous avons voulu faire sortir le cri de ces exclus, nous avons rompu notre cercle de silence. Nous sommes allés devant la sous-préfecture manifester que jamais ce ne soit en notre nom que soient accomplis de tels actes « car nous sommes en démocratie et les actes de notre gouvernement nous engagent ».


Messieurs qu’on nomme grands, vous cherchez à vous justifier d’édicter de telles lois qui grignotent et font disparaître de notre pays la France le droit d’asile le plus élémentaire. Notre conscience nous appelle à constituer des réseaux de résistance non-violente tels que celui que je viens d’évoquer. Messieurs, ne prétendez pas parler en notre nom, au nom du peuple français, quand vous envoyez des policiers et gendarmes accomplir de tels actes de réquisition.


Je dis « Messieurs » parce que j’espère qu’au moins il n’y a pas de femmes dans ces processus qui conduisent notre humanité à l’abîme.


Combien d’enfants, de femmes et d’hommes morts pendant les fêtes, entre la nativité et le jour de l’an, noyés en Méditerranée, faisant de Mare Nostrum - notre mer - ,  mater nostra - notre mère - , le plus grand cimetière marin.

Lucien CONVERSET
Pour le Cercle de silence
Le 8 janvier 2018
 

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19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 12:40
Comment transmettre des "Paroles d'espérance"

Dampierre,  le 28 novembre 2017

 

Chers amis de l’aumônerie catholique des prisons et de l’hebdomadaire « La Vie »

 

C’est chez des amis visiteurs de personnes en prison, dans le Jura, que vient de m’être offert le calendrier « Paroles d’Espérance », pour l’année 2018.


Je me réjouis tout d’abord, en recevant ce calendrier des mains de mes amis, en voyant les photos et en lisant les paroles des 1eres pages : Malala Yousafzai, Vera Baboun, le pape François. Je dis à mes amis : «  Oh, je vois à qui je vais pouvoir offrir ce calendrier en cadeau de bonne année, tout d’abord, à une famille musulmane, où une jeune fille est en train de lire le livre de Malala : «  Moi, Malala, je lutte pour l’éducation » La jeune fille de cette famille a retenu par cœur les mots de Malala : «  Je suis persuadée que les rêves d’aujourd’hui seront les réalités de demain. » Puis, je vois Pierre Rabbhi : «  La sobriété permet de retrouver la vibration de l’enchantement. » Je me dis : «  Je vais pouvoir offrir à des amis de la confédération paysanne ce calendrier pour nous aider à lutter contre l’envahissement mortel du glyphosate. »


Je découvre au fur et à mesure que je tourne les feuilles de « votre calendrier » des noms de gens que je connais, comme Mahatma Gandhi, Vera Baboun, je me dis : «Je vais pouvoir offrir ce calendrier aux amis qui reviennent de Bethléem, aux amis engagés dans le M.A.N.V., mouvement d’action non-violente, dans le mouvement Palestine Amitié, planteurs de 1000 oliviers pour la paix. » Ce calendrier peut aider à lutter de manière non-violente, contre la colonisation d’Israël en Palestine. « C’est vrai qu’un environnement sain peut tellement aider à générer une mentalité saine », et « Je ne veux pour rien au monde étouffer cette voix qui est ma conscience. » Puis je vois les noms, les visages, je lis les paroles de Elie Wiesel, Amadou Hampâté Bâ, Nelson Mandela, Mère Térèsa, Liu Xiaobo, Bernadette Soubirous : «Je ne vivrai pas un instant que je ne le passe en aimant. »


Mais en tournant la page de « votre » calendrier qui était en train de se faire « mien», arrivant au mois d’août, quelle n’est pas ma surprise de trouver le visage de Hélie de Saint Marc avec ses paroles : « De toutes les vertus, la plus importante me parait être le courage ».


Alors, là, je suis sidéré et bouleversé que vous placiez sur nos routes du mois d’août et sur les endroits qui nous emprisonnent, des panneaux indicateurs comme ceux-là. Voudriez-vous revoir les personnes qui se sont arrangées pour se fourvoyer et proposer de telles pages et photos pour votre calendrier. J’éprouve certes un réel respect pour cet homme, Hélie de Saint Marc, comme pour tout homme. Mais à l’instant, il se passe en moi, alors que je suis encore chez mes amis qui m’offrent le calendrier, quelque chose de bouleversant. En effet, les noms des amis à qui j’avais dessein d’offrir votre calendrier, s’effacent de devant mes yeux et cessent d’habiter mon cœur. Une profonde tristesse m’envahit. Je ne pourrai pas leur faire le cadeau de Noël dont il m’était venu l’idée avec enthousiasme. 


En effet, comment proposer aux enfants de mes amis et à eux, comme vous nous le dites à chaque page de ce calendrier : «  Pour en savoir plus, lisez « Aventure et Espérance ». J’avais déjà lu et suis retourné le lire, le livre : « Mémoires d’Hélie de Saint Marc. »


J’ai malheureusement fait la guerre d’Algérie, comme des milliers de jeunes de ma génération. J’ai participé, hélas, à plusieurs opérations dans la dixième division parachutiste où Hélie de Saint Marc était sous-chef d’état-major de 1959 à 1961. A combien de ses enfants, mon pays la France a usurpé la vertu du courage qui habitait, certes, Hélie de Saint Marc, mais aussi le fond de nos êtres de 20 ans à nous tous. Lui comme nous, s’est fait avoir. Notre dignité d’hommes a été bafouée. Car, quand on abîme un autre homme, on s’abîme soi-même aussi. Dans quel but les forces de nos courages étaient mises en valeur ?, puis usurpées ? afin que soit maintenu sur le peuple algérien le joug colonial et que l’Algérie demeure française. C’était le but des opérations que nous avons accomplies sous les ordres du général Challe, dont Hélie de Saint Marc était un des officiers de son état-major.


A ce premier drame s’en ajoute un autre. Des généraux séditieux Challe, Salan, Zeller et Jouhaud, cherchent à prendre le pouvoir … La ville d’Alger tombe entre leurs mains le 22 avril 1961. Le général Challe entraîne dans cette recherche de prise du pouvoir, un nombre important de commandants dont Hélie de Saint Marc, commandant alors le premier R.E.P. (régiment étranger parachutiste) à Zeralda. Hélie de Saint Marc se répète la devise de la légion étrangère : «  Honneur et Fidélité » Et il écrit qu’il s’est dit à ce moment : «  mais l’honneur était-il dans l’obéissance absolue au pouvoir légal, ou dans le refus d’abandonner des populations qui nous avaient fait confiance ? » Pour soutenir le projet du général Challe, il fallut à Hélie de Saint Marc certes, beaucoup de courage, mais ce courage va se vivre et être accaparé dans quel but ? La prise du pouvoir des généraux et des commandants séditieux était bien dans le but de maintenir le pouvoir colonialiste de la France et que l’Algérie continue d’être française. Pour une fin odieuse, on utilisait des moyens nobles tels que le courage.


Cela me semble vicié de toutes parts. Je pense qu’il faut beaucoup de courage dans nos luttes pour nous libérer de la violence, mais  je refuse et fais objection à ce que nos courages et particulièrement quand on a vingt ans, soient utilisés à une fin et dans un but prédateurs. 


En mettant la photo d’Hélie de Saint Marc et en retraçant sa vie, qui est certes passée par les camps exterminateurs de Buchenwald, alors qu’il a à peine 20 ans, sur votre calendrier du mois d’août, en promouvant la vertu de courage qui a certes habité la vie de cet homme , et cela je le respecte profondément, je crains que vous concourriez une fois de plus, comme nous l’avons subi en partant en guerre en Algérie et dans toute guerre, à engager des hommes et des femmes à offrir leurs forces de courage ou à se les faire prendre, pour des causes ignobles et injustes.


J’ai lu intégralement « votre calendrier »  plusieurs fois. Pour bien des raisons et particulièrement celles que je viens de vous exposer, je ne peux pas le faire »mien » Du pape François, vous ne mettez que son visage. Avec tout ce qu’il fait et dit afin de nous aider à nous laisser travailler et habiter par la non-violence, je ne trouve qu’une fois mention de la non-violence dans tout le calendrier. C’est au mois de novembre, dans la relation de la vie de Martin Luther King.


Comment se fait-il que nous n’ayez pas eu idée, de proposer à nos forces de courage de nous engager sur le chemin du général Jacques Paris de Bollardière, qui a fait objection à la torture pendant la bataille d’Alger, des deux religieuses Léonie Duquet et Alice Domont, victimes de la dictature de Vidéla en Argentine ou du prêtre jurassien Gabriel Maire assassiné à Vitoría au Brésil le 23 décembre 1989 en raison de ses engagements avec les sans terres et les enfants des rues, et combien d’autres militants de la non-violence. Je ne vois pas d’écho dans le calendrier aux mouvements non-violents tels que le M.AN.V. ou I.C.A.N. à qui vient d’être décerné le prix Nobel de la paix en raison de sa lutte contre l’armement nucléaire.


Ceci dit, bien sûr que je maintiens mon estime pour ce que j’ai trouvé dans beaucoup de pages de « votre calendrier », mais je me refuse de le faire « mien » et de pouvoir l’offrir. Je suis très triste. Parce que je crois à votre mouvement de libération de nos prisons et de nos enfer-me-ments.


Dans l’attente de vous lire, je vous dis mon estime pour votre travail afin de nous aider à nous libérer de tout ce qui nous fait violence.


                                               Lucien CONVERSET
 

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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 16:19
En 1983 et en 2017
En 1983 et en 2017

En 1983 et en 2017

Cher ami Hugues AUFRAY,


Au lendemain de notre courte rencontre samedi soir 4 novembre, à la fin de votre concert à la commanderie de Dole, quand je suis allé vous offrir le poster du petit âne gris, je suis resté  sur une faim de ne pas vous avoir tout dit, pourquoi je faisais cette démarche.


Le lendemain, je racontais à une de mes sœurs ce que j’avais essayé de vous exprimer : en vous offrant l’image du petit âne gris, je voulais vous dire la reconnaissance de ce que vous nous aviez donné durant toute votre vie de chanteur. Ma sœur me dit : « Comme tu n’as pas pu tout dire à Hugues AUFRAY, le pourquoi de ta reconnaissance, écris lui donc ! », c’est ce que je fais.


En vous écoutant de vive voix exprimer vos si belles et profondes chansons, je voulais vous dire en mon nom, certes, mais aussi au nom de mes amis chanteurs et joueurs de guitare, de banjo, et de flûte, avec qui nous avons fait les colos et campements, combien vous nous avez marqués et appelés à nous engager dans l’animation culturelle.


C’était à la colo de Boujailles dans le haut Doubs, dans l’association des loisirs populaires de Dole et dans l’association Floriâne de Salins les Bains dans le Jura. C’était aussi dans les mouvements de jeunes : la JOC, le MRJC, et l’ACE et dans les ateliers des CAT. C’était aussi à l’école Jean Bosco et dans combien d’autres écoles et IME. Ces jeunes animateurs animatrices, instituteurs institutrices, éducateurs et éducatrices, avaient beaucoup de joie en vous imitant, de nous offrir : aux enfants, aux ados et à moi, de meubler l’intérieur de nos êtres, des paroles et de la musique de vos chansons. Plusieurs d’entre eux étaient là dans l’assemblée samedi soir 4 novembre avec moi et les amis qui m’avaient offert une place à votre concert. L’un d’entre eux, hélas, venait de mourir quelques jours auparavant : Alain SAILLARD. Je le représentais et le portais dans mon cœur pour que vous le portiez dans le vôtre.


Il faut que je vous dise en vous remerciant, que nos campements avaient pour but de rebâtir des fermes d’alpages jurassiens, l’été, pour venir y faire du ski de fond, l’hiver.


Nous réalisions cela avec des jeunes très éprouvés dans leur vie, mais tout remplis de trésors et de capacités. Souvent nos déplacements et ballades se faisaient au pas des ânes que des amis savoyards nous avaient offerts le 29 juillet 1981. Nous avions appris aussi dans ces démarches à planter des arbres, à les greffer avec mon papa et nos amis « croqueurs de pommes ».


C’est vous dire combien vos chansons, à propos du «  petit âne gris » et la chanson « Pour faire un arbre, pour faire un âne, pour faire un homme, pour faire un monde, énervant parfois le Bon Dieu dans son atelier » avaient des échos dans nos ateliers de colos et de campements.


Lorsque nous partons encore aujourd’hui ramasser des pommes avec les enfants des écoles, des villages des environs de Dole, « c’est le petit âne gris qui tire la charrette ».


Et je peux vous dire, cher ami Huques AUFRAY que, comme vous le chantez « il y met tout son cœur. »


Nous ramassons des pommes sous des arbres  que nos anciens ont plantés.
Et nous prenons goût et conscience avec les enfants, qu’en plantant eux-mêmes leurs petits arbres, ils vont rendre possible, qu’un jour d’autres enfants ramasseront des pommes sous les arbres qu’ils auront plantés eux-mêmes.
Vous nous avez aidés à reconnaitre, que pour faire ce monde de fraternité, de citoyenneté et de justice,  «  Mon Dieu, que c’est long. »
Il est tellement dur et difficile de nous démunir de nos violences et nous défaire de nos agressions !
A cette lutte, vous continuez à nous donner goût et espérance.


Aujourd’hui en effet, avec les enfants, nous continuons de marcher de villages en villages au pas des ânes et de planter non seulement des pommiers, mais aussi des Ginkgo Biloba en raison de leur résistance et résilience. Cet arbre, une fois planté, apprécie que les enfants viennent arroser ses pieds avec « l’eau vive » de nos fontaines jurassiennes. Nous faisons mémoire en accomplissant ces plantations, que cet arbre a résisté aux violences de la bombe atomique à Hiroshima et Nagasaki.


En nous approchant de « cet arbre aux mille écus d’or », nous ramassons ses feuilles pour nous démunir de nos violences et nous alimenter d’amitié dans nos réseaux de relations. Nous demandons et exigeons le désarmement nucléaire de la France de manière unilatérale.


Voilà tout le sens et le but de ce cadeau de la prière du petit âne gris que je vous ai offert, au nom de tous mes amis et en mon nom, de Dole, de Salins, d’Arbois, des plateaux du Doubs et du Jura et d’Algérie aussi. Car nous avons fait un campement en Algérie : c’était avec les jeunes du Jura, au pied du Djurdjura, en Kabylie. 


En allant planter le 5ème petit Ginkgo Biloba le samedi 25 novembre 2017 dans le village de Vevy près de Lons-le-Saunier, ce sera pour que la France s’arrête de fabriquer et de posséder l’arme nucléaire. 


Nous penserons à vous, cher ami Huques AUFRAY, car vous nous avez appris et aidés à « ne pas laisser mourir le petit âne gris au fond de son étable ».


Recevez de la part de nous tous, toute notre amitié reconnaissante et fraternelle.

Lucien CONVERSET, le 5 novembre 2017
 

Ginkgo sur la place de Dampierre

Ginkgo sur la place de Dampierre

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 08:22
Photo MCP

Photo MCP

Célébration de la vie, de la mort, de la résurrection
De notre ami Alain
Lundi 2 octobre 2017

 

« Comment tu savais, Alain, que notre humanité elle était là-dedans ? »

 

Chers Christophe et Emilie, Lison et Fanette, en union avec Ghislaine votre maman, 
Chère Colette et tes frères, 
Nous vous disons notre reconnaissance de nous avoir donné un tel ami : Alain.
A Vous tous, chers et nombreux amis, ce petit mot.

 

« Tu vas la monter, cette côte.
Allez, vas-y !
On est là pour t’aider.
On va quand même pas en rester là ! »

 

Ce sont tes paroles, Alain, à un garçon de la colo de BOUJAILLES. Nous sommes en train de terminer un campement. Nous rentrons à la colo. Nous affrontons la côte de DESERVILLERS. Je les entendrai toujours tes paroles, Alain.

 

Chers amis, si nous n’avons pas tous fait la colo de Boujailles, avec Alain, cependant n’avez-vous pas l’impression que nous avons tous expérimenté un jour ou l’autre une rencontre de cette trempe avec Alain ? Est-ce que ce n’est pas cela qui nous réunit aujourd’hui ? !


A certains moments de notre existence ne nous est-il pas arrivé de tomber dans la fosse de l’impossible ? Alors que nous nous enfoncions dans le fatalisme en disant ou laissant dire :
 « Je n’arriverai jamais à sortir du pétrin dans lequel  je suis tombé…
- C’est quand même pas à moi de faire le premier pas…
- On n’arrêtera jamais la fabrication des armes et leur commerce…il y a toujours eu des guerres…il y en aura toujours…
- c’est quand même pas à la France d’accueillir tous les migrants…
- d’ailleurs à l’impossible nul n’est tenu… »


Et si le véritable chemin d’Humanité était de se tenir à l’impossible. Voilà plus de 40 ans  Alain que tu es venu combien de fois nous chercher  et nous trouver afin de nous coltiner ensemble à l’impossible. 
Voilà que les gosses de Dole constituant l’association des loisirs populaires n’avaient pas de vélo pour monter réparer le Bouquillon, …eh bien  Alain, tu faisais appel à vous tous gens et amis de Dole pour que chaque gamin puisse monter de Dole au Bouquillon avec un vélo et puisse devenir et être le bâtisseur  de Bouquillon. Pareil pour la ferme du Paradis.
En même temps tu nous sensibilisais au drame de la dictature au Chili, aux risques très graves du nucléaire…et tu nous emmenais, nous partions avec toi à CREYS-MALVILLE, au LARZAC, à LIP.
Alain et toute une équipe que vous êtes, beaucoup grâce à ta force d’affronter l’impossible on créait ensemble les loisirs populaires dolois devant le fait que beaucoup de gamins de Dole n’avaient pas accès à de véritables vacances…il y a 40 ans…1977. Nous le disions avant-hier à la journée commémorative de Montjeux. Nous t’avons reconnu et nommé Alain : un des fondateurs des LOISIRS POPULAIRES de DOLE.

 

On raconte qu’un jour Camille Claudel était en train de sculpter le buste d’une femme dans un bloc de marbre. L’ouvrage est en train de sortir de la finesse et de l’ardeur de sa façon de tailler la pierre, avec ses mains de fée…Arrive une petite fille qui, en admirant ce qi se réalisait sous ses yeux, dit à CAMILLE CLAUDEL : « comment tu savais que la dame, elle était là-dedans ? »
Alain, là… ensemble avec tous les amis…nous avons envie de te dire :
« Comment tu savais devant les situations impensables dans lesquelles tu es venu nous rejoindre…comment tu savais que notre humanité elle était là-dedans ? »
Comment tu savais qu’il ne nous faut pas nous évader du réel mais affronter et se coltiner la difficulté, aborder l’impossible, ne pas éviter le conflit, déceler « ces choses cachées depuis le commencement du monde » comme l’écrit René Girard et nous le rappelle notre ami Daniel.
Comme la petite fille à Camille Claudel, nous avons envie de te demander Alain « où que c’est que tu allais puiser cette force qu’il nous faisait tant de bien de voir en toi ? »
Je crois que tu avais l’art de trouver et déceler assez vite ce que j’appellerais «les nappes phréatiques ». Tu avais le flair de trouver les personnes-ressources, tu nous en as fait rencontrer des « personnes phares » !

 

Aujourd’hui chacun de nous, en même temps, en communion - tu le  sens- nous sommes en train de t’exprimer Alain notre reconnaissance de nous avoir fait voir ce dont nous sommes capables. C’est là que tu allais puiser. En chacun des gens que tu rencontrais, tu croyais. Avec des moins que rien, que nous pensions que nous étions à certains jours, tu faisais de nous tous des plus que tout.
Tu savais que notre humanité elle était là-dedans, en nous, entre nous tous, en commençant par les plus petits, un peu, beaucoup comme dans le mouvement ATD-QUART MONDE.
Et ce don que tu avais de faire la fête, de nous rendre réalisateurs et acteurs de la fête, créateurs…faudra pas qu’on le perde, ce don !

 

J’ai été témoin…quand, à la ressemblance de Jésus, tu as remis ton souffle dans les mains du Père.
J’ai l’impression que dans ce sacré coffre que tu avais c’est le souffle de Jésus que tu laissais se loger, là-dedans…le souffle de l’évangile que nous venons d’entendre.
Il me semble que ton coffre reste ouvert. Tu nous demeures accueillant. La belle amitié que nous avons tissée avec toi nous autorise à continuer de venir y puiser cet esprit des Béatitudes.

 

Samedi 23 septembre, il y a 10 jours, nous réalisions à Besançon la marche pour la Paix, que nous avions préparée avec toi, Alain, au sein du mouvement A.D.N. affilié au M.A.N. dans lequel nous demandons instamment que dans notre pays la France nous nous défaisions, que nous nous démunissions de l’arme nucléaire de manière unilatérale.
Pendant cette marche une de nos amies, Pascale, est venue te voir à l’hôpital de Dole et tu lui as dit :
«  Qu’est-ce que tu fais là ? T’es pas à la manif ? »
Cher Alain, je crois que c’est ça qui va continuer de sortir de ton coffre d’ami : 
« Les amis, qu’est-ce que vous faites là ? Vous êtes pas à la manif ? »
Nous allons continuer de répondre à ton interpellation de manifester notre humanité dans les situations impossibles.
C’te manif que nous réalisons maintenant, c’est pour te signifier, Alain, ainsi qu’à tous les tiens  notre amitié reconnaissante de nous avoir appris de ne pas garder enfoui au fond de nous ce que tu nous as communiqué du souffle de l’humanité.


Une sacrée saga
La vie de Saïga !

 

Lulu pour les obsèques de son ami Alain Saillard

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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 17:03

Lors de la marche pour la paix à Besançon, ce samedi 23 septembre 2017, les marcheurs se sont arrêtés au pied du Ginkgo Biloba du Square St-Amour. Lulu a pris la parole au nom du mouvement ADN-MANV :

Marche de la paix Besançon Square Saint-Amour
Marche de la paix Besançon Square Saint-Amour
Marche de la paix Besançon Square Saint-Amour

Marche de la paix Besançon Square Saint-Amour

Chers amis,

 

- Du fait que nous avons grande difficulté de nous entendre les uns les autres en Humanité,

- Afin de nous envisager et d’arrêter de nous casser la figure,

- En préparant cette manifestation pour la paix,

- Nous avons entrepris de marcher au pas des ânes, d’arrêter de courir comme des insensés,

- Et d’écouter ce que les arbres cherchent à nous dire, à nous les humains et particulièrement le GINKGO BILOBA.

- Du fait qu’il a résisté à la violence nucléaire d’Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août 1945, cet arbre nous dit et nous appelle à résister à toutes violences, si nous voulons être Faiseurs de Paix aujourd’hui.

Cet arbre nous dit et nous appelle à ôter d’abord les violences qui sont en moi, en nous.

 

Amis de Besançon, vos ancêtres ont planté le Ginkgo Biloba du square Saint Amour où nous venons de nous arrêter, de nous planter quelques instants durant notre marche pour la Paix.

Mes ancêtres à Dampierre, dans mon village natal, en ont planté un aussi à peu près au même moment. De temps en temps, je vais m’adosser à cet arbre. Quand je frotte mon dos contre son écorce, j’entends et je comprends que l’arbre veut me parler. Je l’entends qui me dit : « Tu veux que la paix vienne dans notre monde, tu espère à la paix avec les autres, ne sens tu pas comme c’est important de faire la paix avec toi-même, en toi-même. Réconcilie-toi avec toi. Mets-toi à l’écoute de ce qu’il faudrait arranger au profond de toi »

L’autre jour, j’étais venu avec des enfants : Diana, Marie, Emmanuelle et Lucile afin d’arroser les pieds du petit Ginkgo Biloba que nous avons planté le 9 janvier 2016. Nous étions horrifiés parce que nous venions d’entendre : les menaces d’anéantissements de leurs peuples par les présidents TRUMPS et KIM JUNG-UN. Nous sentions un grand risque qu’ils aillent jusqu’à déclencher l’arme nucléaire.

 

Mais voilà que le petit Ginkgo Biloba se mit à nous dire, alors que nous mettions l’eau sur ses pieds : « Ne laissez pas votre président de la république, Monsieur Macron, se faire héliporter sur un sous marin nucléaire à Belle Ile en Mer. Cela est aussi horrifiant. » Nous comprenions que c’est en nous défaisant en France de l’arme nucléaire de manière unilatérale, que nous ferons arrêter l’armement nucléaire du MONDE. Nous n’étions pas fiers de l’attitude de notre président. Nous lui avons écrit que pour enrayer le risque de faire éclater le ventre de notre mère la Terre, nous commençons à exiger de notre pays que nous arrêtions de verser des milliards d’euros afin de perfectionner notre armement nucléaire.

 

Afin de nous main-tenir dans cette lutte, je propose que nous nous donnions la main, que nous nous Main – Tenions, que nous nous tenions par la main. Nous pensons particulièrement à nos amis malades, Alain, Jacqueline, Paul…

Ainsi nous nous maintenons en résistance et résilience par rapport à la violence, par rapport aux armements de la France et particulièrement par rapport à l’armement nucléaire.

 

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Présentation

  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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Désarmement nucléaire

Journée de jeûne pour demander le désarmement nucléaire unilatéral de la France,

tous les 1ers lundis du mois de 14h à 17h en hiver, de 16h à 18h en été, à Dampierre (39) avec un temps de partage et de réflexion animé par Lulu.

Et commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki entre les 6 et 9 août, chaque année.

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