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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 20:52
Des petites feuilles pleines de promesse

Des petites feuilles pleines de promesse

Dampierre, le 6 août 2018

 

« VENEZ VITE VOIR, LE PETIT GINKGO BILOBA A POUSSE DES FEUILLES »


Ce sont les mots que Jeannot nous adresse à ma sœur Bernadette et à moi, le 6 août, jour anniversaire du drame d’Hiroshima. Je n’ai pas pu participer à la commémoration organisée ce jour même par le groupe ADN à Ranchot. Mon frère, ma sœur et moi étions à l’enterrement de notre cousine Marie Vittot, dans le pays de notre maman, à Chaux les Passavant - La Grâce Dieu.


En nous dirigeant vers le petit ginkgo biloba, Jeannot commence à raconter :
Jeannot : « le matin on allait pour préparer la réunion (du mouvement ADN-MAN), Toinette me dit « On va aller arroser les pieds du petit ginkgo car il vient de mettre des feuilles »


Lulu : « Jeannot, t’es en train de faire de nous les témoins que ce qui a été cassé et brisé dans nos vies peut se réparer. Une fois encore, c’est l’arbre qui parle aux hommes et femmes que nous sommes. Laisserons-nous notre pâte humaine se pétrir du levain qu’est l’attitude et la parole des petits de notre humanité ? Comment passer de « témoins » des cassures à « artisans » de la réparation ? »


En arrivant vers le petit arbre, nous apercevons tout le long du tronc, de belles feuilles vertes bilobées qui poussent pour la joie de nos yeux.
Jeannot : « J’en revenais pas … En mettant le seau d’eau sur les pieds du petit ginkgo, qu’est-ce que je voyais … l’arbre qui poussait des feuilles … par la chaleur qu’il fait … j’ai compté les feuilles, y en a douze »
Lulu : « Et tu nous annonces ça Jeannot, le jour du 6 août, le jour de la commémoration d’Hiroshima … le jour où le ginkgo biloba a résisté dans la fournaise à l’éclatement de la bombe … Je suis très touché par ce que tu es en train de nous faire découvrir Jeannot … »
Jeannot : «  Va falloir qu’on viennent souvent l’arroser. »


Avec Jeannot et ma sœur Bernadette, nous nous racontons comment, à la ressemblance du petit arbre, nous venons tous de très loin. Nous avons vécu et traversé des évènements et des réalités dont nous disons : «  On en revient pas. En fait, nous sommes en train d’ (en revenir) »


Nous avons été très marqués par la teneur du travail de recherche de ces 3500 jeunes, réalisé pendant le festival de la paix à Micropolis du 2 au 5 août à Besançon, dans le souffle du mouvement MRJC, pour les Français et du  KLJB pour les Allemands.


C’est tout un peuple de jeunes, tendus dans la création d’une humanité plus juste et plus fraternelle qui s’exprimait. Dans plusieurs ateliers, durant ces jours du festival de la paix, ces « jeunes prophètes » ont demandé aux « vieux rêveurs » que sont leurs parents et nous les amis de leurs parents, de nous unir avec eux dans leurs luttes, dans leurs façons de faire, dans leurs recherches, et particulièrement celles de la communication non violente (CNV), afin qu’en « désarmant les Dieux » «  il n’y ait aucun exclu pour la fête » Parmi les signes merveilleux que c’est déjà en train de se réaliser, en voici un : Grégory 13 ans, qui a participé à tout le campement MRJC de marche au pas des ânes de Poligny à Besançon, sert la messe aux côtés de Jean-Luc Bouilleret l’évêque, Daniel Petit, Gaby Rognon et quelques aumôniers MRJC-CMR et Mission de France, qui ont tant ramés depuis des années avec ces 3500 jeunes, pour que notre monde tienne dans son avancée vers la paix et la justice. Tout cela grâce à un désarmement effectif, et dans l’établissement d’une ruralité à trempe humaine.


Jean-Marie Guinchard de la Sommette, le papa de Camille, vient communier. Au moment où je lui donne le corps du Christ, il nous dit avec émotion à Grégory et à moi, « Si Lulu est là, c’est à cause de toi Grégory »


La messe que nous célébrons est un moment de reconnaissance humble et étonnante de joie et de fête. Nous exprimons à notre ami Jésus, que notre confiance en Lui, vient du fait que, par sa manière d’aimer, et par la non-violence qui rayonne de son comportement en humanité, il fait que son Père, n’est plus à nos yeux « le Dieu des armées » mais « un Dieu désarmé ». C’est comme cela que nous l’aimons et que nous pouvons le reconnaitre comme « Notre Père ». Nous entendons les bruits que fait la terre parce qu’on la malmène, et les cris des enfants qui n’en peuvent plus, parce qu’ils sont en manque de pain et de père.


Rosine, Alphonse et moi, nous allons dans l’après-midi de ce dimanche du 5 août, à la fin du festival de la paix, chercher les ânes à Montoille, en dessous du Rosemont, chez Jocelyne et Philippe Louison, qui les ont hébergés dans leur enclos de deux hectares, pendant les 4 jours de la fête, à deux pas de la Malcombe, lieu de l’établissement du campement de plus de 500 tentes des festivaliers. Il y eut beaucoup de facilitateurs pour rendre possible cette proximité et cette faisabilité. Parmi eux, Valentin Perriard et Félicien Ragot. L’accessibilité à cet enclos pour les ânes, rendit possible, la marche ballade avec des enfants et leurs parents, participant au festival, les vendredis et samedis après-midi, le long de la Malcombe, Emmaüs, Roche d’Or, vélo route, long du Doubs, Velote. Un véritable atelier itinérant à chaque fois, signifiant expérimentalement ce que nous cherchons en communication non-violente : déligoter et dénouer les nœuds qui abiment nos êtres, et nous réjouir que grâce à cette libération, nous puissions nous relier les uns aux autres. En découvrant comme l’on vécu et dit Christian de Chergé et ses compagnons de Tibhirine, « qu’en chacun des êtres humains réside le don de l’Esprit, dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance en jouant avec les différences »


Il avait été prévu à notre rencontre de l’équipe ADN du lundi 2 juillet, qu’en ramenant les ânes à Dampierre le 5 août au soir, à la fin du festival, grâce au véhicule d’Alphonse, nous rendions possible la petite randonnée qui aurait lieu de Dampierre à Ranchot, dans la journée du 6 août. En effet, nous pensions en nous baladant au pas des ânes, aller voir l’exposition des panneaux préparés par Toinette et Elisabeth, disposés par François et intitulés : « Commémoration des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki » Ce serait une exposition en binôme avec les peintures de Mme Chantal Prin dans la chapelle de Ranchot. Cette dame avait retenu ce lieu d’exposition depuis plusieurs mois. Elle nous permettait d’adjoindre notre exposition à la sienne. Nous ferions jeûne et marche en solidarité avec les victimes de la bombe. Nous invitions toutes les personnes qui se voulaient solidaires des victimes à venir avec nous. Un beau petit livret, réalisé par les membres de notre association franc-comtoise pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France, expliquant à quelles personnes et mouvements nous nous référions dans l’association ADN.


La marche ne pourra pas se réaliser ce 6 août, mais l’exposition dans la chapelle de Ranchot aura lieu, et l’une des personnes référentes de notre lutte sera là, Jean-Marie Muller, fondateur du MAN avec sa femme Hélène, avec leurs enfants et petits-enfants. En effet, Jean-Marie, très fatigué, est venu se reposer aux Calmants chez Marie-Françoise et Claude Bet Garritan pendant la semaine du 5 au 12 août. C’est de là que Jean-Marie viendra avec sa famille animer le débat sur l’urgence d’organiser une défense non violente de notre humanité notamment, en exigeant le désarmement nucléaire de la France de manière unilatérale. Il a commenté le tableau des témoins.


Qu’est-ce que je regrette de n’avoir pu venir vivre une telle journée à Dampierre et Ranchot. En effet, je me trouvais avec ma famille à l’enterrement de notre cousine Marie qui avait lieu le même jour, à la même heure et à 50 kilomètres de distance.


Et Jeannot continue de raconter : « Et puis vous savez pas qui c’est qui était à la chapelle de Ranchot ? Jean-Marie Muller avec sa famille. Même que je me suis dit, quand le Dédé Siclet le journaliste viendra prendre la photo pour mettre un article dans le journal, il faut que je me mette à côté de Jean-Marie, de sa femme et de leurs enfants… Ça va paraitre un de ces jours … Vous verrez dans la semaine … 
Lulu : « Dis voir Jeannot, qui c’est qui était à cette exposition ? »
Jeannot : « Je ne sais pas … Jean-Marie et toute sa famille … Y avait la Toinette, Marie-Françoise, Gilbert et Ginette … François … La Brigitte de Choisey, le Claude a pas pu venir, Jacques Martin n’était pas là, Pierre, je sais pas … Des gens de Fraisans … Je sais pas leurs noms … »
Lulu : «  Jacques et Danielle  … ? »
Jeannot : « Oui, peut-être bien. Jean-Marie a causé. Il était assis parce qu’il était très fatigué … On ira les voir chez Marie-Françoise et Claude du jus de pommes »
Lulu : « Bien sûr ! Demain matin mardi, on ira voir nos amis aux Calmants »


Qu’est-ce que je suis heureux que Jean-Marie soit venu faire une conférence sur la non-violence à Ranchot … dans notre pays, le 6 août, le jour anniversaire où nous jeûnons en pensant aux victimes d’Hiroshima pour qu’il n’y ait plus de menaces d’éclatement de bombes nucléaires sur notre humanité … C’est vraiment la continuation du festival de la paix avec les jeunes du MRJC-KLJB … De quoi est-ce que tu te souviens Jeannot que Jean-Marie a dit dans sa conférence ? »
Jeannot : «  Je sais pas moi … Il a parlé de la violence, il a montré son livre … Je voudrais bien l’avoir »
Lulu : «  Quel livre ? »
Jeannot : « Je sais pas »
Lulu : « Surement son dernier livre : « La violence juste n’existe pas »
Jeannot : « Oui, c’est ça … Je voudrais bien l’avoir … »
Lulu : « On lui demandera quand on ira les voir demain aux Calmants. Ils nous attendent pour promener les enfants au pas des ânes avec la charrette. Qu’est-ce que je suis heureux que nous vivions ces moment-là ensemble … Que tu aies tes congés annuels juste à ce moment-là et que tu sois venu à Dampierre  pour préparer les chemins du campement du MRJC et faire les randonnées au pas des ânes avec la famille de Jean-Marie et Hélène … Qu’est-ce que ça tombe bien !
Jeannot sourit.


Lulu :«  Sais-tu que dans son livre, ce qu’il écrit, ça ressemble à ce que dit le pape François. Ils sont très en communication entre eux … On demandera à Jean-Marie comment ça se fait qu’ils sont reliés comme ça l’un à l’autre, comment ça se fait qu’ils disent et tendent de la même manière à ce qu’avec eux, nous fassions la même chose : «  nous élever en humanité les uns grâce aux autres dans des relations non violentes, en arrêtant de prendre toute la place sur terre, en nous poussant les uns les autres à faire de la place à ceux qui n’en ont pas »


Jeannot sourit encore. Le voici détendu, en paix. Il a comme accompli sa mission. Il vient de raconter à Bernadette et à moi comment il nous a représentés en cette journée du 6 août 2018 où nous n’avons pas pu être là à Dampierre et Ranchot.
Lulu : «  Qu’est-ce que je suis touché que par toi Jeannot, en cette journée du 6 août, nous apprenons que le petit ginkgo biloba a poussé des feuilles, douze … Tu les a comptées sur son tronc. J’ai envie de dire qu’elles se sont reflétées dans l’eau du seau d’eau que tu venais verser sur ses pieds.

 

Par toi aussi, nous apprenons, il se reflète sur ton visage et dans tes paroles, que ce même jour, Jean-Marie était avec sa famille à l’exposition de Ranchot pour exiger le désarmement nucléaire unilatéral de la France… Que ce même jour, Jean-Marie a présenté son dernier livre : «  La violence juste n’existe pas » et que c’est la même chose que ce que déclare le pape François. J’ai encore envie de te dire Jeannot que tu es un des premiers témoins-artisans de tout ce travail … Que c’est à toi aussi que le prix Nobel de la paix a été décerné en septembre 2017 comme à tous ceux qui travaillent à nous démunir de nos violences, et qui s’affilient d’une manière ou d’une autre au mouvement ICAN (Campagne Internationale pour l’abolition des armes nucléaires ) Jeannot, c’est dans la lumière et dans l’amour que l’univers a commencé d’exister … c’est dans la non-violence seulement, que pourra se continuer son achèvement. 
Ma sœur Bernadette nous dit au revoir. Je la remercie pour tout ce qu’elle a rendu possible avec beaucoup de parents de ces jeunes pour la réalisation de ces journées du festival de la paix. Nous partons nous reposer pour être le plus en forme possible durant les rencontres qui nous attendent.


Comment se fait-il que nous ayons été si peu de vieux rêveurs du Jura à répondre à cet appel si plein d’angoisses en même temps que d’espérance, lancé par ces jeunes prophètes … Besançon n’est quand même pas si loin pour que des Jurassiens y accèdent.


Pourquoi si peu de gens de notre diocèse de Saint Claude Poligny, sont venus croiser les pas de ces jeunes faiseurs de paix … travailleurs de la non-violence … ? Pour une fois qu’un réel débat était initié par des jeunes au sujet crucial du désarmement nucléaire de notre pays.


Faudra-t-il encore un autre festival ? Mais sait-on les forces qui sont nécessaires pour lancer et réaliser un tel moment historique ? Le risque ne sera-t-il pas qu’il soit très tard 

Lucien Converset

                                 


 

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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 06:25
Festival de la paix et Commémoration du 6 août 2018

6 août 2018


L’association ADN commémore la bombe nucléaire d’Hiroshima


Du 2 au 5 août un événement de dimension internationale s’est tenu à Besançon : Le festival pour la paix, organisé par le Mouvement rural de la jeunesse chrétienne et son équivalent allemand, le KLJB. Près de 5000 jeunes sont venus dire leur volonté de promouvoir la paix, dans leur vie quotidienne comme dans la vie publique.


Notre ami Lulu s’est investi fortement dans cette aventure, organisant une marche au pas des ânes vers Besançon avec des groupes de jeunes du MRJC et de Pax Christi.( Il ne pouvait être avec nous ce lundi suite à un deuil dans sa famille). Marie-Françoise s’est également engagée dans cette aventure comme bénévole, mettant à la disposition du festival sa maîtrise de l’allemand et sa pratique familiale d’une agriculture au service du développement des personnes et du respect de la terre.


Notre rendez-vous annuel de jeûne et d’échange, en lien avec la mobilisation internationale de commémoration d’Hiroshima était donc modeste, beaucoup d’entre nous ayant d’autres contraintes, de famille ou de santé.


Néanmoins, nous nous sommes retrouvés à Dampierre à 10 heures, et nous avons échangé avec les enfants présents sur le sens de cette journée. Louis Pinsard a présenté les actions de mobilisation pour le désarmement nucléaire de la France proposées par le réseau Sortir du Nucléaire, et l’offre de soutien à des actions militantes proposées par Non-Violence 21. 


A 14h30, nous nous sommes retrouvée à la chapelle de Ranchot, où François avait mis en place les panneaux réalisés par Elisabeth sur les fondamentaux de l’ADN (les grands penseurs-acteurs de la Non-Violence, l’action militante via les plantations de Ginkgo-Biloba).


Jean-Marie Muller nous a rejoints avec sa compagne Hélène et leurs enfants. Il a commenté pour nous l’apport de ces précurseurs de la non-violence, insistant sur la richesse et la complexité de la pensée de Gandhi, pour qui la non-violence n’a rien de la passivité, mais au contraire est un outil actif de lutte. Il a rappelé trois événements récents qui auront un impact certain sur le désarmement nucléaire unilatéral :La conférence pour la Paix qui s’est tenue au Vatican – à laquelle JMM a participé – et qui a permis que disparaisse du message de l’Eglise la notion de « guerre juste ».


•    L’intervention le 10 novembre 2017 du pape François  qui a  exprimé un vif sentiment d’inquiétude en considérant les conséquences humanitaires et environnementales catastrophiques qui découleraient de tout usage des armes nucléaires. C’est pourquoi, a-t-il précisé, « il faut condamner fermement la menace de leur usage, ainsi que leur possession» Cette condamnation de la « possession » des armes nucléaires est décisive, car elle invite chaque Etat à renoncer unilatéralement à la dissuasion nucléaire.


•    Le traité d’interdiction des armes nucléaires proposé par l’ONU en 2017
Cette contribution de Jean-Marie, son éclairage sur les enjeux déterminants  - l’impact qu’aurait l’engagement de la conférence des évêques de France sur l’engagement du pays dans le désarmement nucléaire- nous ont été précieux pour notre mobilisation. Merci à lui.


 

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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 20:06
C'est moi qui ai cassé le petit Ginkgo Biloba !

Mercredi 4 juillet 2018

 

    Lorsque Jeannot et moi nous avions constaté que le petit Ginkgo Biloba avait été cassé le samedi 23 juin, je me souviens que dans l’immédiat j’avais rêvé que les choses se répareraient. J’avais pensé qu’un des jeunes qui s’était amusé autour du petit arbre ce samedi-là, viendrait un jour reconnaitre : « le petit Ginkgo Biloba, c’est moi qui l’ai cassé. »


J’avais tout d’abord « porté ma plainte » auprès de vous, amis, planteurs de ce petit arbre, symbole de résilience et de résistance pour empêcher que notre humanité soit anéantie par l’arme nucléaire.


Notre peine était grande, car le terrain communal du fait de la plantation de ce petit arbre, était devenu un étonnant jardin public de rencontres, dans la recherche de rapports non violents entre nous tous, en veillant à ce qu’il n’y ait pas d’exclus pour les fêtes et réunions que nous organisions.


Une de nos amies, Toinette, avait alors écrit dans le journal, le Progrès : « Les enfants de la commune apprennent avec le petit Ginkgo Biloba, qu’un arbre ça se soigne, ça s’arrose, parce qu’il doit vivre longtemps. Il les rend heureux, ce Ginkgo Biloba, qui explique le danger de la violence, de la guerre, de la menace nucléaire.»


Nous avions aussi « porté notre plainte » auprès de vous amis de « Palestine Amitié », planteurs de 1000 oliviers pour la paix. Et Rachel qui est en partance pour faire le tour du monde à la rencontre des « jardiniers de paix », avait suggéré : « Comme à la tente des nations en Palestine où nous sommes allés en 2013, quand on constate la casse d’un olivier, on ne se laisse pas abattre. La solidarité s’organise. On replante deux oliviers. »


A la soirée de la journée des voisins, le 1er juillet à Dampierre, à la table mise au pied du petit Ginkgo Biloba tout pantelant, Jeannot et moi nous avions entendu nos convives nous dire : « On a discuté entre voisins avant que vous n’arriviez. On va se cotiser, et vous offrir un Ginkgo Biloba à replanter à l’automne… » J’avais partagé ce fait à la journée de jeûne d’ADN, lundi 2 juillet…


Qu’est-ce que ça nous faisait mal aussi de nous retrouver aux abords d’un petit Ginkgo Biloba brisé, pour préparer le campement MRJC à l’occasion du festival international pour la paix, qui aura lieu du 2 au 5 août à Micropolis à Besançon.


Qu’est-ce que ça allait être douloureux d’apprendre cette cassure du petit arbre à Diana, Marie-Emmanuelle et Lucile, qui avaient tant de cœur à arroser son terrain d’enracinement. Gilbert leur avait annoncé en octobre 2017, alors qu’elles sortaient de l’école, qu’elles avaient reçu le prix Nobel de la paix, décerné à ICAN ( Organisation Internationale pour demander l’arrêt de l’Armement Nucléaire) Gilbert leur avait expliqué : « Le prix Nobel de la paix vous est attribué à vous aussi, puisque de manière très concrète, vous continuez à faire vivre ce symbole de notre lutte non violente pour demander instamment l’arrêt de l’armement nucléaire de la France de manière unilatérale »


Malgré la cassure du petit Ginkgo Biloba, Jeannot s’était dépensé. Il avait trempé de sueur plus d’un maillot de corps afin de rendre accueillant le lieu-dit « La Source », sise en contrebas de la plantation du petit Ginkgo Biloba. C’est au bord de cette source que nous planterons les tentes du campement MRJC et Mission de France, les 30 et 31 juillet.


Oh, elle était toute petite, très petite mon espérance, qu’un jour, un des jeunes qui viennent se rencontrer pour causer à l’endroit où on a planté le petit Ginkgo Biloba, trouve moyen de dire : « C’est moi qui ai cassé le petit Ginkgo Biloba. » Mon espérance était infiniment petite. Mais elle était. Elle était ancrée, enracinée comme la petite graine de la petite fleur qui arrive à pousser dans le désert. Lorsque Christian de Chergé parlait de l’espérance, quand avec ses frères de Tibhirine, ils la cultivaient dans leur jardin intérieur et communautaire, Christian disait : « La petite espérance nous pousse vers ce qui ne se voit pas »


Chers amis planteurs d’arbres, la petite fille espérance qui essayait de se loger au profond de mon être, afin de me pousser à faire confiance qu’un jour, un jeune trouverait moyen de dire que c’était lui qui avait cassé le petit Ginkgo Biloba, et que tout cela pouvait se réparer, eh bien la petite fille espérance vient de faire surgir une joie intense et humble en même temps, en moi et j’en suis confiant, entre nous tous.
Un jeune gars de 15 ans vient de dire : « C’est moi qui ai cassé le petit Ginkgo Biloba ». Ça s’est passé à la source de notre village de Dampierre le mercredi 4 juillet 2018 en fin d’après-midi et voici comment.


Maryse Marchand m’a ramené dans l’après-midi de la réunion du CA de l’association des amis de Gaby Maire. Nous nous sommes redit à cette réunion, combien ça avait été important de nous laisser habiter par la petite fille espérance dans la lutte que nous menions depuis bientôt 30 ans, pour que soit établie la vérité sur la mort de Gaby, afin d’empêcher et enrayer l’impunité des crimes au Brésil. Nous avions maintenu notre relation notamment avec l’avocate Veronica, et un jour d’octobre 2017, nous était parvenue cette déclaration du juge Feu Rosa : 


« Il ne me reste une fois de plus, qu’à demander qu’on m’excuse, excuses pour moi particulièrement amères.
Excusez-moi France, parce que la mort de votre fils Gabriel reste impunie.
Excusez-moi Eglise catholique de France, parce que notre omission a fait d’un père un martyr.
Excusez-moi Père Gabriel, excusez-moi Père pour l’absence de justice.
Excusez-moi !
Ainsi est décrétée l’impunité, je veux dire, la prescription. »


Je viens de dire Au revoir à Maryse, qui repart en direction de Besançon. C’est alors que Jeannot me téléphone en me disant: 
Jean-Luc : « Je suis en panne avec la tondeuse, dans la pâture des ânes à côté de la grotte préhistorique… Faudrait que tu viennes m’aider »
Lucien : « Je descends te retrouver »


Je prends le petit chemin qui est en dessous chez le pépère et la mémère Tabourot. Jeannot a merveilleusement nettoyé ce chemin pour préparer le campement MRJC. C’est un des chemins de mon enfance. J’arrive à la Source de mon village. Malgré la chaleur torride qu’il fait en ce moment, malgré les orages récents qui ont tout chamboulé son pourtour, malgré les détériorations que souvent nous provoquons durant nos séjours à ses côtés, aujourd’hui encore, au moment où je parviens près d’elle, la Source coule toujours paisible et claire. J’aime entendre le chant de l’eau et le gazouillis des oiseaux qui viennent s’y désaltérer. 


Cinq jeunes ados sont là en train de causer. Certains assis sur leur petite moto et d’autres les mains appuyées sur le guidon de leur vélo. Je les salue. J’en reconnais quelques-uns. J’ai parlé l’autre soir avec eux devant l’église que j’avais ouverte le matin même. Je leur avais dit, sans dramatiser, que le petit Ginkgo Biloba avait été cassé. Ils ne s’en étaient pas aperçus. Je leur avais dit que cela nous faisait une grande peine. En effet nous avions planté ce petit arbre avec les membres de l’association ADN, pour tenter d’arrêter le risque de destruction massive de notre humanité, par la folie de l’éclatement de l’arme nucléaire dans le monde… Et parce que nous voulions que cette menace s’arrête, nous demandions à notre pays La France, de stopper la fabrication et le commerce de l’arme nucléaire de manière unilatérale. Je leur avais dit pourquoi nous avions planté ce petit arbre, parce que c’était lui, le petit Ginkgo Biloba, qui avait résisté et repoussé après l’éclatement de la bombe à Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. Ces jeunes adolescents m’avaient écoutés je crois. J’avais ajouté que ce serait beau, afin de pouvoir réparer la casse du petit arbre, que celui qui l’avait brisé, sans doute malencontreusement, puisse venir nous le dire. Alors, nous pourrions réparer les choses, maintenir le symbole de paix qui règne en cet endroit.


Je souhaite donc de bonnes vacances à ce groupe de jeunes devant la Source. Je continue mon chemin pour aller aider Jeannot à dépanner la tondeuse. Je n’ai pas fait 100 mètres que j’entends l’un de ces jeunes me rappeler : « Lulu ! Lulu ! » Je suis étonné. Je me retourne. Je reviens sur mes pas. Le jeune qui vient de me rappeler fait quelques pas dans ma direction. Nous nous envisageons, son regard, je me souviens est très clair en même temps que très gêné. Il me dit : « C’est moi qui ai cassé le petit Ginkgo Biloba … Je voudrais en replanter un… »  Je luis dis alors : « Ta parole me touche profondément. J’espérais tant que ce jour viendrait où un jeune me dirait ce que tu es en train de me dire : « C’est moi qui ai cassé le petit Ginkgo Biloba. » Je te remercie, je t’embrasse.


Je vois bien que ce jeune est étonné de la manière dont j’accueille sa démarche. Je sens qu’il se passe aussi quelque chose chez les copains. Je leur dit : « Je vous remercie. C’est avec vous que j’avais causé du petit Ginkgo Biloba l’autre soir. Vous avez sans doute aidé votre copain à dire que c’était lui qui avait cassé le petit arbre. Voilà que grâce à vous et avec vous tous, nous allons pouvoir réparer. On fera ça en novembre de cette année, quand la sainte Catherine sera venue. »


En souriant, ce jeune qui m’apporte tellement de paix me dit : « J’ai fait le jus de pommes avec vous à l’école de Ranchot, avec Mme Nicot, quand j’étais gosse. Je lui demande quel est son beau prénom. En entendant sa réponse, je suis heureux de découvrir que je suis ami d’enfance de sa grand-mère. 


Nous nous communiquons nos adresses. En leur disant au revoir, je me dis en moi-même : « qu’est-ce que j’ai bien fait aussi de ne pas me laisser entrainer dans la violence… le soir où, avec Jeannot  nous avions constaté la casse du petit Ginkgo Biloba ». J’avais été tenté de ne plus vouloir ouvrir l’Eglise, de ne pas laisser les jeunes y emprunter des chaises pour s’asseoir et causer… de ne plus causer avec eux… Et voici que j’ai été comme poussé vers ce qui ne se voyait pas. Et voilà que ça a fait naître la démarche de ce jeune grâce aussi à ses copains … Et puis voilà que le sens est retrouvé de continuer à faire démarrer plein de rencontres à partir du petit Ginkgo Biloba. A ses côtés il se raconte et il se comprend tellement de choses; certes il est cassé, mais vient de surgir en nous tous, grâce à la présence de la petite fille espérance, que nous allons pouvoir continuer la création d’une plénitude de liens et de lieux de paix.


Je continue mon chemin pour rejoindre Jeannot, il est en train de peiner à remonter la tondeuse, je lui dis alors ma reconnaissance pour ce que je viens d’apprendre. C’est à toi en premier que je l’annonce, cette bonne nouvelle : « un jeune vient de me dire que c’est lui qui a cassé le petit Ginkgo Biloba. Jeannot, tu y es pour beaucoup dans ce qui vient de se passer, tu m’as appelé pour que je descende t’aider ; je suis alors passé par le petit chemin qui conduit directement à la Source. Tu l’as rudement bien aménagé, à tel point qu’on a envie de le prendre, c’est grâce à ton travail que j’ai rencontré ce groupe de copains. » Jeannot sourit.


Tout en remontant la tondeuse à la maison, je continue de raconter à Jeannot ce qui vient de se dénouer, nous passons alors devant chez Diana.
Diana nous entend passer, elle nous rattrape, elle a le visage triste, elle vient seulement de constater cet après-midi que le petit Ginkgo Biloba était cassé; je ne lui avais pas encore raconté.
Diana: « J’ai eu un peu mal au cœur tout à l’heure quand avec Lucille, j’ai vu que le petit Ginkgo Biloba était cassé; qu’est-ce qui s’est passé ? 
C’est dramatisant comme il est cassé. Est-ce qu’on va pouvoir le faire repousser ?


Nous vivons alors un moment très particulier, j’ai à recevoir et accueillir la peine de Diana et de Lucille, et en même temps, je suis pressé de leur annoncer que grâce à ce que je viens d’entendre de la bouche d’un jeune, on va pouvoir entreprendre une démarche de réparation des dégâts provoqués par la cassure du petit arbre.


Je raconte donc qu’effectivement il y a une dizaine de jours, le petit Ginkgo Biloba était cassé, je lui dis le travail de la petite fille espérance, et très vite je raconte la rencontre avec ce jeune et ses copains qui vient de se réaliser. Diana est heureuse. Elle est comme libérée, elle me dit : « Je repensais en voyant le petit Ginkgo Biloba cassé à toutes les fois où on avait arrosé ses racines avec Marie-Emmanuelle et Lucille, des fois on disait on va arroser le petit arbre pour Fadila, car elle s’était émerveillée devant le petit arbre et elle nous avait demandé, quand vous l’arroserez, vous penserez à moi. »
Comme tous les enfants, Diana est sensible à ce qui est planté, à ce qui grandit dans la tranquillité, à ce qui pousse bien et porte du fruit.


Le petit Ginkgo Biloba a déjà tellement permis que des liens de paix se créent entre beaucoup de gens parmi nous, mais en même temps, Diana est tellement touchée quand quelque chose se casse ou se déchire dans le tissu de relations qu’elle a contribué à créer … Elle a horreur de ce qui abime la vie, sa vie et celle des autres, et particulièrement celle des petits… , qu’elle éclate de joie lorsque je lui annonce que ce jeune est venu nous dire que c’était lui qui avait cassé ce petit arbre, et qu’il voulait en replanter un. Nous allons pouvoir réparer ce qui a été brisé.


D’où ça peut bien venir que quand il nous est arrivé de casser quelque chose, et à plus forte raison une relation, voilà qu’il nous vient de chercher et trouver un chemin de réparation.
Je suis émerveillé d’être témoin comment Diana pense que Dieu peut être la source de tout ce travail d’élévation de notre humanité.


En nous dirigeant, Diana et moi vers le petit Ginkgo Biloba cassé, afin de déposer sur ses pieds un seau d’eau, nous pensons aussi à aller exprimer à Dieu notre reconnaissance.
Diana : « Je voulais te demander: Marie, est-ce que c’est le nom de la femme de Dieu ? 
Lucien: Dieu en qui nous nous confions, toi et moi, n’a pas de femme mais il est relié, il a fait alliance avec toute notre humanité, et quand nous cassons quelque chose entre nous d’important, il maintient son alliance entre Lui et nous.
On le sent bien dans la manière de vivre et d’aimer qui habite Jésus.


Diana me reparle de sa professeur de français, elle nous a raconté tous les kilomètres que les enfants d’Afrique sont obligés de faire à pied pendant de longues heures pour venir à l’école.
Elle nous a fait écouter une chanson ou on entend un enfant africain  dire : « Je veux à manger, je veux la paix »  Diana me dit, c’est dommage qu’on retrouve des oiseaux morts. Quand on en retrouve qui sont blessés, il faut les porter à quelqu’un qui s’en occupe. Mon papa, quand il était jeune, il avait un petit chien, et un jour il l’avait perdu; il pensait qu’il était mort, et voilà qu’il est revenu, qu’est-ce que mon papa était heureux de l’avoir retrouvé.


Je lui dis, qu’est-ce qu’elles sont belles ces histoires, comme celle de Bim le petit âne, où vous, les enfants, vous nous interpellez à savoir réparer ce qui est cassé.
En nous disant au revoir, Diana me dit : « Est-ce c’est un peu sûr qu’on va replanter le petit Ginkgo Biloba ? »

 

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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 15:22

Le 2 février 2018


à 14h30 chemin de la Passerelle à BREVANS


Plantation de GINKGO-6

 

pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France


à l'invitation de la Municipalité de Brevans, 


grâce à la médiation de notre ami Jacques Martin.

 

Venez nombreux !

1 : Dampierre, 2 : Saint-Maur, 3 : Saligney, 4 : Pesmes, 5 : Vevy,
1 : Dampierre, 2 : Saint-Maur, 3 : Saligney, 4 : Pesmes, 5 : Vevy,
1 : Dampierre, 2 : Saint-Maur, 3 : Saligney, 4 : Pesmes, 5 : Vevy,
1 : Dampierre, 2 : Saint-Maur, 3 : Saligney, 4 : Pesmes, 5 : Vevy,
1 : Dampierre, 2 : Saint-Maur, 3 : Saligney, 4 : Pesmes, 5 : Vevy,

1 : Dampierre, 2 : Saint-Maur, 3 : Saligney, 4 : Pesmes, 5 : Vevy,

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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 14:24

 GINKGO BILOBA 5 – VEVY 
25 Novembre 2017


Discours de  Monsieur Claude Janier, maire de Vevy


Aujourd’hui, sur proposition de madame Martine Jacquin et avec l’accord de la municipalité nous allons planter un Ginkgo Biloba.


Cet arbre réputé pour prolonger la vie, a sa célébrité établie dans toute la médecine extrême-orientale, il est un symbole d’unité, d’amour il est porteur d’espoir. En raison de ses propriétés, il est symbole de longévité. Ce végétal est même considéré comme immortel. Le plus vieux spécimen, celui du jardin botanique de l’université de Sendai, au Japon, a 1250 ans.


Mais pour vivre longtemps, il ne faut pas donner la mort, tuer, notamment par des actes de guerre.


Des hommes se sont élevés pour un monde plus humain, fraternel et qui lutte contre les injustices, la pauvreté.


Je pense au Mahatma Gandhi, à Martin Luther King, notamment à son discours « I have a dream », à Nelson Mandela, à Mère Térésa.


Votre objectif est de lutter contre l’arme nucléaire, ce qui est très bien, mais j’en suis convaincu de lutter aussi contre toutes les autres armes, car nous déplorons plus de morts par les armes dites conventionnelles.


La guerre de 14-18 a fait 18,7 millions de morts, celle de 39-45    60 millions.
Avec une seule bombe atomique, ce furent 70.000 morts à Hiroshima et 40.000 à Nagasaki.


Nous devons montrer que la paix est possible, que nous devons contribuer à la construire et, par votre engagement vous œuvrez à réaliser ce souhait.


Si beaucoup d’êtres humains ressentent de la fraternité vis-à-vis de leur semblable nous avancerons, la fraternité lie les hommes entre eux.


Il faut travailler tous ensemble, tous les peuples à cet objectif de paix.


Bonne longévité à ce ginkgo et que votre souhait se réalise.


Claude JANIER
 

Plantation du 5ème Ginkgo Biloba pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France
Plantation du 5ème Ginkgo Biloba pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France
Plantation du 5ème Ginkgo Biloba pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France
Plantation du 5ème Ginkgo Biloba pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France
Plantation du 5ème Ginkgo Biloba pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France
Plantation du 5ème Ginkgo Biloba pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France
Plantation du 5ème Ginkgo Biloba pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France
Plantation du 5ème Ginkgo Biloba pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France
Plantation du 5ème Ginkgo Biloba pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France
Plantation du 5ème Ginkgo Biloba pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France
Plantation du 5ème Ginkgo Biloba pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France

Plantation du 5ème Ginkgo Biloba pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France

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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 16:19
En 1983 et en 2017
En 1983 et en 2017

En 1983 et en 2017

Cher ami Hugues AUFRAY,


Au lendemain de notre courte rencontre samedi soir 4 novembre, à la fin de votre concert à la commanderie de Dole, quand je suis allé vous offrir le poster du petit âne gris, je suis resté  sur une faim de ne pas vous avoir tout dit, pourquoi je faisais cette démarche.


Le lendemain, je racontais à une de mes sœurs ce que j’avais essayé de vous exprimer : en vous offrant l’image du petit âne gris, je voulais vous dire la reconnaissance de ce que vous nous aviez donné durant toute votre vie de chanteur. Ma sœur me dit : « Comme tu n’as pas pu tout dire à Hugues AUFRAY, le pourquoi de ta reconnaissance, écris lui donc ! », c’est ce que je fais.


En vous écoutant de vive voix exprimer vos si belles et profondes chansons, je voulais vous dire en mon nom, certes, mais aussi au nom de mes amis chanteurs et joueurs de guitare, de banjo, et de flûte, avec qui nous avons fait les colos et campements, combien vous nous avez marqués et appelés à nous engager dans l’animation culturelle.


C’était à la colo de Boujailles dans le haut Doubs, dans l’association des loisirs populaires de Dole et dans l’association Floriâne de Salins les Bains dans le Jura. C’était aussi dans les mouvements de jeunes : la JOC, le MRJC, et l’ACE et dans les ateliers des CAT. C’était aussi à l’école Jean Bosco et dans combien d’autres écoles et IME. Ces jeunes animateurs animatrices, instituteurs institutrices, éducateurs et éducatrices, avaient beaucoup de joie en vous imitant, de nous offrir : aux enfants, aux ados et à moi, de meubler l’intérieur de nos êtres, des paroles et de la musique de vos chansons. Plusieurs d’entre eux étaient là dans l’assemblée samedi soir 4 novembre avec moi et les amis qui m’avaient offert une place à votre concert. L’un d’entre eux, hélas, venait de mourir quelques jours auparavant : Alain SAILLARD. Je le représentais et le portais dans mon cœur pour que vous le portiez dans le vôtre.


Il faut que je vous dise en vous remerciant, que nos campements avaient pour but de rebâtir des fermes d’alpages jurassiens, l’été, pour venir y faire du ski de fond, l’hiver.


Nous réalisions cela avec des jeunes très éprouvés dans leur vie, mais tout remplis de trésors et de capacités. Souvent nos déplacements et ballades se faisaient au pas des ânes que des amis savoyards nous avaient offerts le 29 juillet 1981. Nous avions appris aussi dans ces démarches à planter des arbres, à les greffer avec mon papa et nos amis « croqueurs de pommes ».


C’est vous dire combien vos chansons, à propos du «  petit âne gris » et la chanson « Pour faire un arbre, pour faire un âne, pour faire un homme, pour faire un monde, énervant parfois le Bon Dieu dans son atelier » avaient des échos dans nos ateliers de colos et de campements.


Lorsque nous partons encore aujourd’hui ramasser des pommes avec les enfants des écoles, des villages des environs de Dole, « c’est le petit âne gris qui tire la charrette ».


Et je peux vous dire, cher ami Huques AUFRAY que, comme vous le chantez « il y met tout son cœur. »


Nous ramassons des pommes sous des arbres  que nos anciens ont plantés.
Et nous prenons goût et conscience avec les enfants, qu’en plantant eux-mêmes leurs petits arbres, ils vont rendre possible, qu’un jour d’autres enfants ramasseront des pommes sous les arbres qu’ils auront plantés eux-mêmes.
Vous nous avez aidés à reconnaitre, que pour faire ce monde de fraternité, de citoyenneté et de justice,  «  Mon Dieu, que c’est long. »
Il est tellement dur et difficile de nous démunir de nos violences et nous défaire de nos agressions !
A cette lutte, vous continuez à nous donner goût et espérance.


Aujourd’hui en effet, avec les enfants, nous continuons de marcher de villages en villages au pas des ânes et de planter non seulement des pommiers, mais aussi des Ginkgo Biloba en raison de leur résistance et résilience. Cet arbre, une fois planté, apprécie que les enfants viennent arroser ses pieds avec « l’eau vive » de nos fontaines jurassiennes. Nous faisons mémoire en accomplissant ces plantations, que cet arbre a résisté aux violences de la bombe atomique à Hiroshima et Nagasaki.


En nous approchant de « cet arbre aux mille écus d’or », nous ramassons ses feuilles pour nous démunir de nos violences et nous alimenter d’amitié dans nos réseaux de relations. Nous demandons et exigeons le désarmement nucléaire de la France de manière unilatérale.


Voilà tout le sens et le but de ce cadeau de la prière du petit âne gris que je vous ai offert, au nom de tous mes amis et en mon nom, de Dole, de Salins, d’Arbois, des plateaux du Doubs et du Jura et d’Algérie aussi. Car nous avons fait un campement en Algérie : c’était avec les jeunes du Jura, au pied du Djurdjura, en Kabylie. 


En allant planter le 5ème petit Ginkgo Biloba le samedi 25 novembre 2017 dans le village de Vevy près de Lons-le-Saunier, ce sera pour que la France s’arrête de fabriquer et de posséder l’arme nucléaire. 


Nous penserons à vous, cher ami Huques AUFRAY, car vous nous avez appris et aidés à « ne pas laisser mourir le petit âne gris au fond de son étable ».


Recevez de la part de nous tous, toute notre amitié reconnaissante et fraternelle.

Lucien CONVERSET, le 5 novembre 2017
 

Ginkgo sur la place de Dampierre

Ginkgo sur la place de Dampierre

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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 10:53
Le 1er Ginkgo de la paix a été planté à Dampierre le 9 janvier 2016

Le 1er Ginkgo de la paix a été planté à Dampierre le 9 janvier 2016

Samedi 25 novembre 2017 à 10 heures à Vevy,

 

à l'initiative de Martine Jacquin et du conseil municipal de la commune, sera planté le 5ème ginkgo Biloba pour le désarmement unilatéral de la France.

 

Venez nombreux !

 

Co-voiturage depuis Dole, rendez-vous à la Passerelle à 8h30.

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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 17:03

Lors de la marche pour la paix à Besançon, ce samedi 23 septembre 2017, les marcheurs se sont arrêtés au pied du Ginkgo Biloba du Square St-Amour. Lulu a pris la parole au nom du mouvement ADN-MANV :

Marche de la paix Besançon Square Saint-Amour
Marche de la paix Besançon Square Saint-Amour
Marche de la paix Besançon Square Saint-Amour

Marche de la paix Besançon Square Saint-Amour

Chers amis,

 

- Du fait que nous avons grande difficulté de nous entendre les uns les autres en Humanité,

- Afin de nous envisager et d’arrêter de nous casser la figure,

- En préparant cette manifestation pour la paix,

- Nous avons entrepris de marcher au pas des ânes, d’arrêter de courir comme des insensés,

- Et d’écouter ce que les arbres cherchent à nous dire, à nous les humains et particulièrement le GINKGO BILOBA.

- Du fait qu’il a résisté à la violence nucléaire d’Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août 1945, cet arbre nous dit et nous appelle à résister à toutes violences, si nous voulons être Faiseurs de Paix aujourd’hui.

Cet arbre nous dit et nous appelle à ôter d’abord les violences qui sont en moi, en nous.

 

Amis de Besançon, vos ancêtres ont planté le Ginkgo Biloba du square Saint Amour où nous venons de nous arrêter, de nous planter quelques instants durant notre marche pour la Paix.

Mes ancêtres à Dampierre, dans mon village natal, en ont planté un aussi à peu près au même moment. De temps en temps, je vais m’adosser à cet arbre. Quand je frotte mon dos contre son écorce, j’entends et je comprends que l’arbre veut me parler. Je l’entends qui me dit : « Tu veux que la paix vienne dans notre monde, tu espère à la paix avec les autres, ne sens tu pas comme c’est important de faire la paix avec toi-même, en toi-même. Réconcilie-toi avec toi. Mets-toi à l’écoute de ce qu’il faudrait arranger au profond de toi »

L’autre jour, j’étais venu avec des enfants : Diana, Marie, Emmanuelle et Lucile afin d’arroser les pieds du petit Ginkgo Biloba que nous avons planté le 9 janvier 2016. Nous étions horrifiés parce que nous venions d’entendre : les menaces d’anéantissements de leurs peuples par les présidents TRUMPS et KIM JUNG-UN. Nous sentions un grand risque qu’ils aillent jusqu’à déclencher l’arme nucléaire.

 

Mais voilà que le petit Ginkgo Biloba se mit à nous dire, alors que nous mettions l’eau sur ses pieds : « Ne laissez pas votre président de la république, Monsieur Macron, se faire héliporter sur un sous marin nucléaire à Belle Ile en Mer. Cela est aussi horrifiant. » Nous comprenions que c’est en nous défaisant en France de l’arme nucléaire de manière unilatérale, que nous ferons arrêter l’armement nucléaire du MONDE. Nous n’étions pas fiers de l’attitude de notre président. Nous lui avons écrit que pour enrayer le risque de faire éclater le ventre de notre mère la Terre, nous commençons à exiger de notre pays que nous arrêtions de verser des milliards d’euros afin de perfectionner notre armement nucléaire.

 

Afin de nous main-tenir dans cette lutte, je propose que nous nous donnions la main, que nous nous Main – Tenions, que nous nous tenions par la main. Nous pensons particulièrement à nos amis malades, Alain, Jacqueline, Paul…

Ainsi nous nous maintenons en résistance et résilience par rapport à la violence, par rapport aux armements de la France et particulièrement par rapport à l’armement nucléaire.

 

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 11:00

La plantation du Ginkgo Biloba - 4  

 

aura lieu à Pesmes le samedi 1er avril 2017 à 11 heures.

 

Venez nombreux pour porter ce message d'espoir, 
le refus de la violence implique de s'engager visiblement dans la non-violence, et pour nous, dans la volonté de désarmer la France.

les ginkgos de Dampierre, Saint-Maur et Saligney
les ginkgos de Dampierre, Saint-Maur et Saligney
les ginkgos de Dampierre, Saint-Maur et Saligney

les ginkgos de Dampierre, Saint-Maur et Saligney

Pour en savoir plus sur la plantation des Ginkgos Biloba par ADN-MAN, cliquez sur le tag 

Ginkgo Biloba

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 22:32

Dampierre, mardi 13 décembre 2016

 

C'est grâce à Marie-Emmanuelle 6 ans, que j'ai fait connaissance avec Diana, 10 ans. « Elles sont toujours ensemble », dit la grand-mère de Diana.

 

Un jour de cet été 2016, alors que nous préparions avec les amis du groupe ADN-MANV l'inauguration de la plantation du Ginkgo Biloba, que nous avions fixée le 6 août (anniversaire bouleversant de l'éclatement de la bombe à Hiroshima), ces deux filles me disent : « Est ce qu'on pourrait mettre de l'eau sur les pieds du petit arbre ? » Diana et Marie-Emmanuelle avaient dû voir et remarquer comment Alain, Jeannot et moi nous avions le souci d'arroser et irriguer les pieds du petit Ginkgo Biloba, depuis que nous l'avions planté. Peut-être nous avaient-elles un jour ou l'autre, accompagnés… et regardés … et nous n'avions pas pris le temps de leur proposer que ce soient elles qui versent l'eau sur les pieds du petit arbre… Et voici que ce jour, avec un regard aussi limpide et pur que l'eau qu'elles désiraient déposer sur les racines du petit Ginkgo Biloba, elles me disent : « Est-ce que nous, on pourrait mettre de l'eau sur les pieds du petit arbre ? »

 

Grandes personnes que nous sommes ou que nous croyons être, pourquoi ne sommes-nous pas spontanément les « facilitateurs » que les enfants attendent que nous soyons ?

« C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante »

Pourquoi paraissons-nous toujours si pressés aux yeux des enfants ? Pourquoi ne rendons-nous pas possible que ce soit eux, les enfants, qui « fassent »… « réalisent »… et « créent » ?

 

Ce jour-là, je me laissai toucher et marquer par le regard et la parole de ces deux petites filles.

 

Jusqu'à ce jour, je les avais rencontrées très souvent lorsqu'elles allaient à l'école du village ou en revenaient. Nos rencontres avaient été ponctuées par de simples salutations. Désormais, le croisement de nos chemins n'allait plus être des rencontres sans importance. Il s'était passé quelque chose de très fort, quand, sur leur demande, j'avais apporté deux petits seaux d'eau... que j'avais déposés tout près du petit Ginkgo Biloba. Ainsi ce n'était pas trop lourd ni difficile à porter par elles. J'avais laissé et fait en sorte, que ce soient elles qui versent l'eau sur les pieds du petit arbre. Chacune d'elles, à la ressemblance du Petit Prince, s'étaient mises au service d'une cause commune pour notre humanité. Le petit Ginkgo Biloba était devenu leur arbre, sans exclure du tout, qu'il puisse continuer d'être le nôtre. Plus que ça ! Le petit arbre était apparu celui de tous, parce qu'il était devenu le leur. Ce qui se passait grâce à elles, rayonnait sur tout le monde. Nous avions lu ensemble le petit panneau que nous avions inséré aux côtés du petit arbre.

"J'aime bien être amie avec tout le monde" (Diana 10 ans)

Quand je marchais dans les rues du village de Dampierre en compagnie d'amis venus le voir et que nous rencontrions Marie-Emmanuelle et Diana, j'étais heureux de les présenter à mes amis en disant: « Voici les deux grandes filles qui prennent soin du petit Ginkgo Biloba, en mettant sur son terrain d'enracinement, l'eau dont il a tant besoin." Il se passait chaque fois quelque chose de très beau : la reconnaissance de qui sont les enfants par nous adultes, mais aussi, l'estime des adultes par les enfants, la découverte que les uns et les autres ont beaucoup à donner aux autres, mais aussi et surtout, beaucoup à recevoir les uns des autres.

 

Il me revenait la parole de l'artisan par excellence de la création des liens entre les humains, mais aussi de l'apprivoisement des humains par les animaux, les végétaux, et tout ce qui pousse à la surface de la terre: « Je vous ai envoyés ramasser, là où d'autres ont plantés »

 

Et voilà qu'un jour d'automne, alors que je suis de retour de la Fin Basse où j'étais allé contempler le lever du soleil, passant devant l'école de Dampierre un peu avant 8 heures et demi, des enfants accourent pour venir me saluer...

Et parmi tous ces enfants, Marie-Emmanuelle et Diana ... ce jour-là, Diana me dit : « Dans ma classe notre institutrice nous demande de choisir, d'interviewer quelqu'un qui est important pour nous. Il y a une liste avec des noms, il y a ton nom. J'ai dit que j'aimerais bien t'interviewer, est-ce que tu serais d'accord ? »

Lucien : « Je suis très touché de la démarche de votre institutrice et de la tienne. Je te répond : Oui, tout de suite ! »

Diana : « J'ai déjà préparé mes questions. »

Lucien : « Je prendrai tout le temps qu'il faudra pour y répondre. »

Diana : « J'ai écrit les questions que je veux te poser sur une feuille de cahier. »

Lucien : « Je ne vais pas te demander maintenant quelles sont tes questions. Je serai heureux de les découvrir quand on fera l'interview. »
Et j'ajoute :

Lucien : « L'endroit de l'interview pourrait-il être chez Marie-Emmanuelle ? Veux-tu en parler avec ta famille ? »

 

Diana est radieuse que nous envisagions de réaliser cet interview et Marie-Emmanuelle aussi. L'une et l'autre le signifient par un merveilleux sourire.

Et j'ajoute encore.

Lucien : « Ça me touche d'être pour vous, dans l'école, quelqu'un d'important, mais je voudrais que vous gardiez ce que je vais vous dire : Pour moi, à mes yeux, vous êtes tous et chacun, quelqu'un de très important, vous Diana et Marie-Emmanuelle, vos frère et sœur, vos parents, vos institutrices et instituteurs et tous vos camarades... »

 

Quelques jours plus tard, je rencontre Diana chez Marie-Emmanuelle. La maman de Marie-Emmanuelle, Agnès, me dit : « Ta famille, n'est-ce pas, Diana, est très contente que Lulu réponde à l'interview que tu lui as demandé. Mais ta grand-mère serait ravie que l'interview se fasse chez elle. »

Lucien : « Je me réjouis de cet artisanat et travail de dentelière que vous réalisez, afin que nous vivions cet interview »

 

La rencontre est prévue pour samedi 10 décembre. Mais voilà que j'apprends la mort d'un ami de Foncine-le-Haut, Jean-Daniel Senot. Je vais à l'enterrement mais je ne préviens que tardivement le soir Diana et sa famille par la médiation d'Agnès que je n'ai pas pu me rendre à l'interview ce samedi après-midi comme convenu. Je présente mes excuses. Il nous faudra trouver un autre jour.

Chance ! Tout va se rattraper ce mardi 13 décembre. En effet j'aperçois Diana et Marie-Emmanuelle en train de jouer à côté du petit Ginkgo Biloba. Je les salue et leur propose d'arroser les pieds du petit arbre. Leurs mines sont réjouies. Je dis : « Est ce que nous pourrions réaliser l'interview maintenant ? »
Diana: « Je vais voir ma grand mère et je reviens. »

 

Gilbert et Ginette ainsi que Alain et Véronique, avec qui nous venions de mettre à l'abri les derniers stères de bois d'affouage sont ravis de me voir partir vivre cet interview avec Diana et Marie-Emmanuelle. En effet, ils ont été plusieurs fois témoins des soins que ces deux grandes filles prodiguaient à l'égard du petit Ginkgo Biloba.

"J'aime bien être amie avec tout le monde" (Diana 10 ans)
"J'aime bien être amie avec tout le monde" (Diana 10 ans)

Quelle joie de nous retrouver avec Diana et Marie-Emmanuelle chez la mamie de Diana. Diana est en CM2, elle est née en 2006. Marie-Emmanuelle est en CP, elle est née en 2010.

Lucien : « Raconte-moi Diana, comment c'est venu cette belle histoire d'interview. »

Diana : « Notre institutrice voudrait qu'on apprenne à parler devant nos camarades en classe. Elle nous a dit un jour : « Voici une liste de gens importants pour nous. Choisissez celui que vous voulez. Vous aurez à le présenter devant vos camarades en classe. » « Elle nous a donné une liste. Quand j'ai vu ton nom dans la liste, j'ai dit : Je vais faire un exposé sur toi. J'aurais pu aller sur ton blog. Mais je me suis dit, je vais l'interviewer. Pour moi, c'est une chance de faire une interview avec toi. »

Lucien : « Eh bien pour moi, d'être interviewé par toi c'est un grand bonheur. J'en suis très touché. Et je te redis ce que je t'ai dit l'autre jour Diana : Vous êtes tous et chacun, quelqu'un de très important à mes yeux. »

 

Et Diana commence à me poser des questions qu'elle lit sur son cahier. Elle me demande ma date de naissance, où je suis né, où j'ai grandi… et où j'ai vécu mon enfance. Nous constatons que mon enfance a été vécue là où Marie-Emmanuelle et elle Diana, vivent la leur. Souvent, depuis l'endroit où elles habitent, elles gravissent la côte, pour venir jouer sur ce beau terrain communal que l'on appelait dans mon enfance « le vieux cimetière ». De ce champ des morts, elles continuent ce que nous en faisions, avec mes sœurs, mon frère et nos camarades, un champ de création et de recréation. Elles continuent de faire de ce champ des morts, le champ de la vie, du jeu de la fraternité avec leurs camarades.

Lucien : « Il n'est pas étonnant que ce soit là que nous avons planté le petit Ginkgo Biloba et que ce soit vous qui l'arrosiez. Tout ça, pour continuer à nous défaire de nos violences en faisant de la place dans nos jeux à ceux qui n'en n'ont pas. »

Diana : « Veux-tu me dire Lulu, où tu as été à l'école quand tu étais enfant. »

Lucien : « C'est dans la même école que vous que j'ai appris à lire, à écrire et compter … dans cette école-là, où vous-mêmes vous apprenez à lire, écrire et compter. J'ai aimé aller à l'école publique de mon village. J'appréciais beaucoup mes maîtres d'école. Encore aujourd'hui je les vénère pour ce que, en union avec mes parents, ils m'ont appris à découvrir de la beauté de la vie... C'est dans cette école aussi, que j'ai appris à ne pas laisser de côté les copains qui traversaient de durs moments et des choses difficiles... C'est par mes maîtres avec qui mes parents venaient causer, c'est grâce à eux ensemble, que j'ai découvert combien c'était passionnant de développer de toutes nos forces ce que la vie a déposé en chacun de nous. Ainsi, nous pouvons mieux l'offrir aux autres et recevoir d'eux les trésors qui les habitent eux aussi et qu'ils veulent nous donner. »

 

Voilà un petit peu comment j'essayais de répondre aux questions que Diana me posait et qu'elle avait écrites sur son cahier. J'étais étonné par la façon dont elle me questionnait et aussi par la manière vive dont elle récoltait et écrivait ce que je disais. C'est alors qu'arriva de sa part la question suivante. Etait-elle écrite sur la feuille de son cahier ? Je n'en sais rien. Je n'en ai pas l'impression.

Diana : « Qu'est ce qui t'a marqué le plus dans ta mémoire ? »

Lucien : « C'est quand j'ai vu des enfants abimés par la guerre en Algérie. Je ne pouvais pas supporter. Je me suis engagé dans mon cœur, à faire tout ce que je pouvais avec d'autres amis, pour arrêter la guerre, comme on pouvait, là où on était. Je voulais rendre possible que les enfants que je rencontrais, aillent à l'école, que leurs parents aient du travail, et qu'ils puissent donner à leurs enfants un beau logement lumineux … Que les enfants puissent jouer beaucoup avec les autres, qu'ils puissent s'amuser et qu'ils découvrent que c'est comme ça qu'ils sont des bâtisseurs de paix. Pour arriver à cela, il faut que nous les adultes, nous arrêtions de fabriquer et vendre des armes.

 

Devant la façon dont Diana me pose ces questions et la manière dont elle ramasse ce que je luis dis en l'écrivant sur les feuilles de son cahier, je dis à Diana : « Que penses-tu faire comme profession un jour ? Peut-être que tu as déjà une idée ? »

Diana : « Je voudrais être coiffeuse… »

Lucien : « Oh, c'est beau comme métier ! Est-ce que ça t'es déjà venu aussi de vouloir devenir journaliste ? Je te dis ça, c'est parce que je vois la vivacité avec laquelle tu nous fais réaliser cet interview. »

Diana : « J'ai pensé être journaliste car je voudrais interviewer tous les gens qui sont connus et célèbres... »

Lucien : « Tu es sans doute quelqu'un qui aime lire ! »

Diana : « Oui , je vais à la médiathèque. »

Lucien : « En continuant à lire et à écrire comme tu le fais, tu te prépares à être journaliste ou à faire un autre métier… Celui de ton choix. »

Diana : « Je suis heureuse de t'interviewer. »

Lucien : « Tu deviens toi aussi bâtisseuse de la paix. »

Diana : « Pourquoi se faire la guerre ? Ça sert à rien, il faudrait se pardonner entre pays pour qu'il n'y ait plus de bébés morts, d'adolescents morts. Ils méritent d'avoir la vie.

Nous, on vit beaucoup, et pas eux … Et tous ces migrants qui sont obligés de quitter leur pays à cause de la guerre ! »

 

Lucien : « Qu'est-ce que je suis marqué de pouvoir causer comme ça avec toi, Diana. Je voudrais que tous les enfants de la terre puissent faire ce que tu fais : interviewer un adulte, écouter ce qu'il dit, mais aussi que l'enfant puisse dire à l'adulte ce qui est au fond de son cœur, comme tu es en train de le faire à mon égard. Il en existe, mais il en faudrait encore d'avantage. »

Diana : « C'est grâce à mon papa que je pense que la guerre n'est pas bien, qu'on doit arrêter de se faire la guerre pour rien ! Je pense aux enfants qui sont malheureux dans des pays qui sont en guerre. C'est pas eux qui l'ont déclenchée. Ils voudraient bien que ça s'arrête. Nous on aimerait pas vivre la guerre. Je me mets à leur place, c'est horrible pour eux. C'est comme si tout éclatait vers eux… »

Est arrivé le moment où l'interview que Diana a initié se poursuit de manière réciproque.

Lucien : « Pour moi c'est un grand moment que nous vivons chez vous, mamie de Diana. Votre petite fille Diana a eu l'idée de réaliser cette interview. Merci à sa grande sœur qui a pris des photos. C'est très beau ce que l'institutrice de ta classe, Diana, a suscité… Et je sens comment tes parents vont être heureux, eux aussi , que de tels moments se vivent chez eux »

Diana : « Pour moi aussi, c'est un moment très important. Je me disais : « Enfin, il vient ! »

Lucien : « Diana, avec Marie-Emmanuelle, vous êtes fabricatrices de la paix, et vous nous mettez tous dans le coup. »

La Mamie : « Diana, ma petite fille s'entend avec tout le monde. »

Diana : « Dès que je suis arrivée dans l'école, j'ai dit à tout le monde que j'étais leur amie, parce que j'aime bien être amie avec tout le monde. »

« C'est pas la différence d'âge qui fait, on peut être ami avec tout le monde. »

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Présentation

  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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Désarmement nucléaire

Journée de jeûne pour demander le désarmement nucléaire unilatéral de la France,

tous les 1ers lundis du mois de 14h à 17h en hiver, de 16h à 18h en été, à Dampierre (39) avec un temps de partage et de réflexion animé par Lulu.

Et commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki entre les 6 et 9 août, chaque année.

L'anti-pub

Les pubs sur les blogs ou les sites que vous consultez sont trop agressives ? Il existe un moyen de respirer à nouveau, en téléchargeant le pare-pub Adblock Plus (clic). Vous ne supprimerez pas les pubs imposées, mais vous ne les verrez plus.