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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 06:00

Le jour de Pâques, le 27 mars, c'est le 20ème anniversaire de l'enlèvement des moines à Tibhirine. A l'occasion de ce triste anniversaire, Lulu nous parle aujourd'hui de frère Célestin assassiné le 23 mai 1996 avec 6 de ses frères moines

Les moines de Tibhirine - frère Célestin

Jean-Pierre : « Un de nos frères de Tibhirine, le frère Célestin Ringeard est venu comme toi faire son service en Algérie. C'était en 1957. Il a 24 ans

 

«  Le groupe auquel il appartient a fait prisonnier un jeune combattant du FLN. C'est la première fois qu'il est confronté à semblable situation. Il est bouleversé. Il intervient alors auprès de ses camarades afin que la vie du fellaga soit épargnée. Grâce à lui, le jeune homme ne sera pas exécuté et des années plus tard, le fils de ce rescapé viendra jusqu’au monastère de Bellefontaine retrouver le père Célestin pour le remercier.

C'est un homme de terrain. Dans la mouvance des prêtres ouvriers qui émergent à la fin des années 1960, il devient éducateur des rues à Nantes.

Pendant des années, il travaille auprès des plus démunis... Il les soutient jusqu'au fond des abîmes où les circonstances de la vie les ont plongés.


Il a accompagné ainsi non seulement les pauvres, mais aussi des drogués et des prostituées... n'abandonnant personne et veillant à ce que les plus malheureux ne passent jamais Noël dans la solitude. Il a accompagné les démunis. Il n'envisage pas un instant de ne pas être avec eux, tant il se sent l'un d'eux. Une nuit un jeune homme homosexuel lui lance un appel. Célestin se rend à son chevet, mais le garçon se défenestre au moment où le prêtre parvient au bas de l'immeuble. Ce désespéré meurt à ses pieds sur le trottoir. Après des années de confrontation à la violence permanente, il entre à la Trappe à Bellefontaine où il restera 4 ans.

Il y fait connaissance avec Michel Fleury et Bruno Lemarchand. Ensemble ils font route pour Notre Dame de l'Atlas en Algérie en 1986. Célestin a 52 ans.

 

Célestin comme Christian de Chergé expérimente cette arrivée en Algérie comme un retour. Il semble répondre à un appel. Depuis toutes ces années, le lien est resté sous jacent mais puissant entre eux et cette terre où ils trouveront tous les deux la mort. A son arrivée, il est accueilli au pied de la passerelle par l'homme qu'il a épargné pendant la guerre et qui le serre dans ses bras. D'emblée, le contact avec ce pays passe par la communion avec l'autre, l'étranger, pour lui sans aucun doute, le frère. C'est en 1989 qu'il prononce ses vœux définitifs à l'Atlas. Choqué et meurtri émotionnellement et physiquement, par l'incursion du groupe du GIA en 1993, il est rapatrié en France pour subir plusieurs pontages. Il reste en convalescence à Bellefontaine. Son plus ardent désir est de rejoindre sa communauté et l'Algérie. Comme le dira et vivra Pierre Claverie, évêque d'Oran, assassiné avec son chauffeur Mohamed le 1er Août 1996 «  Nos sangs sont mêlés dans la violence. Jésus s'est posé sur ces lignes de fractures de l'Humanité. Il est mort là. C'est le sens de la croix ». Célestin reviendra en France. Comme si il avait  conscience du dénouement proche, il a tenu à être du nombre.

 

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 12:50

La marche de l'histoire : les moines de Tibhirine

 

à écouter : Clic

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 06:00

Le jour de Pâques, le 27 mars, c'est le 20ème anniversaire de l'enlèvement des moines à Tibhirine. A l'occasion de ce triste anniversaire, Lulu nous parle aujourd'hui de frère Christophe assassiné le 23 mai avec 6 de ses frères moines. 

Les moines de Tibhirine - frère Christophe

Christophe Le Breton né à Blois en 1950

Marqué par les événements de 1968. Il ressent à travers le printemps révolté une soif d'absolu. C'est pour être coopérant qu'il part en Algérie de 1972 à 1974. Enseignant dans un quartier populaire d'Alger, il prend à cœur le sort des personnes handicapées. Pendant sa période de coopération, un prêtre d'Alger l'invite à participer à une messe chez les moines de l'Atlas. C'est là qu'il décide de sa vocation monastique.

 

En 1975, il a fini sa coopération. Il revient à l'Abbaye de Tamié.

C'est de là, après quelques années, que le désir de revenir à Tibhirine le gagne.

C'est là qu'il fera vœu de stabilité. Il prononce ses vœux temporaires en 1976 à Tibhirine. Cette année là, Christophe revient à Tamié. Il y reste jusqu'en 1980. Il y est ordonné prêtre. Il fait un séjour aux Dombes. Il y suit une formation de menuisier. Il reprend confiance en Tibhirine et fait connaître à Christian son souhait de revenir à Tibhirine. Tamié lui accorde son changement de stabilité. Christophe prend à Tibhirine la charge du jardinage. Il fait appel à des gens du village pour certaines tâches spécifiques. En 1992 il y devient maître des novices.

 

Avec Célestin ils se chargent de la liturgie, adaptent des chants en arabe. Il se joint très tôt au Ribat Es Salam.

Les moines à Tibhirine comme dans tous les monastères, composent une mosaïque d'opinions et de tempéraments divers qui se nourrit chaque jour d'une confrontation féconde.

Jean-Pierre : « Tu vois, on parlait d'une échelle à deux battants tout à l'heure pour exprimer par cette image notre recherche de Dieu, entre chrétiens et musulmans, notre quête de l'Absolu. Mais dans un monastère, nous pouvons reprendre cette image de l'échelle à plusieurs battants cette fois, pour dire le chemin escarpé et particulier que chaque moine emprunte pour tendre à rencontrer Dieu, en respectant le fait que chacun de ses compagnons emprunte un chemin lui aussi unique mais que tous convergent vers le même point . »

Lucien : « En t'écoutant Jean-Pierre et en retraçant ces chemins empruntés personnellement par chacun de tes frères de Notre Dame de l'Atlas, et par toi-même, je suis renvoyé au chemin que j'ai pris moi-même un jour de 1959 en direction de l'Algérie, en compagnie de Jean-Claude, Bernard, Jean, Alphonse et combien d'autres ... ceux que j'appelle mes amis-copains de régiment. C'était le même chemin que vous, les moines de Tibhirine. Nous prenions, nous aussi depuis Alger-Sidi Ferruch la route des gorges de la Chiffa ... Nous traversions Médéa... Nous entrions dans le massif de l'Ouarsenis... Nous ne connaissions pas encore l'existence du monastère de Tibhirine.

 

Jean-Pierre : « Déjà Luc Dochier et Amédée Noto étaient là à Tibhirine... Moi j'y entrerai en 1964 au lendemain de l'indépendance.

Lucien : « Nous empruntions le même chemin que vous, mais ce n'était pas dans le même but. C'était le contraire de l'échelle à double battant. Nous venions pour soi-disant (pacifier)...Comme nous avons abîmé ce mot !

Nous avons jeté dans l'abîme sa signification. En fait, massivement (nous étions en permanence plus de 400.000 soldats en Algérie pour maintenir l'ordre... celui-là de la colonisation !) Nous venions poursuivre des vivants, des résistants. Afin de justifier cette traque et la mort qui souvent s'en suivait, nous mettions sur ces hommes et ces femmes les étiquettes de « rebelles » et « terroristes ».

Et des fois, c'étaient aussi de nos amis et compagnons qui trouvaient la mort dans la profondeur de ces oueds ou sur le flanc des djebels.

 

C'est pas très loin de là que notre ami Jean-Marie Buisset fut tué dans une embuscade, à quelques kilomètres de Médéa-Tibhirine. Ses parents apprirent sa mort le jour de la fête des mères, le 29 Mai 1959 à Beaulieu dans les Ardennes.

Je dis « notre ami » en parlant de Jean-Marie, car parti quelques mois avant nous en Algérie, il avait écrit à plusieurs d'entre nous des lettres tellement marquantes qu'avec l’aumônier, le Père Jego, nous en avions fait un petit livre que nous avions intitulé «  Témoignage d'Amour ». Que de crapahuts et opérations j'ai moi aussi accomplies dans cette région avec les camarades du régiment parachutiste dans lequel je me trouvais : le 3ème RPIMA. Je ne savais pas bien sûr, que des frères comme Luc et Amédée étaient à Tibhirine depuis 1946 déjà, «  témoins d'une invincible espérance » au flanc de cet Atlas que nous rendions si meurtrier pour les algériens et aussi pour les soldats que nous étions.

 

Et toi Jean-Pierre, tu es venu à Tibhirine en quelle année ?

Jean-Pierre : « C'est en 1964 que je suis arrivé avec un groupe de religieux envoyé par notre Abbaye de Timadeuc en Bretagne ».

C'était au lendemain de l'Indépendance. « A cette époque en effet, l'avenir est incertain pour les européens d'Algérie, il est sérieusement question d'abandonner Notre Dame de l'Atlas. Le Père Duval, célèbre « progressiste » que l'OAS surnomme « Mohammed Duval » oppose toute son énergie à la fermeture de l'abbaye... Évêque d'Hippone en 1946, il est depuis 1954 Évêque d'Alger et affirme ses positions en faveur de l'auto-détermination. Plusieurs moines s'en vont en France rejoindre leur abbaye d'origine et seuls quelques frères résistent, fidèles aux vœux de « vivre et mourir dans ce nid d'aigle »

Lucien : « C'est dans cet Ouarsenis, face à ce rouleau compresseur que fut le plan Challes, où tant de gens trouvèrent la mort, la déportation, l'engament forcé dans la constitution de harkas, qu'avec quelques camarades nous opposions  ce que nous disait notre conscience d'homme. C'est extrêmement dur d'oser faire sortir de sa bouche et de son regard de tout petit soldat tout seul face à un cordon d'officiers parachutistes baraqués et baroudeurs, certains ayant fait l'Indochine, que la dignité de n'importe quel homme est intouchable.

 

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 06:00

Le jour de Pâques, le 27 mars, c'est le 20ème anniversaire de l'enlèvement des moines à Tibhirine. Aujourd'hui, Lulu nous parle de frère Michel assassiné le 23 mai 1996 avec 6 autres de ses frères moines.

 
Les moines de Tibhirine - Frère Michel

Puis vint le nom de Michel Fleury, frère du Prado à Marseille, ouvrier fraiseur, adhère à la CGT, il y découvre le prolétariat nord africain et dès lors, il est sensibilisé aux misères de ces hommes, dont il vit la douleur et l'espoir

 

Il entre à l'abbaye de Bellefontaine en 1980. Il y rencontre le vicaire général de Constantine qui fait un exposé sur l'église d'Algérie. A peu de temps de là, un ami prêtre de Nantes, chargé des relations avec les maghrébins, rentre d'un voyage à Tibhirine : « Une notice nécrologique de Christian de Chergé à propos du Père Aubin de Médéa, est porteuse du sens de la présence des moines en terre d'Islam, du sens de la vie offerte. Michel comprend de façon décisive que sa mission, sa démarche spirituelle le destine à cette vie de don, dans le silence, pour le peuple algérien »

 

«  Michel arrive à Tibhirine en 1987. Il découvre la prière en partage et très vite veut la vivre dans la réunion spirituelle du RIBAT ES SALAM. Sa perception de la spiritualité musulmane, telle qu'elle est vécue dans le rituel soufi est forte. »

 

Je cite beaucoup, dans ce que j'écris là, des passages du livre de René Guitton : » Si nous nous taisons » Jean-Pierre Schumacher dit de Michel, à la page 80 : « Quand, en 1993, les hommes en armes étaient intervenus au monastère à la veillée de Noël, arrêtés par les jeunes membres du groupe, nous passions par le cloître au niveau de la porte qui donne vers la cuisine. Nous pensions que notre heure était venue. Michel a emboîté le pas sans mot dire, docilement. Je pensais au texte d’Isaïe : « Comme un agneau qu'on mène à l’abattoir, il n'a pas ouvert la bouche » Ce texte, appliqué à Jésus me dit quelque chose de ce que dut être l'attitude de Michel la nuit de l'enlèvement de 1996, et durant le temps qui s'est écoulé jusqu'à sa mort. Il était prêt, il était offert par le même esprit que ce jour où il quitta le Prado pour aller à la Trappe puis pour venir en Algérie.

Lucien : « Je cherche à savoir davantage ce qu'est le Ribat Es Salam ainsi que le Soufisme. »

Jean-Pierre : « Un jour de 1979 Christian de Chergé part accomplir une retraite à l'Assekrem, l'un des ermitages des petits frères du Père De Foucault.

Et Jean-Pierre Schumacher me raconte que c'est durant cette absence de Christian qu'il lui fut donné à lui Jean-Pierre, de rencontrer des membres d'un groupe soufi de la confrérie des Alawiyims, grâce à la présence de jeunes étudiants malgaches, venus étudier au centre de formation administrative de Médéa.

Les soufis constituent une branche de la mystique musulmane et forment un groupe de pensée qui n'est pas représentatif à lui seul de l'Islam. Ils ont une recherche d'ouverture et de compréhension de l'autre.

C'est Jean-Pierre qui a été à l'initiative de la première venue à Tibhirine de ces soufis de la confrérie du cheikh Ahmed AL-ALAWI ( de Mostaganem, décédé en 1975. )Quelle joie pour Christian de Chergé de prendre le relais à son retour de l'Assekrem. Les soufis souhaitent rencontrer tous les frères et surtout partager la prière, les hadiths, et les mudakharas ( paraboles ) Les soufis sont des hommes qui cherchent, creusent une voie et qui, à Tibhirine proposent aux moines de la creuser avec eux. Le mot RIBAT, que l'on retrouve dans MA-RABOUT, dans le nom de la ville de RABAT, est le nom que vont prendre les réunions des moines et des soufis rassemblés deux fois par an. Le RIBAT c'est le mot désignant le lien avec lequel on noue les fagots de bois. Ce sera désormais ce qui signifie les rencontres où il sera question de ce lien qui attache et relie les êtres entre eux et à Dieu.

 

Ces rencontres vont s'intensifier pendant près de 15 ans sous la responsabilité de Christian de Chergé. Elles prendront le nom de RIBAT ES SALAM. Cette responsabilité de Christian sera partagée avec Claude RAULT, Évêque du Sahara,

et avec frère Michel, puis frère Christophe. Le Cheikh KHALED BEN TOUNES se souvient comment l'un des derniers thèmes qui a été choisi à Notre Dame de l’Atlas  a été le Habli. Comment Dieu nous invite à consolider le Habli, le lien, avec lui , et comment de part et d'autre nous vivons la consolidation de ce lien divin dans la permanence et la présence de chaque jour, chacun projetant une image et se nourrissant de la vision de l'autre, tous s'enrichissant par les différences...

« Cette vie les gardait mais à distance, dans la même expérience du divin, et dans l'obéissance à la parole, chacun la vivait de son côté... Ainsi peu à peu, de part et d'autre, d'une échelle double imaginaire, musulmans et chrétiens,montaient chaque degré, se rapprochant les uns des autres en s'approchant de Dieu » .

A Tibhirine, ce sont les populations des montagnes qui sont descendues fonder un bourg dans l'espace protecteur du monastère, devenu leur lumière. Les villageois ont fait sortir les frères de leur enceinte pour qu'ils les aident à avancer. Les religieux ont accepté, toujours dans le respect de l'identité du culte et de la culture de chacun. Ils ont montré qu'il existe un langage autre, que celui des armes, celui du dévouement.

Quand les chrétiens côtoient les musulmans, ils admirent chez eux la prière à l'absolu de Dieu, présent dans les questions concrètes de l'existence, dans tous les actes de la vie. En retour, les musulmans reconnaissent une Humanité grandiose dans l'acte du Christ, une marque de cet amour fondamental que l'on trouve également dans l'ancien testament et dans le coran. Chacun est renvoyé à sa foi, en conscience de sa propre richesse par les différences. Tous regardent dans la même direction, en parcourant leur propre itinéraire.

Lucien : « Et Christophe, lui aussi va faire partie du Ribat Es Salam ? »

Jean-Pierre : «  Il va en faire partie de manière intense aux côtés de Christian et de Michel. Christophe, tu le sais, c'est le poète »

Lucien : «  Mais au juste, comment Christophe est venu en Algérie ? Qu'est-ce qui l'a amené à Tibhirine ?

En écoutant Jean-Pierre, je suis interpellé comme pour les autres frères à lire ce qui le concerne dans les livres mis à ma disposition.

 

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 06:00

Le jour de Pâques, le 27 mars, c'est le 20ème anniversaire de l'enlèvement des moines à Tibhirine. A l'occasion de ce triste anniversaire, Lulu nous parle aujourd'hui de frère Luc assassiné le 23 mai 1996 avec 6 de ses frères moines. 

 
Les moines de Tibhirine - Frère Luc

Très naturellement, le 1er nom qui vint sur nos lèvres fut celui de frère Luc Dochier, le frère médecin de Tibhirine. Luc est né en 1914 dans la Drôme. Il est médecin externe à l’hôpital Grange Blanche à Lyon. Il entre à Aiguebelle en 1941 et débarque en Algérie le 28 août 1946. C'est le jour de la saint Augustin.

 

C'est, « un signe fort du destin, comme un ordre du ciel qui lui montre les voies de l'enracinement dans ce pays » Souvent, frère Luc va aider les mères algériennes à donner la vie, lui qui ira jusqu'à donner la sienne en communion avec ses frères, pour Dieu et pour l'Algérie. Il va contribuer à enfanter l'Algérie.

 

Suite demain

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 06:00

Le jour de Pâques, le 27 mars, c'est le 20ème anniversaire de l'enlèvement des moines à Tibhirine. A l'occasion de ce triste anniversaire, Lulu nous parle de ces 7 moines qui furent assassinés le 23 mai 1996. 

 

 

 

Les frères de Tibhirine

Midelt, le mercredi 9 septembre 2015

 

Très vite greffés sur Tibhirine, tout en étant à Midelt, au cœur du Maroc, Jean-Pierre Schumacher et moi nous nous disons ce qui a créé en l'un et l'autre, notre attrait pour l'Algérie. Nous nous racontons notre amour du peuple algérien, ainsi que « l'invincible espérance » de sa libération encore à-venir.

Et dans un premier temps, cela me ré-interpelle à chercher ce qui faisait l'attachement pour l'Algérie de chacun des 7 frères de Jean-Pierre, compagnons de Tibhirine. Je savais que plein de choses étaient très bien ramassées par Bruno Chenu dans le livre « Sept vies pour Dieu, sept vies pour l'Algérie » ainsi que dans le livre de Christine Ray, intitulé : « Christian de Chergé » J'avais lu aussi et relu avant de venir 2 livres parmi d'autres : « Si nous nous taisons » … de René Guitton et celui de Jean-Marie Muller « Les moines de Tibhirine » Tous ces ouvrages nous traduisent la passion de ces hommes pour devenir en plein Ouarsenis, au cœur de l'Atlas, cultivateurs de la non-violence au beau milieu des jardins de Tibhirine, dans les sillons de la terre algérienne. Certes, en arrivant à Midelt, beaucoup de gestes et paroles se livrant dans des faits que j'avais lus et entendus à propos de ces témoins, habitaient en mon être. Mais il se passait quelque chose d'étonnant  « d'où m'était-il donné de pouvoir les entendre exprimer de la bouche de Jean-Pierre lui-même qui les avait vécus avec eux » ( Luc 1, 43 )

 

Les paroles de Jean-Pierre allaient devenir comme de petites graines de la non-violence que je n'aurais jamais fini d'ensemencer dans le terreau de ma vie, reliée à celle de tous les amis que vous êtes. Et ces petites graines , j'allais les trouver grâce à l'artisanat de la parole du témoin Jean-Pierre, attachées aux branches et brindilles du grand arbre de l'Humanité que sont les membres de la communauté de Tibhirine. Jean-Pierre m'aiderait à les cueillir, à  « ramasser aussi celles qui sont tombées afin que rien ne se perde » ( Jean 6, 12 ), afin que tout se donne et se communique.

 

Lucien : « Parle-moi Jean-Pierre de tes compagnons de Tibhirine, comment eux et toi vous êtes arrivés en Algérie ? »

Jean-Pierre : « Je veux bien volontiers mais tu iras voir aussi dans les livres dont tu viens de me parler. Je te les trouverais ici dans notre bibliothèque. Je t'en trouverais d'autres encore. »

Et voilà ce que je commençai de ramasser dès ce mercredi 9 septembre 2015.

Suite demain

 

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 20:24

Alors que Lulu prépare un nouveau voyage à Midelt pour emporter broyeur et pressoir pour presser les pommes de la non-violence voici la suite des textes qu'il a écrit en septembre dernier.

 

MIDELT, le mercredi 9 septembre 2015

 

« ON VA SE TUTOYER »

parole créatrice d'un véritable PASSAGE A NIVEAU

 

Pendant ce merveilleux séjour au Maroc (du 8 au 22 septembre 2015 ) comme le gingko biloba de Dampierre m'avait interpellé à le faire l'an dernier, j'ai ramassé, pour les mettre dans mon sac à dos, une multitude de petites feuilles d'or durant mes rencontres avec les moines du monastère de la KASBAH MERIEM et les habitants de la cité de Midelt. J'en ai fait un cahier. C'est merveilleux ce que je trouve d'écrit en chacune de ces feuilles. Je vais continuer à vous les partager. En voici quelques-unes du 2ème jour.

 

Nous sommes au matin du mercredi 9 septembre. Nous venons de célébrer la messe avec Jean- Pierre Schumacher, survivant de Tibhirine, Jean-Pierre Flachaire, le prieur venant d'Aiguebelle, Antoine qui chante les psaumes comme si ils habitaient tout son être. A certains moments, en voyant Antoine et en l'entendant, on a l'impression qu'il va se mettre à danser, et on a envie de faire de même. Il y a aussi José-Luis qui vient de Valencia en Espagne. C'est dans cette ville que j'étais parti avec ma 2 CV baptiser la petite Estrella Torres en septembre 1973. Et le 5ème moine de ce monastère cystercien est Nuno, novice originaire du Portugal. Il parle beaucoup mais rien qu'avec son sourire. C'est dans cette petite communauté d'hommes, qu'en ce début septembre, je m'entends appeler à entrer avec comme guide le frère Benoit de l'Abbaye d'Acey.

 

 

Lulu et le frère Benoît

Lulu et le frère Benoît

J'ai contemplé hier soir durant le chant des complies le visage de ces 5 hommes, particulièrement celui de Jean-Pierre Shumacher en raison du témoignage qu'il nous donne de Tibhirine. Rien qu'en regardant son visage, je voyais celui des 7 moines de Notre Dame de l'Atlas. Avec une humble audace, celle-là de tout être qui a conscience qu'il est enfant de Dieu, j'avais dit : » Cet homme a beaucoup, beaucoup, beaucoup à m'apprendre de la vie, de la mort, et de la résurrection de nos êtres, du sien, du mien Lucien, de celui de ses compagnons, et aussi de votre être à chacun de vous tous avec qui nous avons la joie de nous rencontrer »
 

Après la messe, le petit déjeuner, l'heure de Tierce, nous nous retrouvons comme convenu entre Jean-Pierre Shumacher et moi, dans une pièce adjacente à la chapelle. Ce « rendez-vous « , surtout à cause d'un petit mot prononcé par Jean-Pierre au tout début de la rencontre, va produire un moment merveilleux, où les deux personnes que nous sommes, vont se tendre l'une vers l'autre et se rendre l'une à l'autre. Un véritable « rendez-vous »

 

En effet, je viens de dire à Jean-Pierre, dans l'immédiat de la rencontre : « Qu'est ce que je suis heureux de vous voir Jean-Pierre, de vous rencontrer et de pouvoir causer avec vous. Je sens que je vais pouvoir vous écouter me raconter ce que vous avez vécu avec les frères de Tibhirine ... » C'est alors que Jean-Pierre me dit, comme ça, d'emblée : « ON VA SE TUTOYER ! »

 

Oh, ce que ta parole m'a touché Jean-Pierre ! Tu venais par tes mots, d'ouvrir toutes grandes des barrières qu'il n'y avait que toi qui pouvais les ouvrir. Tu venais de rendre possible la communication entre nous de manière inouïe, parce que tu en faisais une communication non violente. La manière dont tu me disais ces mots nous rendait frères l'un de l'autre. Ces mots ne pouvaient venir que de toi : « on va se tutoyer » Tu m'ouvrais les barrières comme faisait Madame Orsat la garde barrière du passage à niveau de la voie SNCF à Dampierre, lorsque enfant, je conduisais notre troupeau de vaches dans la pâture qui se trouvait de l'autre côté de la voie. Cette femme m'ouvrait le passage à niveau. Jean-Pierre, tu nous mettais toi et moi à niveau l'un de l'autre. Ça n'arrêtait pas mon regard qui me faisait « te voir supérieur à moi » (Phi. 2, 3.) Tu continuais d'être quelqu'un qui a beaucoup de trésors de non-violence à me faire découvrir. En cela consistait ta supériorité. Ça nous transformait l'un et l'autre. Tu as vécu des choses que je n'ai pas vécues et qui me font t'estimer, te considérer, t'aimer. Mais voilà que ta parole me touchait étonnamment. Elle devenait créatrice, elle me rentrait dans la peau, « Ta parole se faisait chair » (Jo. 1. 14 ), dans ma chair, dans mon être. Jean-Pierre, tu nous mettais à niveau l'un de l'autre. Nous allions pouvoir communiquer tout autrement que s’il n'y avait pas eu cette parole, ces mots : « On va se tutoyer. » Tu te démettais de ton pouvoir. Tu t'en démunissais pour le rendre serviteur« Tu ne retenais pas le rang qui t'égalait à Dieu » (Phi 2, 6) Tu sortais de ce rang où tu te trouvais pour venir me chercher là où j'en étais. Je ne saurais pas dire si tu t'abaissais à mon niveau ou si tu m'élevais au tien. Peut-être un peu des deux.

 

Ça me rappelait ce qui s'était passé de totalement semblable entre André Depierre et moi au printemps de l'année 1966 au tout début où je devenais prêtre. La 1ère fois où j'étais allé voir à Montreuil cet homme, originaire de Vadans dans le Jura, de 15 ans mon ainé. 

Prêtre ouvrier, fondateur de la mission de Paris en janvier 1944, avec Henri Godin né à Audeux dans le Doubs, lui aussi originaire du Jura par ses parents. André m'avait dit « On va se tutoyer » dès le début de notre première rencontre. Déjà à ce moment-là j'avais expérimenté quelque chose de fondamental dans la dimension relationnelle de ma vie d'homme et je m'étais dit : « N'oublies pas ce que t'a donné André par sa parole … et fais de même. » J'avais un jour découvert la source de cette communication de la non-violence dans les psaumes, lorsque celui avec qui nous commençons de nous relier nous permet de nous libérer parce qu'il crée un passage à niveau avec nous : « Mon allié est devenu mon libérateur »(PS 143, 2 )

 

Rien n'avait été enlevé de l'estime que j'éprouvais pour Jean-Pierre. Mais un verrou venait de sauter, une barrière empêchante disparaissait d'entre nos êtres, et elle ne se refermerait jamais : ce qui donnait autorité ne s'était pas effacé, mais allait pouvoir entrer en action et réaliser son œuvre. Il se passait comme sait si bien nous le faire deviner René Girard, quelque chose de semblable à ce qui se passe entre le PERE et le FILS. L'ESPRIT-SAINT peut entrer en action, ça peut souffler entre eux, parce que le Père et le Fils sont à niveau. Ils ont fait de leur POUVOIR, un AMOUR pour TOUJOURS.

 

Comme ce serait libérant de nous débarrasser de tout ce qui est très empêchant dans l'exercice de ce satané pouvoir. Nous y tenons tant les uns par rapport aux autres, qu'il nous joue de vilains tours, parce que nous nous maintenons à l'exercer dans la violence accaparante, au lieu de le vivre de façon servisante. Et comme nous le chantons le dimanche soir aux complies ( il n'est jamais trop tard de le réaliser) : « Nous expérimenterons que plus nous ôterons les barrières entre nous, plus nous nous approcherons les uns des autres, plus nous serons à niveau les uns avec les autres, davantage nous deviendrons libres. » (PS 90, 14)

 

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 10:30
Dans le Progrès du 8/01/2015

Dans le Progrès du 8/01/2015

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 21:15

Au lendemain de notre arrivée au Monastère de MIDELT avec le frère Benoît de l’Abbaye d’ACEY, le 8 septembre 2015, une profonde joie habite en mon être. C’est celle de trouver ce mot « RESURGENCE » pour signifier la continuité de prière aimante et de travail humble qui existent entre les moines de TIBHIRINE et ceux de MIDELT. En Franche-Comté, nous avons appris à l’école que la Loue est une résurgence du Doubs ; c’est dans le sous-sol de la plaine karstique de Pontarlier, que l’on se rend compte qu’une partie de l’eau du Doubs se perd. Cette eau ressort à OUHANS. C’est la source de la Loue. De même, lors du drame de la disparition des sept moines de Tibhirine, on a pu penser que c’en était fini de la vie des moines, de ce qu’ils avaient initié, de ce ruisseau de la non-violence qui, grâce à leur engagement irriguait notre humanité. Au mieux, on garderait des traces de ce qui s’était vécu à Tibhirine, à travers les écrits de Christian De Chergé, et des autres moines :« Sept vies pour Dieu, Sept vies pour l’Algérie ». On essayerait de se laisser travailler par ce courant étonnant. Mais c’était sans compter sur « L’Invincible espérance », tellement vécue par les moines de Tibhirine. Cette humble espérance cherchait à sourdre ailleurs pour que nous puissions y étancher notre soif, sans cesser de continuer à couler à Tibhirine. C’est alors que les deux moines Amédée et Jean-Pierre, survivants de Tibhirine, sont venus rejoindre les membres du petit monastère marocain de FEZ qui se transféra par la suite à MIDELT. J’avais beaucoup lu les écrits de Christian de Chergé et des autres moines dans le livre de Christine REY. J’avais vu plusieurs fois le film « DES HOMMES ET DES DIEUX ». Et puis, j’étais allé à Tibhirine avec Nelly, Bernard et Claude, en Mars 2014.

 

Dans l’immédiat de notre arrivée à Midelt avec le frère Benoît de l’Abbaye d’ACEY, le mardi 8 Septembre, je sentis le trait d’union entre Tibhirine et Midelt. Il y a comme un courant souterrain qui se faufile dans le ventre de la terre, d’un lieu à l’autre, sous la chaine de l’ATLAS. Il y a comme un souffle persistant qui anime d’un endroit à l’autre, en traversant les frontières estimées impénétrables. D’où me venait cette impression, au point que je pus dire avec joie à la poignée des moines qui nous accueillaient : « en franc-comtois que je suis, je voudrais vous dire que Midelt est une résurgence de Tibhirine. » ? Fort probablement, ça nous venait du fait de l’habitation d’Amédée et de Jean-Pierre en ce lieu, eux qui ont vécu de nombreuses années à Tibhirine. Ça venait aussi du fait que le Maroc, comme l’Algérie est imprégné de la culture Berbéro-Arabe, et de la religion de l’Islam. Aussi, très vite, j’ai senti à Midelt que, si l’espace du monastère était clos et ramassé, c’était pour être offert et ouvert. Je me rappelai les mots de Jésus à la multiplication des pains : « ramassez les morceaux afin que rien ne se perde » ( Jean, Ch 5). Il me revenait aussi les mots de notre papa sous les pommiers à Dampierre : « on va ramasser les pommes… comme ça elles ne seront pas perdues. On va ramasser sans amasser, on va ramasser pour donner ». Ce que je voyais vivre à Midelt, c’est bien ce que j’avais senti qui s’était vécu à Tibhirine.

Et de fait, je ne tardai pas à me rendre compte que, discrètement, mais efficacement, des liens se sont tissés et continuent de se créer à Midelt entre les membres de la population de la ville et des environs et la petite poignée des moines, comme à Tibhirine. Il ne faut pas oublier non plus qu’aujourd’hui à Tibhirine, entre Jean-Marie LASSAUSSE et les gens qui travaillent à la ferme, ainsi qu’avec les personnes qui assurent la permanence, beaucoup de monde qui passe peut se ressourcer au souffle des « sept vies pour Dieu et sept vies pour l’Algérie ».

 

Dès notre arrivée le mardi au soir à Midelt, après le repas à l’hôtellerie, je fus marqué durant les complies par le chant des psaumes et du « Salve Regina » … Nous vivions la reconnaissance de ta présence, Ami Jésus, et celle de ta Mère, au cœur de nos vies, comme c’était chanté à Tibhirine, comme c’était traduit dans le film « des hommes et des dieux ».

J’étais aidé dans tout ça par le fait que je voyais le visage du frère Jean-Pierre Schumacher. En vivant ce moment intensément, je me disais, et c’était ma prière : « Ami Jésus, merci de me permettre de rencontrer le frère Jean-Pierre, il est là sous mes yeux, à quelques mètres de moi. Il est le frère qui a vécu avec Amédée, Christian de Chergé, et les autres moines : Christophe, Michel, Célestin, Luc, Bruno et Paul, il y a une vingtaine d’années … J’espère bien qu’il me racontera dans les jours qui viennent ce qu’il a vécu de ton amour dans la non-violence, en compagnie de ces sept hommes sur la tombe de qui je suis allé ramasser ce qui reste de mon être, moi, qui ai malheureusement fait la guerre d’Algérie. Il me racontera ce qu’avec ses frères, ils ont vécu d’amour et de mort, de relations et d’affrontements avec les gens de la région. Tu es notre Espérance, Vierge Marie, et notre Avocate : « Salve Regina …. Spes nostra salve … Advocata nostra … » Avant de m’endormir dans l’Hôtellerie, j’ai voulu relire le testament de Christian de Chergé : « Quand un A-DIEU s’envisage »

 

Ça ressemblait étonnamment à ton testament, Ami Jésus, que j’allai chercher au chapitre 17 de l’évangile de Jean : « Père, l’heure est venue… ». Toi, Christian de Chergé, et toi, Christ Jésus, qu’est-ce que vous vous ressemblez ! Faites que nous, Chrétiens, nous vous ressemblions.

Lulu le 8 septembre 2015

 

Testament de Christian de Chergé extrait de l'album "slams mystiques"

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 20:45

Prochainement, Lulu nous rendra compte de son séjour à Midelt. En attendant, il vous invite à découvrir cette vidéo de KTO.

A la suite des évènements de Tibhirine, en Algérie, où sept moines Cisterciens furent assassinés, la communauté des martyrs de Notre-Dame de l'Atlas s'installe en 2000 à Midelt, dans l'Atlas marocain. Au programme de la vie quotidienne des six moines cisterciens, "être des priants parmi les priants " en osmose avec la population musulmane locale. Agé de 92 ans, le dernier survivant de Thibhirine, le père Jean-Pierre Schumacher témoigne de sa joie retrouvée. Une coproduction KTO/La huit productions, 2014. Réalisé par Lizette Lemoine et Aubin Hellot.
 

Documentaire du 08/12/2014.

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  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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