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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 09:24
Le Pape François, place Saint Pierre, lâche une colombe symbole de paix - RV

Le Pape François, place Saint Pierre, lâche une colombe symbole de paix - RV

Au début de cette nouvelle année, je présente mes vœux sincères de paix aux peuples et aux nations du monde, aux Chefs d’État et de Gouvernement, ainsi qu’aux responsables des communautés religieuses et des diverses expressions de la société civile. Je souhaite la paix à chaque homme, à chaque femme ainsi qu’à chaque enfant et je prie pour que l’image et la ressemblance de Dieu dans chaque personne nous permettent de nous reconnaître mutuellement comme des dons sacrés dotés d’une immense dignité. Surtout dans les situations de conflit, respectons cette « dignité la plus profonde » et faisons de la non-violence active notre style de vie.

 

Voilà le Message pour la 50ème Journée Mondiale de la Paix. Dans le premier, le bienheureux Pape Paul VI s’est adressé à tous les peuples, non seulement aux catholiques, par des paroles sans équivoque : « Finalement [a] émergé d'une manière très claire le fait que la paix était l'unique et vraie ligne du progrès humain (et non les tensions des nationalismes ambitieux, non les conquêtes violentes, non les répressions créatrices d'un faux ordre civil) ». Il mettait en garde contre le « péril de croire que les controverses internationales ne peuvent se résoudre par les voies de la raison, à savoir par des pourparlers fondés sur le droit, la justice et l'équité, mais seulement au moyen des forces qui sèment la terreur et le meurtre ». Au contraire, en citant Pacem in terris de son prédécesseur saint Jean XXIII, il exaltait « le sens et l'amour de la paix, fondée sur la vérité, sur la justice, sur la liberté, sur l'amour ». L’actualité de ces paroles, qui aujourd’hui ne sont pas moins importantes et pressantes qu’il y a cinquante ans, est frappante.

 

À cette occasion, je souhaite m’arrêter sur la non-violence comme style d’une politique de paix et je demande à Dieu de nous aider tous à puiser à la non-violence dans les profondeurs de nos sentiments et de nos valeurs personnelles. Que ce soient la charité et la non-violence qui guident la manière dont nous nous traitons les uns les autres dans les relations interpersonnelles, dans les relations sociales et dans les relations internationales. Lorsqu’elles savent résister à la tentation de la vengeance, les victimes de la violence peuvent être les protagonistes les plus crédibles de processus non-violents de construction de la paix. Depuis le niveau local et quotidien jusqu’à celui de l’ordre mondial, puisse la non-violence devenir le style caractéristique de nos décisions, de nos relations, de nos actions, de la politique sous toutes ses formes !

 

Pour lire la suite du message : un clic vers Radio Vatican

Pour lire le message de Jean-Marie Muller au sujet de ce message : Promouvoir la non-violence, un clic vers son site.

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 09:21

Dampierre le 28 octobre 2016

 

« LES ANES, VOUS VERREZ, C'EST UNE VERITABLE MEDIATION » ( Jean et Michou)

 

Quelle belle journée nous sommes en train de vivre avec mes amis de la Savoie : Jean et Bernadette. Ils sont venus fêter auprès de moi à Dampierre les 90 ans de Jean, avec leur fille Laure et ses deux enfants Nathan et Erin.

 

Je suis allé chercher mes amis ce matin à Ranchot, à l'hôtel « Le Galoubin » où ils ont dormi cette nuit. Surprise pour les enfants, je suis venu avec les ânes Gamin et Rameau, afin de revenir en ballade avec eux à Dampierre par le chemin de halage le long du canal du Rhône au Rhin.

 

Par petites étapes nous accomplissons ce trajet que je réalise si souvent avec des enfants au pas des ânes. Laure saisit et permet de graver de manière inoubliable au profond de nos êtres, ces moments de fraternité en prenant de nombreuses photos. Avec beaucoup de doigté, elle prend le temps de nous aider à ne pas passer à côté de tant de merveilles sans les voir. Jean le grand-père, en marchant d'un pas lent et mesuré, garde tous ces temps forts dans son cœur de contemplatif. Il saura les partager à son épouse Bernadette qui fait chauffer la soupe à Dampierre, préparée avec les légumes du jardin bio d'Adrien et Guenièvre. Bernadette nous attend elle aussi de tout son cœur.

Les ânes sont une véritable médiation
Les ânes sont une véritable médiation
Les ânes sont une véritable médiation

Comme elle est belle l'ambiance des 90 ans de Jean que nous sommes en train de fêter de cette humble manière. Nous n'arrêtons pas de nous émerveiller tout le long du chemin devant le fait que les deux ânes Gamin et Rameau apprivoisent les enfants Nathan et Erin. Et nous disons en citant Jean et Michou : » Nous le voyons … Les ânes, c'est une véritable médiation » C'est inouï ce qu'ils vont permettre, rendre possible, faciliter. En longeant ce beau cours d'eau qu'est le Doubs, et particulièrement en passant devant l'abri préhistorique de l'époque du magdalénien, nous disons en riant « Ah ! Si Michel et Andrée étaient là pour placer à leur juste endroit et moment, ces traits de notre histoire et de notre géographie ! »

 

Le soleil, dont je suis allé guetter très tôt le lever ce matin, a du mal à nous apparaître, c'est pourquoi nous disons aussi en riant :

« Ah ! Si Alain et Danielle étaient là pour nous traduire avec passion et espérance, qu'il n'y a que messire soleil pour assurer de manière non-violente l'énergie à laquelle notre humanité aspire. Il n'y a que lui le soleil, qui puisse trouver et offrir « la place au soleil », à laquelle justement a droit tout petit enfant de notre humanité.

 

Vous êtes là tous les amis, logeant au profond de nos cœurs, avec vos enfants et petits-enfants, vous qui nous avez offert vos ânes Nénette, Mona, Martin et Prunelle, solidement bâtés, en ce merveilleux jour du 29 juillet 1981, au pied du grand relais de Foncine le Haut. Quel don étonnant vous nous avez fait afin de chercher et trouver humblement l'attitude pédagogique si utile et nécessaire dans nos cheminements avec les enfants des Loisirs Populaires de Dole, avec ceux de l'école Jean Bosco et des écoles des villages traversés maintes fois.

 

 Il y a un peu plus de deux heures que nous avons quitté Ranchot. Nous arrivons à Dampierre au moment où l'Angélus de midi sonne au clocher du village. Bernadette nous accueille les bras grands ouverts et toute souriante.

Les ânes sont une véritable médiation
Les ânes sont une véritable médiation
Les ânes sont une véritable médiation

Bien sûr, qu'en mettant les ânes pâturer sur le petit terrain communal qui jouxte l'église, nous regardons avec considération le petit Ginkgo Biloba. Nous l'avons planté le 9 janvier de cette année. Ses feuilles commencent à jaunir. Elles ne tarderont pas à nous faire dire de lui qu'il est lui aussi, comme ses ancêtres « un arbre aux mille écus d'or » Le regard de Nathan est attiré aussi par ce qui est gravé sur le petit écriteau planté au pied de l'arbre. Je l'invite à lire tout fort pour que nous entendions tous, ses grands-parents, sa maman, sa petite sœur et moi, le texte que les amis de notre groupe ADN du MAN ont fait écrire sur ce petit panneau.

Les ânes sont une véritable médiation

J'explique qu'avec un nombre important d'amis, de parents et grands-parents, tous remplis d'amour pour leurs enfants, petits-enfants et tous les autres membres de notre humanité, nous avons planté ce petit Ginkgo, le 9 janvier, à l'orée de l'année 2016 sur un terrain communal. Monsieur le Maire et des membres du conseil municipal étaient présents. C'est sur ce terrain, vieux cimetière, que je venais m'amuser avec mes frères et sœurs, jouer à la cachette avec mes copains et copines d'école et voisins, quand j'étais enfant. Nous avons planté ce petit arbre pour signifier et dire à ceux qui malmènent le monde violemment, d'arrêter de le conduire à la catastrophe. Nous continuons de nous adresser aux gens que nous avons élus et délégués politiquement pour être nos représentants, qu'il faut tout de suite en France arrêter de nous faire fabriquer et trafiquer des armes et particulièrement les armes nucléaires. Elles ne peuvent pas nous défendre, mais au contraire elles nous font sombrer dans un gouffre sans fond. Elles font tomber notre humanité dans l'abîme. Nous ne voulons plus laisser abîmer notre humanité.

 

Nous avons vécu une fête sympathique et en même temps très grave, quand nous avons voulu inaugurer de manière officielle la plantation de ce petit arbre. Nous avons choisi le 6 août, jour anniversaire de l'explosion de la bombe atomique à Hiroshima. Ce sont les mains d'enfants et de leurs parents, nos mains qui ont planté le petit arbre. Ce sont des enfants qui ont dévoilé la plaque d'inauguration. Il y avait ces jours-là une petite brise qui soufflait. Nous étions dans le souffle de la petite fille Espérance dont parle Charles Péguy. Elle nous dit que l'humanité a des capacités inouïes. Nous pouvons nous arrêter de nous casser la figure les uns aux autres et commencer de nous envisager, si nous nous laissons accompagner et travailler par le souffle de cette humble, forte petite fille Espérance.

 

Au moment où nous sommes en train de nous dire cela, la petite fille Erin donne une pomme et une poire à chacun des deux petits ânes … et nous entendons la voix de la mamie Bernadette qui nous dit depuis la fenêtre de la maison : « La soupe est prête ! »

 

Nous venons dîner, savourer le repas de midi à la table que Bernadette nous a préparée. Je suis heureux de raconter en montrant les photos des moines de Tibhirine, comment à Midelt, entre les deux Atlas marocains, nous avons fait le jus de pommes avec une quinzaine d'amis jurassiens. En même temps, nous avons ramassé dans nos sacs à dos et rapporté dans le profond de nos cœurs, une profusion de graines de non-violence. En écoutant le frère Jean-Pierre, survivant de Tibhirine, nous avons emmagasiné au profond de nous, le sens que peut avoir le fait de traverser de grandes épreuves, d'en sortir et d'en être survivants.

 

Un peu avant de prendre le dessert, Erin 6 ans, demande à sa maman si elle peut sortir de table et aller caresser et brosser le dos des ânes, particulièrement celui de l'âne Rameau qu'elle a trouvé très doux et très calme à son égard. Erin a aimé tenir la longe de l'âne Rameau en marchant à ses côtés. Il y a une belle relation qui s'est établie entre Erin et cet âne. Elle veut lui exprimer sa reconnaissance d'enfant en lui donnant une récompense ainsi qu'à l'âne Gamin, car lui aussi a été un très bon âne en les portant sur son dos chacun à leur tour, elle et son frère Nathan. Comme il faisait bon sur un dos d'âne.

 

Une à une, tout le fond du cageot de poires que j'avais ramassé l'autre jour au verger va disparaître dans la bouche des ânes, grâce à l'agilité de la main d'Erin. Nous rions beaucoup Laure et moi, en découvrant le cageot vide. Nous comprenons encore un peu mieux, que si les enfants aiment partir marcher avec les ânes, les ânes eux aussi apprécient de sortir de leur pâture, afin d'aller fouiner ça et là en compagnie des enfants. Comme Jean et Michou avaient raison quand ils nous disaient à propos des ânes, en nous les offrant pour les enfants, il y a 35 ans : « Vous verrez, les ânes, c'est une véritable médiation ! »

 

Pendant un moment nous quittons la table, Jean, Laure et moi pour retrouver les enfants auprès des ânes tout à côté du petit Ginkgo Biloba. Nous entrons encore un petit peu plus dans tout ce qui se passe de merveilleux sur ce terrain communal.

Les ânes sont une véritable médiation

Nathan se dirige vers moi. J'ai l'intuition qu'il a quelque chose d'important à me dire. Il a dû entendre et il a gardé en lui que ma maison a brûlé il y a quelques mois. Il regarde le petit Ginkgo Biloba, puis il s'adresse à moi et me dit : « Autour de ta maison maintenant, il faudrait planter plein de petits arbres comme celui-là pour te protéger de la bombe atomique. »

 

Je dis à Nathan : « Ça me touche au fond de mon cœur ce que tu me dis là, Nathan. Je vais écrire sur mon cahier ce que tu viens de dire, pour que tes paroles ne soient pas perdues. Je vais les recueillir. Elles sont pour moi toutes ressemblantes aux perles de la rosée du matin. Elles me donnent beaucoup de fraîcheur et de douceur. En les gardant écrites sur mon cahier, elles resteront gravées pour toujours dans mon cœur. Elles continueront à me faire voir ce que mes yeux d'adulte ont du mal de maintenir et de garder à voir, et qui est si important pour notre humanité. »

 

Je contiens les pleurs d'émotion qui essaient de sourdre de mes yeux. Une impression très forte est en train de m'envahir. Elle est assez semblable à celle qu'a ressenti Antoine de Saint Saint-Exupéry, quand il a vu lui apparaître le Petit Prince dans le désert du Sahara, et qu'il l'a entendu lui dire : « S'il vous plaît, dessine-moi un mouton … » La douceur et le respect protecteur du Petit Prince que j'ai en face de moi dans la personne de Nathan me tire du fond de ma misère et de ma détresse d'homme. Je me sors de l'enfouissement provoqué par les violences qui nous accablent en ce moment. Nathan est en train de me dire lui aussi en ce moment, à sa manière de Petit Prince : « S'il vous plaît, dessine-moi un mouton qui dure longtemps. » Il me dit, il nous dit, en union avec tous les enfants du monde : « Dessinez-nous, faites-nous les plans d'une terre des hommes. Suscitez-nous une société où les relations sont pétries et constituées de douceur et de vérité entre nous tous… et non pas, de profit, d'abus et d'exploitation. Nous les enfants de la terre, nous vous supplions d'arrêter de faire tomber la terre dans l’abîme. »

 

Après avoir ramassé les paroles de Nathan sur mon cahier je lui dis : « Il y a très longtemps, les gens de mon village de Dampierre, ont eu la sagesse de planter un Ginkgo Biloba. Pour l'aider à pousser, ils l'ont entouré d'autres arbres, particulièrement de deux arbres qui poussent très haut, un cèdre du Liban et un Séquoia d'Amérique. Une fois encore, le Ginkgo Biloba n'a pas pris ombrage de la puissance des autres arbres. Au contraire, il leur a permis de devenir ce qu'ils sont appelés à être, de merveilleusement pousser pour la joie de nos yeux et la respiration de nos poumons. Et lui-même a continué de nous donner à chaque automne, un petit morceau de son manteau de résistance. En effet, les gens qui viennent à la mairie, à la poste, à la maison de retraite ou encore faire leur marché le dimanche matin, sont charmés par l'arbre aux mille écus d'or. Ils ramassent ses feuilles et en les remportant chez eux, ils comprennent, nous comprenons tous, qu'à la ressemblance de cet arbre, il nous faut résister par la non-violence, aux agressions qui nous sont faites. Avec de plus en plus d'amis, nous plantons dans nos cœurs, des graines de non-violence et nous les faisons pousser. Nous nous poussons pour faire de la place aux autres. Pendant que vous les enfants, vous allez chercher vos copains qui sont restés tous seuls au fond de la cour ou à l'autre bout de la classe, pendant que vous les invitez à jouer avec vous, vous leur faite de la place. Pendant ce temps-là, nous qui pensons être devenus des adultes, nous faisons de la place dans nos cœurs et dans nos maisons à ceux qui n'en ont plus ou qui n'en ont jamais eue, par exemple aux migrants, aux gens sans domicile, sans travail, isolés et seuls. Nous résistons à la violence. Comme le Ginkgo a fait il y a 150 millions d'années, lorsque les dinosaures ont disparu, lui a tenu, en résistant aux violences qui tombaient sur la terre.

 

De même à Hiroshima quand la bombe atomique a tout détruit la cité en tuant plus de 145 000 personnes, l'arbre Ginkgo Biloba a résisté. Il est devenu un survivant. Il a été témoin des désastres que provoquent la violence des armes et de la guerre, et particulièrement de l'horreur que répand sur la terre des hommes, la menace, le risque et l'éclatement de la bombe atomique. Le Ginkgo Biloba nous dit : « Plus jamais ça ! Arrêtez de fabriquer ces armes et de vous en menacer et de vous tuer. Vous êtes capables de tout autre chose. »

Les ânes sont une véritable médiation

Nathan m'écoutait. Il me dit : 

« C'est beau ce que tu dis Lulu ! « 

Lucien : « J'ai l'impression que c'est toi Nathan, c'est vous les enfants de notre humanité qui nous dites cela, qui nous interpellez nous les adultes, dans nos capacités d'agir tout autrement que ce que nous faisons en ce moment. »

Nathan : « Oui, car les gens qui fabriquent les bombes, ils peuvent se détruire avec. C'est beau qu'ils résistent. »

Lucien : « Notre manière de résister, c'est d'empêcher d'en faire à nouveau. »

Nathan : « Ils ont raison, mais ils ont tort. Ils ont raison, car ils risquent de mourir, c'est pour ça qu'ils en fabriquent. »

Lucien : « Ils ont peur » 

Nathan : « Mais ils ont tort, car si ils n'arrêtent pas d'en fabriquer, ça va tout détruire la planète »

 

Cet enfant me faisait grand bien, j'avais véritablement l'impression que c'était lui et tous les enfants de notre humanité qu'il représente lui et sa petite sœur, qui me faisaient dire ce que j'essayais de balbutier. C'était eux qui créaient et émettaient ces mots d'espérance. Ils me faisaient voir et dire l'essentiel que mes yeux d'adulte ne voyaient plus. Une fois encore « Le verbe venait se loger dans la chair de notre humanité »

 

Et comme pour nous communiquer une part de la petite espérance qui l'habitait, Bernadette me dit :

Bernadette : « Il y a une rue à Annecy qui est toute bordée de Ginkgo Biloba de chaque côté. »

 

Jean le grand-père et Laure la maman nous avaient rejoints. Lorsque l'on est parents, grands-parents, on se réjouit que nos enfants rencontrent quelqu'un d'autre, qui avec nous, reconnaît les trésors de fraternité universelle qui sont dans l'être de nos enfants. Au moment où ils arrivent près de nous, Nathan et moi, nous leur faisons part de notre échange. Je leur dis mon émerveillement.

Laure : « Oui, la rue d'Annecy dont parle Bernadette, ma maman, c'est la rue Henri Bordeaux »

Jean : « Les arbres ont été plantés il y a une quarantaine d'années »

Lucien : « Déjà des gens de votre cité veillaient à ce que l'on n’abîme pas notre humanité. »

Nathan : « Tu aimes écrire, toi Lulu »

Lucien : « Oui, pour que, ce qui est semé et planté dans nos cœurs et qui apparaît et s'exprime comme aujourd'hui, je voudrais que le monde entier le reçoive. Ça nous pousse les uns vers les autres.

Vous êtes venus vers moi aujourd'hui. Quel cadeau d'anniversaire vous êtes en train de me faire pour les 90 ans de Jean votre grand-père chers Erin et Nathan. Ça nous pousse les uns vers les autres pour que nous battissions la paix. En écrivant et en mettant sur le blog « lulu en camp volant » ce que nous nous offrons, ce sera semé et planté dans d'autres jardins intérieurs et communaux. Tu m'as dit Nathan que c'était beau ce que je disais. Je crois bien que c'est toi Nathan et ta petite sœur Erin et tous les enfants de la terre, qui êtes en train de « faire advenir en notre chair le Verbe de vie » (1 Jean 1, 1-4 )

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 13:01

Un 2ème Ginkgo pour la paix à Saint-Maur...

RDV à St-Maur samedi 12 novembre

Le petit Ginkgo est parti de Dampierre pour arriver à Saint-Maur grâce aux bons soins de Caroline. Il a une grande mission : celle d'être un symbole pour nous inviter à construire la paix.

RDV à St-Maur samedi 12 novembre
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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 08:24

Sur son blog, Alain Refalo retrace les 50 ans d'engagements de Jean-Marie MULLER :

 

Il y a 50 ans, le 10 octobre 1966, Jean-Marie Muller donnait sa toute première conférence publique à Orléans sur le thème « La violence et l’évangile » dans le cadre d’une rencontre oecuménique à laquelle participait notamment l’évêque d’Orléans Guy Riobé et le pasteur Miroglio, responsable de l’Eglise réformée d’Orléans. Jeune professeur de philosophie, il est alors âgé de 26 ans, Jean-Marie Muller y faisait le constat que « le monde est en état de violence » et qu’ « il est menacé par la violence jusque dans son existence même ». Il posait alors cette question qui demeure toujours d’actualité : « Face à cela, que devons-nous faire, que pouvons-nous faire ? » C’est précisément à ces questions cruciales que Jean-Marie Muller ne cesse de réfléchir depuis cinq décennies en s’efforçant de relever le formidable défi que nous lance la non-violence.

 

 

Jean-Marie Muller, 50 ans d’engagements au service de la non-violence

Nous vous invitons vivement à lire la totalité de cet article sur le blog d'Alain REFALO. Clic ! 

 

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 07:15

Dampierre mardi 23 aout 2016

 

POURQUOI CE SERAIT MOI ?

 Mais… Aussi… POURQUOI ÇA NE SERAIT PAS MOI ?

Photo de Lulu prise sur son chemin le 25/04/2013

Photo de Lulu prise sur son chemin le 25/04/2013

1ère partie ici

En empruntant cette fois le chemin du retour, je ne veux pas tourner le dos à ce que je viens d’entendre une fois encore. Si je suis venu écouter et contempler cet éveil à la vie, c’est pour que ça se continue, dans une interpellation à l’amour, et à la solidarité, au respect du droit et de ce qui est juste pour tout être humain et tout être vivant.

 

Il y a toute une illumination qui se réalise dans mon dos, grâce au soleil, pour me faire voir ce que j’ai à faire et à dire. La bise me pousse à agir de manière concrète, et à m’engager de manière précise, envers mes proches, mon prochain, mes sœurs et mon frère, mes neveux et mes nièces, et mes voisins. Dans notre recherche d’action non violente où nous nous racontons, qu’il y a une résistance quotidienne à laquelle nous sommes appelés et tenus, nous ne devons pas passer à côté des artisans de paix sans les reconnaitre, et savoir les déceler, dire tout ce qui fait que le monde tient, et continue à se fabriquer, comme dans le film « Demain ». Et si de la bouche d’un proche, surgit une parole violente : « Il y aura toujours des guerres, vous ne pouvez pas l’empêcher… Les terroristes il faut tous les zigouiller… La peine de mort, on n’aurait jamais dû la supprimer… Vous ne pourrez pas empêcher que la France continue à se doter de l’arme nucléaire ». Nous devons chercher comment, d’une manière non violente, aider à ne plus entretenir une telle ambiance. Car dans les paroles fatalistes, la frontière entre ce qu’on dit et ce qu’on fait est très poreuse. Pourquoi ça ne serait pas moi, pourquoi ça ne serait pas nous, qui remontions le courant fatalisant ?

 

Avant de nous trouver au pied du mur du djihadisme et de la radicalisation des jeunes de notre entourage, pourquoi ne serait-ce pas moi, pourquoi ne serait-ce pas nous qui entreprendrions de faire des ponts entre nous tous : « Viens boire le café, qu’on prenne le temps de causer de tout ça » ?

 

C’est alors que me revient le poème de Zacharie, à l’adresse de son enfant, Jean, qui deviendra : « le Baptiste ».  Zacharie ne pouvait plus causer depuis neuf mois. Il avait eu du mal de croire que dans leur union, sa femme et lui mettraient au monde, un enfant. « Pas nous » pensait-il. Nous ne sommes pas capables. Et lorsque l’enfant Jean sort du ventre de sa mère Elisabeth, voici le poème qui sort de la bouche de Zacharie son père. Au moment où sa langue commence à se délier, il dit : « Et toi petit enfant, tu seras appelé prophète du Très Haut ».

 

Chaque fois que je vis un moment comme celui-ci, que je suis témoin du lever du soleil, ce poème jaillit lui aussi de ma bouche à moi. Ça vient du fait que Zacharie, dans ce poème, dit en parlant de son fils :  « Il nous amènera d’en haut, la visite du soleil levant. » Tout cela est dit d’une manière très drôle, où la part de ce que fera ce petit enfant, et la part de l’intervention de Dieu, sont très entremêlées. Oui c’est Dieu qui fait se lever le soleil et qui fait sortir de la terre d’esclavage, les membres de son peuple. Oui c’est Dieu qui met de la lumière dans le cœur des gens du peuple qui marchaient dans les ténèbres. Mais n’est-ce pas aussi Jean-Baptiste qui fera tout cela. Etonnante conjonction de la part de Dieu et de la part de l’homme dans l’œuvre salvatrice qui fait se mettre debout, notre humanité.

 

Quand je reçois un faire-part de naissance, d’un petit garçon ou d’une petite fille de mes amis, je leur adresse ce poème dans ma prière, ou dans ma réponse à leur lettre. Parce que chers petits enfants, vous êtes les acteurs de notre libération, avec la Grâce de Dieu.

 

J’aime bien aussi, ce poème, lorsque Jean-Baptiste est reconnu par son père comme quelqu’un « qui marche devant le Seigneur ». De nombreux témoins et prophètes prendront le même chemin que Jean-Baptiste, pour que : « vérité et justice soient faites quoi qu’il en coûte ». Ils s’appelleront Gaby Maire, Alice Domon, Léonie Duquet, Christian et ses compagnons, les moines de Tibhirine. Et nous apprendrons que quelqu’un, pour eux et pour nous, aura été : « l’ami parti devant ». En laissant retentir en cet angélus, les paroles du livre de Fadila Semaï, à propos de Mohamed « l’ami parti devant Christian De Chergé » je prends conscience qu’avant moi, « un ami aussi, est parti devant » : Jean-Marie Buisset. Et pourquoi je ne serai pas un jour, pour vous aussi, « l’ami parti devant »? Pourquoi ça ne serait pas moi ?

 

A mon retour dans mon village, je suis arrêté par Henri et Anna : « Reste déjeuner avec nous. » Et ils me partagent que leur filleul à eux, est venu les voir la semaine dernière. C’est un homme qui en porte lourd sur ses épaules. Plutôt que d’attendre que les autres fassent la démarche d’entreprendre de refaire l’unité de la famille, il a dit à ses parrain et marraine : « je prends conscience que c’est à moi de commencer à entreprendre la démarche du pardon qui refera l’unité de notre famille. »

 

En remettant un seau d’eau sur les pieds du petit Ginkgo Biloba, je m’apprête à relire les paroles que nous avons gravées sur le petit écriteau, planté à coté de lui… A ce moment-là, je l’entends qui me dit : « Vous m’avez planté le 09 janvier 2016, ici à Dampierre, dans une ambiance communale, afin de demander l’arrêt de l’armement nucléaire de la France de manière unilatérale. Continuez à ne pas être des gens qui attendent que ce soient les autres qui commencent à se désarmer ! N’attendez pas que les autres enrayent l’injustice, mais faites en sorte que ce soit nous, qui commencions à nous démunir de nos violences. »

 

Pourquoi ça ne serait pas moi ? Pourquoi ça ne serait pas nous qui commencions ?

 

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 16:20
Photo http://themillenniumreport.com/

Photo http://themillenniumreport.com/

Message du maire de Nagasaki

 

Les armes nucléaires sont des armes cruelles qui détruisent les vies humaines. A l'instant même où la bombe nucléaire, lancée depuis un avion militaire américain sur la ville de Nagasaki le 9 août 1945 à 11h02, a explosé dans les airs, elle frappa la ville d'un souffle furieux et d'une vague de chaleur. La ville de Nagasaki fut transformée en un véritable enfer sur Terre : un enfer de cadavres noirs carbonisés, de personnes couvertes de cloques liées aux brûlures, d'autres dont les organes sortaient de leurs entrailles, et d'autres encore lacérées et cloutées par les innombrables fragments de verre volants ayant traversé leurs corps.

 

Les radiations émanant de la bombe transpercèrent les corps de ces personnes, provoquant maladies et handicaps qui affligent encore ceux qui ont réussi de justesse à survivre au bombardement.

 

Les armes nucléaires sont des armes cruelles qui continuent de détruire des vies humaines.

 

En mai dernier, le président Obama fut le premier président américain à visiter Hiroshima, ville jadis frappée par la bombe nucléaire. Ce faisant, le Président a montré au reste du monde l'importance de voir, d'écouter et ressentir les choses par soi-même.

 

Je lance un appel aux dirigeants des pays en possession d'armes nucléaires mais aussi des autres pays, et ainsi qu'aux citoyens du monde : je vous invite à venir visiter Nagasaki et Hiroshima. Venez découvrir par vous-mêmes le destin de ces êtres humains qui se trouvaient alors sous le nuage du champignon. Avoir connaissance des faits devient le point de départ de la réflexion sur un avenir exempt d'armes nucléaires.

 

Cette année au Bureau des Nations Unies à Genève, des sessions sont tenues dans le cadre des délibérations quant à l'établissement d'un cadre juridique qui entérineront les négociations sur le désarmement nucléaire. La création d'un forum de discussions juridiques est un grand pas en avant. Cependant, les pays en possession d'armes nucléaires n'ont pas assisté à ces réunions, dont les résultats seront compilés sous peu. En outre, le conflit se poursuit entre les nations qui dépendent de la dissuasion nucléaire et celles qui poussent pour que débutent des négociations en vue d'interdire les armes nucléaires. Si cette situation perdure, les réunions se termineront sans création de la feuille de route pour l'abolition des armes nucléaires.

 

Je m'adresse à vous, dirigeants des pays en possession d'armes nucléaires : il n'est pas encore trop tard. Assistez aux réunions et participez au débat.

 

Je lance un appel aux Nations Unies, aux gouvernements et aux assemblées nationales, aux ONG et à la société civile. Nous devons empêcher l'éradication de ces forums durant lesquels nous pouvons discuter de cadres juridiques pour l'abolition des armes nucléaires. Lors de l'Assemblée générale des Nations Unies cet automne, établissons un forum pour la discussion et la négociation d'un cadre juridique visant à la réalisation d'un monde sans armes nucléaires. Et en tant que membres de la société humaine, je vous demande à tous de continuer à faire tous les efforts pour chercher une solution viable.

 

Les pays en possession d'armes nucléaires mènent actuellement des plans pour rendre leurs armes nucléaires encore plus sophistiquées. Si cette situation perdure, la réalisation d'un monde sans armes nucléaires deviendra encore plus improbable.

 

Il est maintenant temps pour vous tous de rassembler votre sagesse collective autant que faire se peut, et d'agir de telle sorte que nous ne détruisions pas l'avenir de l'humanité.

 

Le Gouvernement du Japon, tout en préconisant l'abolition des armes nucléaires, repose toujours sur la dissuasion nucléaire. Consacrez les Trois Principes Non-Nucléaires en les établissant juridiquement comme méthode pour le surpassement de cet état contradictoire des affaires, et créez une « Zone Asie du Nord exempte d'armes nucléaires » (NEA-ZEAN) en tant que cadre pour la sécurité qui ne repose pas sur la dissuasion nucléaire. En tant que seule nation au monde à avoir subi un bombardement nucléaire en temps de guerre, et en tant que nation qui ne comprend que trop bien l'inhumanité de ces armes, je demande au Gouvernement du Japon de faire preuve de leadership en prenant des mesures concrètes en ce qui concerne la création d'une zone exempte d'armes nucléaires, un concept qui incarne la sagesse de l'humanité.

 

L'histoire des armes nucléaires est aussi l'histoire de la méfiance.

 

Au milieu de cette méfiance entre les nations, les pays dotés d'armes nucléaires ont mis au point des armes toujours plus destructrices avec des gammes de cibles de plus en plus lointaines. Il y a encore plus de 15 000 têtes nucléaires présentes sur notre planète, et elles présentent ce danger omniprésent d'une utilisation en temps de guerre, par accident, ou lors un acte de terrorisme.

 

Une façon d'endiguer ce flux et de transformer ce cycle de la méfiance en un cycle de confiance est de poursuivre les efforts persistants pour créer la confiance.

 

Conformément à la philosophie pacifique de la Constitution du Japon, nous nous sommes efforcés de répandre la confiance dans le monde entier en contribuant à la société mondiale au moyen d’efforts tels que l'aide humanitaire. Afin de ne plus jamais avoir à entrer en guerre, le Japon doit continuer à suivre cette voie en tant que nation pacifique.

 

Il y a aussi quelque chose que chacun de nous peut faire en tant que membres de la société civile. Nous pouvons comprendre mutuellement nos différences de langues, de cultures et de façons de penser, et ainsi créer la confiance à un niveau familier en prenant part à l'échange avec autrui quelle que soit sa nationalité. L'accueil réservé au président Obama par les habitants d'Hiroshima en est le parfait exemple. La conduite de la société civile peut sembler petite sur une base individuelle, mais c’est en fait un outil puissant et irremplaçable pour établir des relations de confiance entre les nations.

 

Soixante et onze ans après les bombardements atomiques, l'âge moyen des hibakusha, les survivants de la bombe atomique, est supérieur à 80 ans. Le monde s'apprête à entrer dans «une ère sans hibakusha.» La question que nous devons soulever aujourd'hui est de savoir comment transmettre aux générations futures les expériences de la guerre et le bombardement atomique qui fut le résultat de cette guerre.

 

Vous qui êtes la jeune génération, toutes les choses quotidiennes que vous prenez pour acquis - les mains douces de votre mère, le regard bienveillant de votre père, les discussions avec vos amis, le visage souriant de la personne que vous aimez - la guerre vous arrache ces instants et les tire loin de vous, pour toujours.

 

Prenez le temps d'écouter les expériences de guerre, et les expériences des hibakusha. Parler de ces expériences terribles n'est pas une chose facile. Je veux que vous réalisiez que la raison pour laquelle ces gens parlent encore de ce qu'ils ont vécu est parce qu'ils veulent protéger le peuple de l'avenir.

 

Nagasaki a commencé des activités durant lesquelles les enfants et petits-enfants des hibakusha véhiculent les expériences de leurs aînés. Nous poursuivons également des activités afin que l'école primaire de Shiroyama, ainsi que d'autres sites bombardées, soient enregistrés comme lieux historiques du Japon, de sorte qu'ils puissent être laissés pour les générations futures.

 

Vous, la jeune génération, pour le bien de l'avenir, allez-vous faire face au passé et faire ainsi un pas en avant ?

 

Cela fait maintenant plus de cinq ans depuis l'accident du réacteur nucléaire de Fukushima. En tant que lieu ayant souffert de l'exposition aux radiations, Nagasaki continuera à soutenir Fukushima. En ce qui concerne le Gouvernement du Japon, nous demandons fermement à ce que des améliorations de grande envergure soient faites pour le soutien apporté aux hibakusha, qui souffrent encore aujourd'hui des séquelles du bombardement, et qu'une aide rapide soit donnée à tous ceux qui ont connu les bombardements, y compris ceux qui trouvait à l’extérieur de la zone désignée comme ayant été affectée par la bombe atomique.

 

Nous, les citoyens de Nagasaki, offrons nos plus sincères condoléances à ceux qui ont perdu la vie lors du bombardement atomique. Nous déclarons par la présente que, unis aux peuples du monde, nous continuerons à utiliser toutes nos forces pour parvenir à un monde sans armes nucléaires, et à la réalisation de la paix éternelle.

 

Tomihisa Taue

Maire de Nagasaki

9 août 2016

 

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 11:18

Une soixantaine de personnes a participé aux commémorations  des bombardements nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, par le jeûne et (ou) leur présence à Dampierre autour du petit Ginkgo Biloba, le 6 août.

Commémoration en photos du 6 août à Dampierre

Antoinette Gillet lors de son intervention, a invité les participants à respecter une minute de silence pour les victimes de la bombe atomique à Hiroshima.

 

photos Cl. Chevassu
photos Cl. Chevassu

photos Cl. Chevassu

Le maire de Dampierre Grégoire DURANT était présent, accompagné de plusieurs membres du conseil municipal. Voici son intervention :

"C’est à travers nos actions que nous pouvons agir contre l’intolérance,  et l’obscurantisme. Je suis fier que l’association avec Antoinette et Lulu ait choisi Dampierre comme terre de fertilité pour lutter contre l’intolérance. Ce n’est pas un hasard ! si au gré de vos vies, vous avez besoin de trouver des réponses par rapport à toute cette violence, cette intolérance, n’hésitez pas à venir à Dampierre, et s’il vous manque un peu d’inspiration, un peu d’humanité, il y a une source d’humanité intarissable, qui n’est pas loin d’ici, c’est Lulu. Venez lui parler, venez passer du temps avec lui, vous verrez que ça va vous aider à trouver des réponses à toutes vos questions.

Merci d’avoir choisi Dampierre comme terre d’accueil pour ce petit Gingko. Venez arroser ce petit arbre de toute votre tolérance, ça l’aidera à grandir, et ça aidera à lutter contre la violence ambiante qui ne cesse d’augmenter et contre laquelle il faut se battre tous les jours."

 

Commémoration en photos du 6 août à Dampierre

Noé, dévoile la plaque au pied du Ginkgo Biloba planté le 9 janvier 2016 sur la place de l'église de Dampierre.

Commémoration en photos du 6 août à Dampierre
Commémoration en photos du 6 août à Dampierre
Commémoration en photos du 6 août à Dampierre
Commémoration en photos du 6 août à Dampierre

Cette plaque a été gravée par Jean Baptiste Peymirat, graveur à Mutigney. Il s'exprime aussi :

"J’ai fait en sorte que la plaque corresponde bien à la symbolique de cet arbre. Quelque chose de simple, qui ne brille pas, qui reste sobre et qui puisse durer aussi longtemps que cet arbre. Je sais que les gingkos sont très solides !

Qui ne brille pas : la plaque doit garder une grande sobriété par rapport à ces événements dramatiques à la base."

Commémoration en photos du 6 août à Dampierre
Commémoration en photos du 6 août à Dampierre

Un apéritif a été offert. Eau ou tisane de jeûne pour les jeûneurs, jus de pomme et petits gâteaux pour les autres. 

L'après-midi, des personnes ont témoigné spontanément.

A 16h, Henryelle, à partir de son expérience de la communiqation non-violente nous parle du “changement de regard” pour sortir de la violence, afin de reconsidérer la façon de nous exprimer, d’écouter et d’entrer en relation avec les autres.

Commémoration en photos du 6 août à Dampierre
Commémoration en photos du 6 août à Dampierre
Commémoration en photos du 6 août à Dampierre
Commémoration en photos du 6 août à Dampierre
Commémoration en photos du 6 août à Dampierre
Commémoration en photos du 6 août à Dampierre
Commémoration en photos du 6 août à Dampierre
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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 20:24
Intervention de Lulu

Dampierre le 6 août 2016

 

Pour l’inauguration de la plaque devant le ginkgo biloba, afin de bien préciser ce que je suis heureux de dire en ce jour, je suis allé frotter mon dos contre l’écorce du vieux ginkgo qui est sur la place de la mairie de Dampierre. C’est lui qui m’a dit : « écris donc à Petit Ginkgo ce que tu as dans le buffet ». Voilà la lettre.

 

Cher petit arbre Ginkgo Biloba

 

Après que tu as vu le jour le 9 janvier de cette année dans ce coin de notre mère la terre dont nous avons à prendre soin, c’est inouï le travail de conscience que tu nous fais faire…

 

Un matin où j’étais venu avec Alain et Jeannot portant chacun un seau d’eau que nous venions mettre sur tes pieds pour que tu continues de bien t’enraciner, tes feuilles avaient commencé d’éclore. C’est alors que tu me fis comprendre que des feuilles de cahier seraient très sensibles de recevoir ce que je ramasserais parmi les paroles que tu me dirais chaque matin ou chaque soir que je viendrais te voir. C’est ce que j’ai fait. J’ai écrit ce que tu me disais cher petit arbre Ginkgo Biloba.

 

Alors il m’a semblé qu’en ce jour d’inauguration à dimension communale, avec quelque chose d’humblement planétaire : gens rassemblés aujourd’hui à Dampierre, si vous voulez, allons aussi à Rio afin de mieux revenir à Hiroshima et à Nagasaki, à cause de ce que des personnes comme Leonardo Boff ont écrit, je pense aussi aux réfugiés et migrants qui ont trouvé place parmi les athlètes . Il m’a semblé que j’avais un devoir de restitution à votre égard chers amis venus nombreux écouter ce que ce Petit Ginkgo Biloba avait à nous dire. Tous les matins de janvier février mars où avec Alain et Jeannot nous avons continué de t’apporter de l’eau tu nous disais :

 - En démarche d’action non violente il est très important de continuer ce que vous avez commencé. (Il disait ça parce qu’il sentait qu’on lui mettait de l’eau sur les pieds). Et il ajoutait : Donnez de la teneur à vos paroles. Que vos paroles soient tenues, qu'elles aient de la tenacité.

Qu’est-ce que ça m’a aidé à tenir dans mes engagements de chaque jour, tout simplement à faire ce que j’avais dit.

 

Un autre jour, Petit Ginkgo Biloba , tu m’as dit :

 - Dans vos rencontres de famille, professionnelles, dans la rue, osez raconter pourquoi vous m’avez planté, pour que la paix se fasse en passant par la demande instante que notre pays la France arrête immédiatement l’armement nucléaire de  laFrance de manière unilatérale.

 

Et tu continuais de me dire :

- Vous allez vous trouver à table avec quelqu’un qui va tenter de tout accaparer la conversation. Il va avoir une attitude très fataliste, il va vous asséner que vous n’y pouvez rien. Il va dire : "Il y aura toujours des guerres. L’armement donne du travail. Si ce n’est pas nous qui vendons ça sera d’autres pays qui sauront l’emporter sur nous"…

De manière non agressive et non violente, petit arbre, tu m'as dit : "tenez bon. Argumentez ! Il est venu le temps où ça peut être tout autrement. Il est sûr que nous y pouvons quelque chose.

Maintenez qu’aucune guerre n’est juste, ni justifiée, ni justifiable, ni justifiante.

Le terrorisme d’état, de notre état, alimente et fournit des armes et des armements au terrorisme des états à qui on vend nos armes, il justifie le terrorisme de Daesh".

 

C’est étonnant et merveilleux, Petit Ginkgo Biloba, ce que tu me racontes chaque jour. Quand tu as mis tes premières feuilles, c’est un peu comme quand un enfant met ses premières dents. Nous t’admirions. Et tu nous disais d’écrire les bonnes nouvelles que le vent était venu t’annoncer en frôlant tes toute petites feuilles : qu’un petit ginkgo biloba serait un jour planté dans la commune de St Maur, et que ça avait donné idée à des gens des environs de Pesmes de faire de même, ainsi qu’à Saligney, à Salans, et probablement encore à d’autres endroits…

 

Et au lendemain de l’incendie qui a ravagé nos maisons tu nous as dit et je l’ai écrit :

- Je compatis à ce qui vous bouleverse. J’apprends aussi et ça met de la paix dans mon cœur l’action communale de Solidarité – Dampierre qui se réalise. Continuez de résister ainsi aux drames qui vous arrivent par la solidarité. Il y a un feu qui est pire que celui qui vous est arrivé. C’est celui qui résulte de l’éclatement de la bombe nucléaire. Résistez à la justification des bombes nucléaires fabriquées par notre pays la France. Demandez l’éradication des bombes. Ce sera une profonde manière de lutter contre la radicalisation des jeunes.

 

Chers amis, le petit arbre Ginkgo Biloba m’a encore appelé à ramasser plein de graines de non-violence : Tu le raconteras à tes amis.

Si tu vas à Dampierre, va aussi à RIO.

- Des réfugiés… migrants constituent une équipe d’athlètes participant aux jeux.

- Dans le sillage de Leonardo Boff, des Brésiliens expriment leur résistance à l’armement nucléaire, comme autrefois dans le sillage de Gaby Maire qui faisait signer une pétition pour empêcher que la France vende des Mirages au Brésil en 1969.

 

Et puis il m’a ajouté :

- Tu vas voir et entendre. Il y a plein de gens qui veulent dire eux aussi ce qu’ils ont dans le buffet. Alors arrête-toi de parler et écoute ce qu’ils vont dire.

 

Intervention de Lulu
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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 19:43
Pose de la plaque devant le ginkgo biloba

Dampierre le 6 août 2016

 

Amis de Dampierre

Monsieur le Maire

Mesdames et Messieurs les élus,

Chers amis de l’ADN-MAN, association pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France, Mouvement pour la Non-Violence.

 

 

C’est la 2ème fois en 2016 que nous sommes réunis autour de « Petit Ginkgo » =  ainsi l’appellent ses proches, sans doute parce qu’il a un grand frère majestueux sur la place de la mairie.

Ce sont deux arbres émigrés de Chine. Ils ont été  bien accueillis sur le sol de Dampierre, ils en font la fierté, sans porter ombrage pour autant aux tilleuls, chênes et autres hêtres natifs du pays.

 

Petit Ginkgo a reçu des soins attentifs : Pascal et Eric les employés municipaux l’ont protégé de toute agression,

Des amis vigilants : Alain, Lulu, Jacques-Henri, … l’ont abreuvé,

L’artiste coutelier de Mutigney Jean-Baptiste Peymirat a gravé pour lui une bien belle plaque.

Qu’ils en soient remerciés.

 

Mais en si peu de temps, Petit Ginkgo a déjà connu une terrible expérience : devant lui, le feu a ravagé les foyers de plusieurs amis.

Il a pu mesurer la violence de la destruction et la souffrance qu’elle engendre.

Il a vu aussi naître à Dampierre une belle solidarité. Autour de la municipalité, la générosité afflue, témoignant que le meilleur est possible en chacun.

Notre espérance, c’est que ce courant d’amitié entoure toutes les victimes chassées de leur maison par la violence de la guerre…

 

Aujourd’hui, nous célébrons un triste anniversaire : il y a 71 ans, les Etats-Unis d’Amérique testaient une arme nouvelle sur leur ennemi japonais : 242.747 personnes seront ainsi tuées à Hiroshima.

« A côté d'autres menaces létales qui pèsent sur le système vie du système Terre, cette menace nucléaire est toujours l'une des plus effrayantes, véritable épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de l'humanité. »,  écrit le 14 juin de cette année Leonardo Boff, théologien, philosophe et écrivain brésilien. Il souhaite avec les 118 Hibakusha, survivants de la bombe qui vivent au Brésil, qu’une minute de silence soit observée ce matin à l’ouverture des jeux olympiques à l’intention des victimes d’Hiroshima. Et si cette demande n’a pas été exaucée, nous proposons ici de respecter une minute de silence, pour les victimes d’Hiroshima.

 

Le Ginkgo biloba a résisté aux feux d’Hiroshima.

Petit Ginkgo vient dire aux enfants de Dampierre que l’arme nucléaire est inadmissible,

Ce sont ceux qui la refusent qui sont réalistes,

Ensemble, chaque jour plus nombreux, nous pouvons arrêter l’entretien de cette arme monstrueuse,

Et parce qu’il faut commencer quelque part, la France s’enorgueillirait d’être la première à se désarmer.

Car comme le dit notre ami Lulu :

« A l’impossible, nous sommes tenus »

 

Antoinette Gillet

 

Pose de la plaque devant le ginkgo biloba
Merci aux photographes
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Merci aux photographes

Film réalisé par François

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 07:12
La bombe atomique et les Jeux Olympiques

Au moment même où, le 6 août 2016 seront inaugurés les Jeux Olympiques à Rio de Janeiro, (…) on rappellera au Japon, à Hiroshima, le soixante et onzième anniversaire du lancement de la bombe atomique sur la ville. 242 437 personnes en ont été victimes, en comptant celles qui sont mortes sur le coup et celles qui sont décédées plus tard des suites des radiations nucléaires.

 

L'empereur Hirohito a reconnu, dans l'acte de capitulation en date du 14 août, qu'il s'"agissait d'une arme qui aboutirait à une totale extinction de la civilisation humaine". Les jours suivants, dans la présentation qu'il fit à son peuple des raisons de la capitulation, la principale en était que la bombe atomique "provoquerait la mort de tout le peuple japonais". Dans sa sagesse ancestrale il avait raison.

 

L'humanité a tremblé de peur. Elle s'est rendu compte immédiatement que, selon le cosmologiste Carl Sagan, nous avions créé pour nous-mêmes le principe de l'autodestruction. Jean-Paul Sartre n'a pas dit autre chose : "Les êtres humains se sont approprié les instruments de leur propre extermination". Le grand historien anglais, Arnold Toynbee, le dernier à avoir écrit douze tomes sur l'histoire des civilisations, atterré, a laissé dans ses mémoires (Expériences) en 1969, cette phrase : "J'ai vécu pour voir la fin de l'histoire humaine devenir une possibilité intra-historique, capable de se réaliser en fait, non par l'action de Dieu, mais par celle de l'homme". Le grand naturaliste français Théodore Monod a dit d'une façon solennelle : "nous sommes capables d'adopter une conduite insensée et démente ; à partir de maintenant on peut tout craindre, tout, y compris l'anéantissement de la race humaine." ( Et si l'aventure humaine devait échouer, 2000).

 

En effet l'épouvante n'a guère servi puisqu'on a continué à fabriquer des armes nucléaires plus puissantes encore, capables d'éradiquer toute vie sur la planète et de mettre fin à l'espèce humaine.

 

Actuellement il y a neuf pays détenteurs d'armes nucléaires qui, si on les additionne, sont environ 17 000. Nous savons qu'aucun programme de sécurité n'est parfait. Les désastres de Three Mile Island aux Etats-Unis, de Tchernobyl en Ukraine et de Fukushima au Japon nous en donnent une preuve convaincante.

 

Pour la première fois un président nord-américain, Obama, a visité Hiroshima il y a quelques jours. Il a seulement regretté ce qui s'est passé et a dit : "la mort est tombée du ciel et le monde a changé…notre réveil moral s'est déclenché". Mais il n'a pas eu le courage de demander pardon au peuple japonais pour les scènes d'apocalypse qui se sont déroulées là.

 

On discute dans le monde sur la façon d'évaluer un tel fait de guerre. Beaucoup affirment de façon pragmatique qu'on avait trouvé là la manière d'amener le Japon à la capitulation et d'épargner ainsi des milliers de vies humaines des deux côtés. D'autres considèrent l'usage de cette arme létale, dans la version officielle japonaise, comme "un acte illégal d'hostilité, selon les règles du droit international". D'autres vont plus loin et affirment qu'il s'agit d'un "crime de guerre" et même d'"un terrorisme d'Etat".

 

Aujourd'hui nous sommes enclins à dire que cela a été un acte criminel contre la vie, qu'on ne peut absolument pas justifier puisque, en pensant en termes écologiques, la bombe a tué beaucoup plus que des personnes, mais aussi toutes les formes de vie végétale, animale et biologique, outre la destruction totale des biens culturels. Généralement les guerres sont faites par des armées contre des armées, des avions contre des avions, des navires contre des navires. Ici, non. Ce fut une 'totaler Krieg" (guerre totale) dans le style des nazis qui consiste à tuer tout ce qui bouge, à empoisonner les eaux, polluer l'atmosphère et anéantir les fondements physico-chimiques qui entretiennent la vie. C'est pourquoi Albert Einstein, ayant conscience de cette barbarie s'est refusé à participer au projet de bombe atomique et l'a condamnée avec véhémence, en lien avec Bertrand Russel.

 

A côté d'autres menaces létales qui pèsent sur le système vie du système Terre, cette menace nucléaire est toujours l'une des plus effrayantes, véritable épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de l'humanité. Qui pourra réfréner l'irrationalité de la Corée du Nord qui, pour dominer, déclencherait une attaque nucléaire ?

 

Une proposition profondément humanitaire nous vient de São Paulo, de l'association des Survivants d'Hiroshima et Nagasaki (appelés hibakusha, on présume qu'ils sont quelque 118 au Brésil), animés par le militant contre l'énergie nucléaire Chico Whitaker. Il s'agirait, le 6 août, au moment de l'ouverture des Jeux Olympiques, de demander une minute de silence à l'intention des victimes d'Hiroshima. Mais pas seulement. Attirant aussi l'attention sur la violence contre les femmes, les réfugiés, les Noirs et les pauvres qui sont systématiquement décimés (rien qu'au Brésil en 2015, 60 000 jeunes noirs l'ont été), les indigènes, (…) les sans terre et les sans toit, enfin, toutes les victimes de la voracité de notre système d'accaparement.

 

Le maire d'Hiroshima a déjà envoyé une lettre en ce sens au Comité Organisateur des Jeux à Rio. Espérons que celui-ci sera sensibilisé à ce projet et lancera ce cri silencieux contre les guerres de toute espèce et pour la paix entre tous les peuples.

 

Leonardo Boff, théologien, philosophe et écrivain brésilien

Adital le 14 juin 2016 à 23h25 (Traduction C&P C.)

 

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  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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Et commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki entre les 6 et 9 août, chaque année.

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