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26 décembre 2021 7 26 /12 /décembre /2021 22:13

Dampierre, le 19 décembre 2021

   

OU PEUT BIEN CRECHER LA PETITE FILLE ESPÉRANCE ?


La nouvelle est en train de se répandre à plein d’endroits de la Terre des Hommes : en France, en Franche-Comté, en Europe, en Pologne, en beaucoup de carrefours du Moyen Orient, en Inde …

«  Jean-Marie MULLER est mort » 

Et dans l’immédiat un écho se fait entendre : « Continuons de vivre dans le sillage qu’il nous a tracé »
 

Nous voilà recevant un sacré héritage, celui-là de la non-violence portant dans ses bras une petite fille, la petite fille dont parle Charles PEGUY, « la petite fille Espérance »


Cher Jean-Marie,


Dans ta vie de chercheur du sens de notre existence, tu as découvert comme une étoile dans notre univers : c’est la non-violence. Elle a illuminé ta vie.
Et comme tout vrai chercheur, tu as voulu communiquer et partager ce qui t’étais donné.
Ce fut la passion de ta vie.
Nous allons être nombreux à exprimer notre amitié reconnaissante à ta famille, à ton épouse Hélène, à vos enfants Isabelle et Vincent, à leurs conjoints, à vos petits-enfants.
Les équipes d’artisans de la non-violence que tu as suscitées tout au long de ta vie. Vous n’avez pas cessé de nous faire voir la beauté et la vérité de l’héritage qui nous est donné, en même temps que l’urgence de l’exercer, d’en fabriquer une stratégie, afin d’être efficaces le plus vite possible dans l’établissement de la PAIX.
Nous démettre de nos forces de pouvoir, de savoir et d’avoir, afin de les orienter à être au service de l’évolution de notre Humanité.
Tel est l’appel que nous ressentons.


Elle est merveilleuse la mine des trésors de la non-violence dans laquelle tu nous a fait entrer, Jean-Marie, à la suite de TOLSTOÏ, GANDHI, LUTHER KING, BOLLARDIÈRE, Simone WEILL, les MOINES DE THIBIRINE et bien sûr du galiléen JÉSUS, comme tu aimais l’appeler.


Qu’est-ce que c’est beau et source d’engagement ce que tu as ramassé dans tes nombreux livres et dit dans tes multiples conférences, à propos de la vie actée de tous ces humbles témoins-artisans, d’un monde où l’on cherche à faire de la place, d’abord à ceux qui n’ont pas encore trouvé la leur : les petits et les pauvres de nos sociétés, les gens éprouvés et réprouvés. Combien de fois je t’ai entendu appeler toi et nous à cette attitude politique authentique : « après vous, et non pas d’abord nous » Tout cela nous provoquait et continue de nous interpeler à entreprendre de véritables débats. Nous ne pouvons devenir d’authentiques hommes et femmes politiques que si nous faisons de nos ministères des ateliers de service, d’où sortent des décrets débouchant immédiatement dans des actes qui tiennent compte d’abord de la situation des plus démunis …


Avec Jean DESBOIS et Jean-Pierre PERRIN, tu as été traduit au tribunal, parce que vous exigiez la reconnaissance de votre statut d’objecteurs de conscience. Pour cela vous avez dû renvoyer vos livrets militaires. Afin de ne pas renouveler des drames comme celui de la guerre d’Algérie, dont nous sortions, vous avez mené ces actions non-violentes. L’évêque Guy RIOBE d’ORLEANS a su être à vos côtés. Nous avons cherché à faire de même, là où nous vivions. Nous avons senti à travers ce « Procès à ORLÉANS » la nécessité de nous laisser habiter par le souffle de la non-violence. Vous nous avez fait comprendre qu’il en allait de l’avenir de notre Humanité.


En effet une idole était érigée sur les autels des États. C’était la bombe nucléaire. Au regard des détenteurs du pouvoir, nous devions tous nous incliner sous sa protection. Tu as su Jean-Marie nous appeler à la déboulonner. Nous étions de tout notre être solidaires de vos engagements quand avec des gens comme Jacques BOLLARDIÈRE, Jean TOULAT et Brice LALONDE, vous êtes allés dans le Pacifique sur ce petit bateau, le FREE, afin d’empêcher la poursuite de ces actes criminels que sont les essais nucléaires dans l’océan, comme ceux que nous avions commis dans le SAHARA quelques années auparavant. Tu nous a aidés à analyser les causes et les conséquences de ces violences faites à notre Humanité.
En procédant à de tels essais nous détruisons la Terre notre Mère. Nous affamons nos frères et sœurs, en Humanité, en les privant du pain quotidien, et en méprisant leur dignité.


C’est pour enrayer ce désastre, qu’à beaucoup d’endroits se sont constituées de petites équipes du mouvement pour une alternative non-violente, le M.A.N.V. En Franche-Comté, la région où tu es né, nous avons créé un petit groupe d’amis résistants à la violence nucléaire, institutionnalisée par notre État.
Pour avancer dans ton sillage Jean-Marie, nous nous sommes fédérés avec le groupe M.A.N.V.de DIJON. Nous faisons partie d’ICAN. Dans plusieurs villages et villes de notre région, nous plantons de petits GINKGOS BILOBA et avec les conseillers municipaux et le Maire, nous demandons instamment que le Président de la République Française signe le TIAN. Nous demandons l’arrêt de l’armement nucléaire de la France de manière unilatérale.

 

Jean-Marie, ton épouse, tes enfants et petits-enfants ont été présents à tes côtés jusqu’au bout de ta vie.
Ainsi l’héritage de la non-violence dont tes écrits et tes actes étaient porteurs pouvaient continuer à parvenir aux 4 coins du monde.
Je n’oublierai jamais qu’après le drame de l’enlèvement des moines de TIBHIRINE en ALGÉRIE, tu as écrit un livre sur la vie de ces témoins et artisans de la Paix durant les années noires subies par le peuple algérien. Parmi tous les gens que tu as interviewés, il y a le frère Jean-Pierre SCHUMACHER qui vient de mourir un mois avant toi, le 21 novembre.
Tu avais dédicacé et offert ton livre sur les moines de TIBHIRINE, à notre ami jurassien Gaby MAIRE, assassiné le 23 décembre 1989 à VITORIA au BRÉSIL.
Gaby lui aussi, avait voulu donner sa vie à ceux qu’il aimait.


Les paroles mises en actes par tous ces témoins, ne sont-elles pas l’expression de cet évangile de la NON - VIOLENCE que tu as écrit et vécu. Jean-Marie, célébrant et reconnaissant qu’à NOËL le Verbe se fait chair. Notre Humanité ne peut être libérée que si elle se laisse évangéliser par le souffle de la non-violence que nous font respirer les petits et les pauvres.

Merci et amitié reconnaissante à vous Jean-Marie, Jean-Pierre, Gaby et combien d’autres amis de la non-violence, de vous retrouver en ce temps de Noël afin de nous faire voir où crèche la petite fille Espérance.
 

Réjouis-toi Jean-Marie. Le pape François a pris le relais de cet évangile de la non-violence, le chemin de la Paix par le désarmement unilatéral. 
Tu as tellement interpellé les évêques de France, à nous entrainer sur ce chemin de la non-violence, que ça va se réaliser au moment de votre mort Jean-Marie MULLER, Gaby MAIRE, Alice DOMON, Léonie DUQUET, Jean-Pierre SCHUMACHER, Desmond TUTU.

 

Lulu
 

Jean-Marie à Dampierre invité par l’association ADN en avril 2015

Jean-Marie à Dampierre invité par l’association ADN en avril 2015

Les obsèques de Jean-Marie seront célébrées ce 27 décembre à 14h30 à Fleury-les-Aubrais.

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26 novembre 2020 4 26 /11 /novembre /2020 09:44

Claudette lit régulièrement les nouvelles de l'Amérique Latine sur le site IHU-Adital vu sous l'angle de l'humanisme social chrétien. Elle a partagé le texte suivant à Lulu, il a été surpris de ne pas en entendre parler dans les journaux qu'il lit. Il demande de le publier sur son blog pour le faire connaître. 

La Police de Gênes

Ceux qui ont une expérience des manifestations de protestation dans les rues avaient déjà prévu qu’il y aurait un choc frontal entre manifestants et policiers avec coups de matraque, jets de pierres ou autres objets, et que, des deux côtés, des personnes se retrouveraient à l’hôpital.


A Gênes, en Italie, la manifestation des métallurgistes d’Arcelor Mittal rassemblait plus de mille personnes. Ils protestaient contre la gestion de l’usine de Cornigliano après la suspension sans salaire de 200 travailleurs. L’un d’eux étant accusé d’avoir critiqué le directeur sur WhatsApp.


(…)  La manifestation, avec bombes fumigènes, petites bombes et slogans contre l’entreprise et le gouvernement arrive au siège de l’Hôtel de Ville où un bataillon de choc de la police est prêt à passer à l’action. La tension augmente avec menaces et coups entre les forces de l’ordre et les manifestants. La moindre étincelle suffirait à ce moment-là pour faire éclater la bombe de la violence. C’est alors qu’un jeune policier décide d’abaisser son bouclier et sa matraque et de retirer son casque.


On voit alors les compagnons du soldat le regarder, perplexes puis, une seconde après, l’imiter. Tous se désarment.


Les manifestants applaudissent et remercient pour ce geste de solidarité.


A partir de maintenant, quand on me demandera ce qu’est la non-violence, je répondrai en racontant ce qui s’est passé à Gênes, le jour de la Saint Martin : Martin, le chevalier qui utilisa son épée, non pour tuer, mais pour partager son manteau avec ceux qui souffraient du froid.

IHU le 13 novembre 2020

trad : Claudette et Paul C
 

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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 15:50

Cet article est reposté depuis Les amis de Gabriel MAIRE.

Certaines personnes ont signalé ne pas pouvoir accéder à la lettre de Lulu témoignant d'une soirée de partage avec les amis brésiliens. Voici une nouvelle façon d'y accéder ci-dessous.... 

Ou un clic ICI

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16 août 2019 5 16 /08 /août /2019 11:38
A la rencontre de jardiniers de la paix

De retour d'un voyage d'une année dans différents pays du monde à la rencontre de "Jardiniers de la Paix", Rachel Lamy organise 4 jours de retrouvailles, mais aussi de partages. Ce sera l'occasion d'entendre des témoignages passionnants et engagés, et d'accueillir les expériences des uns et des autres.

 

Pour découvrir le programme de ces 4 jours, RDV sur son blog :

Citoyens du Monde, Jardiniers de Paix.

 

Chacun est libre de participer à l'un ou l'autre temps ou en totalité aux animations proposées. D'autres thèmes pourront être proposés en fonction des demandes ou des propositions des participants. Il est important de s'inscrire pour une meilleure organisation. Merci

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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 19:45

Lourdes, mardi 23 avril 2019

 

C’est la question que m’ont posée des amis un peu avant que je ne parte au pèlerinage diocésain qui commençait hier. Ils l’ont fait très fraternellement.


J’aime beaucoup me trouver devant une grotte ou entrer dedans. Je pense à la grotte de Dampierre mon village natal où j’allais jouer avec mes copains étant enfant. J’ai aimé me diriger vers la grotte de Bethléem dans laquelle est né Jésus le Prince de la paix. J’y étais allé au pas de l’âne Isidore en 2012-2013, afin de me désarmer de mes violences. Je pense à beaucoup d’autres grottes que j’ai eu le bonheur de visiter : Lascaux, les Moidons, les Planches en Arbois, la grotte Chauvet, celle d’Amange … C’est beau une grotte. C’est profond ce qui peut nous venir à l’esprit, nous apparaitre, ce qui peut surgir à notre conscience quand on entre dans l’une d’elle et que l’on fait silence en soi. Ça aide à voir d’où l’on vient, de quel ventre maternel nous sortons, et ainsi de mieux parvenir où la vie nous appelle à aller, quels citoyens du monde nous sommes appelés à devenir.


Mardi matin, au lendemain de notre arrivée à Lourdes, tous les gens du pèlerinage du Jura, nous nous sommes rassemblés, avec beaucoup de gens des quatre coins du monde, au pied de la grotte de Massabielle, où Marie la maman du Christ Jésus est apparue à Bernadette. Cette béance de notre mère la terre, m’impressionne profondément, cette cavité dans le ventre de notre planète, où est venue se loger à plusieurs reprises de l’année 1858  la Vierge Marie. Je suis émerveillé de lire au pied de la statue qui représente cet événement, les paroles : «  Que soy immaculata conceptio », « Je suis l’immaculée Conception ». C’est ce que Marie a dit à Bernadette quand elles se sont demandé et dit l’une à l’autre qui elles étaient et ce qu’elles attendaient l’une de l’autre. Et en entendant s’égrener le chapelet de ces rencontres, la foule n’arrête pas de chanter : « Ave Maria » et je suis de ceux-là.


Qu’est-ce qui peut bien continuer de se concevoir, de se conscientiser et de se dire au travers de tous les échanges entre les membres de notre humanité blessée, au bord de l’abîme, de nous tous qui en portons très lourd dans notre cœur et dans notre sac à dos, entre tous les humains que nous sommes et la Maman de Jésus, le Fils du Très Bas. Qu’est-ce qui peut bien m'apparaître quand je dis et reconnais que « le fruit de vos entrailles est béni » ? 


Ce qui sort alors du ventre de la terre est « bien dit ». C’est une « béné-diction ». N’est-ce pas une parole qui peut réparer notre humanité ? Ne sommes-nous pas en présence des pièces multiples d’un puzzle à reconstituer ?


Ça y est, la messe est enclenchée. Le souffle de Jésus, son Esprit-Saint, nous fait prendre conscience que nous tous, les gens qui sommes là, nous sommes le Corps du Christ. A celles et ceux sur qui nous nous appuyons, celles et ceux qui nous ont dit : « Au pied de la grotte, tu déposeras ce que l’on te partage, ce dont on t’a chargé ... ». A nous tous il apparaît : « Le Corps du Christ ».


Ce sont les membres du Corps du Christ qui viennent d’être déchiquetés au Sri Lanka en un acte violent, odieux et fou, par d’autres membres de notre humanité, qui ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Eux aussi, ne sont-ils pas les membres du Corps du Christ ?


A la communion, je comprends que l’esprit du Christ nous est donné pour que nous arrêtions de nous massacrer les uns les autres. L’enquête qui va être faite au Sri Lanka et aux Nations Unies, ira-t-elle jusqu’à chercher et trouver, et dénoncer de quels trafics et fabrications criminelles, viennent les armes qui ont déchiré une fois encore, la chair de notre humanité. Donne-nous la force, Ami Jésus, de nous démunir de nos violences, d’inventer des chemins où nous oserons arrêter de fabriquer et vendre des armes.


Il me revient alors à la pensée le visage d’un homme avec qui j’avais créé une profonde amitié. J’étais tout jeune prêtre, cet homme était en grande souffrance et douleur. La violence l’assaillait de bien des endroits. Il voulait, lui, citoyen de la ville où nous habitions, faire acte de justice, pensait-il, il voulait descendre le maire de la cité avec sa carabine 22 long rifle. Je comprenais dans ma prière, que l’amitié qui nous reliait, me demandait de l’aider à se défaire de sa carabine. Ça lui permettrait de ne pas passer à l’acte. J’osai humblement lui proposer de me la confier. Je la cachai sous mon lit. Ça ne suffisait pas, des fois il revenait déjeuner chez nous. Il me la redemandai avec insistance. Je lui disais : « Non ! » C’était pas facile, car il savait que la carabine n’était pas loin. Je priais et demandais à Jésus de me souffler les mots et l’attitude qu’il fallait avoir. Un jour j’arrivais à lui faire accepter qu’on détruise cette carabine. Il fut un petit peu d’accord. Je me dépêchais de briser la gâchette et le percuteur avec une masse, et de faire disparaître le tout. Mon ami m’en voulut pendant un temps. Je lui faisais alors percevoir sa dignité retrouvée. Il vint un peu de paix en lui, petit à petit. Il ne fut jamais assassin d’un de ses frères.


Je pense que je ne cesserais jamais d’être reconnaissant à Jean-Marie Muller et aux membres du M.A.N.V. de nous avoir fait découvrir qu’à l’impossible d’enrayer l’armement nucléaire de la France de manière unilatérale, nous sommes tenus. C’est ce que j’étais heureux de dire dans ma prière devant la grotte de Massabielle, au moment du baiser de paix, j’ajoutais dans ma prière au Christ : «Tu m’as aidé à persuader mon ami de se défaire de sa carabine 22 long rifle … d’arrêter ainsi de menacer de tuer le maire de notre ville … pourrais-tu souffler aux cinq évêques de France qui sont là avec leurs diocésains, dont notre évêque Vincent et nous-mêmes, que nous cherchions et trouvions moyen de créer un rapport de force non-violente avec notre président de la République. Que nos évêques s’engagent et se mouillent pour que notre président arrête de laisser fabriquer des bombes atomiques. Qu’il stoppe dans l’immédiat, de faire perfectionner les armes et engins nucléaires dont nous sommes possesseurs, qu’il fasse entrer notre pays la France, dans le traité signé par les pays de l’ONU en septembre 2017. »

Devant la grotte de Massabielle. Pèlerinage jurassien - avril 2019

Devant la grotte de Massabielle. Pèlerinage jurassien - avril 2019

Voilà ce qui m’apparaissait devant la grotte de Lourdes.


Et en recopiant ces notes sur mon cahier, afin de les partager aux amis que vous êtes, j’entendais Jésus qui me priait et me disait : « T’aurais pu te mouiller toi aussi, en le leur disant, à vos évêques, en pleine messe, au moment où ils vous ont dit : « La Paix soit avec vous »
Je ne l’ai pas fait. Une fois de plus je ne suis pas allé jusqu’au bout de l’objection de conscience. Quand, le ferai-je ?

Lulu Converset

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 17:52

Les membres d'ADN réunis comme chaque premier lundi du mois ont noté que le 2 octobre était la journée internationale de la non-violence, et vous invitent à lire l'épilogue du dernier livre de Jean-Marie Muller : "La violence juste n'existe pas, oser le non-violence."

2 octobre : Journée internationale de la non-violence

La pertinence universelle du principe de non-violence

Le 27 juin 2007, l'Assemblée générale des Nations Unies adoptait une résolution qui a décidé de célébrer chaque année, le 2 octobre, « la journée internationale de la non-violence », The International Day of Non-violence. Il s'agit en fait de célébrer l'anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi, le 2 octobre 1869.


Dans ses considérants, la Résolution affirme :

« Sachant que la non-violence, la tolérance, le plein respect de tous les droits de l'homme et de toutes les libertés fondamentales pour tous, la démocratie, le développement, la compréhension mutuelle et le respect de la diversité sont interdépendants et se renforcent mutuellement.


Réaffirmant la pertinence universelle du principe de non-violence, et souhaitant favoriser une culture de paix, de tolérance, de compréhension et de non-violence ;

1- Décide de célébrer chaque année, le 2 octobre, la Journée internationale de la non-violence, étant entendu que la Journée internationale sera portée à l'attention de tous afin qu'elle puisse être célébrée et honorée à cette date.


2- Invite tous les États membres, les organismes des Nations unies, les organisations régionales et non gouvernementales et les particuliers à célébrer de façon appropriée la Journée internationale de la non-violence et à diffuser le message de la non-violence, notamment par des actions d'éducation et de sensibilisation. »


« La pertinence universelle du principe de non-violence » : la formule est remarquable par sa concision, sa clarté, et son exactitude. Elle est véritablement étonnante si l'on se ressouvient qu'elle a été signée par les représentants de tous les États du monde qui ne nous ont pas habitués à tenir pareil langage. Mais, une fois n'est pas coutume, il convient de prendre au mot les représentants des États.


Affirmer « la pertinence universelle du principe de non-violence », c'est affirmer la non-pertinence universelle de la violence, c'est-à-dire son incapacité totale à apporter une solution humaine aux inévitables conflits humains qui divisent et opposent les personnes, les communautés, les peuples, les nations et les États.


Déconstruire les murs et construire des ponts


La violence nous incite à détruire des ponts et construire des murs. La non-violence nous invite à déconstruire les murs et à construire des ponts. Malheureusement, il est plus difficile de construire des ponts que des murs. L'architecture des murs ne demande aucune imagination : il suffit d'entasser des pierres en suivant la loi de la pesanteur. L'architecture des ponts demande infiniment plus d'intelligence : il faut réunir des pierres en étant capable de vaincre la force de la pesanteur.


Les murs les plus visibles qui séparent les hommes sont les murs de béton qui martyrisent la géographie et divisent la terre qu'il faudrait partager. Hier le mur de Berlin, aujourd'hui le mur de Palestine.


Mais il existe aussi des murs dans le cœur et dans l'esprit des hommes. Ce sont les murs des idéologies, des intégrismes, des préjugés, des mépris, des stigmatisations, des rancœurs, des ressentiments, des peurs. La conséquence la plus dramatique de la violence, c'est qu'elle construit des murs de haine. Seuls ceux qui, dans quelque camp qu'ils se trouvent, auront la lucidité, l'intelligence et le courage de déconstruire ces murs et de construire des ponts qui permettent aux hommes, aux communautés et aux peuples de se rencontrer, de se reconnaître, de se parler et de commencer à se comprendre, seuls ceux-là sauvegardent l'espérance qui donne sens à l'avenir de l'humanité

 

Pour en savoir plus

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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 20:52
Des petites feuilles pleines de promesse

Des petites feuilles pleines de promesse

Dampierre, le 6 août 2018

 

« VENEZ VITE VOIR, LE PETIT GINKGO BILOBA A POUSSE DES FEUILLES »


Ce sont les mots que Jeannot nous adresse à ma sœur Bernadette et à moi, le 6 août, jour anniversaire du drame d’Hiroshima. Je n’ai pas pu participer à la commémoration organisée ce jour même par le groupe ADN à Ranchot. Mon frère, ma sœur et moi étions à l’enterrement de notre cousine Marie Vittot, dans le pays de notre maman, à Chaux les Passavant - La Grâce Dieu.


En nous dirigeant vers le petit ginkgo biloba, Jeannot commence à raconter :
Jeannot : « le matin on allait pour préparer la réunion (du mouvement ADN-MAN), Toinette me dit « On va aller arroser les pieds du petit ginkgo car il vient de mettre des feuilles »


Lulu : « Jeannot, t’es en train de faire de nous les témoins que ce qui a été cassé et brisé dans nos vies peut se réparer. Une fois encore, c’est l’arbre qui parle aux hommes et femmes que nous sommes. Laisserons-nous notre pâte humaine se pétrir du levain qu’est l’attitude et la parole des petits de notre humanité ? Comment passer de « témoins » des cassures à « artisans » de la réparation ? »


En arrivant vers le petit arbre, nous apercevons tout le long du tronc, de belles feuilles vertes bilobées qui poussent pour la joie de nos yeux.
Jeannot : « J’en revenais pas … En mettant le seau d’eau sur les pieds du petit ginkgo, qu’est-ce que je voyais … l’arbre qui poussait des feuilles … par la chaleur qu’il fait … j’ai compté les feuilles, y en a douze »
Lulu : « Et tu nous annonces ça Jeannot, le jour du 6 août, le jour de la commémoration d’Hiroshima … le jour où le ginkgo biloba a résisté dans la fournaise à l’éclatement de la bombe … Je suis très touché par ce que tu es en train de nous faire découvrir Jeannot … »
Jeannot : «  Va falloir qu’on viennent souvent l’arroser. »


Avec Jeannot et ma sœur Bernadette, nous nous racontons comment, à la ressemblance du petit arbre, nous venons tous de très loin. Nous avons vécu et traversé des évènements et des réalités dont nous disons : «  On en revient pas. En fait, nous sommes en train d’ (en revenir) »


Nous avons été très marqués par la teneur du travail de recherche de ces 3500 jeunes, réalisé pendant le festival de la paix à Micropolis du 2 au 5 août à Besançon, dans le souffle du mouvement MRJC, pour les Français et du  KLJB pour les Allemands.


C’est tout un peuple de jeunes, tendus dans la création d’une humanité plus juste et plus fraternelle qui s’exprimait. Dans plusieurs ateliers, durant ces jours du festival de la paix, ces « jeunes prophètes » ont demandé aux « vieux rêveurs » que sont leurs parents et nous les amis de leurs parents, de nous unir avec eux dans leurs luttes, dans leurs façons de faire, dans leurs recherches, et particulièrement celles de la communication non violente (CNV), afin qu’en « désarmant les Dieux » «  il n’y ait aucun exclu pour la fête » Parmi les signes merveilleux que c’est déjà en train de se réaliser, en voici un : Grégory 13 ans, qui a participé à tout le campement MRJC de marche au pas des ânes de Poligny à Besançon, sert la messe aux côtés de Jean-Luc Bouilleret l’évêque, Daniel Petit, Gaby Rognon et quelques aumôniers MRJC-CMR et Mission de France, qui ont tant ramés depuis des années avec ces 3500 jeunes, pour que notre monde tienne dans son avancée vers la paix et la justice. Tout cela grâce à un désarmement effectif, et dans l’établissement d’une ruralité à trempe humaine.


Jean-Marie Guinchard de la Sommette, le papa de Camille, vient communier. Au moment où je lui donne le corps du Christ, il nous dit avec émotion à Grégory et à moi, « Si Lulu est là, c’est à cause de toi Grégory »


La messe que nous célébrons est un moment de reconnaissance humble et étonnante de joie et de fête. Nous exprimons à notre ami Jésus, que notre confiance en Lui, vient du fait que, par sa manière d’aimer, et par la non-violence qui rayonne de son comportement en humanité, il fait que son Père, n’est plus à nos yeux « le Dieu des armées » mais « un Dieu désarmé ». C’est comme cela que nous l’aimons et que nous pouvons le reconnaitre comme « Notre Père ». Nous entendons les bruits que fait la terre parce qu’on la malmène, et les cris des enfants qui n’en peuvent plus, parce qu’ils sont en manque de pain et de père.


Rosine, Alphonse et moi, nous allons dans l’après-midi de ce dimanche du 5 août, à la fin du festival de la paix, chercher les ânes à Montoille, en dessous du Rosemont, chez Jocelyne et Philippe Louison, qui les ont hébergés dans leur enclos de deux hectares, pendant les 4 jours de la fête, à deux pas de la Malcombe, lieu de l’établissement du campement de plus de 500 tentes des festivaliers. Il y eut beaucoup de facilitateurs pour rendre possible cette proximité et cette faisabilité. Parmi eux, Valentin Perriard et Félicien Ragot. L’accessibilité à cet enclos pour les ânes, rendit possible, la marche ballade avec des enfants et leurs parents, participant au festival, les vendredis et samedis après-midi, le long de la Malcombe, Emmaüs, Roche d’Or, vélo route, long du Doubs, Velote. Un véritable atelier itinérant à chaque fois, signifiant expérimentalement ce que nous cherchons en communication non-violente : déligoter et dénouer les nœuds qui abiment nos êtres, et nous réjouir que grâce à cette libération, nous puissions nous relier les uns aux autres. En découvrant comme l’on vécu et dit Christian de Chergé et ses compagnons de Tibhirine, « qu’en chacun des êtres humains réside le don de l’Esprit, dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance en jouant avec les différences »


Il avait été prévu à notre rencontre de l’équipe ADN du lundi 2 juillet, qu’en ramenant les ânes à Dampierre le 5 août au soir, à la fin du festival, grâce au véhicule d’Alphonse, nous rendions possible la petite randonnée qui aurait lieu de Dampierre à Ranchot, dans la journée du 6 août. En effet, nous pensions en nous baladant au pas des ânes, aller voir l’exposition des panneaux préparés par Toinette et Elisabeth, disposés par François et intitulés : « Commémoration des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki » Ce serait une exposition en binôme avec les peintures de Mme Chantal Prin dans la chapelle de Ranchot. Cette dame avait retenu ce lieu d’exposition depuis plusieurs mois. Elle nous permettait d’adjoindre notre exposition à la sienne. Nous ferions jeûne et marche en solidarité avec les victimes de la bombe. Nous invitions toutes les personnes qui se voulaient solidaires des victimes à venir avec nous. Un beau petit livret, réalisé par les membres de notre association franc-comtoise pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France, expliquant à quelles personnes et mouvements nous nous référions dans l’association ADN.


La marche ne pourra pas se réaliser ce 6 août, mais l’exposition dans la chapelle de Ranchot aura lieu, et l’une des personnes référentes de notre lutte sera là, Jean-Marie Muller, fondateur du MAN avec sa femme Hélène, avec leurs enfants et petits-enfants. En effet, Jean-Marie, très fatigué, est venu se reposer aux Calmants chez Marie-Françoise et Claude Bet Garritan pendant la semaine du 5 au 12 août. C’est de là que Jean-Marie viendra avec sa famille animer le débat sur l’urgence d’organiser une défense non violente de notre humanité notamment, en exigeant le désarmement nucléaire de la France de manière unilatérale. Il a commenté le tableau des témoins.


Qu’est-ce que je regrette de n’avoir pu venir vivre une telle journée à Dampierre et Ranchot. En effet, je me trouvais avec ma famille à l’enterrement de notre cousine Marie qui avait lieu le même jour, à la même heure et à 50 kilomètres de distance.


Et Jeannot continue de raconter : « Et puis vous savez pas qui c’est qui était à la chapelle de Ranchot ? Jean-Marie Muller avec sa famille. Même que je me suis dit, quand le Dédé Siclet le journaliste viendra prendre la photo pour mettre un article dans le journal, il faut que je me mette à côté de Jean-Marie, de sa femme et de leurs enfants… Ça va paraitre un de ces jours … Vous verrez dans la semaine … 
Lulu : « Dis voir Jeannot, qui c’est qui était à cette exposition ? »
Jeannot : « Je ne sais pas … Jean-Marie et toute sa famille … Y avait la Toinette, Marie-Françoise, Gilbert et Ginette … François … La Brigitte de Choisey, le Claude a pas pu venir, Jacques Martin n’était pas là, Pierre, je sais pas … Des gens de Fraisans … Je sais pas leurs noms … »
Lulu : «  Jacques et Danielle  … ? »
Jeannot : « Oui, peut-être bien. Jean-Marie a causé. Il était assis parce qu’il était très fatigué … On ira les voir chez Marie-Françoise et Claude du jus de pommes »
Lulu : « Bien sûr ! Demain matin mardi, on ira voir nos amis aux Calmants »


Qu’est-ce que je suis heureux que Jean-Marie soit venu faire une conférence sur la non-violence à Ranchot … dans notre pays, le 6 août, le jour anniversaire où nous jeûnons en pensant aux victimes d’Hiroshima pour qu’il n’y ait plus de menaces d’éclatement de bombes nucléaires sur notre humanité … C’est vraiment la continuation du festival de la paix avec les jeunes du MRJC-KLJB … De quoi est-ce que tu te souviens Jeannot que Jean-Marie a dit dans sa conférence ? »
Jeannot : «  Je sais pas moi … Il a parlé de la violence, il a montré son livre … Je voudrais bien l’avoir »
Lulu : «  Quel livre ? »
Jeannot : « Je sais pas »
Lulu : « Surement son dernier livre : « La violence juste n’existe pas »
Jeannot : « Oui, c’est ça … Je voudrais bien l’avoir … »
Lulu : « On lui demandera quand on ira les voir demain aux Calmants. Ils nous attendent pour promener les enfants au pas des ânes avec la charrette. Qu’est-ce que je suis heureux que nous vivions ces moment-là ensemble … Que tu aies tes congés annuels juste à ce moment-là et que tu sois venu à Dampierre  pour préparer les chemins du campement du MRJC et faire les randonnées au pas des ânes avec la famille de Jean-Marie et Hélène … Qu’est-ce que ça tombe bien !
Jeannot sourit.


Lulu :«  Sais-tu que dans son livre, ce qu’il écrit, ça ressemble à ce que dit le pape François. Ils sont très en communication entre eux … On demandera à Jean-Marie comment ça se fait qu’ils sont reliés comme ça l’un à l’autre, comment ça se fait qu’ils disent et tendent de la même manière à ce qu’avec eux, nous fassions la même chose : «  nous élever en humanité les uns grâce aux autres dans des relations non violentes, en arrêtant de prendre toute la place sur terre, en nous poussant les uns les autres à faire de la place à ceux qui n’en ont pas »


Jeannot sourit encore. Le voici détendu, en paix. Il a comme accompli sa mission. Il vient de raconter à Bernadette et à moi comment il nous a représentés en cette journée du 6 août 2018 où nous n’avons pas pu être là à Dampierre et Ranchot.
Lulu : «  Qu’est-ce que je suis touché que par toi Jeannot, en cette journée du 6 août, nous apprenons que le petit ginkgo biloba a poussé des feuilles, douze … Tu les a comptées sur son tronc. J’ai envie de dire qu’elles se sont reflétées dans l’eau du seau d’eau que tu venais verser sur ses pieds.

 

Par toi aussi, nous apprenons, il se reflète sur ton visage et dans tes paroles, que ce même jour, Jean-Marie était avec sa famille à l’exposition de Ranchot pour exiger le désarmement nucléaire unilatéral de la France… Que ce même jour, Jean-Marie a présenté son dernier livre : «  La violence juste n’existe pas » et que c’est la même chose que ce que déclare le pape François. J’ai encore envie de te dire Jeannot que tu es un des premiers témoins-artisans de tout ce travail … Que c’est à toi aussi que le prix Nobel de la paix a été décerné en septembre 2017 comme à tous ceux qui travaillent à nous démunir de nos violences, et qui s’affilient d’une manière ou d’une autre au mouvement ICAN (Campagne Internationale pour l’abolition des armes nucléaires ) Jeannot, c’est dans la lumière et dans l’amour que l’univers a commencé d’exister … c’est dans la non-violence seulement, que pourra se continuer son achèvement. 
Ma sœur Bernadette nous dit au revoir. Je la remercie pour tout ce qu’elle a rendu possible avec beaucoup de parents de ces jeunes pour la réalisation de ces journées du festival de la paix. Nous partons nous reposer pour être le plus en forme possible durant les rencontres qui nous attendent.


Comment se fait-il que nous ayons été si peu de vieux rêveurs du Jura à répondre à cet appel si plein d’angoisses en même temps que d’espérance, lancé par ces jeunes prophètes … Besançon n’est quand même pas si loin pour que des Jurassiens y accèdent.


Pourquoi si peu de gens de notre diocèse de Saint Claude Poligny, sont venus croiser les pas de ces jeunes faiseurs de paix … travailleurs de la non-violence … ? Pour une fois qu’un réel débat était initié par des jeunes au sujet crucial du désarmement nucléaire de notre pays.


Faudra-t-il encore un autre festival ? Mais sait-on les forces qui sont nécessaires pour lancer et réaliser un tel moment historique ? Le risque ne sera-t-il pas qu’il soit très tard 

Lucien Converset

                                 


 

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22 août 2018 3 22 /08 /août /2018 15:30
Soir d'orage à Midelt

Soir d'orage à Midelt

Ce soir, j’ai appris un grand drame.

 

Dans mon beau Jura, à Dampierre, une fille de 11 ans a été tuée par sa mère. Sa sœur, blessée a été hospitalisée. Face à la stupeur, à la sidération, à l’incrédulité de cette nouvelle, les questions fusent dans ma tête. Pourquoi ?! Comment est-ce possible ?! Comment ont-elles pu en arriver là ? Comment une maman peut-elle en arriver à tuer sa fille ?

 

Je suis bouleversée. Les mots se bousculent.

 

Je pars faire le tour du monde me questionner sur la rencontre et le pardon entre nous, êtres humains, et aux portes de chez moi, je découvre cette terrible nouvelle.

Je suis effarée. Je prends conscience progressivement du drame de ce drame.

 

Les maux ont tués les mots, qui ont tué la Vie.

Ayant travaillé dans la protection de l’enfance, je sais que les maux sont parfois les nœuds horribles et solides qui tordent les mots et les empêchent de sortir ! Je sais que les sentiments étouffés crient davantage quand les liens du sang, si forts et proches, sont à la fois si conflictuels et éloignés par un fossé. Je sais aussi qu’avec un soutien, une oreille extérieure, une écoute qui se crée, les mots peuvent se dénouer, jaillir et se libérer, pour laisser exprimer la douleur. Puis reconnaître ce qui en chacun se joue. Se comprendre soudainement. Et avancer. C’est possible.

J’ai déjà pu vivre ces dénouements fabuleux avec des familles ! Je sais aujourd’hui que véritablement, c’est possible ! Mais je découvre ahurie que l’extrême inverse, malheureusement, est lui aussi possible. Aujourd’hui, je suis témoin comme tous les Jurassiens et les Français, que le manque de mots, de pas vers l’autre, peut créer une prison, qui devient enfer, et peut mener à la mort. Aujourd’hui, de manière dramatique, nous pouvons le voir entre une mère et sa propre fille.

 

Je veux vous lancer aujourd’hui un appel.

Le monde est là, maintenant.

Que tous ceux qui ont avec chance une certaine stabilité et sérénité dans leurs vies, puissent être des oreilles attentives et des cœurs accueillants aux blessures des autres. Nous ne pouvons plus vivre isolés et inconnus les uns des autres, entre nous. Entre membres d’une famille, entre amis, entre voisins, entre collègues. Nous sommes avant tout des humains qui vivons en Humanité ! Organisons des repas, prenons le temps de partager, osons téléphoner... Ne sous-estimez votre potentiel d'accueil, d'écoute et de soutien. Peut-être secrètement sauverez-vous quelqu'un.

Que tous ceux qui ont des pistes et des outils de dialogues les proposent autour d’eux, créent des espaces pour accueillir l’autre, des ateliers expérimentaux pour travailler à être acteurs de la non-violence ! Tant d’outils existent aujourd’hui ! Ils doivent être rendus accessibles à tous ! Développés ! Allez vous former et transmettez les outils que vous apprenez ! Les clés sont là, mais ne peuvent servir si elles restent sous le paillasson, pendant que dans la maison, tout explose et se tue, dans la prison dorée !

Car la maison devrait être un lieu de refuge, de bien-être et de construction pour chaque enfant et adolescent qui s’ouvre au monde ! Elle ne doit pas être le lieu de sa propre destruction et de sa propre mort ! Mort d’une famille détruite par le drame !

Pourquoi cette mère n’a-t-elle pas su trouver oreille attentive pour passer le relai avant ce drame ? Quelle détresse vivait-elle pour en arriver là ? Comment cette sœur blessée, dans sa chair et dans son âme, va-t-elle se réveiller et faire face à ce qu’il s’est passé ? Sans pouvoir revenir en arrière.

 

Nous avons des possibilités aujourd’hui de nous soutenir, de développer notre solidarité, de travailler sur la communication :

Il y a :

  • la Communication Non-Violente (CNV), pour apprendre à mieux se connaître, mettre en mots les maux, accueillir ses émotions, découvrir ses besoins, exprimer des demandes,
  • les Cercles Restauratifs, qui existent à Besançon et dans d’autres villes de France, qui sont des supports pour offrir des réponses puissantes à la résolution de conflit,
  • et tant d’autres outils encore, pour dénouer les nœuds, que l’on porte en nous, tel que l’EFT (Technique de Libération Emotionnelle) par exemple.
  •  

Ces espaces-là doivent se développer si nous ne voulons pas que des drames semblables se reproduisent.

Nous devons proposer ces outils dans les écoles, dans les collèges, les lycées. Que ces outils soient inscrits dans les programmes scolaires. Que les adultes, familles et professionnels soient mieux formés. Cependant, les instituteurs et professeurs, travailleurs sociaux ou religieux ne peuvent avoir à leur charge l'entière responsabilité de ce travail. Chacun, où qu’il soit, doit pouvoir avoir agir, se former et avoir accès à ces outils. Nous sommes tous acteurs de l’avenir de notre Humanité, de notre quartier, de notre maison.

Sans se sentir coupable, interpellons-nous à poursuivre le chemin et à agir à notre échelle, pour développer les liens, la communication, la rencontre ! Quels besoins cette mère n’a pas pu exprimer ? Quelles réponses aurait-elle pu trouver ? Comment aurions-nous pu l’accompagner ?

Il est urgent de remettre de la communication entre nous, et dans nos cœurs. Que chacun propose, invente, crée, et ose… Pour que des espaces de dialogues et de soutien s’ouvrent davantage… L’autre, mon frère, ma fille, mon voisin, ne doit pas rester pour moi un étranger.

Nous devons aller au-delà de nos peurs, déconstruire nos préjugés, et créer des liens de fraternité et de soutien entre nous. Aujourd’hui, mon voisin en a besoin ? Peut-être que demain ce sera moi. A qui pourrais-je faire appel dans ces moments-là ?

 

J’ai moi-même été effrayée de découvrir ma propre violence, là, à l’intérieur de moi. Avec et grâce aux autres, je peux avancer. Je peux accueillir ma souffrance sans la laisser m’envahir. Mais c’est un travail de tous les jours. Tellement plus beau et plus fort quand il est mené à plusieurs !

Ce soir, je pense à cette sœur, qui est en vie.

Je souhaite au plus profond de mon cœur, qu’elle trouve repères, soutien, écoute pour se construire à partir de ce qui est désormais son histoire, réussir à se relever pour l’avenir.

Quel chemin pourra-t-elle prendre ? Je lui souhaite de découvrir un jour le pardon. Seule possibilité de libération pour elle, dans sa propre vie. Et qu’elle témoigne. Qu’elle ose. Qu’elle trouve la force. Pour dire qu’il faut que ça cesse. Qu’il ne doit pas y avoir d’autres victimes comme sa sœur. Que pour cela, elle a besoin des adultes, bienveillants et soutenants autour d’elle, qui l’aide à apprendre à communiquer, avancer, se construire…

 

Nous ne pouvons pas rester seulement témoins d’un drame pareil.

Ce drame doit nous interpeller à agir et ouvrir de nouvelles portes, pour aller vers la « rencontre » vraie et réelle, pour dénouer les nœuds … Que ce drame nous pousse chacun à dénouer nos propres nœuds… et à agir autour de nous.

Pour que, par l’accueil des émotions

et la libération des mots,

des fleurs puissent germer et fleurir,

pour sortir des prisons.

Rachel Lamy

in Citoyens du Monde, Jardiniers de Paix

le 20 août 2018

Cet appel, ce cri est suivi du témoignage d'une maman ayant connu la détresse
 

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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 06:25
Festival de la paix et Commémoration du 6 août 2018

6 août 2018


L’association ADN commémore la bombe nucléaire d’Hiroshima


Du 2 au 5 août un événement de dimension internationale s’est tenu à Besançon : Le festival pour la paix, organisé par le Mouvement rural de la jeunesse chrétienne et son équivalent allemand, le KLJB. Près de 5000 jeunes sont venus dire leur volonté de promouvoir la paix, dans leur vie quotidienne comme dans la vie publique.


Notre ami Lulu s’est investi fortement dans cette aventure, organisant une marche au pas des ânes vers Besançon avec des groupes de jeunes du MRJC et de Pax Christi.( Il ne pouvait être avec nous ce lundi suite à un deuil dans sa famille). Marie-Françoise s’est également engagée dans cette aventure comme bénévole, mettant à la disposition du festival sa maîtrise de l’allemand et sa pratique familiale d’une agriculture au service du développement des personnes et du respect de la terre.


Notre rendez-vous annuel de jeûne et d’échange, en lien avec la mobilisation internationale de commémoration d’Hiroshima était donc modeste, beaucoup d’entre nous ayant d’autres contraintes, de famille ou de santé.


Néanmoins, nous nous sommes retrouvés à Dampierre à 10 heures, et nous avons échangé avec les enfants présents sur le sens de cette journée. Louis Pinsard a présenté les actions de mobilisation pour le désarmement nucléaire de la France proposées par le réseau Sortir du Nucléaire, et l’offre de soutien à des actions militantes proposées par Non-Violence 21. 


A 14h30, nous nous sommes retrouvée à la chapelle de Ranchot, où François avait mis en place les panneaux réalisés par Elisabeth sur les fondamentaux de l’ADN (les grands penseurs-acteurs de la Non-Violence, l’action militante via les plantations de Ginkgo-Biloba).


Jean-Marie Muller nous a rejoints avec sa compagne Hélène et leurs enfants. Il a commenté pour nous l’apport de ces précurseurs de la non-violence, insistant sur la richesse et la complexité de la pensée de Gandhi, pour qui la non-violence n’a rien de la passivité, mais au contraire est un outil actif de lutte. Il a rappelé trois événements récents qui auront un impact certain sur le désarmement nucléaire unilatéral :La conférence pour la Paix qui s’est tenue au Vatican – à laquelle JMM a participé – et qui a permis que disparaisse du message de l’Eglise la notion de « guerre juste ».


•    L’intervention le 10 novembre 2017 du pape François  qui a  exprimé un vif sentiment d’inquiétude en considérant les conséquences humanitaires et environnementales catastrophiques qui découleraient de tout usage des armes nucléaires. C’est pourquoi, a-t-il précisé, « il faut condamner fermement la menace de leur usage, ainsi que leur possession» Cette condamnation de la « possession » des armes nucléaires est décisive, car elle invite chaque Etat à renoncer unilatéralement à la dissuasion nucléaire.


•    Le traité d’interdiction des armes nucléaires proposé par l’ONU en 2017
Cette contribution de Jean-Marie, son éclairage sur les enjeux déterminants  - l’impact qu’aurait l’engagement de la conférence des évêques de France sur l’engagement du pays dans le désarmement nucléaire- nous ont été précieux pour notre mobilisation. Merci à lui.


 

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30 juillet 2018 1 30 /07 /juillet /2018 12:35
août 2013, retour de Bethléem et commémoration des bombardements nucléaires à Dampierre

août 2013, retour de Bethléem et commémoration des bombardements nucléaires à Dampierre

En août 2013, Lulu déposait son sac à dos à Dampierre après un périple de 16 mois au pas de l'âne Isidore. C'était une marche pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France qui l'a conduit jusqu'à Bethléem. Ce blog a été créé pour suivre ce périple.

 

A son retour, ses amis étaient heureux de le retrouver pour commémorer avec lui les bombardements nucléaires d'Hiroshima et Nagasaki par 4 jours de jeûne et de débats. Quelques-uns ont eu envie de prolonger cette marche de Lulu en créant le Mouvement francomtois pour le Désarmement Nucléaire unilatéral de la France. Chaque 1er lundi du mois, des membres jeûnent et se retrouvent à Dampierre.

 

Ce lundi 6 août 2018, au retour du festival de la paix qui a lieu à Besançon, le mouvement ADN vous invite à participer à ces commémorations des bombardements au Japon à Dampierre, sur la place de l'église, par un jeûne, une visite, une présence, un message.

 

Ce même jour, à la Chapelle de Ranchot, où sont régulièrement organisées des expositions d'artistes, une place sera laissée pour une petite expo d'ADN présentant les fondamentaux de l'association, les plantations de Ginkgos, et les acteurs de non-violence dont les membres d'ADN s'inspirent.

 

Une marche au pas des ânes conduira des marcheurs de Dampierre à Ranchot en début d'après-midi.

 

Vous serez les bienvenus !

Commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki à Dampierre
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Présentation

  • : Lulu en camp volant
  • Lulu en camp volant
  • : Lucien Converset, dit Lulu est prêtre. A 75 ans, il est parti le 25 mars 2012 avec son âne Isidore en direction de Bethléem, où il est arrivé le 17 juin 2013. Il a marché pour la paix et le désarmement nucléaire unilatéral de la France. De retour en France, il poursuit ce combat. Merci à lui ! Pour vous abonner à ce blog, RDV plus bas dans cette colonne. Pour contacter l'administrateur du blog, cliquez sur contact ci-dessous.
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Désarmement nucléaire

Journée de jeûne pour demander le désarmement nucléaire unilatéral de la France,

tous les 1ers lundis du mois de 14h à 17h en hiver, de 16h à 18h en été, à Dampierre (39) avec un temps de partage et de réflexion animé par Lulu.

Et commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki entre les 6 et 9 août, chaque année.

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