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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 11:00

JAGODINA le 25 novembre 2012

"Puisse venir le jour où devançant l'aurore, la pluie aura déchiré le ciel"

(Ps 118, Ps 147, Mc 1,10)     

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 Je suis en train de ramasser toutes ces paroles fortes traduisant des actes effectifs. Je suis heureux d’y déceler les germes d’espérance qu’y fait pousser le souffle de Jésus dans cet évangile de Marc. J’y découvre un Jésus marcheur… lorsque ça frappe à la porte de la maison de BOBA. C’est SESA. Nous nous saluons. Je lui dis que BOBA est en train de se reposer car elle est fatiguée et je dis :

Lulu :     Je voulais vous remercier SESA de m’avoir emmené au MUSEE D’ART NAÏF de JAGODINA.

SESA (sourit) :   J’ai été heureuse moi aussi d’être votre guide…

 

  Musée (1)

 

Musée (7)

 

Musée (6) 

 

Musée (3)

 

Musée (5)

 

Musée (2)

 

Lulu :     J’ai beaucoup apprécié les peintures de MILICEVIC BARBERIEN, originaire de JAGODINA : le pont sur la MORAVA, la crucifixion de Jésus, les arbres de BǍÇIČEVIČ ILIJA, les anges de VOJKA MORAR… J’ai été heureux d’apprendre que KOVAČICA est un centre culturel important. J’y avais été accueilli fin septembre… Je suis justement en train d’écrire ces beaux moments que nous vivons grâce à vous tous BOBA, MAYA et son fils YOVAN, SANDRA et ses enfants YOVANA et LUKA, et vous SESA et d’autres personnes…

SESA :   Et quel est ce livre qui est à côté de votre cahier ?

Lulu :     C’est la Bible.

SESA :   L’Evangile !

Lulu :     C’est ça ! c’est là qu’est relatée par écrit la BONNE NOUVELLE que nous pouvons nous sortir de nos épreuves et de nos dépendances, de là où nous sommes « mal tombés… », tombés en nous faisant beaucoup de mal… en endossant plein de maux… L’espérance nait en nos cœurs que nous pouvons nous en sortir réellement les uns grâce aux autres… Par vous je découvre une plénitude de trésors dans ce livre… des paroles qui nous apportent beaucoup de lumière : celle-ci que je viens de relire : « au baptême de Jésus le ciel s’est déchiré… » (Mc 1,10). Ça veut dire que les horizons, qui nous paraissent bouchés durant nos luttes, s’ouvrent. Il devient possible de nous en sortir. J’ai vu, SESA, une illustration de cette espérance dans la peinture de MORAR intitulée « SŒURS… ». Des anges vont et viennent entre la terre et le ciel… ça me rappelle le songe de Jacob : « une échelle était plantée en terre et son sommet atteignait le ciel et des anges de Dieu y montaient et descendaient » (Gen 28, 12). Jacob comprenait que Yahvé lui disait : « je te garderai partout où tu iras… ce que j’ai commencé avec toi je le continuerai… ici est la porte du ciel. » (Gen 28,18)

Dans mon voyage j’ai senti que Dieu me gardait sur la route par où j’allais (Gen 28,20). Je prie pour que vous tous qui m’accueillez à JAGODINA vous fassiez cette expérience, vous et tout le monde.

SESA écoutait. J’aurais voulu que nous puissions mieux nous offrir l’un à l’autre ce dont nous nous voulions artisans. SESA m’avait emmené avec elle à la liturgie, au musée, dans les rues de la cité, au café, au restaurant, ramené chez Boba. Et moi je souhaitais tellement faire un lien entre ce qui surgissait d’espérance dans nos regards de gens accablés par une économie qui maintenait à terre les personnes aux faibles revenus et ce qui était contenu comme paroles vives dans ce livre dont SESA me demandait ce qu’il était. Et je cherchais aussi le lien qui se dessinait entre ce que nous vivons et les œuvres des peintres naïfs de JAGODINA. Dans le livre qui nous avait été offert à l’issue de notre visite, j’avais trouvé et gardé ces paroles de présentation : « Cet art naïf et marginal émerge dans l’ambiance des rapports humains perturbés. L’empressement du monde contemporain, l’accélération des événements, l’invasion de la technocratie menace l’homme… l’art naïf est l’art des personnes rejetées qui commencent à exprimer une sorte de révolte. » (p24)

SESA est allée retrouver BOBA. Je reste à écrire ce lien entre ce que nous vivons, et le fait que Jésus ait emprunté nos chemins d’Humanité et les paroles qui ont surgi de lui et l’illustration que nos amis peintres ou musiciens nous en donnent.

Je repense à cette mère de famille qui pour arrêter ce qui l’opprime est obligée de se sauver de l’appartement où elle a échoué. Je me demande comment vont s’en sortir, dans quelles démarches vont s’engager les petits paysans dont les bestiaux meuglent de faim...

Je ressens de plus en plus des appels dans ma conscience à me défaire de faux besoins dans nos manières de manger, d’utiliser l’eau pour nous laver, de nous vêtir, de nous déplacer… de changer nos habitudes de tout mettre nos achats dans des sacs plastique que nous jetons par la suite sur le bord de nos chemins…

Comment allons nous nous organiser pour « résister » contre ceux qui veulent « profiter », faire du profit en tondant le peu de laine que nous avons sur le dos et en faire du fric pour eux…

Je pense à quelqu’un qui me disait il y a quelques jours en m’aidant à m’organiser dans mon voyage : « quand vous allez arriver à BETHLEEM c’est aussi nous qui arriverons avec vous. »

Et je pense à nos luttes pour sortir de nos dépendances et de nos t. Le fait de fumer nous pompe le peu de forces qu’à certains jours nous avons et le petit peu de fric qui nous reste. La T.V. nous cloue sur place et nous casse dans nos élans pour partir marcher.

BOBA nous sert thé et café. Pour avancer dans la prise de conscience de l’attente et du respect de l’eau, j’ai envie de vous dire à vous mes amies :

Lulu :     Mon corps reçoit de vous BOBA un thé. Ça me fait du bien. A votre corps, de même le café, SESA et BOBA. Je voudrais tant qu’ainsi notre mère La TERRE reçoive Madame le PLUIE… l’eau de pluie… notre sœur l’EAU…

SESA :   Toi, tu écris beaucoup. 

Lulu :     Oui.

SESA :   Pourquoi ?

Lulu :     Parce que les paroles que nous échangeons, et les actes que nous accomplissons, si nous ne les remarquons pas, ils tombent dans l’oubli. Si nous ne les ramassons pas, c’est le vent qui les emporte, ou bien la terre qui les absorbe. La parole de Jésus, heureusement qu’il y a eu « Matthieu Luc et les deux autres » pour les ramasser et faire en sorte qu’elles parviennent jusqu’à nous.

De même heureusement que les peintres naïfs ne se sont pas occupés des moqueries que provoquaient leurs œuvres au début… qu’ils ont continué ce qu’ils avaient commencé… ainsi « ils ont pu marquer leur place dans l’univers » et appeler d’autres à trouver la leur… Est-ce que naïvement nous faisons place à Madame la Pluie dans nos existences ? Est-ce que nous la demandons ? Est-ce que nous nous réjouissons quand il nous pleut dessus ? Est-ce que nous avons une culture de la pluie ? Et pas seulement un désir de la pluie pour nos cultures ?

 

La première fois que je suis entré à JAGODINA, le 2 octobre, avec ŠAŠA, au pas de l’âne ISIDORE, il pleuvait. Je serais heureux que le ciel s’ouvre enfin au dessus de nos têtes, « Que vienne le jour où devançant l’aurore la pluie aura déchiré le ciel » (Ps 118, Ps 147, Mc 1,10). Je voudrais tant qu’avant de vous quitter amis de JAGODINA, Madame la Pluie nous tombe dessus, que les chéneaux de vos toits dégorgent d’eau, que ça rigole de partout, que ça déborde dans la MORAVA et la PCINJA… que ça arrive jusqu’à faire monter le VARDAR en MACEDOINE et le DANUBE que je vais retrouver à KOVILJ prochainement.

J’essaye de laisser retentir en moi la parole du prophète Elie dans le livre des Rois (1 Rois 17), lorsque ACHTAB et OBADYAHU parcouraient le pays bouleversé par une grande sécheresse afin de « trouver aux abords des sources et des torrents l’herbe qui maintienne en vie leurs chevaux et leurs ânes » (1 Rois 18,5). Elie le prophète nous dit : « Monte donc au sommet du CARMEL et regarde du côté de la mer. Regarde 7 fois : ‘’voici que va venir un mage, petit comme une main d’homme, qui monte de la mer ‘’. Le ciel s’obscurcit de nuages et de tempête… il y eut une grosse pluie… Monte, j’entends le grondement de la pluie… ‘’ Regarde 7 fois ‘’ » (1 Rois 18,41). 

Photos du musée prises par Lulu 

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commentaires

B
Salut Lucien, un bonjour et bon courage de l' Albert.
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J
Cher Lucien, les dérives perverses de notre société que nous dénonçons au fil des jours, elles sont aujourd'hui dénoncées avec force par une jeunesse admirable à Notre-Dame-des-Landes. Combien tu
te reconnaîtrais dans leur combat! Eux qui vivent en bonne entente malgré leurs différences, sans eau courante, sans électricité, presque sans chauffage, travaillant dans la boue et l'humidité sans
relâche pour nous montrer l'exemple! Ils sont soutenus par quelque 200 comités créés spontanément dans toute la France en moins de deux mois: L'Espoir est là!
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Présentation

  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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