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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 09:57

Pour accompagner sa marche, Lulu médite un psaume chaque jour. Au 67ème jour de sa marche, il doit méditer aujourd'hui le psaume 67.

 

En découvrant aujourd'hui la proposition des moines dominicains de Lille, j'ai eu envie de vous la partager, car j'ai pensé à notre ami Lulu cheminant au pas de son âne Isidore, et au pas du psaume 67.

  

3 fois par semaine, "Psaumes dans la ville" nous invitent à lire, écouter et méditer un psaume.

  

Pour ce jour, voici le psaume 1... et si ça vous tente de marcher au pas des psaumes, il suffira d'aller visiter "Psaumes dans la ville"

 

  

  

Heureux est l'homme

qui n'entre pas au conseil des méchants,

qui ne suit pas le chemin des pécheurs,

ne siège pas avec ceux qui ricanent,

mais se plaît dans la loi du Seigneur

et murmure sa loi jour et nuit !

 

Il est comme un arbre

planté près d'un ruisseau,

qui donne du fruit en son temps,

et jamais son feuillage ne meurt ;

tout ce qu'il entreprend réussira,

tel n'est pas le sort des méchants.

 

Mais ils sont comme la paille

balayée par le vent :

au jugement, les méchants ne se lèveront pas,

ni les pécheurs au rassemblement des justes.

Le Seigneur connaît le chemin des justes,

mais le chemin des méchants se perdra.

P1-02 Lulu et Isidore2 

 

Méditation de frère Franck DUBOIS

 

Heureux !

Ça tombe mal, je me suis levé, du mauvais pied ce matin. J’ai médit hier sur mes collègues, et je ne vois pas bien ce qui m’empêcherait de le faire aujourd’hui. D’ailleurs j’avais de bonnes raisons. Quant à murmurer la loi du Seigneur jour et nuit, ce n’est pas l’urgence. J’aimerais plutôt trouver le sommeil ! Il ne manquerait plus que je me lève de nuit pour réciter des prières. C’est vraiment mal parti cette affaire. Non, les psaumes, ce n’est pas pour moi. Sitôt ouvert, sitôt refermé : le Psautier c’est pour les pros ; moi je suis un âne, disons, un débutant.

Et pourtant, oui, j’aimerais porter du fruit. J’en porte d’ailleurs, mais à mon rythme. L’important est de tenir la longueur. J’en connais qui flambent, et qui s’écroulent d’un coup, engloutis par le tourbillon de leurs projets, et leurs chimères. Ils perdent pied, faute de racine. Vais-je courir après Dieu comme je cours après le temps ?   Mon urgence, je le vois, c’est d’aller lentement. Ca, je veux bien. Pas à pas, psaume à psaume. Un chemin buissonnier, parcouru à pas d’âne. Méditer, et ne plus médire. Flâner, pour ne pas flétrir !

Un autre avant moi m’a ouvert cette voie : le Juste par excellence. Le Christ, en son temps, a prié dans ce livre. Ces psaumes, il les connaît, je le voudrais comme guide. Ces prières, il les aimait, je le veux comme ami. Ces cris, ce fut sa Paix. Qu’elle descende sur moi et ceux qui aujourd’hui rentreront dans ce livre.

Ce matin, je ne me suis pas levé pour rien : Heureux ! 

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 17:19

Le 17 mars pour la fête de départ de Lulu, les enfants ont dit ce texte de Pierre Guilbert :

 

120517-enfants-du-KT.jpg

 

La paix

Si tu crois que ce qui rassemble les hommes

Est plus important que ce qui les divise,

Si pour toi l’étranger est un frère,

Si tu peux te réjouir de la joie de ton voisin,

Alors la paix viendra !

Si tu crois qu’un sourire est plus fort qu’une arme,

Si tu sais pardonner,

Si tu sais écouter les autres,

Alors la paix viendra.

 

Pierre GUILBERT

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 17:47

Sur son chemin, Lulu ne se désintéresse pas de l'actualité et nous invite à publier ce texte. Petit partage téléphonique pour dire qu'il approche de Ulm en Allemagne. Interviewé par la presse locale le 8 mai, vous pouvez retrouver cette interview en cliquant ICI.

 

 

Les systèmes tiennent souvent plus longtemps qu'on ne le pense, mais ils finissent par s'effondrer beaucoup plus vite qu'on ne l'imagine." En quelques mots, l'ancien chef économiste du Fonds monétaire international, Kenneth Rogoff, résume bien la situation de l'économie mondiale. Quant au gouverneur de la Banque d'Angleterre, il affirme que "la prochaine crise risque d'être plus grave que celle de 1930"...

La zone euro ne va pas bien, mais les Etats-Unis et la Chine, souvent présentés comme les deux moteurs de l'économie mondiale, sont en fait deux bombes à retardement : la dette totale des Etats-Unis atteint 358 % du produit intérieur brut (PIB) ; la bulle immobilière chinoise, presque trois fois plus grosse qu'elle ne l'était aux Etats-Unis avant la crise des subprimes, commence à éclater.  

Vu le contexte international, comment le PS et l'UMP peuvent-ils continuer de tout miser sur le retour de la croissance ? Il n'y a qu'une chance sur mille pour que ce rêve devienne réalité. "Ça va être effroyable, me confiait récemment un responsable socialiste. Il n'y aura aucune marge de manoeuvre. Dès le mois de juin, on va geler des dépenses. Dans quelques mois, le pays sera paralysé par des manifestations monstres et, en 2014, on va se prendre une raclée historique aux élections."

L'austérité est-elle la seule solution ? La gauche au pouvoir est-elle condamnée à décevoir ? Non. L'Histoire montre qu'il est possible de s'extraire de la "spirale de la mort" dans laquelle nos pays sont en train de s'enfermer.

 

EN 1933 

En 1933, quand Roosevelt arrive au pouvoir, les Etats-Unis comptent 14 millions de chômeurs, la production industrielle a diminué de 45 % en trois ans.

Il agit alors avec une détermination et une rapidité qui raniment la confiance : certaines lois sont présentées, discutés, votées et promulguées dans la même journée. Son objectif n'est pas du tout de "rassurer les marchés financiers", mais de les dompter.

Son but n'est pas de "donner du sens à l'austérité", mais de reconstruire la justice sociale. Les actionnaires sont furieux et s'opposent de toutes leurs forces à la loi qui sépare les banques de dépôt et les banques d'affaires, aux taxes sur les plus hauts revenus ou à la création d'un impôt fédéral sur les bénéfices.

Mais Roosevelt tient bon et fait voter quinze réformes fondamentales en trois mois. Les catastrophes annoncées par les financiers ne se sont pas produites. Mieux ! L'économie américaine a très bien vécu avec ces règles pendant un demi-siècle.

Ce qu'a fait Roosevelt en matière économique n'était sans doute pas suffisant (sans l'économie de guerre, les Etats-Unis allaient retomber en récession), mais les réformes qu'il a imposées en matière bancaire et fiscale ont parfaitement atteint leurs objectifs.

Jusqu'à l'arrivée de Ronald Reagan en 1981, l'économie américaine a fonctionné sans avoir besoin ni de dette privée ni de dette publique.

Alors que, pendant trente ans, des règles fordistes avaient assuré un partage équitable de la valeur ajoutée entre les salariés et les actionnaires, les politiques de dérégulation ont, en trente ans, fait passer la part des salaires de 67% à 57% du PIB des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ce qui a conduit à augmenter tant la dette publique - car les impôts sur les salaires et la consommation sont la première ressource des Etats - que la dette privée, car les salariés ont dû s'endetter pour maintenir leur niveau de vie.

C'est à cause du chômage et de la précarité que la part des salaires a tellement baissé dans tous nos pays : le chômage n'est pas seulement une conséquence de la crise que nous vivons depuis cinq ans, il en est une des causes fondamentales. On ne pourra pas sortir de la crise sans s'attaquer radicalement au chômage et à la précarité.

N'en déplaise aux néolibéraux, nous ne sommes pas face à une crise de l'Etat-providence, mais bien face à une crise du capitalisme dont l'extrême gravité rend insuffisantes les réponses classiques de l'Etat-providence. La justice sociale n'est pas un luxe auquel il faudrait renoncer à cause de la crise ; reconstruire la justice sociale est le seul moyen de sortir de la crise !

 

DEUX STRATÉGIES POSSIBLES POUR LE PROCHAIN PRÉSIDENT 

Deux stratégies sont possibles pour le prochain président de la République : soit il pense que la crise est bientôt finie et qu'il suffit d'une bonne gestion des finances publiques pour passer les quelques mois difficiles qui nous séparent de l'embellie.

 

Soit il pense au contraire qu'il ne reste qu'un temps limité avant un possible effondrement du système économique, et il doit "faire du Roosevelt" : organiser un nouveau Bretton Woods dès le mois de juillet 2012, mettre fin aux privilèges incroyables des banques privées dans le financement de la dette publique, lutter frontalement contre les paradis fiscaux et agir avec force contre le chômage et la précarité en lançant dès le mois de mai des états généraux de l'emploi : trois mois de travail avec l'ensemble des partenaires concernés pour construire un nouveau contrat social, comme l'ont fait en 1982 les Néerlandais avec les accords de Wassenaar.

Quel est le rôle historique de la gauche européenne ? Gérer l'effondrement du modèle néolibéral, quitte à mourir dans les décombres, ou accoucher d'une nouvelle société avant que la crise, comme dans les années 1930, ne débouche sur la barbarie ?

Pour pousser le prochain président à l'audace, nous venons de créer le collectif Roosevelt 2012 : avec Stéphane Hessel, Edgar Morin, Susan George, Michel Rocard, René Passet, Dominique Méda, Lilian Thuram, Robert Castel, Bruno Gaccio, Roland Gori, Gaël Giraud, la Fondation Abbé-Pierre, la Fondation Danielle Mitterrand, la Ligue de l'enseignement, Génération précaire et bien d'autres, notre objectif est simple : provoquer un sursaut !

 

 

Si vous partagez cette envie, rejoignez le collectif en signant son manifeste et les quinze propositions de réformes sur  www.roosevelt2012.fr.

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 11:25

Anne réagit à l'article de Lulu daté du 7 mai : Nous sommes de la même veine.

 

Lulu, ton billet du 7 mai m’a touchée. Et m’a rappelé la première fois que Stéphane t’avais vu à Dampierre. Il est revenu de la messe en me disant (je gardais les enfants à la maison) «  tu aurais vu ça, il y avait un gars au fond de l’église, une vieille écharpe rouge autour du cou, un bonnet dans la main .. une drôle d’allure.. et puis il est parti dans la sacristie ... et il a célébré la messe avec notre curé : c’est un prêtre du diocèse ! »  Depuis, pour notre plus grande joie, nous et nos enfants avons appris à te connaitre, et à découvrir au delà de l’allure première des gens leur vrai visage et toutes leurs richesses.

  

 Tu dis aussi : « Je pense à celles et ceux qui sont sans toit ni loi qui les protègent, sans toi ni moi, toi curé sédentaire, et moi camp volant, pour nous solidariser avec eux, qui par leur aspect premier, se font jeter parce qu’ils ne sont pas dans les normes. »

Cette phrase me renvoie à la chanson de deux de nos amis, Marc Perrone et Marie Odile Chatran. Marie Odile l’a écrite en mémoire d’une femme, Catherine, qui dormait dans l’entrée de leur immeuble à Paris, et Marc a écrit la musique, qu’il accompagne à l’accordéon. Elle s’appelle « la valse de Catherine » (ou « Sans toit, ni moi » )

En voici les paroles

 

Tous les jours je les croise dans ma rue, fatigués salis.

Dev’nus si seuls, si démunis, chez nous, dans Paris

 

On les voit et pourtant, on ne sait pas la nuit,

les envies, les frissons, les effrois

De la longue errance des gens sans toit, ni toi ni moi.

 

Elle dort la nuit dans notre entrée, pas trop bien gardée.

Après minuit, prends ses quartiers quand on est rentré.

 

Prostré sur l’côté d’la crêp’rie, pour manger, merci !

Par tous les temps tient un enfant serré contre lui.

 

En tailleur sur la bouche du métro, à chercher le chaud,

Bien gentiment, il me sourit, en me saluant.

 

Tous les jours je les croise dans ma rue, fatigués salis.

Dev’nus si seuls, si démunis, chez nous, dans Paris.

 

On les voit et pourtant, on y fait quoi à la nuit,

aux envies, aux frissons, aux effrois

De la longue errance des gens sans toit, sans toi ni moi.

  

 

 *************************************

 

 

 Pour en savoir plus :

 Musique Marc Perrone / Paroles Marie Odile Chantran

 recueil de partitions « treize à la douzaine » 2005

 CD « les p’tites chansons de Marc Perrone » 2007

http://www.marcperrone.net/marc-perrone.html

 

Pour l’écouter :

http://www.musicme.com/#/Marc-Perrone/albums/Les-P%27tites-Chansons-De-Marc-Perrone-3700368476789.html

ou http://www.deezer.com/fr/music/marc-perrone/les-p-tites-chansons-de-marc-perrone-40461 

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 11:14

 

Un ami pour inventer la route

Et garder la chaleur de sa main dans ma main

Un ami, pour rester à l’écoute

Et pour suivre avec lui le chemin.

 

Un ami pour chanter comme l’on veut chanter

Lorsque l’on est aimé pour de vrai,

Un ami pour donner comme l’on peut donner

Lorsque l’on est aimé pour de vrai

 

Un ami qui comprend à temps et à contretemps

Et toujours nous apprend le présent,

Un ami confident aussi fort qu’un serment,

Le regard d’un enfant un printemps.

 

Un ami de valeur comme un révélateur

De c'qu'il y a de meilleur dans ton cœur.

Un ami, un semeur le chant d'un bateleur

Un matin prometteur de bonheur.

 

 

Chant de Jean-Claude Gianadda, interprété par les enfants du KT lors de la fête de départ de Lulu le 17 mars 2012.

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 11:57

Appel des présidents de 7 organisations chrétiennes aux Français qui vont voter.

 

CONSTRUISONS ENSEMBLE UNE SOCIÉTÉ SOLIDAIRE

REFUSONS DE TOLÉRER L’INTOLERABLE

 

La crise est là, partout, sur toutes les lèvres et fait la une de tous les médias. La société française est fragilisée, pire encore, elle risque de se briser parce qu’une partie croissante de ses membres bascule dans la précarité et la misère.

 

Pouvons-nous plus longtemps tolérer l’intolérable ?

Tous les Français seraient gravement touchés si à force de laisser-faire, à force de se réfugier derrière les fatali­tés trop souvent évoquées que sont devenus le marché, la croissance ou plus généralement l’état du système financier mondial, ils s’accommodaient de ce scandale.

L’actuelle campagne présidentielle est inquiétante. Un catalogue de mesures quelle que soit leur opportunité, ne peut se substituer à l’élaboration de projets et de choix de société. Quelle société voulons-nous ?

Faut-il ne retenir que les seuls indicateurs macroéco­nomiques comme critères de ce qui est bon pour la France ? Faux-semblants, promesses non tenues, recours aux bouc-émissaires suscitent notre indignation. Nous en avons assez des « petites phrases » qui divisent et des formules qui clivent à des fins exclusivement électorales. Mais nous indigner ne suffit pas. Nous avons notre part de responsabilité dans les choix qui vont être faits.

Nous voulons que l’économie soit à la mesure de l’homme et non l’inverse. Nous voulons que l’honneur de notre pays et de nos institutions se traduise dans la lutte contre les exclusions.

 

Exclusion des plus pauvres

De plus en plus de Français, malgré des revenus issus d’un emploi n’arrivent plus aujourd’hui à vivre dé­cemment. Les plus démunis s’enfoncent, les plus mo­destes décrochent. Le chômage est là, tenace, durable. Il s’accroît et affecte principalement les femmes et les jeunes. Nombre d’entre eux sont en situation de détresse économique, sociale et familiale. L’accès des jeunes à l’autonomie est de plus en plus difficile : 25% des sans domicile fixe sont des jeunes de 18 à 24 ans. 15% de la population française ne se soigne pas faute de moyens. C’est une atteinte à la dignité humaine.

 

…des mal logés

3 600 000 Français vivent dans une situation aigüe de mal logement – 665 000 personnes sont privées de domicile personnel dont 113 000 sans domicile fixe. Le logement est devenu une source majeure d’exclusion et un facteur aggravant des injustices et des inégalités.

 

…des personnes seules

La solitude s’installe chez un tiers de nos concitoyens, sans que notre société accorde une attention suffisante à la pauvreté de l’homme qui n’existe pour personne. Cette solitude pesante touche notamment les personnes âgées, les femmes et les jeunes. Le plus souvent cachée et masquée, elle est un déni de cette fraternité qui est au fondement de notre République. En ce domaine cha­cun peut pourtant faire quelque chose.

 

…des personnes souffrantes et fragiles

Face aux fragilités et souffrances humaines, nous avons une responsabilité vis-à-vis des plus vulnérables, ceux également dont on décidera peut-être un jour que leur vie ne vaut pas la peine d’être vécue.

 

…des migrants et des étrangers

Il est urgent de respecter les droits des migrants et de leurs familles, premières victimes d’un monde qui cherche ses équilibres. L’autre, l’étranger doit être considéré non comme un fardeau aux marges de la société, exploitable et exploité mais comme un être hu­main qui prend part à la vie de la Cité. L’hospitalité n’est pas synonyme d’aide ou de charité. Elle signifie accueil de l’autre dans le respect des principes fonda­mentaux du vivre-ensemble. En particulier les pouvoirs publics ont le devoir d’accueillir et de protéger les en­fants migrants livrés souvent aux mains de réseaux.

 

Au-delà de la France : refus des échanges inégaux

De l’autre côté de la planète, des émeutes de la faim éclatent. Des paysans africains et sud-américains luttent pour ne pas être dépossédés de leurs terres. Les multina­tionales réalisent des profits grandissants au détriment des populations privées de ressources précieuses. Il est urgent de les mettre face à leurs responsabilités. Urgent de combattre sans merci l’évasion fiscale et d’en finir avec les territoires de non-droit. Urgent de réguler les marchés agricoles et financiers. Se nourrir est un droit : il ne doit pas être soumis à des spéculations boursières ou autres.

 

Nos responsabilités - Tout ne dépend pas de l’État

Si les grandes orientations politiques dépendent de l’Etat, elles dépendent tout autant de nos pratiques or­dinaires. Nos propres manières de vivre ont des consé­quences économiques, sociales et écologiques. Nous devons faire des choix en matière d’éducation (scola­rité, vie de famille, tiers lieux éducatifs) pour construire un monde accueillant aux nouvelles générations.

Eduquer à la sobriété, à la solidarité, à la justice sociale, à la préservation de l’environnement, à la compréhen­sion de la nature et de ses écosystèmes est aujourd’hui un enjeu majeur de société.

Se laisser toucher par les pauvretés et les injustices so­ciales et économiques, nationales et internationales, ne relève pas simplement de l’émotion d’un moment ni d’un don financier passager mais doit nous pousser aussi à un engagement personnel et à des choix et des décisions relevant du politique.

« J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger… »,

« J’étais un étranger et vous m’avez accueilli »…

Pour nous chrétiens, ces paroles du Christ (Matthieu 25) éclairent nos choix, pas seulement en temps d’élec­tions. Avec tous les croyants et incroyants qui désirent la justice nous refusons de tolérer l’intolérable.

 

Ensemble nous pouvons construire une société solidaire.

 

Cet appel, à l’initiative de Confrontations, Association d’Intellectuels Chrétiens, est lancé par les sept présidents des organisations suivantes : Guy Aurenche /CCFD-Terre Solidaire, Bruno Dardelet / Société de Saint-Vincent-de-Paul, Françoise Parmentier /Confrontations AIC, Patrick Peugeot / Cimade, François Soulage / Secours Catholique, Gilles Vermot-Desroches /Scouts et Guides de France, Denis Viénot /Chrétiens en forum.

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 22:28

Lulu nous propose de publier ce texte offert par un ami pendant sa randonnée à Montreux :

 

La Fontaine aurait dit tout ceci en de bien jolis termes, mais le fond de l'histoire ne manque pas d'enseignements, seule la morale fait défaut...

Un homme portant costume et cravate se présenta un jour dans un village.

Monté sur une caisse au centre de la place du village, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 € l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village.

Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent

Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.

Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.

Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale... On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.

Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés.

Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants... Cette histoire n'est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois.

Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place ? 

 

Ce texte n'est pas très récent, même s'il est toujours d'actualité. 

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 11:51

Extrait de mon homélie pour les Rameaux, à Thoirette en pensant à Lulu :

 

"... Jamais dans l’histoire des religions, il n’avait été imaginé sur un âne ! Jamais on n’imagine Dieu au niveau de nos âneries ! Or, dans l’Evangile des Rameaux, on voit combien Jésus veut un ânon. C’est son choix... Dieu n’est pas un grand Seigneur qui monte sur ses grands chevaux. Il traverse nos vies avec un âne !

Je pense évidemment aujourd’hui en ce moment à l’image que donne mon confrère prêtre, Lulu Converset, parti il y a une semaine à pied à Bethléem, avec Isidore, un âne (et ce n’est pas un poisson d’avril !). Lulu a passé sa vie à s’occuper des petits, des handicapés (il est venu souvent à « Notre Maison » à Marsonnas). Il a rencontré tellement aussi de ceux qui dans la vie avaient pu faire et parfois plus que des âneries.... Pendant 9 mois, il va en rencontrer lui aussi des Simon de Cyrène, des femmes pleurant leur situation, des « païens » reconnaissant son être d’enfant de Dieu. « Je vais expérimenter, disait-il en partant de Salins, que la lumière de nos vies vient grâce à des gens et en des temps dont on ne s’y attendait pas ». Il va certainement rencontrer aussi des quolibets, des moqueries ou des tracasseries de la part des tenants de l’ordre ou de la Loi ! N’empêche que pour nous qui le voyons partir, il est une interpellation ! Dieu est à son niveau, à sa hauteur ! Son mouchoir à carreaux sur la tête et son âne parleront de Dieu et des relations entre les hommes bien autant que toutes les mitres et les papamobiles du monde !

Oui, pour découvrir Dieu, comme le jeune homme de l’Evangile qui s’en va tout nu, il ne nous faut pas d’abord chercher des vêtements religieux ou des masques pieux, mais retrouver la nudité de notre humanité, retrouver notre coeur de chair ! Les quelques 3000 adultes qui seront baptisés en France dans la nuit de Pâques nous le rappelleront aussi en quittant leurs habits de tous les jours pour s’habiller de blanc : La Parole s’est faite chair et pas tralala…"

 

Armand Athias

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 21:50

Pour la fête de son départ, Lulu avait demandé à Gérard de chanter cette chanson... Mais il n'y a pas eu de place dans la soirée pour cette chanson. La place, il y en a sur le blog... Cette chanson date de 1900 !

 

Pardon, monsieur le métayer

Si de nuit je dérange,

Mais je voudrais bien sommeiller

Au fond de votre grange ?

Mon pauvre ami, la grange est pleine

Du blé de la moisson,

Donne-toi donc plutôt la peine

D'entrer dans la maison !

 

Mon bon Monsieur, je suis trop gueux,

Quel gâchis vous ferais-je !

Je suis pieds nus, sale et boueux

Et tout couvert de neige !

Mon pauvre ami, quitte bien vite

Tes hardes en lambeaux :

Pouille-moi ce tricot, de suite

Chausse-moi ces sabots !

 

De tant marcher à l'abandon

J'ai la gorge bien sèche,

Mon bon monsieur, baillez-moi donc

Un grand verre d'eau fraîche !

L'eau ne vaut rien lorsque l'on tremble,

Le cidre... guère mieux :

Mon bon ami, trinquons ensemble,

Goûte moi ce vin vieux !

 

Mon bon monsieur, on ne m'a rien

Jeté le long des routes,

Je voudrais avec votre chien

Partager deux, trois croûtes !

Si depuis ce matin tu rôdes,

Tu dois être affâmé

Voici du pain, des crêpes chaudes,

Voici du lard fumé !

 

Chassez du coin de votre feu

Ce rôdeur qui ne bouge.

Etes-vous "Blanc" ? Etes-vous "Bleu" ?

Moi, je suis plutôt "Rouge" !

Qu'importent ces mots : République,

Commune ou Royauté" :

Ne mêlons pas la Politique

Avec la charité !

 

Puis, le métayer s'endormit,

La minuit étant proche.

Alors, le vagabond sortit

Son couteau de sa poche.

L'ouvrit, le fit luire à la flamme,

Puis, se dressant soudain,

Il planta sa terrible lame

Dans... la miche de pain !

 

Au matin-jour le gueux s'en fut

Sans vouloir rien entendre

Oubliant son couteau pointu

Au milieu du pain tendre :

Vous dormirez en paix, ô riches !

Vous et vos capitaux,

Tant que les gueux auront des miches

Où planter leurs couteaux !!!

 

Théodore Botrel

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 21:00

Voici un texte déjà publié par Blandine alors au Niger, puis par Xénia, elle aussi est prête pour le départ. Il est doublement approprié à Lulu, puisque l'âne ici s'appelle Isidore.

Lulu 01

  "Quand on a décidé de partir, il faut faire ses bagages, seller son âne et se mettre en route. La montagne est à peine visible dans le lointain. À l’aube il faut partir.

C’est un grand départ. Il faut dire adieu. À quoi ?

À tout et à rien. À rien, car ce monde que l’on quitte sera toujours là près de nous, en nous, jusqu’à notre dernier souffle, toujours aussi près de nous. Étant chassé et repoussé, il a bien des chances de surgir avec plus de véhémence à l’intérieur de nous mêmes.

À tout, car, en partant à la recherche de l’absolu, nous coupons les ponts avec tout ce qui pourrait nous en détourner. La séparation, finalement, n’est pas dans l’éloignement mais dans le détachement.

Il faut à tout prix empêcher notre personnalité de se replier sur elle-même, de se construire une citadelle.

Avant de partir, il y a quelques coups de hache et de serpe à donner. En tranchant autour de soi, on voit immédiatement que l’on tranche en soi. Mais il ne faut pas attendre d’être détaché de tout et de soi pour partir.

Qu’emporter avec soi ?

Tout soi-même et rien de moins. Étrange réponse après avoir dit qu’il faut tout laisser et surtout se laisser soi-même.

Et pourtant c’est vrai, il faut s’emporter tout entier. Beaucoup ne partent qu’en apparence.

Ils se mettent eux-mêmes en sécurité avant de se mettre en route. Ils se font une personnalité artificielle, ce robot, cette ombre d’eux-mêmes qu’ils envoient. Ils n’entrent jamais vraiment de tout leur être dans l’expérience. En partant, il faut mettre sur son âne tout ce qu’on possède et partir avec tout ce qu’on est, il faut tout prendre, les grandeurs et les faiblesses, les grandes espérances, les tendances les plus basses et les plus violentes, tout, tout, car tout doit passer par le feu. »

Père RAGUIN « Chemin de la Contemplation »

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  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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Désarmement nucléaire

Journée de jeûne pour demander le désarmement nucléaire unilatéral de la France,

tous les 1ers lundis du mois de 14h à 17h en hiver, de 16h à 18h en été, à Dampierre (39) avec un temps de partage et de réflexion animé par Lulu.

Et commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki entre les 6 et 9 août, chaque année.

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