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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 17:03

Lors de la marche pour la paix à Besançon, ce samedi 23 septembre 2017, les marcheurs se sont arrêtés au pied du Ginkgo Biloba du Square St-Amour. Lulu a pris la parole au nom du mouvement ADN-MANV :

Marche de la paix Besançon Square Saint-Amour
Marche de la paix Besançon Square Saint-Amour
Marche de la paix Besançon Square Saint-Amour

Marche de la paix Besançon Square Saint-Amour

Chers amis,

 

- Du fait que nous avons grande difficulté de nous entendre les uns les autres en Humanité,

- Afin de nous envisager et d’arrêter de nous casser la figure,

- En préparant cette manifestation pour la paix,

- Nous avons entrepris de marcher au pas des ânes, d’arrêter de courir comme des insensés,

- Et d’écouter ce que les arbres cherchent à nous dire, à nous les humains et particulièrement le GINKGO BILOBA.

- Du fait qu’il a résisté à la violence nucléaire d’Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août 1945, cet arbre nous dit et nous appelle à résister à toutes violences, si nous voulons être Faiseurs de Paix aujourd’hui.

Cet arbre nous dit et nous appelle à ôter d’abord les violences qui sont en moi, en nous.

 

Amis de Besançon, vos ancêtres ont planté le Ginkgo Biloba du square Saint Amour où nous venons de nous arrêter, de nous planter quelques instants durant notre marche pour la Paix.

Mes ancêtres à Dampierre, dans mon village natal, en ont planté un aussi à peu près au même moment. De temps en temps, je vais m’adosser à cet arbre. Quand je frotte mon dos contre son écorce, j’entends et je comprends que l’arbre veut me parler. Je l’entends qui me dit : « Tu veux que la paix vienne dans notre monde, tu espère à la paix avec les autres, ne sens tu pas comme c’est important de faire la paix avec toi-même, en toi-même. Réconcilie-toi avec toi. Mets-toi à l’écoute de ce qu’il faudrait arranger au profond de toi »

L’autre jour, j’étais venu avec des enfants : Diana, Marie, Emmanuelle et Lucile afin d’arroser les pieds du petit Ginkgo Biloba que nous avons planté le 9 janvier 2016. Nous étions horrifiés parce que nous venions d’entendre : les menaces d’anéantissements de leurs peuples par les présidents TRUMPS et KIM JUNG-UN. Nous sentions un grand risque qu’ils aillent jusqu’à déclencher l’arme nucléaire.

 

Mais voilà que le petit Ginkgo Biloba se mit à nous dire, alors que nous mettions l’eau sur ses pieds : « Ne laissez pas votre président de la république, Monsieur Macron, se faire héliporter sur un sous marin nucléaire à Belle Ile en Mer. Cela est aussi horrifiant. » Nous comprenions que c’est en nous défaisant en France de l’arme nucléaire de manière unilatérale, que nous ferons arrêter l’armement nucléaire du MONDE. Nous n’étions pas fiers de l’attitude de notre président. Nous lui avons écrit que pour enrayer le risque de faire éclater le ventre de notre mère la Terre, nous commençons à exiger de notre pays que nous arrêtions de verser des milliards d’euros afin de perfectionner notre armement nucléaire.

 

Afin de nous main-tenir dans cette lutte, je propose que nous nous donnions la main, que nous nous Main – Tenions, que nous nous tenions par la main. Nous pensons particulièrement à nos amis malades, Alain, Jacqueline, Paul…

Ainsi nous nous maintenons en résistance et résilience par rapport à la violence, par rapport aux armements de la France et particulièrement par rapport à l’armement nucléaire.

 

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 18:00

RdV le samedi 23 septembre 2017 à 14h au parc des Glacis devant le monument aux morts près de la Gare Viotte à Besançon.

 

Des membres de notre association ADN-MANV* participeront à cette marche. Lulu et ses ânes se rendront à ce RDV. Ils partiront de Dampierre le mercredi 20 septembre, Lulu attend les marcheurs qui veulent les accompagner pour un café chez lui à 8h00. Ils feront halte le soir à Chemaudin où Marc et Geneviève offriront une soupe. Le lendemain, jeudi 21, nouveau départ à Chemaudin à 8h00 pour arriver aux haras de Besançon vers 16h00.

Ceux qui veulent participer à l'une ou l'autre marche, et (ou) au repas du mercredi soir,  sont invités à se manifester en laissant un message qui ne sera pas publié mais que l'administrateur comptabilisera. 

*(Association pour le Désarmement Nucléaire unilatéral de la France
en lien avec les Mouvement pour une Alternative Non-Violente)

 

 

Marchons pour la paix !

Le texte de l’Appel national signé par 115 organisations :

Partout en France le samedi 23 septembre 2017, marchons ensemble pour un monde de solidarité, de justice, de liberté, d’égalité, de fraternité et de Paix !
En marche pour la paix – Stop la guerre – Stop les violences

L’aspiration des peuples à vivre ensemble en paix dans la solidarité, la justice et la fraternité est immense.
Nous sommes persuadés qu’aucune de nos différences de convictions, d’appartenance ou de sensibilités philosophiques, politiques, religieuses, syndicales ou autres ne doit faire obstacle à l’expression de cette aspiration commune.

Nous sommes révoltés face à l’augmentation incessante des dépenses militaires qui sont passées de 1.144 milliards de dollars en 2001 à 1773 milliards en 2015 (Sipri en USD taux de change 2014) et favorisent un commerce des armes immoral et dangereux, alors que le budget des Nations Unies pour les opérations de paix est de seulement 8,7 milliards et que la lutte contre le réchauffement climatique nécessite des moyens importants tout comme la réalisation des Objectifs du Développement Durable (ODD).

https://www.mvtpaix.org/wordpress/les-marches-pour-la-paix/

Marchons pour la paix !
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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 21:39

Jean-Marie Muller *


Ainsi donc, le Président Macron a cru devoir faire de la justifications de l'arme nucléaire un événement majeur du début de son quinquennat. Le 4 juillet, il se fait hélitreuiller à bord du Terrible, un des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de Ile Longue dans la rade  de Brest et, le 20 juillet, il se rend sur la base aérienne  d'Istres qui abrite la composante aéroportée constituée des missiles air-sol de moyenne portée améliorée (ASMPA) installés sur des Mirage dont la visibilité traduit, selon le ministère des armées, la " détermination française à agir ". Un pareil affichage en faveur de la dissuasion nucléaire, qui peut paraître lisse en apparence, est lourd de graves ambiguïtés dont Emmanuel Macron ne semble pas conscient.

Sous-marin nucléaire Photo internet

Sous-marin nucléaire Photo internet

 


En 1969, alors qu'il était encore un adversaire résolu de l'arme nucléaire, François Mitterrand, évoquant le choix du général de Gaulle en faveur de la dissuasion n'hésite pas à affirmer que celui-ci est "en retard d'une stratégie et d'une morale". Il poursuit : "La sécurité sur le thème "à chacun sa bombe atomique" annonce la guerre certaine et la mort pour tous, le vainqueur étant celui qui meurt un quart d'heure après l'autre."


Pour sa part, quelques années plus tard, à l'occasion de l'élection présidentielle de 1981, François Mitterrand se mettra lui-même délibérément en retard pour pouvoir se rallier à l'Etat nucléaire. 


Le président Giscard d'Estaing fera lui-même l'expérience qu'en possédant l'arme nucléaire, il est "en retard d'une stratégie". Dans ses mémoires, il raconte que dans l'hypothèse où la France devrait faire face à une agression soviétique la doctrine l'inviterait à procéder à un tir nucléaire tactique sur les armées soviétiques, provoquant ainsi une escalade nucléaire qui menacerait de détruire la France. Dans ces conditions, le Président français conclut qu'il n'a pas d'autre choix que de ne pas donner l'autorisation de tir. Il conclut, incluant cette fois le domaine de la dissuasion stratégique : "Quoi qu'il arrive, je ne prendrai jamais l'initiative d'un geste qui conduirait à l'anéantissement de la France".


Pour sa part, Emmanuel Macron se trouve effectivement en retard "d'une stratégie et d'une morale". La préméditation d'un crime contre l'humanité qui structure la dissuasion nucléaire implique la négation et le reniement  des valeurs morales qui fondent la civilisation. Peut-être faut-il reconnaître au Président français une circonstance atténuante du fait que les clercs, qu'ils soient laïcs ou religieux, ont trahi leur mission, qui est de promouvoir ces valeurs, en s’accommodant eux-mêmes de l'arme nucléaire. Il existe une réelle indécence à dépenser des milliards d'Euros à une œuvre de mort qui nous menace plutôt qu'elle nous protège, au détriment de nombreuses œuvres de vie qui se trouvent en manque de moyens.


François Mitterrand aurait pu préciser que le général de Gaulle était également "en retard d'une démocratie". Il est remarquable qu'Emmanuel Macron ait décidé de justifier l'arme nucléaire en dehors de tout débat démocratique. Pas un seul député n'est intervenu au sein de l'Assemblée Nationale pour mettre en doute le choix nucléaire du Président de la République. Les Insoumis eux-mêmes se sont soumis sans oser la moindre contestation. Et où sont les écologistes dans cette affaire, alors même que l'arme nucléaire devrait susciter de leur part une opposition irréductible ? Il est vrai qu'un ministre d'Etat est censé les représenter au sein du gouvernement, mais, précisément, il s'agit d'un ministre de l'Etat et non pas de l'écologie.


Face à la menace terroriste


D'une manière plus générale, prétendre que face à la menace terroriste, la France est en guerre, c'est encore être en retard d'une stratégie et d'une morale. Le terrorisme n'est pas la guerre. La caractéristique de la stratégie terroriste est de permettre, par les moyens techniques les plus simples, de contourner et de mettre en échec les dissuasions militaires dont les moyens techniques sont les plus sophistiqués. Alors que les grandes puissances industrielles prétendent détenir les armes qui rendent inviolable leur sanctuaire national, l'arme des terroristes vient porter la violence, la destruction et la mort au cœur même de leurs villes. Le terrorisme vient prendre à revers la défense des sociétés modernes en sorte que les armes les plus puissantes s'avèrent inutiles et vaines aux mains des décideurs politiques et militaires. La stratégie du terrorisme pose donc comme postulat le refus de la guerre. Ce qui caractérise la guerre, c'est la réciprocité des actions décidées et entreprises par chacun des deux adversaires. Or, précisément, face à l'action des terroristes, aucune action réciproque ne peut être entreprise par les décideurs adverses. Ceux-ci se trouvent dans l'incapacité de répondre coup pour coup à un adversaire qui se dérobe. C'est donc se fourvoyer que de prétendre combattre le terrorisme en faisant la guerre.

 
Nous ne pouvons pas nous dispenser de chercher à comprendre le terrorisme, sous le prétexte fallacieux que ce serait déjà commencer à le justifier. En réalité, comme toute stratégie d'action violente, le terrorisme a sa propre rationalité politique. Et il est vain de la nier en brandissant son immoralité intrinsèque. Pour éradiquer le terrorisme, c'est-à-dire pour le déraciner, il faut d'abord s'efforcer de comprendre quelles sont les racines historiques, sociologiques, idéologiques et politiques qui l'alimentent. Dès lors que la dimension politique du terrorisme sera reconnue, il deviendra possible de rechercher la solution politique qu'il exige. En définitive, pour vaincre le terrorisme, ce n'est pas la guerre qu'il faut faire, mais la justice qu'il faut construire.

 

Face à l'extrême tragique de la guerre et du terrorisme, le réalisme ne devrait-il pas nous conduire à réfléchir enfin sur les possibilités offertes par la stratégie de l'action non-violente ? Opter pour la non-violence, c'est précisément refuser d'imiter la violence des violents par une réaction symétrique qui crée un engrenage dans lequel les adversaires se trouvent enfermés dans une spirale de violence. La non-violence vient rompre le cycle des ressentiments, des revanches et des vengeances et devrait nous permettre de rattraper nos retards.
Certes, la non-violence est un risque : elle est le risque même de l'espérance.

* Membre fondateur du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN)
Auteur de Libérer la France de l’arme nucléaire, 2014, Chronique sociale.
www.jean-marie-muller.fr
 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 21:11

Journées de jeûne à Dampierre.

 

Dimanche 6 août et lundi 7 août 2017

 

autour du petit Ginkgo près de l'église

 

Temps de partage et d'échanges sur les thèmes de la non-violence

 

et du désarmement nucléaire unilatéral de la France.

 

Commémoration 2016

Commémoration 2016

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 20:00

Lettre de Jean-Marie MULLER* du 21 juillet 2017

 

 

Lors de son discours au Congrès de Versailles, Le 3 juillet 2017, Emmanuel Macron a présenté les principes qu’il entend mettre en œuvre pour construire la paix dans « un monde dangereux ». « Notre environnement, précise-t-il, y compris notre environnement proche, se caractérise par l’accumulation des menaces. (…) Les mouvements terroristes se développent dans de multiples régions avec des moyens qui augmentent leur capacité de nuisance. » Il souligne alors que « notre outil militaire revêt dans ces circonstances une importance majeure » en précisant que la dissuasion est « la clé de voûte de notre sécurité ». Cette formule se voudrait  décisive, mais elle reste une affirmation idéologique qui risque fort de n’être que formelle et de n’avoir aucune prise sur la réalité des menaces qui pèsent sur notre société.

 

 

Le lendemain, alors même que le Premier Ministre présentait la politique de son gouvernement devant l’Assemblée Nationale, le Président de la République se faisait hélitreuiller à bord du Terrible, un des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de la base de l’Île Longue dans la rade de Brest. Il tenait ainsi à « rencontrer celles et ceux qui oeuvrent à la nécessaire permanence de la dissuasion nucléaire ».  Une séquence de lancement simulé était au programme, mais on ne nous a pas dit quel était le scénario envisagé. On peut s’interroger sur l’opportunité d’une telle initiative à un tel moment. En venant s’enfermer dans un sous-marin nucléaire, le Président  de la République se faisait prisonnier du monde ancien que, par ailleurs, il prétend combattre.

 

 

24 heures après la démission du chef d’état-major des armées, Emmanuel Macron s’est rendu sur la base aérienne 125 d’Istres qui est un maillon essentiel de la dissuasion française. Mise en œuvre au cœur de la guerre froide, cette base abrite la composante aéroportée constituée des missiles ASMPA (missiles air-sol de moyenne portée améliorée) installés sur des Mirage dont la visibilité traduit, selon le ministère  des armées, la « détermination française à agir ». Au cours de son intervention, le Président déclare : « La dissuasion nucléaire est au cœur de notre défense, elle est la garantie de nos intérêts vitaux et j’en suis le garant. » Et il rappelle l’effort financier de l’Etat en faveur des investissements militaires : « Dès 2018, nous augmenterons notre effort de 20 %. Le budget sera porté à 34,2 milliards d’euros dès 2018. Aucun budget autre que celui des armées ne sera augmenté. » Mais l’immense paradoxe c’est qu’une crise majeure soit survenue à propos d’une réduction de 180 millions du budget des armées, alors que des milliards sont consacrés à l’arme nucléaire qui s’avère parfaitement incapable d’éradiquer les menaces terroristes. À aucun moment, dans aucun conflit, non seulement l’emploi mais la menace même de l’arme nucléaire ne sauraient être envisagés. Ils sont véritablement im-pensables, étant donné l’ampleur de la catastrophe humanitaire qui serait provoquée par tout usage de cette arme de destruction aveugle.

 

 

On connaît l’affirmation du Président François Mitterrand : « L’arme nucléaire, c’est moi ! ». Pour sa part, Emmanuel Macron entend faire comprendre au monde entier que « l’arme nucléaire, c’est lui !. » Cette priorité politique et stratégique affichée par le Président de la République en faveur de l’arme nucléaire est d’une gravité exceptionnelle qui est décisive pour mettre en échec la politique de renouveau qu’il voudrait conduire. Elle constitue une faute et une erreur qui impliquent la négation et le reniement des valeurs éthiques qui fondent la civilisation. Et cela d’autant plus qu’elle semble bénéficier d’un consensus populaire. Au demeurant, il ne s’agit que d’un consensus par défaut dès lors qu’aucun débat démocratique n’accompagne ce choix. Et, pendant ce temps, les clercs, qu’ils soient religieux ou laïcs, continuent de trahir leur mission en s’accommodant de la préméditation du crime contre l’humanité qui fonde la dissuasion nucléaire.

 

 

« Le prestige, déclarait M. Ban Ki-Moon, le Secrétaire général des Nations Unies, lors de l’allocution qu’il prononça à Hiroshima le 6 août 2010, appartient non pas à ceux qui possèdent des armes nucléaires, mais à ceux qui y  renoncent. »  Il est mal-heureux que le Président Macron se trompe de prestige.

 

 

* Philosophe et écrivain

Auteur  de Libérer la France des armes nucléaires, 2014, Chronique Sociale.

www.jean-marie-muller.fr

E. Macron au Congrès de Versailles

E. Macron au Congrès de Versailles

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 07:23

Lettre de Lulu au Président de la République Française, Mr Emmanuel MACRON

 

Dampierre, le 8 juillet 2017

 

Monsieur le Président,

 

C’est avec une joie profonde, où est venu se loger quelque chose d’existentiel, que j’apprends que 122 états du monde, en session à l’O.N.U., viennent de s’engager dans un traité pour demander et exiger que nous arrêtions la fabrication et le commerce des armes nucléaires. N’est-ce pas un signe fort que nous voulons arrêter de tomber dans une attitude criminelle les uns par rapport aux autres, en nous menaçant de la mort nucléaire ?

 

Mais en même temps que la joie prenait place dans mon cœur à l’annonce de cette bonne nouvelle, une grande et profonde tristesse venait se loger à ses côtés. J’apprenais que la France qui se veut ambassadrice de paix ne signait pas le traité et qu’elle doublera le budget de l’armement nucléaire.

 

Alors je vous écris Monsieur le Président. J’espère profondément que le secrétariat auquel cette lettre arrive vous la fera parvenir. C’est un droit à mes yeux de vous écrire et c’est même un devoir. Je suis citoyen de la France. J’ai voté pour vous quand vous vous présentiez à nous pour devenir président de la République, les 23 avril et 7 mai 2017. Mais mon vote n’est pas un blanc-seing.

 

Je vous écris pour vous dire que ce que vous décidez entre autre par rapport à l’armement nucléaire de la France a un tel impact sur l’avenir de notre humanité que par conséquent vous ne pouvez être seul, avec une petite oligarchie autour de vous, à prendre de telles décisions qui menacent de mort notre humanité. Votre attitude est peut-être constitutionnelle. Elle n’en est pas moins injuste et usurpatrice. Vous êtes-vous déjà dit en conscience qu’il est criminel pour nous, la France, de menacer ainsi de mort certaine et atroce notre humanité ?

 

Où puisez-vous ce droit de décider de doubler le budget de l’armement nucléaire de la France ?

Pensez-vous que c’est ainsi que nous enrayerons le terrorisme ?

Croyez-vous mettre la France en marche  en agissant ainsi ? En marche pour accélérer notre décadence humanitaire ?

 

Avec mes amis œuvrant à un désarmement nucléaire de la France de manière unilatérale, nous vous soufflons à l’oreille que vous seriez un vrai président de la république si vous vous engagiez à faire stopper l’adage latin « si vis pacem para bellum », en préparant la paix par des actes de paix, celui notamment de ne pas alimenter le budget militaire nucléaire de la France, mais d’entrer effectivement dans le traité qui vient d’être signé à l’O.N.U. par 122 états.

 

Dans plusieurs de vos déclarations vous nous dites que vos personnes référentes sont Paul Ricœur, Emmanuel Mounier. Ils ont été et demeurent les aiguilleurs de ma prise de conscience d’homme. Déjà pendant le drame de la guerre d’Algérie que j’ai faite avec deux millions d’hommes de France, c’est sur eux que je m’appuyais pour résister, et refuser que la fin justifiât les moyens dans notre triste vie de soldats.

 

Croyez-vous que ces penseurs bâtisseurs de notre humanité avec des Théodore Monod, Jean-Marie Muller, Albert Camus, Georges Bernanos soient fiers de vous quand vous vous faites héliporter afin d’entrer dans un sous-marin nucléaire français il y a quelques jours ?

 

Il est fort probable que le général De Gaulle auquel vous aimez vous référer aussi a pu dire au moment de mourir : « Je n’aurais pas dû engager la France dans la fabrication et l’éclatement de la bombe nucléaire dans le Sahara algérien, ni non plus penser pouvoir être fier de devenir capable de faire disparaître de la vie des cités entières d’hommes, de femmes et d’enfants. 

 

Les conséquences en sont trop graves pour l’avenir de notre humanité. » Comme le général Massu avait dit à propos de la torture pendant la guerre d’Algérie, quelques temps avant de mourir : « C’est vrai que nous aurions pu ne pas nous laisser entraîner à torturer sous prétexte de désarmer le terrorisme. »

LA FIN NE JUSTIFIE JAMAIS LES MOYENS

 

Monsieur Emmanuel Macron, devenez un « déclareur » de paix, vous serez alors un véritable président de la république.

 

Croyez à mes sentiments respectueux, et à ceux des amis du mouvement ADN MAN avec qui je vous écris cette lettre.

 

Lucien Converset

 

Lire aussi sur le blog de Paul Quilès :

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 17:12
 
COMMUNIQUÉ
 

 du Mouvement de la Paix

 
Un premier succès grâce à vous ! 

Le Traité d'interdiction des armes nucléaires vient d'être adopté à l'Onu
 
 
Aujourd'hui Vendredi 7 juillet, les Nations Unies ont approuvé un Traité d'interdiction des armes nucléaires. La Présidente de la Conférence des Nations Unies sur l'interdiction des armes nucléaires, Elayne Whyte Gómez, du Costa Rica.a indiqué hier que « c'est un moment historique, c'est le premier traité multilatéral de désarmement nucléaire à être conclu en plus de 20 ans », a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse organisée au siège de l'ONU.
 
Selon le projet de texte, le traité couvre toute l'éventail des activités liées aux armes nucléaires, interdisant à tout État partie de s'engager dans le développement, le test, la production, la fabrication, l'acquisition, la possession ou le stockage d'armes nucléaires ou d'autres dispositifs nucléaires explosifs.(Source ONU)
 
Les interdictions s'appliquent également à tout engagement à utiliser ou à menacer d'utiliser des armes nucléaires ou d'autres dispositifs nucléaires explosifs.

C'est une grande victoire pour les peuples du monde entier. Après les armes chimiques et les armes bactériologiques ce sont les armes nucléaires qui sont interdites en tant qu'armes de destruction massive, sur la base d'un Traité d'interdiction.
 
L'humanité dispose désormais d'un instrument juridique contraignant pour interdire les armes nucléaires en déclarant, sans ambiguïté, que les armes nucléaires ne sont pas seulement immorales, mais aussi illégales.
 
Tant d'années et tant de travail acharné de générations de militants contre les armes nucléaires sont couronnés par un succès.
 
Ces luttes conduites depuis 1950, ont mobilisés des dizaines de millions de personnes à travers des rassemblements multiformes, mais aussi des appels souvent initiés par les survivants d'Hiroshima et de Nagasaki (les hibakushas). Ainsi avons obtenu successivement l'arrêt des essais nucléaires dans l'atmosphère, sous la mer, puis un traité d'interdiction définitif des essais nucléaires et des Zones exemptes d'armes nucléaires sur les ¾ de la surface du Globe.
 
Aujourd'hui c'est un traité d'interdiction des armes nucléaires, élaboré dans le cadre de l'ONU par 135 Etats qui concrétise l'article 6 du Traité de Non- Prolifération signé par la France.

L'existence de ce traité va imposer à la nouvelle Assemblée Nationale de ratifier ce traité et de bannir des arsenaux français les armes nucléaires et les stratégies suicidaires qui les accompagnent.
 
Cette question va avoir un retentissement et susciter débat dans tout l'espace public, puisque le traité interdit tous les soutiens, techniques, financiers, logistiques qui participent à l'existence des armes nucléaires. Les élus locaux, administrant les riverains des sites nucléaires militaires devront eux aussi participer au débat, car le traité affirme sans ambigüité, que par leur seule présence, les armes atomiques constituent un risque majeur de catastrophe humanitaire.
 
Le Mouvement de la Paix, conscient que ce traité marque une rupture historique au sein des relations internationales en offrant l'opportunité de raviver l'esprit de la Charte des Nations Unies pour construire un processus pacifique de sécurité collective, est déterminé à mobiliser l' opinion publique en France pour que le gouvernement respecte ses engagements et ratifie ce traité en choisissant la raison contre l'enfer.
 
Le Mouvement de la paix invite ses comités et amis ainsi que la population et toutes les organisations investies dans le combat pour un monde sans armes nucléaires à:
- Propager et fêter dès à présent cette bonne nouvelle partout en France en particulier à travers des initiatives publiques.
  - 
Signer la pétition demandant l'arrêt des programmes de modernisation des armes nucléaires pour lesquels il est prévu de doubler les crédits consacrés aux armes nucléaires dans le budget de la France.
- Participer (et/ou initier) partout en France aux marches pour la paix qui auront lieu le samedi 23 septembre à l'appel du collectif en marche pour la paix qui a parmi ses objectifs la mise en œuvre du traité d'interdiction des armes nucléaires et le gel des programmes de modernisation de ces armes.
- Participer aux mobilisations qui auront lieu le Dimanche 7 octobre autour des sites liés aux armes nucléaires en France. (Île Longue, Valduc, Istres, Le Barp, etc).

Le texte adopté : https://www.mvtpaix.org/wordpr ess/blog/2017/07/07/communique -de-presse-le-traite-de-non- proliferation-nucleaire-un- espoir-davenirs

Saint Ouen le 7 juillet 2017
Traité d'interdiction des armes nucléaires adopté à l'Onu
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Published by luluencampvolant - dans Désarmement nucléaire
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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 07:15

Mgr Takami, archevêque de Nagasaki, présent au 80ème anniversaire du bombardement de Guernica.

Guernica 1937

Guernica 1937

Venue renforcer l’armée du nationaliste Francisco Franco au cours de la guerre civile (1936-1939), l’aviation nazie, le 26 avril 1937, à 16 h 30, bombardait la petite ville de Guernica dans le pays basque espagnol. L’Histoire a retenu dans cet événement le premier bombardement massif contre une population civile sans défense. Une délégation japonaise conduite par Mgr Joseph Takami Mitsuaki, archevêque catholique de Nagasaki, comprenant 29 personnes dont neuf victimes du bombardement atomique de Nagasaki du 9 août 1945, s’est rendue sur place cette année pour participer à la commémoration du 80ème anniversaire du bombardement de la ville.

La délégation japonaise a participé le 25 avril à des réunions de partage et d’interrogations concernant la transmission de ces événements à l’avenir du fait du grand âge de la plupart des survivants. Pour ce faire, des dessins, des photos ou encore une grande fresque confectionnée par les enfants de Nagasaki représentant leur volonté de paix ont été utilisés. Le 26, tous les participants se réunissaient pour une cérémonie commémorative avec offrandes de fleurs et grues en papier plié (origami) au cimetière Zolio de la ville.

Les statues marquées par les bombardements de la Vierge Marie

On se souvient qu’en 2010, un groupe de pèlerins de l’archidiocèse de Nagasaki avait emmené une copie de la statue de la Vierge de Urakami retrouvée après le bombardement atomique de 1945 pour l’offrir à la paroisse de Guernica. En 2012, un groupe de volontaires qui avait subi le bombardement atomique s’était rendu à Guernica signer un accord de partage d’expérience et de coopération au mouvement d’opposition à la guerre. En 2015, le diocèse de Nagasaki avait invité l’évêque du diocèse de Guernica à se rendre à Nagasaki ; ce dernier, à cette occasion, offrit une copie de la partie supérieure d’une statue de la Vierge qui avait été bombardée à Guernica pour qu’elle soit déposée dans l’église de Urakami à Nagasaki.

En 1982, à New York, à l’occasion de la seconde assemblée générale extraordinaire de l’ONU pour le désarmement, le maire de Hiroshima de l’époque, Araki Takeshi, avait lancé un appel aux maires des villes du monde, par-delà les frontières, pour leur proposer de donner leur accord solidaire à un projet d’éradication des armes nucléaires. En 1991, l’« Assemblée des maires pour la paix », constituée des villes qui avaient donné leur accord à ce projet, fut inscrit comme ONG au conseil d’administration de la société économique de l’ONU. En 2010, l’Assemblée des maires pour la paix a reçu le prix Guernica de la Paix et de la Réconciliation.

Pour souligner l’importance de cette Assemblée des maires pour la paix, l’ancien maire de Hiroshima, Akiba Tadatoshi, explique que la solidarité des villes du monde entre elles pour réaliser « un monde sans armes nucléaires » s’appuie sur la constatation qu’une ville est un lieu de vie et comporte cet élément déterminant de ne pas posséder d’armée. C’est au niveau d’un pays que cette dernière existe avec la tentation de l’utiliser et cette réalité représente une grande menace.

Pour la paix et le renoncement à l’arme nucléaire

L’Assemblée des maires pour la paix comportait quatre cent villes en 1999, cinq mille en 2011 et sept mille maintenant et l’« Objectif 2020 » qu’elle s’est fixé est l’éradication des armes nucléaires.
Pour les évêques japonais, si toute action visant à œuvrer pour un monde sans armes nucléaires est souhaitable et bienvenue, elle ne peut aller sans une réflexion aboutie sur les leçons que nous a laissées la Seconde Guerre mondiale ainsi que sur les mesures à prendre aujourd’hui pour préserver la paix.

La ligne de conduite de l’épiscopat japonais sur ces sujets s’appuie sur l’appel à la paix lancé par le pape Jean-Paul II lors de sa visite à Hiroshima le 25 février 1981. Depuis la cité martyrisée par la bombe atomique, le pape dénonçait la guerre comme « une œuvre de l’homme », synonyme de « destruction » et de « mort ». Il avait aussi exhorté les Japonais à savoir « revenir sur le passé pour préparer l’avenir de manière responsable ». Depuis, pour les 50ème, 60ème et 70ème anniversaires de la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1995, en 2005 puis 2015, les évêques japonais ont avec constance saisi l’occasion pour redire non seulement leur attachement à la paix, mais aussi la nature prophétique pour le monde du renoncement à la guerre, inscrit dans l’article 9 de la Constitution japonaise, qualifié par eux de « trésor dont le Japon peut être fier » – un trésor que l’actuel Premier ministre nationaliste Abe Shinzo souhaite remettre en cause.

Par ailleurs, en visite à Rome au début de ce mois de mai, Yuzaki Hidehiko, gouverneur de Hiroshima, la ville bombardée à l’arme atomique le 6 août 1945, a été reçu par le secrétaire d’Etat, le cardinal Pietro Parolin ; à cette occasion, il a invité le pape François à se rendre en visite dans sa ville afin d’appeler le monde à la paix, une paix débarrassée des armes nucléaires.

 

Source ici

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 12:45

Exceptionnellement et la 2ème fois de suite, le calendrier invite à déplacer le jour de la rencontre du groupe ADN-MANV* du lundi au mardi.

 

Donc RDV mardi 6 juin à 16h00 à la salle de la mairie de Dampierre.

 

*Association franc-comtoise pour le Désarmement Nucléaire Unilatéral de La France, en lien avec le Mouvement pour une Alternative Non-Violente.

 

Ce sera l'occasion de partager sur la dernière lettre de Jean-Marie MULLER : 

La profession de foi nucléaire

d’Emmanuel Macron

 

Réunion de ADN-MANV le 6 juin

Le danger le plus redoutable, ce n’est pas tant que la bombe explose, c’est qu’elle existe déjà. Le danger, ce n’est pas le feu nucléaire, mais la foi nucléaire.
Paul Virilio

L’insécurité du territoire, Paris, Stock, 1976, p. 143.

S’il est un dossier sur lequel Emmanuel Macron semble incapable de faire preuve de la moindre intelligence novatrice, c’est bien celui de la dissuasion nucléaire. Le Président de la République se contente de répéter le discours idéologique de ses prédécesseurs : « La dissuasion nucléaire est la clef de voûte de notre architecture de  sécurité. Elle  est au cœur de notre indépendance stratégique[1]. » Comme pour aggraver encore son cas, il précise qu’il engagera, au cours du prochain quinquennat, « le renouvellement des deux composantes de la dissuasion nucléaire ».

 

Cependant, il croit pouvoir prétendre que « la France est pleinement mobilisée en faveur du désarmement nucléaire » et qu’elle a « un bilan exemplaire en la matière ». Voulant « prendre en compte le contexte stratégique et les impératifs de sécurité qui en découlent », il affirme que « l’approche française est une approche réaliste qui s’inscrit dans le cadre d’un processus graduel ».

 

Emmanuel Macron prend soin de récuser la proposition de ceux qui défendent « l’objectif d’une interdiction totale des armes nucléaires qu’ils sont prêts à réaliser même sans le soutien des États qui possèdent l’arme nucléaire, pourtant principaux acteurs du processus ». Certes, le Président de la République est fondé à douter de la mise en œuvre d’un tel processus de négociation. La France, précise-t-il, « ne saurait s’engager dans une telle négociation sans que les autres États dotés ou possédants ne s’y engagent également », ce qui n’est nullement à l’ordre du jour « à un moment où tous nos partenaires dotés de l’arme nucléaire modernisent résolument toutes ses composantes ». Il fait valoir en fin de compte que le désarmement nucléaire relève en priorité de la conférence d‘examen du Traité de non-prolifération (TNP), mais il ne saurait ignorer que ladite conférence se trouve en panne sèche depuis longtemps et qu’aucun espoir de la voir aboutir ne saurait être justifié.

 

Ainsi, toutes les voies vers le désarmement nucléaire multilatéral mènent vers des impasses. Bien sûr, à aucun moment, Emmanuel Macron n’évoque l’hypothèse d’un désarmement unilatéral de la France. On devine que cette perspective lui est totalement étrangère. Et pourtant l’analyse la plus rigoureuse de la situation internationale fait apparaître que j’arme nucléaire est une menace pour la paix en France et dans le monde et non pas une sécurité.

 

À aucun moment, dans aucun conflit, non seulement l’emploi mais la menace même de l’emploi de l’arme nucléaire ne sauraient être envisagés. Ils sont véritablement im-pensables. L’ampleur de la catastrophe humanitaire provoquée par tout usage de l’arme nucléaire constitue une totale dissuasion qui pèse sur nos propres décideurs. Ainsi, la dissuasion s’inverse-t-elle et se retourne  contre elle-même : ce sont mes décideurs des Etats nucléaires qui sont dissuadés d’employer l’arme nucléaire.

 

La menace terroriste est la principale menace qui ^pèse sur nos sociétés, mais l’arme nucléaire s’avère totalement incapable de l’éradiquer. Les terroristes qui viennent frapper mortellement nos sociétés peuvent tire de nos armes nucléaires. En outre, la préméditation du crime nucléaire constitue la négation et le reniement de toutes les valeurs morales, éthiques, intellectuelles et spirituelles qui fondent la civilisation. Mais là encore, les clercs qui sont en charge de ces valeurs, qu’ils soient religieux ou laïcs, s’accommodent lâchement de ce crime et innocentent les politiques. Bien qu’on  refuse d’en prendre conscience, ce reniement empoisonne en profondeur la vie morale des Français. Quand tout a été dit, il faut tenir que le dogme nucléaire illustre dramatiquement jusqu’où peut aller l’imbécillité des hommes.

 

Notons que l’État français s’est déjà engagé à renouveler son arsenal nucléaire. Cette modernisation coûtera 2 milliards supplémentaires par an à partir de 2020. Il y a là un véritable détournement de l’argent public au profit d’œuvres de mort. Combien de temps encore les Français supporteront-ils encore ce gigantesque gâchis ?

 

Face à toutes ces  dérives, seule une mobilisation de la société civile a le pouvoir de  faire entendre raison aux responsables politiques. Et cette mobilisation concerne chaque citoyen.

 

* Philosophe et écrivain,

Auteur de Libérer la France de l’arme nucléaire, 2014, Chronique sociale.

www.jean-marie-muller.fr

 

[1] Nous nous référons à la réponse du candidat Emmanuel Macron au questionnement du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) : http://www.francesansarmesnucleaires.fr/spip.php?article94

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 13:00
Appel au futur président de la République

22 personnalités interpellent le futur Président de la République pour qu'il agisse vraiment en faveur d’un monde sans armes nucléaires.

 

À l'initiative de l'ancien ministre de la Défense Paul Quilès, 21 personnalités signent un appel au futur président de la République (à lire sur le blog de Paul Quilès) afin que la France rejoigne les discussions en cours à l'ONU pour l'interdiction des armes nucléaires. Ces négociations, qui doivent reprendre en juin, associent 132 Etats, mais Paris - comme les autres puissances nucléaires - en est absent. Paul Quilès, qui s'est ouvert en vain de cette question auprès de François Hollande, ne désespère pas de convaincre son successeur.

 

L'Appel

 

"Elu le 7 mai, vous devrez assumer de lourdes responsabilités, parmi lesquelles la défense de la France. Or la pratique institutionnelle confie au Président de la République le pouvoir de donner l’ordre d’engagement des forces nucléaires. Dès le jour de votre investiture, vous disposerez à cet effet des codes nucléaires que vous transmettra votre prédécesseur.

 

Nous souhaitons que le quinquennat qui va commencer voie la France agir vraiment en faveur d’un monde sans armes nucléaires, objectif auquel elle a solennellement souscrit.

 

En effet, les principales menaces à notre sécurité proviennent aujourd’hui du terrorisme, des cyber-attaques, de la criminalité organisée, des pandémies, du changement climatique et ne sauraient être dissuadées par un arsenal nucléaire.

 

Si les risques interétatiques n’ont pas disparu pour autant, malgré une réduction des stocks d’armes nucléaires dans le monde, environ 15 000 armes continuent de faire peser sur la planète tout entière la menace d’une destruction catastrophique. Selon l’ancien Secrétaire à la Défense américain William Perry, jamais l’éventualité d’une telle conflagration n’a été aussi élevée qu’actuellement.

 

Le Traité de non-prolifération (TNP) n’a pas empêché l’émergence de quatre nouvelles puissances nucléaires (Israël, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord) dans des régions instables. En dépit de leur engagement de désarmement négocié, les autres puissances nucléaires, y compris la France, se sont lancées dans une nouvelle et coûteuse course aux armements, à travers la modernisation programmée des arsenaux nucléaires (recours accru aux missiles de croisière, miniaturisation des charges, maintien d’armes tactiques, mise au point de missiles hypersoniques…). Tout concourt à abaisser le seuil d’emploi des armes nucléaires, sans parler de la menace invisible de cyber attaques et du danger d’explosion nucléaire terroriste ou accidentelle.

 

Il n’est pas raisonnable de continuer à s’arc-bouter sur le maintien d’une arme que nombre d’experts militaires et stratégiques s’accordent à reconnaître comme obsolète et inadaptée. En outre, on sait aujourd’hui avec certitude qu’un emploi même limité d’armes nucléaires dans le monde aurait des conséquences catastrophiques pour l’humanité toute entière. Comment concilier cette perspective avec l’attachement de la France au respect du droit humanitaire et à la préservation des civils dans les conflits ? N’a-t-elle pas été l’un des principaux artisans ou soutiens de la Convention d’interdiction des armes biologiques, chimiques, des traités d’interdiction des mines antipersonnel ou des armes à sous-munition ou de la réglementation du commerce des armes ? Comment croire encore que la sécurité de notre pays repose sur la capacité d’anéantissement de millions de civils innocents ?

 

Nous ne préconisons pas le désarmement unilatéral de France,mais nous souhaitons que vous saisissiez l’opportunité historique qui s’offre à notre pays de montrer la voie vers un désarmement négocié, vérifiable et universel en se joignant aux quelque 132 Etats qui négocient actuellement à l’ONU un traité d’interdiction des armes nucléaires. Il agit là d’un nouveau point de départ, qui non seulement renforcera les obligations du TNP mais pourra également entraîner les pays nucléaires encore absents de cette négociation. La France aura ainsi saisi l’occasion de prendre la tête du mouvement vers l’objectif d’un monde libéré des armes nucléaires."

 

Signé par :

Sébastien Balibar, physicien, membre de l’Académie des Sciences ; Rony Brauman, ex-président de MSF, enseignant, essayiste ; Valérie Cabanes, juriste internationale, Porte-parole « Pour en finir avec l'écocide » ; Gilles Candar, président de la Société d'études jaurésiennes ; Jean-Marie Collin, expert, vice-président d’IDN ; Michel Drain, membre de Pax Christi et de Justice et Paix France; Jean-Pierre Dupuy, philosophe, professeur émérite à l'Ecole Polytechnique, professeur à l'université Stanford ; Marc Finaud, ancien diplomate français, professeur associé au Centre de Politique de Sécurité, Genève ; Christiane Hessel ; Bernard Hourcade, directeur de recherche au CNRS ; Yannick Jadot, député européen ; Alain Joxe ; Georges Le Guelte, ancien secrétaire du Conseil des Gouverneurs de l’AIEA; Francis Lenne, Général de brigade aérienne (2 S) ; Bernard Norlain, Général d’armée aérienne (2 S), vice-président d’IDN ; Ivar Ikeland, ancien président de l'Université Paris-Dauphine ; Jean-Claude Pecker, Professeur émérite au Collège de France, membre de l’Académie des sciences ; Paul Quilès, ancien ministre de la défense, président d’IDN ; Monseigneur Marc Stenger, évêque, Président de Pax Christi France ; Annick Suzor-Weiner, présidente de Pugwash France, professeur émérite à l’Université Paris-Sud ; Thierry Salomon, co-président du mouvement #LesJoursHeureux

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  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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Et commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki entre les 6 et 9 août, chaque année.

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