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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 13:37

La vie reprend... Lulu est dans son nouveau chez lui... 

Voici une lettre qu'il a écrite le 20 mai. Merci à Appoline pour les photos.

Chanteau dans le Loiret, le 20 mai 2016

 

COMME UNE TAPISSERIE DE LURCAT

 

Après la célébration dans l'église du village de la vie et de la mort de Jean-Paul, après l'appel adressé à ses enfants et petits-enfants, ainsi qu'à nous tous à continuer ce qu'il a commencé, nous venons à la maison familiale vivre un moment de partage, d'une profonde fraternité.

 

Ce qui me marque intensément, c'est la présence de tous ces gens du village de Chilleurs-aux-bois, de tous les membres de la famille de Jean-Paul et Jeannine, et aussi de la famille de Michèle ... des collègues de travail d'Esther et d'Arnaud, venus de Charix dans l'Ain. Je suis heureux de retrouver Jean-Baptiste, professeur et artisan et de parler avec lui sur "l'élévation" dans  laquelle nous sommes interpelés par la médiation des escaliers qu'il fabrique.

 

D'autant plus que nous assistons à la rupture de tant de réalités structurantes de notre humanité, qui nous font nous casser la figure les uns aux autres et dégringoler dans des situations enfermantes.

 

Et nous voilà partis avec ma nièce Esther et Apolline sa filleule âgée de 17 ans, en direction de Chanteau, village distant de 20km, chez Jean-Marie et Hélène Muller ... En arrivant dans la cour, la joie de nous retrouver est grande pour Jean-Marie et moi, tant nous nous sentons en profonde communion dans la recherche de cette voix de la non-violence. Elle est, pensons-nous humblement, la seule possibilité donnée à notre humanité, de trouver une issue, une porte de sortie, la porte de sortie de notre enfer-me-ment, afin de trouver le centre vital qui va nous permettre de nous libérer.

 

Je présente à Jean-Marie ma nièce Esther et sa filleule Apolline. Jean-Marie sait, par un appel téléphonique que je lui ai adressé, que nous arrivons de l'enterrement  de Jean-Paul. Esther et Apolline savaient, durant notre court trajet, qu'elles m'emmenaient chez Jean-Marie Muller. Durant nos rencontres familiales ou à l'occasion de campements dans les plateaux du Jura, Esther m'avait souvent entendu parler de Jean-Marie et de la non-violence. Mais qui est Jean-Marie aux yeux d'Apolline ? Un de mes amis, dont la relation m'est précieuse. Mais Apolline ne se doute pas de tout ce que cette relation a comme conséquences dans ma vie. Il y a ce qu'a écrit Jean-Marie, il y a ce qu'on dit à propos de Jean-Marie et il y a ce dont on voudrait que nos mots explicatifs soient porteurs. J'ai balbutié dans la voiture quelques mots à Esther et à Apolline, afin de traduire la place que Jean-Marie tient dans mon cœur et dans ma vie depuis 1969 ... date du procès d'Orléans. J'avais appris l'existence de ce procès par Christiane Meyer, venue nous voir à la cure Notre Dame de Dole, où j'étais jeune vicaire depuis 3 ans. Nous formions là une équipe de prêtres avec Noel Girardet, Maurice Roux, Michel Damnon, Maurice Petit, Maurice Vandel ... Nous avions comme curé notre ancien supérieur du petit séminaire de Vaux: François Chaignat. Christiane était venue nous dire : " Je suis cousine de Jean-Marie Muller ... qui avec les prêtres Desbois et Perrin, sont en train de renvoyer leurs livrets militaires ... Ils veulent obtenir le statut d'objecteurs de conscience ... ce qui leur est refusé, parce qu'ils ont fait leur service militaire. Un procès leur est donc fait. L'évêque d'Orléans Guy Riobé les soutient. Est-ce que vous voulez vous solidariser dans ce soutien en signant cette pétition. Nono et moi nous avions signé, ainsi que Gaby Maire, Pierre Demoulière, (que je retrouverai au Brésil sur les pas de Gaby en 1999)

 

Quarante-six ans après, qu'est-ce que je suis heureux, d'avoir signé cette pétition !

Oui, il y a ce que l'on dit d'un ami écrivain quand on le présente à d'autres de nos amis, on voudrait tellement que les amis en question se mettent un jour à se nourrir de ce qu'écrit cette personne, et de sa pensée si nécessaire à notre humanité, de son dynamisme, de sa force de conviction. Il y a les mots pour dire tout cela, mais en même temps il y a la quête de signes autres que nos mots, afin de corroborer ce que l'on balbutie. On voudrait tellement convaincre en même temps que respecter.

 

Je me trouvais dans cette situation, lorsque Jean-Marie nous disait d'entrer et qu'ensemble, nous franchissions le seuil de la maison, avec ma nièce Esther et sa filleule Apolline. Je sais qu'elles ne vont pas pouvoir rester longtemps ... Elles vont devoir repartir rejoindre la famille à Chilleurs aux Bois.

 

C'est alors qu'il me vient l'idée de demander à Jean-Marie, s'il veut bien offrir à Apolline et à Esther, ce cadeau qu'il m'a fait il y a deux ans, quand j'étais venu les voir, lui et sa famille, à mon retour de Palestine-Israël ... Mon voyage avait consisté à marcher de Dampierre à Bethléem pour faire avancer la paix en nous démunissant en France de nos armes nucléaires de manière unilatérale ... J'étais venu chez Jean-Marie et Hélène pour leur signifier ma reconnaissance profonde pour la manière dont ils m'avaient alimenté tout au long de cette marche ... et aussi pour tout ce que j'avais pu boire, grâce à eux, à la source de la non-violence ... particulièrement pour tout ce qui m'était parvenu par les livres que Jean-Marie a écrit sur la non-violence et sa stratégie.

 

Et il y a un endroit dans la maison de Jean-Marie et Hélène, et c'est dans le grenier sous le toit, où sont étagés et sertis, comme des filaments, incrustés dans une merveilleuse tapisserie aux nombreux fils d'or, les livres que Jean-Marie a écrits. Ils sont au cœur d'étagères qui n'en finissent pas d'aller rejoindre les murs de chaque côté qui font tenir la maison. Mais peut-être que ce sont les livres qui font tenir les murs de la maison, tellement ils sont porteurs d'une pensée si nécessaire et vitale à notre humanité, je pense à la prestigieuse tapisserie de Lurçat, nous appelant à barrer la route au péril nucléaire.

 

Je demande à Jean-Marie : " Tu voudrais bien montrer ta bibliothèque à nos amies Esther et Apolline" - " Bien volontiers ..." Et nous voilà, grimpant par les escaliers de bois que nous entendons s'émouvoir de notre arrivée, par les bruissements qu'ils émettent ... Ils nous préparent à l'émerveillement qui ne tarde pas à jaillir de l'écarquillement des yeux et des balbutiements de la bouche d'Apolline et d'Esther, et aussi de mon être tout entier, au moment où nous entrons de plein pied dans le grenier. Je devine que cela serait un signe profond de notre reconnaissance, adressé à Jean-Marie, pour le travail de penseur qu'il réalise en cet endroit-laboratoire depuis plus de 40 ans. 

 

Photos prises par Appoline
Photos prises par Appoline
Photos prises par Appoline

Photos prises par Appoline

C'est là qu'est venue aboutir la réalisation de son 1er livre : " L'Evangile de la non-violence", qui va marquer tant de gens à travers la France tout d'abord, et puis le monde entier au fur et à mesure qu'il en fera le tour, grâce aux traductions qui s'en réaliseront. Je suis heureux de voir Jean-Marie, mettre la main dessus ce livre dans l'immédiat que j'en prononce le titre.

 

Je dis à Apolline : " Le plus tôt que je pourrai Apolline, je me débrouillerai pour t'en procurer un exemplaire, car hélas, il n'est plus édité. Je demanderai à Maggy de nous le trouver par Internet" Je trouve très beau aussi le moment, où dans la continuation de  notre contemplation commune, Jean-Marie empoigne le livre : " Désarmer les dieux" et qu'il nous dit avec une joie profonde et sûrement avec plus qu'un brin de fierté: "En voici la traduction en Arabe." Je pense en moi-même: C'est tellement important quand on a 17 ans comme toi, Apolline et que l'on est à la recherche du Dieu qui soit source d'Amour et non pas affublé de puissance destructrice et annihilante de ceux que l'on fait passer pour être nos irréductibles ennemis."

 

Esther est la marraine d'Apolline. Pendant que sa filleule se déplace d'un bout à l'autre des étagères afin de prendre des photos de quelques-uns des très nombreux livres qui ont été travaillés, compulsés par Jean-Marie, afin d'en produire les siens, Esther demande discrètement à Jean-Marie : " Quel est le 1er livre écrit par vous, que je pourrai offrir à ma filleule ?" Il lui répond" Le dictionnaire de la non-violence" Au moment où Apolline revient vers nous, je suis heureux de lui présenter le livre que Jean-Marie a écrit sur les moines de Tibhirine. Grâce à la couleur bleue de la couverture, je l'ai repéré sur l'étagère centrale de la bibliothèque. Avec beaucoup d'émotion, je dis à Apolline et Esther, que Jean-Marie l'a dédicacé à la mémoire de Gabriel Maire, prêtre français, assassiné le 23 décembre 1989 à Vitoria au Brésil. Gaby Maire est l'ami avec qui j'ai fait tout mon petit et grand séminaire dans le Jura. Comme les moines de Tibhirine, sa vie ne lui a pas été dérobée. Il l'avait donnée et offerte à la ressemblance de Jésus.

 

Je demande à Jean-Marie de nous épeler les noms des personnes dont il a écrit la vie et qui ont été les témoins artisans de la non-violence qui seule peut faire tenir le monde. Nous entendons les noms prestigieux et humbles en même temps, de Gandhi, de César Chavez, de Martin Luther-King, de Simone Weil, de Guy Riobé, de Jacques Gaillot, des moines de Tibhirine, de Pierre Claverie et de son chauffeur Mohamed, de Gaby Maire, des religieuses Léonie Duquet et Alice Domon ... et de beaucoup d'autres qui se sont nourris et alimentés dans le sermon sur la montagne de Jésus, dont Gandhi disait aux chrétiens que nous essayons d'être: " Vous avez dans l'évangile de Matthieu la mine qui contient les trésors capables de structurer notre humanité ... Il est urgent d'aller y creuser et y puiser... "

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 20:35

 

Dampierre le 24-09-2013

 

Vous vous souvenez chers amis, qu’en revenant de Bethléem, à la fin du mois de Juin, je vous avais partagé une découverte importante....

 

Je vous avais dit : «  je n’aurai jamais fini d’entrer à Bethléem, ou plutôt, je n’aurai jamais terminé, de laisser entrer en moi, le souffle de Bethléem ». C'est-à-dire que pour laisser s’élever notre humanité, la mienne et celle des autres, élever et éduquer nos enfants,  ou les enfants des autres qui nous sont confiés, il nous faut descendre, très profondément en notre humanité. Nous ne pouvons rester à la surface.

 

Qu’est ce que ça veut dire ? ça veut dire, me semble t’il, qu’à la manière et à la ressemblance de Jésus, nous sommes appelés à entrer en relation, en pourparler avec les gens qui sont en conflits. Il est important, de ne pas nous éviter, les uns les autres, de ne pas passer les uns à coté des autres, en nous ignorant, en nous méprisant, mais de nous laisser aborder les uns par les autres…

 

C’est en nous rendant là où il y a conflits, difficultés, risques d’explosion sociale, risques de guerre, en nous écoutant les uns les autres, que nous allons pouvoir désamorcer, ce qui risque de se casser, de se briser. C’est en nous faisant confiance les uns dans les autres, que nous découvrirons, nous nous découvrirons capables, d’être tous, les uns par les autres, des artisans de paix. Nous ne pouvons témoigner qu’un autrement est possible, que si nous sommes dans le réel de la vie. Nous ne pouvons offrir ou recevoir le témoignage d’une attitude non violente et le goût de s’y engager, que si nous appréhendons la situation conflictuelle.

 

C’est le réel qui est à considérer. Ce sont par les personnes bouleversées par leurs épreuves, ou habitées par des espérances, que nous nous sentons appelés à nous laisser toucher. Celui qui m’avait donné rendez vous à Bethléem, dans le lieu où il est né, il y a un peu plus de deux mille ans, m’a fait un peu plus comprendre, qu’il continuait de naitre, de venir au monde des exclus, à Bethléem, lieu d’enfer et d’humiliation, au pied de ce mur séparateur, de deux peuples frères, « frères de sang », comme dans beaucoup d’autres endroits de Palestine, d’Israël, et de la planète… C’est pour ça qu’avec tout un groupe d’amis de Besançon, voilà que nous nous dirigeons dans une quinzaine de jours, en ces lieux, Bethléem et d’autres, vivant le drame de la séparation, de l’injustice.

 

Voyager, aller, voir ailleurs, et pour nous rendre compte, prendre conscience, qu’à l’endroit de la planète où nous revenons, c’est aussi la foire d’empoigne, le royaume des préjugés, le forum des paroles assassines, et reniantes. C’est là où je reviens, où nous revenons, qu’il y a l’enfermement.  L’enfer est chez nous…

 

C’est bien là que nous revenons, dans ce réel, qu’il nous faut descendre,  essayer de modeler nos attitudes, sur celles de celui qui a dit,  et qui a fait ce qu’il a dit, celui qui a dit «  je ne suis pas venu juger le monde mais je suis venu pour le sauver ».

 

C’est un p’tit peu tout ça que nous nous sommes raconté, redit, réinsufflé les uns aux autres, tous ces jours à Dampierre, en vivant des partages d’espérance, en notre humanité, à partir de ce que réellement nous vivons, les uns, et les autres.

 

Il y avait, Jeannot et Béa, Alice, Bernadette, et nous avons vu arriver Adeline, Maggy, et Bernard et leurs petites filles Allissia et Noémie, Gilles le frère de Maggy, Hervé, Daniel, Christophe et Nadia et leur fille Soumaya, Pierre et Michelle (amie journaliste), Annelyse et Roland, Laurence et son mari et sa sœur, et beaucoup d’autres amis.

 

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Nous ne nous y attendions pas, mais nos cœurs étaient tout prêts à nous attendre, les uns les autres, à tendre les uns vers les autres.

 

Nous avons cheminé le long du chemin du halage, aux pas des ânes, Gamin et Grisette. Nous avons fait mémoire du dernier chemin emprunté par l’âne Isidore, de ce qu’il concourt à libérer dans l’être d’enfants en difficultés, au sein d’une association. Nous avons écrit à Tatiana et à Dimitri, et à leur fille Myrto, nos amis grecs de KOROPI, au sud d’Athènes, et nous avons reçu une lettre très belle que nous mettrons aussi sur le blog, où nous découvrons, ce qui est en train de se créer, et grâce à Tatiana et Dimitri et à beaucoup d’autres, qui rendent possible, que des enfants partent en vacances et se mettent à marcher aux pas des ânes, Isidore et deux ânesses, Lili et une autre,  et ainsi, et eux aussi, devenant artisans de paix, rendant possible que soit créé des temps de repos, de paix, de joie, pour des enfants. Car, en raison de la crise, ils n’ont pas la possibilité d’y accéder.

 

Nous avons appris et décidé que la fabrication du jus de pommes allait continuer, avec les enfants des écoles de Dampierre, de Ranchot, les jeunes du MRJC de Franche Comté, les amis des foyers Gevot et Emergence, de Dole, d’Orchamps, et on s’est dit que nous essaierions  de nous rendre le plus nombreux possible, à la fête de la vie à Orgelet, ce dimanche 29 septembre 2013. Parce que, c’est dans ces bouts de chemin, traits d’union, réalisés grâce aux autres, que nous nous sortirons de nos chagrins, des injustices, qui nous accablent…

 

Des situations où on a l’impression que c’est impossible, c’est ainsi que nous allons pouvoir nous en sortir, les uns grâce aux autres, et faire en sorte, que, le souffle de Bethléem change nos comportements. Là où nous sommes, dans l’enfer où nous vivons, pour que nous nous en sortions et que nous accédions à la lumière de l’espérance, remettons-nous à suivre la petite étoile, qui vient de réapparaitre sur nos chemins. Elle nous indique le chemin de l’action non violente, comme plein de témoins, qui nous ont précédés,  à la suite de Jésus, Gandhi, Tolstoï, Martin Luther-King, Jean Marie Muller, les sœurs Alice Domont, Léonie Duquet, les moines de Tibhirine, Gaby Maire, et combien d’autres artisans de paix, dans les pas desquels, nous avons soif de mettre nos pas.

 

Coucou.

 

A la revoyotte.

 

Lulu

 

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 21:28

Dampierre le 3 septembre 2013

 

 

Parmi les jeux qui comblaient ma vie d’enfant il y avait la cachette. Et notre joie de gosse était encore plus intense lorsque notre papa jouait avec nous. Il avait l’art d’entrer dans notre jeu. Cela réjouissait aussi notre maman. Nous étions ravis que notre papa nous cherche lorsque nous nous cachions. Mais comme nous étions heureux aussi lorsqu’il se cachait, que nous le cherchions, et qu’enfin nous arrivions à le trouver. Il jouait le jeu. 

 

Lorsque j’ai quitté DAMPIERRE, l’endroit de mes terrains de jeux d’enfant en direction de BETHLEEM l’année dernière, je suis parti en quête de l’endroit de la terre  où Jésus  le fils de Dieu avait caché sa naissance et sa façon d’aimer la terre des hommes là où il pouvait bien crécher.

 

  

J’ai un petit peu plus découvert qu’en lui JESUS, Dieu se cache au cœur de l’humanité, et c’est en Lui et en nous, par Lui et par nous, avec Lui et avec mous, que Dieu a lancé le jeu d’a qui perd gagne.

 

  

Je lis en ce moment un des trésors tout empreint de la saveur de l’évangile, la vie de la petite Thérèse de Lisieux. Dans ses « manuscrits autobiographiques » écrits de sa propre main, Thérèse nous raconte comment elle était heureuse d’entendre et voir son papa jouer à la cachette avec elle (page 49) Elle nous fait part de toute sa découverte, que c’est dans ces jeux-là qu’elle a senti combien elle était aimée.

 

Son appel à aimer le monde entier s’est joué dans ces moments-là.

 

En prenant le train en gare de Dole lundi, j’achetais le journal « La Croix » pour m’informer particulièrement du drame SYRIEN. Je trouvais l’appel de notre pape François à jeûner et prier samedi 7 septembre pour que nous ne partions pas davantage en guerre en SYRIE, que nous ne laissions pas la guerre appeler la guerre, la violence appelle la violence, mais qu’au contraire nous poursuivions sans plus d’hésitation des initiatives claires basées sur le dialogue et la négociation, avec l’appui de la communauté internationale.   

 

J’ai senti à travers cet appel qu’une fois encore Dieu fait part à notre recherche, demandant aux hommes que nous sommes , si nous voulons bien l’accepter et l’accueillir dans ce qui se joue de notre destinée. En Jésus-Christ le Verbe se fait chair. Dieu part à notre recherche. J’ai le sentiment qu’il nous dit : «  Que faites-vous ö hommes de ce que vous êtes ? Que faites-vous du vêtement de ressemblance que nous avons tissé ensemble depuis que mon fils a commencé d’habiter parmi vous ? Dans quel jeu dramatique vous embarquez-vous ? Quand vous découvrez qu’il y a de la casse chez les autres, pourquoi tomberiez-vous dans la tentation d’en rajouter. 

 

La où l’humanité est blessée, ne cherchez pas à engouffrer votre force de frappe ! En vous façonnant un visage et un cœur semblables à ceux de mon fils, est-ce que je ne vous ai pas fait détecteurs de ce qui risque d’exploser ? Mais capables aussi et en même temps de désamorcer vos violences ? Et par là celle des autres, de vos frères et vos sœurs »

 

En prenant le temps de jeûner et prier le samedi 7 septembre , en faisant cercle de silence, nous nous sentons appelés  à nous remettre dans l’attitude et la manière de faire comme TOLSTOI, GANDHI, MARTIN LUTHER KING, Gaby MAIRE, Alice DOMON, Léonie DUQUET, Jacques PARIS de la BOLLARDIERE, Jean-Marie MULLER, Guy RIOBE, les MOINES de THIBIRINE et beaucoup d’autres. 

 

Nous prenons le chemin de la Montagne de Galilée, où l’ami de tous, Jésus, nous fait prendre conscience qu’il est urgent de nous défaire de la loi du talion. 

 

Si nous sommes tentés par des déclarations de guerre, nous sommes capables aussi de revenir sur nos attitudes premières, agressives et guerrières. 

 

La guerre n’est pas fatale. 

 

Nous sommes remplis de graines de possible, nous sommes à même d’arrêter de fabriquer des armes, de vouloir en faire le trafic et particulièrement l’arme nucléaire. 

 

Prenons le temps d’aller relire ce que Jésus nous a dit dans l’Evangile de Matthieu : « Vous êtes fils de mon père – A cause de cela vous êtes capables d’être artisans de paix » Mt 5-9.

 

 

Une grande joie est en moi dit Dieu, notre Père : parce qu’en jouant à la cachette avec vous, je découvre tout ce qui est caché comme graines d’amour au profond de vos êtres… Plantez-les !

 

Et vous-mêmes, hommes et femmes de bonne volonté, vous découvrez ce qui est caché en moi, en Jésus mon Fils et votre frère.

 

Je ne suis pas un «  Dieu des armées » comme on a pu le penser et l’écrire jusque dans la Bible, mais je suis un Dieu « désarmé » comme vous le voyez dans la crèche de BETHLEEM à l’Eglise de la Mangeoire, et aussi sur la Croix en dehors de JERUSALEM.

 

C’est dans ces lieux que mon Fils se donne à aimer.

 

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Aux abords de cette mangeoire, au pied de cette Croix, laissez-vous interpeller à vous aimer les uns les autres comme mon Fils et moi nous nous aimons et vous aimons dans le souffle de l’Esprit.

 

« Seul, si cet Esprit souffle sur votre glaise, l’homme sera suscité, et l’Humanité pourra se mettre debout. Place sera faite à toutes et à tous »  

 

Photo : Lulu dans la grotte de la mangeoire 

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 08:35

Kovilj 30 janvier 2013

 

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En avant vous qui m’avez  appris à marcher pour la paix ! (Mt 5, 9)

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Parmi ceux qui m’ont aussi appris à marcher pour la paix, il y a les gens, les premiers qui m’ont appelé à manifester contre l’armement atomique. C’était en 1961. Je revenais d’Algérie où la guerre continuait de creuser des chemins de terreur. Nous y avions été forcés de marcher pour faire la guerre. Et  durant l’année 1960, en plein Sahara, la France faisait éclater la bombe atomique à Reganne pendant qu’à quelques uns nous essayions d’entrer en résistance par rapport à l’exécution du plan Challes qui consistait à traquer sur les pistes au fond des oueds et sur le flanc des Djebels les membres de l’ALN. En même temps nous avions l’ordre d’expulser  de leurs mechtas de leurs jardins et de leurs oliveraies et donc de leurs cultures vivrières, femmes, enfants et vieillards et de les faire marcher en les poussant comme de vulgaires troupeaux afin de les enfermer et parquer dans des « camps dits de regroupement ». Leurs pistes de toute beauté et leurs sentiers de vie devenaient tout à coup chemins d’exil, d’enfer-mement et de mort. Et nous en étions complices. Mais déjà sur ces sentiers de Kabylie, des Aurès ou de l’Ouarsenis, grâce à des amis « résistants », je pressentais qu’il pouvait en être autrement.

 

Il y avait des choses qui dépendaient de nous, de la manière dont nous osions faire objection.  Ami Jésus ! tu nous faisais comprendre que «  dans ces trains d’enfer où tu étais descendu nous rejoindre », si « il nous avait été dit œil pour œil dent pour dent, tu haïras ton ennemi (Mat 5, 38-43) ou encore «  il faut tous les tuer parce que ces hommes sont nos ennemis », en te fréquentant, tu nous appelais à une toute autre attitude : «  Et bien moi, je vous dis : » Aimez vos ennemis » (Mt 5, 44). Votre interpellation à manifester contre l’armement atomique, Maurice, Georges, Pierre, René, Claude, Pierre, Jacques, Michel, Hubert, Claude, Marcel, Guy, Alain, Hélène et combien d’autres… convergeait avec ce qui avait commencé à naître en mon âme et conscience sur les pistes des djebels algériens. Ça correspondait avec ce que nous avaient transmis «  Mathieu, Luc et les deux autres » de ce qu’ils avaient «  vu et entendu du verbe de vie » lorsqu’avec lui «  ils gravissaient la montagne,  pour y entendre le fameux Sermon ».1° Jean, 1, 3. et Mat 5, 6, 7). Il me revient aussi, Gaby Maire, tes appels à crier sur les toits qu’il nous fallait arrêter de fabriquer et trafiquer les mirages avec le Brésil.. C’était en 1967. Les marches que tu faisais et que tu suscitais pour la paix allaient te conduire à partir au Brésil, épouser la condition des petits et des pauvres et faire «  le choix d’une mort qui conduit à la vie, plutôt qu’une vie qui conduit à la mort ». Tu y seras assassiné le 23 décembre 1989.

 

Tu es de ceux qui m’ont beaucoup appris à marcher pour la paix. C’est depuis ton village natal, Port Lesney, réalisant à cet endroit mon premier campement d’enfant avec toi et une vingtaine de nos camarades et amis du Petit séminaire de Vaux, en direction du Mont Poupet, que je commençai à découvrir que faire la paix en soi et en direction des autres exigeait un certain « déplacement », un surgissement de l’ « illusion d’avoir » en direction du « bien être commun ».

 

Quelqu’un, Jean-Marie Muller va lui aussi beaucoup nous apprendre à marcher pour la paix dans le sillage  de Gandhi, Martin Luther King, Tolstoï et de beaucoup d’autres et parmi eux Jésus.

 

Jean-Marie saura, à partir d’événements qu’il vit, que nous vivons et dont nous sommes témoins et artisans, nous présenter et nous donner en nourriture « les graines de possible » qu’il aura ramassées dans un livre qui va marquer beaucoup d’entre nous : « L’Evangile de la Non-Violence ». Cela va susciter entre autres dans le Jura tout un collectif d’amis  qui tiendront et tiennent encore aujourd’hui à poursuivre ce qu’ils ont commencé en vue d’une paix effective. Combien de marches et démarches en vue d’arrêter les va-t-en- guerre que nous sommes, sont nées au lieu dit «  Le Martinet » entre Vaux et Poligny, chez Jean-Paul et Liliane Girod et leurs enfants. J’aimais, depuis Dole, venir souvent me munir de ce qui alimente et fait tenir, dans une recherche de solution de conflits de manière non-violente. Il faudrait bien que quelqu’un de ce collectif se saisisse d’un crayon et d’un cahier et ramasse, pendant qu’il est temps, ces semences d’action non-violente, ces actes et ces faits constituant notre histoire. «  Ramasser afin que rien ne se perde » (Jean 6, 12). Qu’en pensez-vous Claude et Henryelle, Gilberte, Etiennette, et Anne ? Ça sera nous aider à continuer à marcher pour la paix. C’est dans des groupes comme ceux-là qu’en 1974, notre ami JM Muller appellera des personnes comme Jean-Paul Girod, pour créer le MANV  (Mouvement pour une alternative Non-Violente). Lorsque l’Eglise de Jésus ne se laisse pas réduire à être une boutique mais se met à l’écoute de «  la visée du petit » (PS 13, 6). S’exprimant dans ce qu’on appelle les Mouvements d’action catholique tels que la JOC, l’ACO, le MRJC, le CMR, l’ACE, où l’on est jamais trop petits pour le dire aux grands, les services tels que la PPH (Pastorale des Personnes Handicapées)… alors les petits et les pauvres, ceux à la droite desquels Dieu lui-même se place (Ps 108, 31)  deviennent nos « référents pour la marche du monde, comme nous l’a fait découvrir Joseph Wrezinski dans le mouvement ATD Quart Monde. Ils ont beaucoup été mes maîtres d’apprentissage à marcher pour la paix, celles et  ceux qui, par leurs réunions et rédaction de tracts, jusque tard le soir et déjà très tôt le matin, organisaient marches et manifestations pour enrayer le chômage et le licenciement de camarades à Dole et à Lons et quand, avec Marcel Blondeau nous « allions à Lip » à Besançon…. Ou que les Lip venaient à nous à Foucherans !. C’est les marches et démarches de tous ces hommes et femmes, de tous ces jeunes en JOC et ACE, MRJC, les marcheurs pour l’égalité des droits avec Christian Delorme, le 9 novembre 1983… C’est tout ce souffle de paix sociale qui animait ces gens qui nous a formés et poussés à tricoter des liens avec les éprouvés et les réprouvés, les sans toit, ni loi, ni droit… Nous sommes ce que nous sommes les uns grâce aux autres. Il me vient aussi au coeur la démarche d’Alexis, de Jean-Marc et Marie-Louise, de Bernard, de Jacques, Elisabeth et Rachel et combien d’autres, marchant sur les chemins de Compostelle en quête du sens de la vie, la leur et celle de toute notre humanité. Je pense bien sûr aussi à tous les participants à cette démarche originale qu’est le Cercle de Silence et à tous les adhérents de l’association Siloé où la lutte de chaque jour peut bien être assimilée à une marche quotidienne. Je sens un nombre impressionnant d’amis qui effectivement, parfois avec leurs pieds et certainement avec leur tête, leur cœur et leur conscience se mettent à marcher avec nous, l’âne et moi. Tous les mots, les lettres et messages sur le blog, dessins peintures, articles de journaux, photos, interview radio ou télévisées qui me parviennent et auxquelles j’essaie de répondre, nous signifiant que cette marche pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral sont le fait de nous tous. Je me sens tout petit et heureux, relié à ce grand nombre d’hommes et femmes de bonne volonté, d’enfants avec leurs parents, leurs instituteurs et catéchistes. Et particulièrement en Juillet-Août de l’année 2012 lorsque des amis m’ont fait savoir au moment du douloureux anniversaire de l’éclatement de la bombe atomique sur Hiroshima le 6 août 1945 et sur Nagasaki le 9 août 1945 qu’ils faisaient avec Antoinette Gillet, un jeûne afin  qu’on ne refasse plus jamais ça à notre Humanité. Nos manifestations diverses allaient dans le même sens. Et il est très certain qu’au moment où  nous repartirons en direction de Bethléem, le 23 mars 2013, une fois que les cigognes seront de retour, que l’herbe aura repoussé en Macédoine, un appel à marcher, jeûner, écrire, peindre, afficher, chanter sera exprimé pour signifier que nous marchons dans le sens évolutif de l’Histoire.

 

 à suivre

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 06:00

Mercredi 5 septembre 2012 à Kovilj

 

 

Combien de rêves dans nos vies deviennent réalité. Enfant, j’entendais nos parents dire : «Vivement qu’on sorte de c’te saleté de guerre. » Et nous en sommes sortis. Nous avons vu, j’ai vu de mes yeux d’enfants les soldats allemands s’enfuit par la route qui va de Dole à Besançon, qui passe devant chez nous à Dampierre. Certes, pour se sauver, ils prient encore nos vélos, et nos chevaux… mais ils s’enfuirent… Et j’ai vu arriver les troupes françaises et américaines… Hélas, ce faut par beaucoup d‘aspects pour se laisser embarquer dans une autre guerre… économique essentiellement celle-là… elle dure encore et là aussi, il est fondamental pour s’en sortir, de se laisser habiter à nouveau par des rêves.

 

Ça me faisait de la peine que nous soyons brouillés avec nos voisins… enfants nous nous parlions quand même en cachette de nos parents… à leur insu… Des fois, nos parents découvraient que leurs enfants rêvaient que nos familles se « recausent ». D’une manière ou d’une autre, à l’école de la République ou au catéchisme de l’Eglise, ils s’étaient laissé dire ce que le prophète Jérémie rappelait aux gens de son peuple : « Ce n’est pas parce que les parents ont mangé des raisins verts, qu’il faut que les dents des enfants en soient agacées…. » Qu’est-ce que j’avais été heureux ce jour où j’avais entendu nos parents se reparler avec les parents des enfants voisins, recommencer à se redire bonsoir, pour que renaisse un beau jour entre nos familles…

 

Qu’est-ce que j’avais été heureux aussi le 19 mars 1962 quand j’avais appris la conclusion des accords d’Evian. J’étais renvoyé aux moments de mes rêves continuels pendant la guerre d’Algérie, et particulièrement lorsque je rêvais, je me souviens dans une petite orangeraie de Kabylie durent l’hiver 1959-1960. Je luttais et unissais ma lutte à celle d’autres camarades pour ne pas abîmer les mechtas et les plantations des régions que nous traversions, allant à contre-courant du Plan Challes qui nous demandait et nous obligeait à tout détruire… Nous résistions parce que nous rêvions que la paix un jour, se ferait… reviendrait… et qu’elle ne pouvait revenir qu’à travers des paroles, des signes et des faits de considération et de respect entre nous tous… si différents mais tellement complémentaires d’un côté et de l’autre de la « MARE NOSTRUM » la mer Méditerranée.

 

Les rêves de GANDHI, TOLSTOÏ, MARTIN LUTHER KING, MANDELA marquèrent ma vie à tout jamais. Toute ma reconnaissance à vous Jean-Marie MULLER et Hélène, Claude CHEVASSU et Henryelle et beaucoup d’autres, d’avoir permis que nous ensemencions ces rêves en nos jardins, de sorte que leurs rêves devinrent nôtres.

 

Lorsque l’INDE devint indépendante, le MAHATMA GANDHI venait d’être assassiné, mais son rêve commençait à devenir réalité. Lorsque Barak OBAMA devint président de le République des Etats Unis et que des noirs siégèrent aux postes de responsables civiques et politiques MARTIN LUTHER KING avait été assassiné mais son rêve commençait de devenir réalité. Lorsque NELSON MANDELA fut libéré de prison et fut élu président de la République d’AFRIQUE du SUD, l’apartheid commençait de tomber. Le rêve de Nelson devenait réalité.

 

D’accord : leurs rêves ne sont pas réalité en totalité. Raisons de plus de recommencer à rêver, espérer et agir en conséquence.

 

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Suite demain....

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 07:00

Début de la lettre : Où peut bien crécher le frère du pape ? #1  et Où peut bien crécher le frère du pape ? #2

 

Regensburg les 4 et 5 Juin 2012

 

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La sœur religieuse qui m’accompagne au pas de l’âne sait qu’elle a à me faire rencontrer le frère du pape. Il y a un endroit dans la ville de Regensburg qui doit être détenteur de la connaissance de l’adresse du lieu « où peut bien crécher le frère du pape ». C’est l’évêché ou bien la cure où habitent les prêtres de la cathédrale. Nous voilà arrivés entre des 2 maisons. J’attache l’âne Isidore à la rambarde d’un des escaliers. Ce ne sont pas les moments ni les endroits les plus marquants et rigolos pour Isidore. Pas d’herbe à manger. Des pavés sous les pieds ! Ça n’a rien de confortable pour l’âne. Heureusement qu’un gamin en compagnie de sa maman de temps en temps lui apporte une carotte ou une pomme à manger. J’explique à Isidore « que nous risquons d’en avoir pour un moment. La religieuse va nous aider dans notre cheminement pour la paix, afin d’arriver à trouver le frère du pape et lui remettre la lettre pour son frère en lui expliquant que ça pourra aider les évêques de France à vouloir entrer dans la démarche du pape de faire arrêter de manière urgente l’armement nucléaire en France, de manière unilatérale. L’Eglise a un pouvoir prophétique dans ce domaine. C’est fondamental dans sa mission qu’elle en use humblement et en même temps que ça se sache. Le fameux message du sermon sur le Montagne de Jésus, il ne fait pas le laisser caché sous le  boisseau (Mt 5, 15) Gandhi nous l’a souvent rappelé à nous chrétiens ainsi que Martin Luther King. Déjà Tolstoï dans son livre « Le royaume de Dieu est en vous. »

 

J’explique tout cela à l’âne en lui disant combien c’est important que nous sachions patienter et attendre. Je dis encore à Isidore : « Ne recommence pas à braire comme tu viens de faire ! Ça va alerter la police ! Mais après tout ! Recommence de braire ! Peut-être que ça va faire sortir en prêtre de ces 2 maisons immenses, quelqu’un qui va pouvoir me renseigner « où peut bien crécher le frère du pape Benoît XVI ! »

 

La sœur religieuse très sympathique revient essoufflée. Elle a dû courir dans toute la maison. Elle revient sans pouvoir me donner de réponses. Elle refait les mêmes démarches dans la 2ème maison. Sort de la maison une autre sœur religieuse à qui nous expliquons le pourquoi de ma démarche et que ce serait merveilleux qu’elle puisse nous indiquer l’adresse du frère du pape. La première sœur religieuse s’en va. Je la remercie et me voilà comptant beaucoup sur ce qui va venir grâce à cette 2ème sœur religieuse, qui rentre elle aussi à nouveau dans cette 2ème grande maison et qui revient un moins essoufflée que la première. Elle me signifie qu’elle est dans l’incapacité de me dire quoi que ce soit concernant le frère du pape.

 

Amis évêques et curés, hommes nous n’avons pas à donner à des femmes, religieuses ou mères de familles des semblants de pouvoirs dans les lieux appelés à être des lieux relationnels d’accueil et de réception. Tout cela est inverse de signes et faux semblants. Rendons possible que les femmes aient leur part de pouvoir dans l’organisation de l’Eglise, en nous défaisant de nos pouvoirs. Elles sauront bien de ce pouvoir faire un service avec toute la délicatesse et l’intuition qui les habitent et apprenons à agir à leur école.

 

La porte de l’évêché s’est refermée actionnée par la sœur. J’ai eu envie de pleurer. De la part de la sœur, pas de mots semblables à ceux que je venais d’entendre de la part de Thomas et Christa : « Wollen sie ein Café trinken ode rein Glass Wasser ?! » Ce fameux verre d’eau de l’évangile. Et surtout il ne m’était donné aucune réponse concernant l’adresse du frère du pape.

Ville de Regensburg, vous venez d’accueillir Benoit XVI qui en vous a tellement œuvré pour que l’Eglise soit signe d’accueil et de paix. Benoît XVI vous d dit : « Ici je me sens chez moi ! » Mais il vous l’a dit pour que tout homme puisse dire dans votre cité et particulièrement en vos lieux d’Eglise, surtout le passant, l’immigré, l’errant et le camp volant : « Ici je me sens chez moi. »

 

Le ticlet refermant la porte de l’évêché à notre nez venait de « taquer ». L’âne Isidore se mit à braire une seconde fois et me dit encore : « Elle ne t’a pas fait entrer la dame ? Qu’elle ne l’ait pas fait entrer moi, l’âne, par peur que je me mette à crotter, ou à braire, je comprends, mais toi, prêtre de l’Eglise, t’as même pas eu un café ou un verre d’eau de proposé… Moi l’âne que je n’aie pas eu de carotte comme tout à l’heure chez Christa et Thomas, au bar café… je comprends… la dame de l’évêché, elle n’avait peut-être pas de carottes mais que toi tu n’aies pas eu une chaise, un verre d’eau ou un café… Tu ne venais pas demander des sous. Aux gens qui veulent t’en donner sur le bord du chemin, tu dis bien, oh je l’entends… tu leur dis même en allemand : « Je ne veux pas d’argent : Kein Geld… Kein Geld… » J’ai bien vu ce que tu as fait l’autre jour à Ingolstadt quand on traversait la ville… l’argent qu’on t’avait remis de force dans ta poche, tu l’as redonné à des gens qui mendiaient et à d’autres qui jouaient de la musique dans la rue, parce que tu penses que cet argent ne t’appartient pas… Tu venais demander à la dame de l’évêché l’adresse d’un prêtre, le frère du pape, non pas pour l’agresser, mais pour le remercier de ce que son frère a fait pour la paix et continue de faire et voilà comment nous sommes accueillis dans l’Eglise… Oh ça sera peut-être autrement dans d’autres maisons de l’église. »

 

J’étais dans la joie que l’âne Isidore ait si bien saisi l’objet et sens de notre démarche en chemin pour Bethléem. Je pris dans une poche de mon sac à dos, la pochette qui convenait pour enlever le crottin que venait de faire Isidore sur la chaussée. Je le portai dans le jardinet voisin et me suis assis sur les marches de cette maison qu’est l’évêché.

 

Je me dis 2 choses. Peut-être que quelqu’un va venir entrer à l’évêché et je pourrai demander l’adresse du frère du pape. Et la 2ème chose qui fortifia ma démarche de vouloir absolument rencontrer le frère de Benoît XVI, et lui remettre la lettre qu je continuais d’écrire, c’est qu’il m’était arrivé plusieurs fois après 1997 quand j’étais prêtre à Salins, de faire un bout de chemin libérant et reliant avec des gens « sans-papiers ». Nous avions eu besoin de recours et appui de Dominique Voynet alors ministre du cabinet Jospin, pour empêcher que ces personnes émigrés et sans papiers soient rejetées dans leurs lieux à risques graves pour leur vie. Pour que nos démarches aboutissent le plus vite possible, je venais voir Monique, la maman de Dominique à Dole pour qu’elle fasse parvenir à sa fille qui avait beaucoup de travail, les papiers qui empêchent l’expulsion de telle ou telle personne en danger de mort. C’était souvent une question de jours. Je leur en suis très reconnaissant en union avec les personnes qui ont été sauvées.

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Présentation

  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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