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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 18:48

Un petit texte pour un temps de confinement, un temps de partage, à la mode Lulu... Ecrit par une grand-mère pour ses petits enfants et leurs parents...  

Mémoire d'ânes

Bonjour ! Vous me connaissez ? je m’appelle Rameaux ! Je chemine avec Lulu qui prend toujours soin de nous les ânes. Souvent, nous prêtons notre dos à des enfants et leurs parents, ou bien nous marchons à leur pas, tranquillement, et moi, je tire la charrette. Nous apportons paix et sérénité dans les cœurs.

 

Même en ce temps de confinement, Lulu sait nous écouter, moi et Gamin, mon compagnon. Il met les mots des hommes sur ce que nous partageons de cœur à cœur, pour les partager avec vous les humains.

 

Oui, je m’appelle Rameaux, et je porte le nom d’une fête des chrétiens, car j’ai reçu mon nom le jour des Rameaux. Je suis très fier de porter ce nom car Anona, un de mes ancêtres a vécu au temps de la première fête des Rameaux.

 

Il n’était alors qu’un ânon. Jamais personne n’était encore monté sur son dos. Il habitait du côté de Jérusalem. Ce jour-là, il était attaché à côté de sa mère, devant la maison d’Ibrahim, son maître. Et voilà que 2 hommes arrivent et les détachent tous les deux. Ibrahim les a vus ; « Hé !!! qu’est-ce que vous faites ? » Les 2 hommes ont juste dit « Ibrahim ! te fais pas de soucis ! C’est le Maitre qui en a besoin ! » Ibrahim n’a rien dit, il a aussitôt appelé sa famille pour suivre les gens qui se dirigeaient vers Jérusalem.

 

Ils sont arrivés vers un groupe qui les attendait. Le Maitre qui avait besoin de l’ânon s’appelait Jésus. Les gens ont déposé leurs manteaux sur le dos des ânes, d’autres ont mis leurs manteaux sur le chemin. Jésus est monté sur le dos de Anona. Anona n’était pas très rassuré ! Quelle responsabilité ! Ce Jésus aurait pu choisir un cheval, mais non, il l’avait choisi moi, un âne !  Jésus n’était pas si lourd que ça ! Il semblait à Anona que Jésus lui transmettait sa force, et ce qu’il vivait là était assez exceptionnel. Il y avait des gens qui coupaient des branches aux arbres et les agitaient pour suivre Jésus. D’autres gens faisaient un beau tapis de verdure sous les pas des ânes. Ils criaient tous : « Hosanna ! Hosanna ! » ce qui pourrait vouloir dire « Bienvenue ! Bienvenue ! ». Leurs cris étaient aussi des cris de demande : « Pense à nous, prends soin de nous, guéris nous ! ». Il y avait aussi des cris de merci : « Alleluia ! Merci ! Alléluia ! »

 

La foule est entrée à Jérusalem. Des gens de la ville ont demandé ce qui arrivait ! « Qui est cet homme ? » Et les foules répondaient : « C’est le prophète, c’est Jésus, il vient de Nazareth en Galilée.»

 

Aujourd’hui, moi Rameaux, je peux vous assurer que l’histoire de mon ancêtre, que nous nous sommes, nous les ânes, transmis de génération en génération, est restée dans nos mémoires d’ânes. Et je suis fier de m’appeler Rameaux, car mon ami Lulu est un disciple de ce Jésus. Et comme Anona, je suis heureux de rencontrer des enfants et leurs familles pour leur apporter un peu de bonheur.

Mémoire d'ânes

Voulez-vous aider à faire évoluer ce petit décor par un petit partage : quel mot vous vient au coeur quand vous allez voir un ami, quelqu'un que vous aimez ? 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 19:21

Ce dimanche 9 octobre à l'église de Dampierre, c'est Jean-Marc Balicot, diacre conscrit de Lulu, qui a fait l'homélie. 

 

Homélie de Jean-Marc Balicot

Me voici de nouveau revenu dans cette église de Dampierre.

Je ne sais pas si je suis le samaritain de l’Evangile que nous venons de proclamer. En tout cas je me fais l’interprète de tous pour dire un grand merci à cette équipe qui, tout récemment s’est envolée pour le Maroc, afin de mettre en route un pressoir, afin que, des gens du coin puissent tirer profit des biens de leur coin de terre. La charité ne consiste pas simplement à donner. Elle se doit de provoquer les personnes pour qu’elles deviennent ‘acteurs’ de leur propre vie. C’est bien dans ce but que nos amis jurassiens ont entrepris ce voyage. Cela est toujours source de partage et de découverte.

 

C’est bien cela, que découvre notre samaritain, notre samaritain le héros de l’Evangile de ce jour. Il sait reconnaitre et se servir de ce que peuvent lui apporter les autres. Le devenir du monde dépend de chacun de nous. L’amour échappe aux murs qu’on érige aux frontières qu’on ferme, aux mesures d’exclusion, aux persécutions qui isolent, aux pierres qui lapident, aux croix que l’on dresse. Dans tout cela, il est bien loin le samaritain qui accueille et transmet. Il veut aussi nous dire, que les biens de cette terre ne nous appartiennent pas et que le partage est de rigueur. C’est bien la leçon qu’il nous propose et qui peut nous remettre en cause. Cet homme peut ‘être’ pour chacun de nous, un modèle dans le domaine du partage.

 

La première lecture est une bonne analyse du comportement de chacun. Il nous dit, que notre désir de posséder n’est pas sans fondement. Mais il nous redit qu’il y a une marge entre avoir et accaparer.

 « Permet à ton serviteur d’emporter autant que deux mulets peuvent porter ». Tout homme a le droit de vivre décemment et le partage est de rigueur.

Un partage réussi sera une manière de rendre gloire au Seigneur et de lui dire : ‘Tu as fait connaitre ta victoire et révélé ta justice aux nations’.

C’est une manière de rappeler sa fidélité, son amour envers toutes les nations.

Alors pour le coup c’est une bonne raison de passer à l’action.

Partager, voilà bien l’Evangile de Jésus et St Paul nous redit avec vigueur : « on n’enchaine pas la parole de Dieu » .

Donc, acte.

A chacun de voir comment il peut soulager l’autre en faisant évoluer notre monde. 

 

Evangile du 9 octobre 2015 : Luc 17, 11-19

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 17:13

« Entre le Samedi-Saint et Pâques, la nuit n’est pas faite pour dormir ! » :

 

« A travers la fenêtre, sans rideau, depuis longtemps je vois une petite étoile me luire. Je ne dors pas. Mais entre le Samedi-Saint et Pâques, la nuit n’est pas faite pour dormir ! Les montagnes et les forêts attendent, elles m’entourent dans une émanation lumineuse. La pleine lune, pas à pas, élève, suspend sa face pieuse... Le soleil n’est pas levé encore : il y a une heure encore de cette immense solitude ! Il n’y a, pour garder le tombeau, que ces millions d’étoiles en armes, vigilantes depuis le pôle jusqu’au Sud ! Et tout à coup, dans le clair de lune, les cloches, en une grappe énorme dans le clocher, les cloches au milieu de la nuit, comme d’elles-mêmes, les cloches se sont mises à sonner ! On ne comprend pas ce qu’elles disent, elles parlent toutes à la fois ! Ce qui les empêche de parler, c’est l’amour, la surprise toutes ensemble de la joie ! Ce n’est pas un faible murmure, ce n’est pas cette langue au milieu de nous-mêmes suspendue qui commence à remuer ! C’est la cloche vers les quatre horizons chrétienne qui sonne à toute volée !... Vous qui dormez, ne craignez point, parce que c’est vrai que j’ai vaincu la mort ! J’étais mort, et je suis ressuscité dans mon âme et dans mon corps ! La loi du chaos est vaincue et le Tartare est souffleté ! La terre qui, dans un ouragan de cloches de toutes parts s’ébranle, vous apprend que je suis ressuscité ! Ainsi soit-il ! »

 

Paul Claudel (1868-1955)

Joyeuses Pâques à tous !

Joyeuses Pâques à tous !

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 11:00

Nos armes : un crayon, un dessin, un poème, une bougie, un cercle de silence, un partage, une prière, un temps de réflexion....

 

"Alors un des juges de la cité se leva et dit, Parle-nous du Crime et du Châtiment.

Et il répondit, disant :

C'est quand votre esprit erre au gré du vent,

Que vous, seul et imprudent, causez préjudice à autrui et par conséquent à vous-même.

Et pour ce préjudice, vous devez frapper et attendre dans le dédain à la porte des élus.

Comme l'océan est votre moi-divin ;

Il demeure à jamais immaculé.

Et comme l'éther il ne soulève que ceux qui ont des ailes.

Comme le soleil est votre moi-divin ;

Il ne sait rien des tunnels de la taupe, ni ne cherche dans les trous des serpents.

Mais votre moi-divin ne réside pas seul dans votre être.

Beaucoup en vous est encore humain, et beaucoup en vous n'est pas encore humain,

Mais comme un nain informe qui marche endormi dans la brume, à la recherche de son propre éveil.

Et de l'humain en vous je voudrais parler maintenant.

Car c'est lui et non votre moi-divin, ni le nain dans la brume, qui connaît le crime et le châtiment du crime.

Souvent je vous ai entendu parler de celui qui a commis une faute comme s'il n'était pas l'un de vous, mais un étranger parmi vous et un intrus dans votre monde.

Mais je vous le dis, de même que le saint et le juste ne peuvent s'élever au-dessus de ce qu'il y a de plus élevé en chacun d'entre nous,

De même, le malin et le faible ne peuvent sombrer aussi bas que ce qu'il y a aussi en nous de plus vil.

Et de même qu'une seule feuille ne jaunit qu'avec l'assentiment silencieux de l'arbre tout entier,

Le fautif ne peut commettre de fautes sans la volonté secrète de vous tous.

Comme une procession, vous marchez ensemble vers votre moi-divin.

Vous êtes le chemin et les voyageurs.

Et lorsque l'un de vous chute, il chute pour ceux qui sont derrière lui, les prévenant de la pierre qui l'a fait trébucher.

Oui, et il tombe pour ceux qui sont devant lui qui, bien qu'ayant le pied plus agile et plus sûr, n'ont cependant pas écarté la pierre.

Et ceci encore, dussent ces mots peser lourdement sur vos cœurs :

Le meurtre n'est pas inexplicable pour celui qui en est la victime.

Et celui qui a été dérobé n'est pas irréprochable d'avoir été volé.

Et le juste n'est pas innocent des méfaits du méchant,

Et celui dont les mains sont pures n'est pas intact des actes du félon.

Oui, le coupable est souvent la victime de celui qu'il a blessé.

Et plus souvent encore, le condamné porte le fardeau de l'innocent et de l'irréprochable.

Vous ne pouvez séparer le juste de l'injuste et le coupable de l'innocent ;

Car ils se tiennent unis devant la face du soleil, comme le fil noir et blanc tissés ensemble.

Et quand le fil noir rompt, le tisserand examine le tissu tout entier, ainsi que son métier.

Si l'un d'entre vous mène devant le juge la femme infidèle, 9

Qu'il mette aussi en balance le cœur de son mari, et mesure son âme avec circonspection.

 

Et que celui qui voudrait fouetter l'offenseur, considère l'âme de celui qui est offensé.

Si l'un de vous punit au nom de la droiture et plante sa hache dans l'arbre tordu, qu'il en regarde les racines ;

Et en vérité, il trouvera les racines du bien et du mal, du fécond et du stérile, entremêlées ensemble dans le cœur silencieux de la terre.

Et vous, juges qui voulez être justes.

Quel jugement prononcez-vous à l'encontre de celui qui, bien qu'honnête en sa chair est voleur en esprit ?

Quelle sanction imposez-vous à celui qui tue dans la chair alors que son propre esprit a été tué ?

Et comment poursuivez-vous celui qui dans ses actes trompe et oppresse,

Mais qui est lui-même affligé et outragé ?

Et comment punirez-vous ceux pour qui le remords est déjà plus grand que leurs méfaits ?

Le remords n'est-il pas la justice rendue par cette loi même que vous voulez servir ?

Cependant, vous ne pouvez pas infliger le remords à l'innocent ni en libérer le cœur du coupable.

Inconsciemment il appellera dans la nuit, afin que les hommes se réveillent et se considèrent.

Et vous qui voulez comprendre la justice, comment le ferez-vous sans regarder toutes choses en pleine lumière ?

Alors seulement vous saurez que l'homme droit et le déchu sont un seul homme debout dans le crépuscule, entre la nuit de son moi-nain et le jour de son moi-divin.

Et que la clef de voûte du temple n'est pas plus haute que la pierre la plus profonde de ses fondations.

 

 

Extrait du livre "le prophète" de Khalil Gibran

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 09:05

encercles

Elle est ceinte ma terre:

les barrières de honte

forgent le caractère

des jeunes qui s'affrontent.

Elle est sainte ma terre:

Abraham en chemin

y perçait le mystère

de son Dieu pèlerin.

 

Elle est ceinte ma terre

qui se construit des murs

que la haine oblitère

dans les coeurs en armures

Elle est sainte ma terre

sous les pas des prophètes

empreintes délétères

bien trop vite obsolètes.

 

Elle est ceinte ma terre

où chacun se protège

des mots que déblatèrent

les trop violents stratèges

Elle est sainte ma terre

où Jésus le pasteur

constitua ses frères

en peuple voyageur.

 

Elle est ceinte ma terre

aux soldats trop dociles

gardiens poste-frontières

en gâchette facile

Elle est sainte ma terre

où le Prophète en songe

souleva sa misère

jusqu'au ciel sans mensonges.

 

Elle est ceinte ma terre

cernée et exposée

la marmite exaspère

ceux qui vont exploser

Elle est sainte ma terre

où Dieu a fait alliance

"présence" qu'ils altèrent

en propos de défiance.

 

Elle est ceinte ma terre :

politique en naufrage

inventant les cautères

d'occupations sauvages

Elle est sainte ma terre

si les trois religions

font un peuple de frères

apaisant leurs passions.

 

Mais elle reste ceinte

ma terre sans la Paix

comme une femme enceinte

qui n'accouche jamais !

 

Serge Cuenot (Nice)

 

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 09:21

Lettre de Jean-Marie MULLER* 

 

 

En septembre 1911, Charles Péguy publie un merveilleux hymne à l’espérance :

« L’espérance, dit Dieu, voilà ce qui m’étonne.

Moi-même.

Ça, c’est étonnant.

Que ces pauvres enfants voient comme tout ça se passe et qu’ils croient que demain ça ira mieux.

Qu’ils voient comme ça se passe aujourd’hui et qu’ils croient que ça ira mieux demain matin.

Ça c’est étonnant. (…)

Une flamme tremblotante a traversé l’épaisseur des mondes.

Une flamme vacillante a traversé l’épaisseur des temps.

Une flamme anxieuse a traversé l’épaisseur des nuits.
Depuis cette première fois que ma grâce a coulé pour la création du monde. Depuis toujours que ma grâce coule pour la conservation du monde. (…)

Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance.

Et je n’en reviens pas. Cette petite fille espérance qui n’a l’air de rien du tout. Cette petite fille espérance[1]. »

 

Malheureusement, aujourd’hui, la petite fille espérance est malade, gravement malade. Le pronostic vital est engagé. Elle est atteinte du cancer nucléaire. Elle a contracté cette maladie le 6 août 1945 lors de l’explosion de la bombe atomique sur Hiroshima : « L’homme d’Hiroshima, écrit Jean Lurçat, a été brûlé, dépouillé, vidé par la bombe… Mais avec lui, ce sont toutes nos raisons de vivre qui ont été saccagées… La bombe n’épargne aucune idéologie, aucun système… Elle anéantit toutes les pensées de l’homme, tout le patrimoine culturel commun[2]…» Depuis cette date, son cancer n’a cessé de se développer jusqu’à se généraliser. Elle n’est plus capable d’assurer « la conservation du monde » Et Dieu lui-même commence à désespérer.

 

 

chant du monde Lurcat Le chant du monde de Lurçat

 

Actuellement, les États dotés de l‘arme nucléaire ont la possibilité de détruire la petite planète bleue qui a donné l’hospitalité à l’humanité. Face à cette menace, les hommes ne peuvent plus "croire que demain ça ira mieux". Il ne peuvent plus croire que ça ira mieux demain matin". Car les États nucléaires ne cessent de moderniser leur arsenal en affirmant haut et fort que l’arme nucléaire est la garante de leur grandeur et de leur puissance. Inévitablement, d’autres États désirent posséder eux aussi cette arme formidable. Pour que la petite fille espérance puisse guérir, il est urgent que tous les États signent une Convention mondiale d’élimination des armes nucléaires. Mais cette signature n’est pas à l’ordre du jour et elle ne le sera pas dans un avenir prévisible. Il revient donc à chaque État doté d’assumer ses responsabilités en décidant de renoncer unilatéralement à ses armes nucléaires. Et cela même ne sera possible que si les citoyens décident de se mobiliser pour obliger les décideurs politiques à s’engager dans ce sens.

 

Les Français devraient donc tout particulièrement s’inquiéter de la maladie de la petite fille espérance afin de tout tenter pour la sauver. Tous les Français, qu’ils croient au ciel, qu’ils n’y croient pas ou qu’ils y croient mal. Cependant, certains, parmi eux, devraient se sentir spécialement concernés : ce sont les chrétiens, du fait que la petite fille espérance dont nous parle Charles Péguy est elle-même chrétienne. Et parmi les chrétiens, les évêques, qui ont la mission de porter la parole de l’Église qui annonce la paix du Christ – Pax Christi -, ont une responsabilité particulière. Certes, il doit être bien clair que les chrétiens ne sauraient se prévaloir d’un quelconque monopole de l’espérance. Mais encore faudrait-il que les autres croyants, incroyants et mal-croyants osent affirmer leur propre espérance.

 

Jusqu’à présent, la seule prise de position des évêques de France est le document Gagner la paix publié le 8 novembre 1983 dans lequel la dissuasion nucléaire est justifiée en bonne et due forme : « Une dissuasion est encore légitime, avaient-ils affirmé. C’est pourquoi les nations peuvent légitimement préparer leur défense pour dissuader les agresseurs, même par une contre-menace nucléaire. » Une telle déclaration n’a pu qu’attrister profondément la petite fille espérance. D’aucuns disent qu’elle en a pleuré.

 

Depuis, le silence des évêques est assourdissant. Ce qui rend la situation  de l’Église sur cette question de l’arme nucléaire encore plus sinistrée, c’est le texte publié en avril 2013 dans la revue Documents/Épiscopat éditée par le Secrétariat général de la conférence des évêques de France. Concernant la renonciation unilatérale de la France à l’arme nucléaire, l’auteur, Gabriel Delort-Laval, fait valoir qu’elle aurait pour « conséquence probable (…) l’affaiblissement de la parole et de la liberté d’action de la France sur la scène internationale ». Il conclut : « Concrètement, et si l’on est raisonnablement réaliste, la renonciation unilatérale par la France à la possession de l’arme nucléaire signifierait aux yeux du monde sa renonciation à être désormais un acteur de la scène internationale. « Le cher et vieux pays » prendrait sa retraite et laisserait à d’autres le soin des affaires du monde ». De tels propos, qui voudraient être péremptoires, n’ont d’autre fondement que l’illusion idéologique de croire que c’est l’arme nucléaire qui permet à la France de faire entendre sa voix dans les affaires du monde. Point n’est besoin alors d‘argumenter pour faire prévaloir la seconde hypothèse : que la France doive rester une puissance nucléaire est une évidence pour ceux qui sont « raisonnablement réalistes »… 

 

Évoquant l’hypothèse selon laquelle l’épiscopat publierait « un document se voulant « prophétique », c’est-à-dire qui préconiserait la renonciation de la France à l’arme nucléaire, l’auteur, de manière tout à fait inattendue, estime qu’un tel document « serait reçu sans grande attention comme la simple confirmation de ce que l’on imagine être la position de l’Église ; de laquelle on attend toujours qu’évangélique rime avec « irénique », si ce n’est « angélique » ». Certes, il se peut que d’aucuns accusent d’angélisme une Église qui condamnerait la dissuasion nucléaire, mais il n’en demeure pas moins que la préméditation du crime nucléaire est diablement contraire à l’Évangile.

 

En  définitive, Gabriel Delort-Laval ne sait conseiller aux évêques rien d’autre que de se taire face à la préméditation du crime nucléaire. De se taire, c’est-à-dire de se résigner. De se soumettre. D’abdiquer. De  démissionner. De s’accommoder. De consentir. La petite fille espérance a dû encore en pleurer.

 

Ce qui aggrave encore la situation, c’est un article publié dans La Lettre de Justice & Paix de juin 2013 dans lequel les auteurs renvoient au texte publié par Documents/Épiscopat comme à une « position de l’Église catholique ». Eux-mêmes consentent à dire que « la France pourrait se rallier à la perspective d’un monde sans armes nucléaires à une double condition : la mise en œuvre d’un processus vérifié et ordonné de réduction jusqu’à leur élimination des arsenaux nucléaires existants détenus par les puissances nucléaires reconnues et non reconnues, et le renforcement parallèle du régime de non-prolifération de manière à empêcher, au besoin par la contrainte, toute apparition d’un nouvel État nucléaire ». Mais tout le monde sait bien que cette « double condition » ne sera pas réalisée avant une « éternité ». Ce qui signifie que, pendant tout ce temps, la France continuera à maintenir son arsenal nucléaire.

 

Le seul réconfort qui vient d’être apporté à la petite fille espérance l’a été par Lucien Converset, dit Lulu, un prêtre de 75 ans qui vient de parcourir à pied au pas de son âne Isidore le chemin allant de la ville de Dampierre dans le Jura à Bethléem. Parti le 25 mars 2012, il est arrivé le 17 juin 2013. Le but principal du voyage de ce véritable « fou de Dieu » était de demander aux évêques français de prendre clairement position en faveur du désarmement nucléaire unilatéral de la France. Arrivé à destination, il leur écrivit une lettre ouverte pour leur formuler sa requête[3].

 

Le dernier espoir de la petite fille espérance, c’est que les évêques français voudront bien prêter attention à l’appel de Lulu et de son âne.

 

Pour  sauver de la mort la petite fille espérance.

 

* Philosophe et écrivain, www.jean-marie-muller.fr

 



[1] Charles Péguy, Œuvres poétiques complètes, Bibliothèque de la Pléiade, 1957 Paris, p. 532-533.

[2] Les Tapisseries du Chant du monde, introduction de Jean Lurçat, Éd. Clément Gardet, Annecy, 1973.

[3]  luluencampvolant.over-blog.com

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 20:29

Mur.jpg

Il est dans notre coeur

un mur plus haut que ciel

le mur de notre peur

lorsque l'autre est pluriel

 

Mur de "lamentation"

plus épais que la haine

quand la révolution

des cailloux se déchaîne

 

S'élève jusqu'au sang

le mur de la violence

quand meurent nos enfants

qui n'ont pas eu de chance

 

Mur d'incompréhension

d'un côté et de l'autre

suicide en perdition

qui supprime les vôtres

 

S'élève en plein chemin

ce mur qui nous déchire

la bombe dans les mains

c'est l'amour qui expire

 

Mur d'angoisse en folie

qui vous pousse à l'extrême

lamentable embolie

d'où fusent les blasphèmes

 

S'élève en nos raisons

le mot déraisonnable

jusqu'au bord des prisons

aux grilles condamnables

 

Mur plombé pour vos pas

divisant les familles

insatiable trépas

des martyrs qu'on fusille

 

S'élève en nos questions

le déni qui ricane

pauvres résolutions

emmurées de chicanes

 

Mur de désolation

qui fait honte à l'Histoire

quand la modération

est mise au dépotoir

 

S'élève jusqu'à Dieu

la mort incontrôlable

en silences furieux

devant l'intolérable

 

Mur qui ferme les yeux

niant la différence

parti pris orgueilleux

qui frise l'indécence

 

S'élève en notre coeur

plus qu'un mur de Berlin

désir aux bras traqueurs

syndrome de Caïn

 

Mur béton qui fait froid

au dos de nos passions:

il n'est pas où l'on croit

le mur "Lamentation"

 

Serge Cuenot

Nice 11 févr. 2009

 

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 12:58

Marcher.jpg

 

Marcher,

C'est aller au bout de soi-même tout en allant au bout du monde.

C'est redécouvrir l'homme qui prenait ses jambes à son cou lorsque le ciel lui tombait sur la tête.

C'est geler en même temps que les pierres du chemin.

Griller au feu du soleil.

Partir à l'aube en pleine forme pour revenir sur les genoux en pleine nuit.

 

Marcher,

C'est rencontrer des créatures qu'on ne verrait nulle part ailleurs.

Marcher, c'est aussi aller nulle part sans rencontrer personne.

C'est se mettre en vacances de l'existence.

C'est exister en dehors des vacances.

 

Marcher,

C'est réussir à dépasser son ombre.

C'est pouvoir se doubler soi-même en s'envoyant un gentil salut au passage.

 

Marcher, c'est caresser le sol, le flatter, l'amadouer.

Une manière de se mettre la terre dans la poche avant qu'elle ne se referme à jamais.

 

Marcher, c'est être dans le secret des dieux.

C'est écouter à leurs oreilles et entendre avec eux des bruissements, des murmures qu'on croyait éteints.

 

Marcher, c'est se mêler à la conversation des arbres, aux commérages des oiseaux, aux persiflages des reptiles.

C'est se fondre dans la nature, se couler au fond du moule.

 

Marcher, est-ce que cela ne serait pas, en définitive, tourner avec ses pieds, au pas à pas, page après page, le grand livre de la vie ?

 

Extrait de "Fou de la marche" de Jacques Lanzmann aux Editions Robert Laffont.

Transmis par Benjamin. Merci 

 

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 15:58
Pas de lettres de Lulu à publier... mais tout va bien. Il poursuit sa route en Autriche en direction de Vienne. Cette semaine, ils ont rencontré une femme maréchal ferrant qui a changé les fers d'Isidore. Le temps d'une petite pause avant de repartir plus loin.
 
En attendant le courrier à lire et à transcrire pour que vous en preniez connaissance, voici un joli texte... C'est Anne-Marie qui nous a chanté cette jolie chanson de Philippe Forcioli... N'hésitez pas à retrouver ce chanteur sur youtube et sur son site : Clic !
 
 

Louange à l’âne

 

Un âne, ce sont des yeux (bis)

 C´est une tête qui dodeline

Une clochette dans la colline

Un âne, ce sont des yeux (bis)

 Des oreilles qui touchent Dieu (bis)

  

Burrico, aliboron (bis)

 Beau baudet des pays latins

Grecs ou juifs ou maghrébins

Zumeri de mon pays (bis)

 T´es-tu entendu quand tu cries? (bis)

  

Un âne, ce sont des pas (bis)

 De pauvres petits pas qui peinent

Sur les cailloux et qu´on enchaîne

Pour qu´au pré il n´aille pas

Un âne, ce sont des pas (bis)

 Mais des oreilles d´apparat! (bis)

  

R : Burrico, aliboron (bis)

 Beau baudet des pays latins

Grecs ou juifs ou magrébins

Zumeri de ma contrée (bis)

 T´es-tu entendu quand tu brais ? (bis)

  

J´ahane en te tirant (bis)

 Tirant, hi-han, hissant ma pomme

Sur ton bon dos de bête de somme

Je plane, te caressant (bis)

 Je n´ai rien dit, tu m´as compris (bis)

  

La crèche et les rameaux (bis)

 La paix joyeuse du salut

De Dieu à l´homme, tu l´as bue

Tu trônes avec ton chant (bis)

 Humble autant que les lys des champs (bis)

  

Burrico, aliboron (bis)

 Beau baudet des pays latins

Grecs ou juifs ou maghrébins

Zumeri de mon pays (bis)

T´es-tu entendu quand tu cries?

Hi hi hi... han!

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 22:10
Pauvreté, immigration, assistanat, fraude... :

cassons les idées reçues

 

Nous vous invitons à déconstruire des préjugés et des stéréotypes répandus sur la pauvreté et les pauvres, afin que ceux-ci cessent d’être les boucs émissaires des maux de nos sociétés et qu’ils deviennent au contraire des partenaires à part entière dans la construction d’un monde plus juste.

Voici quelques-unes de ces idées reçues. Diffusez-les autour de vous, réagissez, participez au débat.

Travail réalisé par ATD Quart Monde et la MRIE, Mission Régionale d’Information sur l’Exclusion en Rhône-Alpes.

Luttons-contre-les-idees-recues.jpg

 

Cliquer sur l'affiche pour voir le document et pour en savoir plus, c'est ICI : ATD Quart Monde France

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Présentation

  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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Désarmement nucléaire

Journée de jeûne pour demander le désarmement nucléaire unilatéral de la France,

tous les 1ers lundis du mois de 14h à 17h en hiver, de 16h à 18h en été, à Dampierre (39) avec un temps de partage et de réflexion animé par Lulu.

Et commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki entre les 6 et 9 août, chaque année.

L'anti-pub

Les pubs sur les blogs ou les sites que vous consultez sont trop agressives ? Il existe un moyen de respirer à nouveau, en téléchargeant le pare-pub Adblock Plus (clic). Vous ne supprimerez pas les pubs imposées, mais vous ne les verrez plus.